Ondines

« Atargatis » de Annie Stegg

N.B. : ce texte est une archive de mon blog personnel. Il a été initialement publié le 19 août 2006.

Les volumes changent, gonflent puis s’amaigrissent; les yeux, toujours limpides, pers et impertinents. Et dans mes poumons asthmatiques, le goût du sel de l’eau ; et dans mes oreilles métissées, les chants et les cris des ondines qui s’entre-choquent, riant de me voir me noyer dans des vagues de plaisir aquatique.

Créatures de l’eau, promiscuité seule tolérée en cet été décidément très, très chaud. Des vacances au bout du monde – un autre monde à vrai dire -, un monde froid mais où le soleil brille, où rien n’entrave mon chemin, – où je vais, libre, capable de tout mais prête à rien.

Mes ondines ruissellent à vau-l’eau et n’ont à vrai dire cure de personne. Elles ne font que se mouvoir élégamment, rêveuses d’un autre temps où il fait bon les suivre.

De toute ma vie je n’ai rien ressenti de tel, et je le ressens encore ponctuellement, parfois, du bout des doigts, comme une soudaine piqûre de sucre glace dans quelques veines blanches.

Je n’aime plus rien des matins passés à rien, sans même une caresse s’échouant au bord de mes reins.

L’idée était sauvage, rebelle même ; finalement, elle ne nous a menés à rien.