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	<title>La Lune Mauve &#187; Pensées</title>
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	<description>Webzine culturel onirique, dédié à la culture pop et underground : chroniques d&#039;albums, chroniques de livres, chroniques de films, et communauté francophone passionnée.</description>
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		<title>Le rêve d&#039;une autre nuit</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Mar 2013 19:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[rêves]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/02/opulent-death-206x248.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Opulent death » de Nita Collins" /></div><div>Le rêve d'une autre nuit s'est déroulé cette nuit, mettant en scène plusieurs personnages chers à mon cœur, ou disons plutôt importants à mes yeux.

Tout semblait si limpide, et en même temps aussi étouffant que les piscines visqueuses dans lesquelles je décidai de me baigner. Seules des poules (dont une morte) n'avaient rien à faire dans le décor de vacances, où ce qui jadis était une ferme rénovée devenait soudain une villa monstrueuse à cinq piscines. <em lang="en">Everybody was there…</em>

Soudain, je me retrouvai à Venise, où tout un chacun portait des masques en papier mâché grossier, genre art naïf. Pourquoi fut-elle, <em>elle</em> en particulier, recouverte d'un masque de cochon ? La simple question me plonge dans un trouble immense.

Reste qu'au beau milieu de la foule bigarrée, ma Muse malade fit son apparition, majestueuse, comme souvent, et étonnamment dénuée de perfidie. Ce fut juste la joie de se retrouver, le tourbillon d'un instant déjà achevé, et le même amour – simplement dépassionné. Un sentiment intense et ancien, quelque chose qui a toujours été là, s'est affadi avec le temps mais n'a jamais réellement disparu.

De là se sont enchaînés un tas d'évènements méchants, des bruits de couloir, des photos compromettantes qui n'avaient en fait jamais existé. Je courus, courus, dans les couloirs interminables de ma pensée.

Le visage de ma Muse émaciée, bien que doux et rassurant, fut en lui seul le signe qu'il fallait que je m'extirpe de là. Je m'arrachai donc au sommeil, les yeux boursoufflés et la bouche sèche, et ne retrouvai, sur mon oreiller, que mon propre masque en papier mâché.

Ôde aux deux Muses du neuf inversé…</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/02/opulent-death-206x248.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Opulent death » de Nita Collins" /></div><div>Le rêve d'une autre nuit s'est déroulé cette nuit, mettant en scène plusieurs personnages chers à mon cœur, ou disons plutôt importants à mes yeux.

Tout semblait si limpide, et en même temps aussi étouffant que les piscines visqueuses dans lesquelles je décidai de me baigner. Seules des poules (dont une morte) n'avaient rien à faire dans le décor de vacances, où ce qui jadis était une ferme rénovée devenait soudain une villa monstrueuse à cinq piscines. <em lang="en">Everybody was there…</em>

Soudain, je me retrouvai à Venise, où tout un chacun portait des masques en papier mâché grossier, genre art naïf. Pourquoi fut-elle, <em>elle</em> en particulier, recouverte d'un masque de cochon ? La simple question me plonge dans un trouble immense.

Reste qu'au beau milieu de la foule bigarrée, ma Muse malade fit son apparition, majestueuse, comme souvent, et étonnamment dénuée de perfidie. Ce fut juste la joie de se retrouver, le tourbillon d'un instant déjà achevé, et le même amour – simplement dépassionné. Un sentiment intense et ancien, quelque chose qui a toujours été là, s'est affadi avec le temps mais n'a jamais réellement disparu.

De là se sont enchaînés un tas d'évènements méchants, des bruits de couloir, des photos compromettantes qui n'avaient en fait jamais existé. Je courus, courus, dans les couloirs interminables de ma pensée.

Le visage de ma Muse émaciée, bien que doux et rassurant, fut en lui seul le signe qu'il fallait que je m'extirpe de là. Je m'arrachai donc au sommeil, les yeux boursoufflés et la bouche sèche, et ne retrouvai, sur mon oreiller, que mon propre masque en papier mâché.

Ôde aux deux Muses du neuf inversé…</div>]]></content:encoded>
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		<title>Arrogance</title>
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		<comments>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/arrogance/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 23 Feb 2013 19:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/02/natures-bondage-206x136.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« natures bondage » de Lisa Sweet" /></div><div>Par moment, mon esprit s'évade par l'écran lustré qui trône devant moi, je me recroqueville et je laisse mon cœur suivre le fil de mes pensées. Alors il intervient, comme un chat qui n'est jamais très loin, et me rappelle au présent.

Toujours à la recherche de mon oxygène si particulier, je laisse les jours s'écouler presque insensiblement. Même si mon cœur explose chaque soir, au sein de notre palais, et qu'autour de nous résonne Dredg, ou encore Tehni, parfois, encore, je me recroqueville, telle une petite araignée.

Les écrits les plus forts sont peut-être ceux que l'on publie – après il faut juste oser. Vaut-il mieux se taire ou prendre le risque d'être <a href="http://sethgodin.typepad.com/seths_blog/2010/05/arrogant.html">arrogant</a> ? Certains le sont précisément quand ils se taisent, c'est un comble…

Nos émois sont faits de ça, tu sais. <em lang="en">Red roses for the Devil's whore</em>, des souvenirs poussiéreux non dénués d'éclat, que je convoque parfois.

<blockquote>Tout ce qui était n'est plus ; tout ce qui sera n'est pas encore.

<sub>Alfred de Musset</sub></blockquote>

</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/02/natures-bondage-206x136.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« natures bondage » de Lisa Sweet" /></div><div>Par moment, mon esprit s'évade par l'écran lustré qui trône devant moi, je me recroqueville et je laisse mon cœur suivre le fil de mes pensées. Alors il intervient, comme un chat qui n'est jamais très loin, et me rappelle au présent.

Toujours à la recherche de mon oxygène si particulier, je laisse les jours s'écouler presque insensiblement. Même si mon cœur explose chaque soir, au sein de notre palais, et qu'autour de nous résonne Dredg, ou encore Tehni, parfois, encore, je me recroqueville, telle une petite araignée.

Les écrits les plus forts sont peut-être ceux que l'on publie – après il faut juste oser. Vaut-il mieux se taire ou prendre le risque d'être <a href="http://sethgodin.typepad.com/seths_blog/2010/05/arrogant.html">arrogant</a> ? Certains le sont précisément quand ils se taisent, c'est un comble…

Nos émois sont faits de ça, tu sais. <em lang="en">Red roses for the Devil's whore</em>, des souvenirs poussiéreux non dénués d'éclat, que je convoque parfois.

<blockquote>Tout ce qui était n'est plus ; tout ce qui sera n'est pas encore.

<sub>Alfred de Musset</sub></blockquote>

</div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La&#160;fin d&#039;une époque</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/la-fin-dune-epoque/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/la-fin-dune-epoque/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Feb 2013 19:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[nostalgie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/Edge_of_the_World_by_TeaPartyGirl-206x99.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Edge of the World » de Sarah Joncas" /></div><div>La fin d'une époque. C'est comme ça que cette soirée a résonné en moi. J'avais beau boire, manger, rire jusqu'à l'ivresse, cela ne changeait en rien la façon dont finiraient les choses.

La fin d'une époque. Il faut du temps pour réapprendre un autre langage. Pour calquer ses émotions, ses vibrations, sur un autre Autre. Il faut du temps.

En faisant l'inventaire, ce soir, de mes amours anciennes, des épreuves passées, des luttes encore actuelles, je réalise qu'une part de ça, de ce présent, n'en finira jamais. Cela sera différent, oui – mais la racine vivra encore longtemps dans un présent sans cesse réactualisé.

La Jolie dit : <em>ce qui me nourrit me détruit</em>. L'inverse se vérifie aussi : quand je compte le nombre de choses qui m'ont détruite tout en nourrissant, qui mes phobies, qui mes lubies, je préfère autant arrêter de compter. C'est la tension permanente entre ce qu'il me faut, et ce que je fuis. Le surmoi en berne, à l'assaut de je ne sais quelle connerie. Mais bon, on passe tous par là… non ?

Et puis parlé-je réellement de moi ? Rien n'est moins sûr. Nous déambulons, côte à côte, côtes à côtes, les coudes serrés et les pupilles embuées, sœurs ou frères de substitution, la famille qu'on aurait voulu choisir – <em>par moment</em>. Avant de se rendre compte que tout ce qu'on a n'est pas si mal – que c'est même super bien, au fond. Rien n'est exclusif, tout est complémentaire. Ce qui me nourrit ne me détruit pas forcément.

La fin d'une époque oui, car une de mes amies s'en va rejoindre la ville de tous les tourments symboliques. La ville où des fleurs sont mortes de soif. La ville où même Echo rendit l'âme, poignardée par un cœur de glace.

Reste à savoir laquelle des Maries restera à quai, laquelle poursuivra la route, laquelle lancera les dés.

Un soir, la Lune a chargé une étoile de te murmurer tous les non-dits, tous les tabous, tous les héros masqués. On a marché sur cette Lune qui n'était pas vraiment la nôtre – on n'a fait que l'emprunter, le temps d'un délire à deux. Abscons, intrus, obstrué : les mots sont pléthore pour décrire ce qui aurait dû ne jamais avoir lieu. Mais ça a eu lieu. Aussi vite que cela a fini.

La fin d'une époque, entre nous soit dit.

<blockquote lang="en">Wishful thinking I might be yours
Drifting on every step
I'm always drawn to the dark horse
Sweet sweet nothing's said

And every dream is just a dream after all
And everything stands so still when you dance
Everything spins so fast
And the night's in a paper cup
When you want it to last

Wishful thinking you might be mine
Every shiver sends
One breath under the bridge of sighs
Bending where the river bends

And every dream is just a dream, after all

And everything stands so still when you dance
Everything spins so fast
And the night's in a paper cup
When you want it to last</blockquote>

Heather Nova - <em lang="en">Paper Cup</em>

<em><sub>(Loghorrée automatique à minuit passé… Je rejoins Paris endormie dans les bras de Morphée.)</sub></em></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/Edge_of_the_World_by_TeaPartyGirl-206x99.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Edge of the World » de Sarah Joncas" /></div><div>La fin d'une époque. C'est comme ça que cette soirée a résonné en moi. J'avais beau boire, manger, rire jusqu'à l'ivresse, cela ne changeait en rien la façon dont finiraient les choses.

La fin d'une époque. Il faut du temps pour réapprendre un autre langage. Pour calquer ses émotions, ses vibrations, sur un autre Autre. Il faut du temps.

En faisant l'inventaire, ce soir, de mes amours anciennes, des épreuves passées, des luttes encore actuelles, je réalise qu'une part de ça, de ce présent, n'en finira jamais. Cela sera différent, oui – mais la racine vivra encore longtemps dans un présent sans cesse réactualisé.

La Jolie dit : <em>ce qui me nourrit me détruit</em>. L'inverse se vérifie aussi : quand je compte le nombre de choses qui m'ont détruite tout en nourrissant, qui mes phobies, qui mes lubies, je préfère autant arrêter de compter. C'est la tension permanente entre ce qu'il me faut, et ce que je fuis. Le surmoi en berne, à l'assaut de je ne sais quelle connerie. Mais bon, on passe tous par là… non ?

Et puis parlé-je réellement de moi ? Rien n'est moins sûr. Nous déambulons, côte à côte, côtes à côtes, les coudes serrés et les pupilles embuées, sœurs ou frères de substitution, la famille qu'on aurait voulu choisir – <em>par moment</em>. Avant de se rendre compte que tout ce qu'on a n'est pas si mal – que c'est même super bien, au fond. Rien n'est exclusif, tout est complémentaire. Ce qui me nourrit ne me détruit pas forcément.

La fin d'une époque oui, car une de mes amies s'en va rejoindre la ville de tous les tourments symboliques. La ville où des fleurs sont mortes de soif. La ville où même Echo rendit l'âme, poignardée par un cœur de glace.

Reste à savoir laquelle des Maries restera à quai, laquelle poursuivra la route, laquelle lancera les dés.

Un soir, la Lune a chargé une étoile de te murmurer tous les non-dits, tous les tabous, tous les héros masqués. On a marché sur cette Lune qui n'était pas vraiment la nôtre – on n'a fait que l'emprunter, le temps d'un délire à deux. Abscons, intrus, obstrué : les mots sont pléthore pour décrire ce qui aurait dû ne jamais avoir lieu. Mais ça a eu lieu. Aussi vite que cela a fini.

La fin d'une époque, entre nous soit dit.

<blockquote lang="en">Wishful thinking I might be yours
Drifting on every step
I'm always drawn to the dark horse
Sweet sweet nothing's said

And every dream is just a dream after all
And everything stands so still when you dance
Everything spins so fast
And the night's in a paper cup
When you want it to last

Wishful thinking you might be mine
Every shiver sends
One breath under the bridge of sighs
Bending where the river bends

And every dream is just a dream, after all

And everything stands so still when you dance
Everything spins so fast
And the night's in a paper cup
When you want it to last</blockquote>

Heather Nova - <em lang="en">Paper Cup</em>

<em><sub>(Loghorrée automatique à minuit passé… Je rejoins Paris endormie dans les bras de Morphée.)</sub></em></div>]]></content:encoded>
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		<title>L&#039;ange de&#160;pierre</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/lange-de-pierre/</link>
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		<pubDate>Sat, 02 Feb 2013 19:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[narcissisme]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/Skin_Deep_by_arcipello-206x237.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Skin Deep » de Daniel Conway" /></div><div><a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100322_picktwo.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100322_picktwo.jpg" alt="Pick Two" class="aligncenter size-full wp-image-5390" /></a>

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100322_narcisse.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100322_narcisse.jpg" alt="Narcisse" class="aligncenter size-full wp-image-5387" /></a>

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100403_sand.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100403_sand.jpg" alt="Désert émotionnel" class="aligncenter size-full wp-image-5386" /></a>

Mon premier est aussi le plus vaniteux ; ainsi, je mets sa perversion à l'honneur. Submergé par la pulsion de mort, il surveille. Encore maintenant. Coucou, l'ange de pierre ! De deux maux choisissons le moindre - laissons-le tomber en morceaux.

Castré vraisemblablement, ce séraphin tout puissant libère sans doute quelques endorphines, mêlées à un parfum masculin et à l'huile de térébenthine. "<em>Le rêve va-t-il laisser transparaître le blanc de l'absence ?</em>"

L'ange se joue de son image… en apparence. Et moi, je fus tour à tour :

<blockquote>un <em>proto-objet</em> ; soit un objet morcelé, punctiforme ; (...) soit carrément un objet inanimé, détritus, pierre terrestre ou pierre sélénite, météorite menaçant, étoile lointaine et clignotante à l'adresse du schizophrène</blockquote>

Ou peut-être un robot interplanétaire, ou une rosacée. Ce n'est pas vers les astres que notre personnage devait regarder, mais bien dans son sombre reflet.

S&nbsp;A&nbsp;T&nbsp;U&nbsp;R&nbsp;N&nbsp;I&nbsp;N&nbsp;E
[un disque qui a beaucoup tourné]

Mes rêves alors étaient comme des lucioles éteintes, des feux de cheminée condamnés à s'éteindre en silence, au cœur de la nuit. Sur le grand échiquier glacé, ma self-estime fut d'un mot d'un seul poignardée ; affaiblie par la passion que je portais à mon objet, je ne pus me résoudre à brûler l'idole. Je fus, semble-t-il, trop touchée par la douleur qu'il me transférait, incapable de la ressentir lui-même. Vides, ses sombres prunelles échouaient à m'apporter la vérité. Et plus je tentais de m'approcher de cet idéal, plus je m'éloignais des rivages irréguliers de la vie.

Dans mon malheur, l'ange de l'air m'apporta un peu de lumière – mais c'est là un conte qui sera raconté ailleurs.

Malgré mes efforts, l'ange de pierre dans toute son implacable beauté, restera une sempiternelle rengaine, une sempiternelle déception. Malgré moi, je reste, et pour toujours, Echo et l'ombre de tes pas.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/dali-metamorphosis_of_narcissus.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/dali-metamorphosis_of_narcissus-420x279.jpg" alt="« La Métamorphose de Narcisse » de Salvador Dali" class="aligncenter size-large wp-image-5384" /></a>

(Les citations incluses dans ce texte sont tirées du génial livre d'Alberto Eigueur, <em>Le pervers narcissique et son complice</em>, Dunod, Paris, 3e édition, 2003)</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/Skin_Deep_by_arcipello-206x237.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Skin Deep » de Daniel Conway" /></div><div><a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100322_picktwo.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100322_picktwo.jpg" alt="Pick Two" class="aligncenter size-full wp-image-5390" /></a>

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100322_narcisse.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100322_narcisse.jpg" alt="Narcisse" class="aligncenter size-full wp-image-5387" /></a>

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100403_sand.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/20100403_sand.jpg" alt="Désert émotionnel" class="aligncenter size-full wp-image-5386" /></a>

Mon premier est aussi le plus vaniteux ; ainsi, je mets sa perversion à l'honneur. Submergé par la pulsion de mort, il surveille. Encore maintenant. Coucou, l'ange de pierre ! De deux maux choisissons le moindre - laissons-le tomber en morceaux.

Castré vraisemblablement, ce séraphin tout puissant libère sans doute quelques endorphines, mêlées à un parfum masculin et à l'huile de térébenthine. "<em>Le rêve va-t-il laisser transparaître le blanc de l'absence ?</em>"

L'ange se joue de son image… en apparence. Et moi, je fus tour à tour :

<blockquote>un <em>proto-objet</em> ; soit un objet morcelé, punctiforme ; (...) soit carrément un objet inanimé, détritus, pierre terrestre ou pierre sélénite, météorite menaçant, étoile lointaine et clignotante à l'adresse du schizophrène</blockquote>

Ou peut-être un robot interplanétaire, ou une rosacée. Ce n'est pas vers les astres que notre personnage devait regarder, mais bien dans son sombre reflet.

S&nbsp;A&nbsp;T&nbsp;U&nbsp;R&nbsp;N&nbsp;I&nbsp;N&nbsp;E
[un disque qui a beaucoup tourné]

Mes rêves alors étaient comme des lucioles éteintes, des feux de cheminée condamnés à s'éteindre en silence, au cœur de la nuit. Sur le grand échiquier glacé, ma self-estime fut d'un mot d'un seul poignardée ; affaiblie par la passion que je portais à mon objet, je ne pus me résoudre à brûler l'idole. Je fus, semble-t-il, trop touchée par la douleur qu'il me transférait, incapable de la ressentir lui-même. Vides, ses sombres prunelles échouaient à m'apporter la vérité. Et plus je tentais de m'approcher de cet idéal, plus je m'éloignais des rivages irréguliers de la vie.

Dans mon malheur, l'ange de l'air m'apporta un peu de lumière – mais c'est là un conte qui sera raconté ailleurs.

Malgré mes efforts, l'ange de pierre dans toute son implacable beauté, restera une sempiternelle rengaine, une sempiternelle déception. Malgré moi, je reste, et pour toujours, Echo et l'ombre de tes pas.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/dali-metamorphosis_of_narcissus.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/dali-metamorphosis_of_narcissus-420x279.jpg" alt="« La Métamorphose de Narcisse » de Salvador Dali" class="aligncenter size-large wp-image-5384" /></a>

(Les citations incluses dans ce texte sont tirées du génial livre d'Alberto Eigueur, <em>Le pervers narcissique et son complice</em>, Dunod, Paris, 3e édition, 2003)</div>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Pétales</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/petales/</link>
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		<pubDate>Sat, 26 Jan 2013 19:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/petales-206x138.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Photographie de michelle k.a." /></div><div>Ce matin-là, tu glissais le long de ma peau comme un drap. Chacune de tes syllabes rythmaient la fin de mes rêves, telles la chanson régulière de la mer, elle-même condensée de tes vers, de mes cheveux en bataille et de ton bas-ventre frémissant. Nos doigts s'enlaçaient dans la lumière dorée de ces songes qui n'en finissent pas ; nos cœurs enrubannés palpitaient dans un sac que nous avions volontairement abandonné.

Nos pétales, à demi arrachés, tout comme nos cœurs ? Peut-être, peut-être ailleurs.

Plus récemment, je me suis sentie toute petite, essayant de démêler les comportements qui ne changeront jamais de ceux qui me permettraient de m'élever. <em>Ce n'est pas grave</em>, disent-elles, <em>chaque déception est un petit bleu amené à s'évanouir tranquillement</em>. Du bleu au vert, du vert au jaune, du jaune au noir, mes yeux dans tes yeux et mes mains sans espoir.

Une mèche de cheveux, rebelle, se glisse entre mes prunelles grises, et bien que je rechigne à l'admettre, mille questions te volent la vedette. <em>Patience et longueur de temps</em>, disent-ils – mais ta sève combinée à ma sève tend à paralyser toute raison !

Verseaux, presque jumeaux, nos ombres hautes se reflétaient dans le monde virtuel, et nos émotions grondaient comme de petits tremblements de terre : avons-nous jamais abandonné la partie ? Sommes-nous encore écorchés, nul ne sait…

Voilà qu'un flux très bien identifié réchauffe mes veines. La tête posée contre une montagne en papier, j'observe tranquillement les dernières minutes de ma vingt-sixième année ; elles volettent autour de ma tête comme des éphémères autour des lampadaires, silencieuses et graciles, avant de toucher terre.

J'ai collecté, je l'avoue, quelques mots et quelques images que je te destinais pour, un soir qui sait, simplement te les envoyer. Nos têtes à l'envers pourraient enfin se révéler les secrets de cette journée-là, où je fus longtemps ballottée et méprisée, de façon presque sincère. Ces quelques gouttes de toi scintillaient par millier - au fond de moi, je garderai toujours la trace de ce toi imaginaire.

Oui, je sais, -
Je ne suis pas ce type de créature
Simplement la seule qui puisse réanimer ce royaume trop longtemps endormi

J'ai rêvé de lits dans lesquels le mauve tremblait encore, insoumis
Parle-moi des choses à côté desquelles tu es passé, des maux que j'ai loupés
Laisse-moi éclairer ta vision du monde et te montrer mes cieux déformés

Je me suis lassée des songes en plastique qu'on inhalait par bouffées
Et si comètes et feux follets me passent encore au travers de la tête,
Désormais, je me fie seulement à sa peau constellée</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/petales-206x138.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Photographie de michelle k.a." /></div><div>Ce matin-là, tu glissais le long de ma peau comme un drap. Chacune de tes syllabes rythmaient la fin de mes rêves, telles la chanson régulière de la mer, elle-même condensée de tes vers, de mes cheveux en bataille et de ton bas-ventre frémissant. Nos doigts s'enlaçaient dans la lumière dorée de ces songes qui n'en finissent pas ; nos cœurs enrubannés palpitaient dans un sac que nous avions volontairement abandonné.

Nos pétales, à demi arrachés, tout comme nos cœurs ? Peut-être, peut-être ailleurs.

Plus récemment, je me suis sentie toute petite, essayant de démêler les comportements qui ne changeront jamais de ceux qui me permettraient de m'élever. <em>Ce n'est pas grave</em>, disent-elles, <em>chaque déception est un petit bleu amené à s'évanouir tranquillement</em>. Du bleu au vert, du vert au jaune, du jaune au noir, mes yeux dans tes yeux et mes mains sans espoir.

Une mèche de cheveux, rebelle, se glisse entre mes prunelles grises, et bien que je rechigne à l'admettre, mille questions te volent la vedette. <em>Patience et longueur de temps</em>, disent-ils – mais ta sève combinée à ma sève tend à paralyser toute raison !

Verseaux, presque jumeaux, nos ombres hautes se reflétaient dans le monde virtuel, et nos émotions grondaient comme de petits tremblements de terre : avons-nous jamais abandonné la partie ? Sommes-nous encore écorchés, nul ne sait…

Voilà qu'un flux très bien identifié réchauffe mes veines. La tête posée contre une montagne en papier, j'observe tranquillement les dernières minutes de ma vingt-sixième année ; elles volettent autour de ma tête comme des éphémères autour des lampadaires, silencieuses et graciles, avant de toucher terre.

J'ai collecté, je l'avoue, quelques mots et quelques images que je te destinais pour, un soir qui sait, simplement te les envoyer. Nos têtes à l'envers pourraient enfin se révéler les secrets de cette journée-là, où je fus longtemps ballottée et méprisée, de façon presque sincère. Ces quelques gouttes de toi scintillaient par millier - au fond de moi, je garderai toujours la trace de ce toi imaginaire.

Oui, je sais, -
Je ne suis pas ce type de créature
Simplement la seule qui puisse réanimer ce royaume trop longtemps endormi

J'ai rêvé de lits dans lesquels le mauve tremblait encore, insoumis
Parle-moi des choses à côté desquelles tu es passé, des maux que j'ai loupés
Laisse-moi éclairer ta vision du monde et te montrer mes cieux déformés

Je me suis lassée des songes en plastique qu'on inhalait par bouffées
Et si comètes et feux follets me passent encore au travers de la tête,
Désormais, je me fie seulement à sa peau constellée</div>]]></content:encoded>
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		<title>Les Dangerêves</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 19:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/i_just_want_back_in_your_head__by_sunsets_silhouettes-206x137.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« i just want back in your head. » de Sophie Richards" /></div><div>J'ai eu vent de personnages étranges qui hantent mes pas et entrent par erreur. Des bruits de couloir et des chuchotements nous ramenant lentement à l'histoire des silhouettes figées au soleil levant. <em>Tu es ce que tu crées.</em>

Ces jours-ci, mes nuits sont aussi pâles que Sélène, lâchée à vive allure sur le bout de mes doigts colorés. Tu étais ma brume et j'étais ton toit, j'étais ton cygne mais tu n'y arrivais pas – et pourtant Dieu sait que je t'ai souvent prêté ma plume. Caresse de froides particules, des grelots accrochés à ses poignets décharnés - des seringues plantées ici et là pour tenter de faire infuser l'essence même de l'amour.

A brûle-pourpoint, ses cheveux blonds dansaient sur une partition anonyme, et cet intense goût de café en bruit de fond me rappelait les moments ternes et doux de mes matins mal réveillés.

Enterrés en moi, le bruit, l'écume et la voie lactée de tes yeux sombres, j'ai ressenti l'envie de t'enfermer dans mes lambeaux, scintillant à la lumière de son crâne à moitié rasé. Nous rions jusqu'à l'apoplexie ou l'évanouissement, lâchés à sang pour sang contre le flot de nos mutines pensées, mutineries sensées… Fais-moi une petite place au creux de tes nuits, je ne tirerai plus la couverture à moi, c'est promis !

« <em>J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.</em> » Paul Nizan, que je lisais un soir fatiguée…

Ces derniers temps, ce n'est que par bribe que je m'entends penser. Beaucoup de bruit pour rien ; rouille créative et abonnement persistant aux abonnés absents. Il se peut qu'un jour, je me lève, la peau bleue léopard, la taille haute et le front fuyant (on y croirait presque finalement). Ainsi parée, je quitterai mes lointains rivages pour arriver tout au bout de la piste.

D'ici là, mes nuits sont des gouffres sentimentaux. Trop abruti la journée par le boulot, mon esprit, plus tard, reprend ses droits et m'emmène par monts et par vaux. Parfois, il me semble parfois mener une double vie ; d'autres, je me demande encore ce que je fais là…

Les mots ne viennent plus aussi naturellement, ils s'évaporent. Ne plus souffrir équivaut-il à ne plus créer ? La question ne me quitte plus depuis des années.

Un éclat de voix, un éclat de moi, épinglé sur mon nouveau manteau. Il n'y a pas de mauvaise nouvelle particulière, juste une latence démente, des jeudis matins, des coups de chaud, et des tentatives avortées de lire l'avenir dans les feuilles de thé. Vidée, rincée, nettoyée de l'intérieur, il est temps me défaire de cet ultime poids. Pourtant, mes textes sont trop verts et mes joues trop claires, je ne reconnais plus cette figure obstinée à m'emprunter le pas.

Entre ceux qui courent, ceux qui volent, cherchez l'erreur -
Qu'il se consume encore un peu, le diable au corps
D'un geste vif, étouffons ces sensuels brasiers

Et prenons garde, car les Dangerêves rôdent encore…

<em>(Je suis affamée, nourris-moi !)</em></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/i_just_want_back_in_your_head__by_sunsets_silhouettes-206x137.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« i just want back in your head. » de Sophie Richards" /></div><div>J'ai eu vent de personnages étranges qui hantent mes pas et entrent par erreur. Des bruits de couloir et des chuchotements nous ramenant lentement à l'histoire des silhouettes figées au soleil levant. <em>Tu es ce que tu crées.</em>

Ces jours-ci, mes nuits sont aussi pâles que Sélène, lâchée à vive allure sur le bout de mes doigts colorés. Tu étais ma brume et j'étais ton toit, j'étais ton cygne mais tu n'y arrivais pas – et pourtant Dieu sait que je t'ai souvent prêté ma plume. Caresse de froides particules, des grelots accrochés à ses poignets décharnés - des seringues plantées ici et là pour tenter de faire infuser l'essence même de l'amour.

A brûle-pourpoint, ses cheveux blonds dansaient sur une partition anonyme, et cet intense goût de café en bruit de fond me rappelait les moments ternes et doux de mes matins mal réveillés.

Enterrés en moi, le bruit, l'écume et la voie lactée de tes yeux sombres, j'ai ressenti l'envie de t'enfermer dans mes lambeaux, scintillant à la lumière de son crâne à moitié rasé. Nous rions jusqu'à l'apoplexie ou l'évanouissement, lâchés à sang pour sang contre le flot de nos mutines pensées, mutineries sensées… Fais-moi une petite place au creux de tes nuits, je ne tirerai plus la couverture à moi, c'est promis !

« <em>J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.</em> » Paul Nizan, que je lisais un soir fatiguée…

Ces derniers temps, ce n'est que par bribe que je m'entends penser. Beaucoup de bruit pour rien ; rouille créative et abonnement persistant aux abonnés absents. Il se peut qu'un jour, je me lève, la peau bleue léopard, la taille haute et le front fuyant (on y croirait presque finalement). Ainsi parée, je quitterai mes lointains rivages pour arriver tout au bout de la piste.

D'ici là, mes nuits sont des gouffres sentimentaux. Trop abruti la journée par le boulot, mon esprit, plus tard, reprend ses droits et m'emmène par monts et par vaux. Parfois, il me semble parfois mener une double vie ; d'autres, je me demande encore ce que je fais là…

Les mots ne viennent plus aussi naturellement, ils s'évaporent. Ne plus souffrir équivaut-il à ne plus créer ? La question ne me quitte plus depuis des années.

Un éclat de voix, un éclat de moi, épinglé sur mon nouveau manteau. Il n'y a pas de mauvaise nouvelle particulière, juste une latence démente, des jeudis matins, des coups de chaud, et des tentatives avortées de lire l'avenir dans les feuilles de thé. Vidée, rincée, nettoyée de l'intérieur, il est temps me défaire de cet ultime poids. Pourtant, mes textes sont trop verts et mes joues trop claires, je ne reconnais plus cette figure obstinée à m'emprunter le pas.

Entre ceux qui courent, ceux qui volent, cherchez l'erreur -
Qu'il se consume encore un peu, le diable au corps
D'un geste vif, étouffons ces sensuels brasiers

Et prenons garde, car les Dangerêves rôdent encore…

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		<title>Sleep is too quiet</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Jan 2013 19:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/AMONG_TREES_II_by_SeaFairy-206x164.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« AMONG TREES II » de Lia Saile" /></div><div>Ventre contre terre, je m'assoupis et respire fort. Et cette sensation de chaleur qui m'étouffe et ne dépare pas. Est-elle réelle ou bien suis-je mort ? Il me semble que mon cœur explose à chacun de tes pas.

Dans mes rêves, je peux te voir, te sentir, et te tenir encore. Je m'accroche à tes cheveux mais rien n'est naturel ; je te couvre d'effroi, retiens mes mains et mes doigts. Ma petite sirène, mon rodéo, tout mon être lâché à la poursuite de tes os.

Comme un lézard cafardeux je m'élance à ta poursuite, mais tu me quittes, tu me quittes, bien trop vite…

Entre nous, on s'en doutait. Que ça ne fonctionnerait pas mais qu'on s'obstinerait. Par orgueil, par masochisme ou par défi, on n'a pas pu s'en empêcher. Alors quoi ?

Et la chaleur, dis-tu, n'est pas réelle mais je m'endors. J'oscille autour de toi comme un tutu, je me nourris de ta voix synthétique, même pas belle, mais belle, parce que c'est toi.

En plein milieu de la nuit, les émotions emplissent mes yeux, mon corps, teintés de souvenirs d'ailleurs. En rêve, ma langue se souvient de goûts de figue et de coing, des infantiles larcins commis dans les placards maternels. Mes allégories, aux cheveux lisses et blonds, repartent les mains vides. Quels sont donc ces trésors de schizophrénie qu'elles déploient pour être à la fois en dedans et en dehors ? Mais au fond, je n'y crois pas.

Étrange aussi comme les paroles autrefois assassines – et qui m'ont, sur le moment, bel et bien <em>assassiné</em> – glissent raides, contre moi, comme la pluie sur le rocher. A priori, peu de patrimoine commun entre l'herbe et les chiens, mais qu'ils soient perçus par des yeux clairs de petite fille, et ils prennent aussitôt de terrifiants aspects.

À mon tour de relire la seule page de ce carnet vide,

À ton tour de faire le tour de toutes mes vanités…</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/AMONG_TREES_II_by_SeaFairy-206x164.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« AMONG TREES II » de Lia Saile" /></div><div>Ventre contre terre, je m'assoupis et respire fort. Et cette sensation de chaleur qui m'étouffe et ne dépare pas. Est-elle réelle ou bien suis-je mort ? Il me semble que mon cœur explose à chacun de tes pas.

Dans mes rêves, je peux te voir, te sentir, et te tenir encore. Je m'accroche à tes cheveux mais rien n'est naturel ; je te couvre d'effroi, retiens mes mains et mes doigts. Ma petite sirène, mon rodéo, tout mon être lâché à la poursuite de tes os.

Comme un lézard cafardeux je m'élance à ta poursuite, mais tu me quittes, tu me quittes, bien trop vite…

Entre nous, on s'en doutait. Que ça ne fonctionnerait pas mais qu'on s'obstinerait. Par orgueil, par masochisme ou par défi, on n'a pas pu s'en empêcher. Alors quoi ?

Et la chaleur, dis-tu, n'est pas réelle mais je m'endors. J'oscille autour de toi comme un tutu, je me nourris de ta voix synthétique, même pas belle, mais belle, parce que c'est toi.

En plein milieu de la nuit, les émotions emplissent mes yeux, mon corps, teintés de souvenirs d'ailleurs. En rêve, ma langue se souvient de goûts de figue et de coing, des infantiles larcins commis dans les placards maternels. Mes allégories, aux cheveux lisses et blonds, repartent les mains vides. Quels sont donc ces trésors de schizophrénie qu'elles déploient pour être à la fois en dedans et en dehors ? Mais au fond, je n'y crois pas.

Étrange aussi comme les paroles autrefois assassines – et qui m'ont, sur le moment, bel et bien <em>assassiné</em> – glissent raides, contre moi, comme la pluie sur le rocher. A priori, peu de patrimoine commun entre l'herbe et les chiens, mais qu'ils soient perçus par des yeux clairs de petite fille, et ils prennent aussitôt de terrifiants aspects.

À mon tour de relire la seule page de ce carnet vide,

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		<title>Horreur boréale</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/horreur-boreale/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/horreur-boreale/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 05 Jan 2013 21:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/pierrot-de-papier-206x206.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Mon petit Pierrot de papier » de Marie Guillaumet" /></div><div>Un soir que je déambulais aux côtés du grand méchant Web, j'aperçus un éclat argenté à la croisée des chemins. Des paillettes, tout au plus ; et puis, le souvenir d'un souffle chaud sur mes pommettes, d'une caresse traversant les océans. Mais ce ne fut rien de plus : à peine un éclat argenté croisant mon chemin.

Nous nous perdîmes.

Puis nous nous retrouvâmes.

Nous nous perdîmes encore une fois. Ses cheveux de jais, qu'il eut jadis si longs, furent bientôt rasés. Ses cris à la Lune, la lenteur de ses pas… Rien qu'un crépuscule, pitié, juste un dernier avec toi. Sur ta peau nacrée je promets de me promener comme une funambule.

Son visage, pourtant, me croisa ici et là. Je chérissais le bruit sourd de ses vêtements, frottant délicatement sa peau de lait. Son visage, rond comme une lune oubliée ici bas ; et son cou, si fin – un éclat d'opale fiché en vain en moi.

Mais jamais nos mains ne se frôlèrent. Jamais je n'entendis chanter sa voix.

Aussi, lorsque Pierrot me proposa, à tout hasard, de me prêter un coin de son ciel, je m'offusquai. Était-ce là <em>tout</em>, un saut au-dessus de la Lune, une romance cerclée de tulle ? (<em>À mes heures perdues je crois, j'agis comme la Reine des somnambules.</em>)

De ces nuits sans bruit, sans odeur, sans chaleur, mon visage porte les tracas : des balafres émotionnelles que le temps a usées, de ces plaies béantes qui ne se referment pas. Il fut mon horreur boréale, <em>mon or de gloire</em>, l'ombre de moi-même.

Souvent, la nuit, je rêve de lui sans fards; simplement recouvert des longs fils d'argent que l'Astre blanc jette de temps à autre dans les rivières. Puis ce quelque chose que je n'accepte pas me hante, me remplit et me vide.

Son silence tranchant dans le vif, bien plus que ma plume ; difficile d'admettre que ces battements de cœur sont différents de tous les autres…</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/pierrot-de-papier-206x206.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Mon petit Pierrot de papier » de Marie Guillaumet" /></div><div>Un soir que je déambulais aux côtés du grand méchant Web, j'aperçus un éclat argenté à la croisée des chemins. Des paillettes, tout au plus ; et puis, le souvenir d'un souffle chaud sur mes pommettes, d'une caresse traversant les océans. Mais ce ne fut rien de plus : à peine un éclat argenté croisant mon chemin.

Nous nous perdîmes.

Puis nous nous retrouvâmes.

Nous nous perdîmes encore une fois. Ses cheveux de jais, qu'il eut jadis si longs, furent bientôt rasés. Ses cris à la Lune, la lenteur de ses pas… Rien qu'un crépuscule, pitié, juste un dernier avec toi. Sur ta peau nacrée je promets de me promener comme une funambule.

Son visage, pourtant, me croisa ici et là. Je chérissais le bruit sourd de ses vêtements, frottant délicatement sa peau de lait. Son visage, rond comme une lune oubliée ici bas ; et son cou, si fin – un éclat d'opale fiché en vain en moi.

Mais jamais nos mains ne se frôlèrent. Jamais je n'entendis chanter sa voix.

Aussi, lorsque Pierrot me proposa, à tout hasard, de me prêter un coin de son ciel, je m'offusquai. Était-ce là <em>tout</em>, un saut au-dessus de la Lune, une romance cerclée de tulle ? (<em>À mes heures perdues je crois, j'agis comme la Reine des somnambules.</em>)

De ces nuits sans bruit, sans odeur, sans chaleur, mon visage porte les tracas : des balafres émotionnelles que le temps a usées, de ces plaies béantes qui ne se referment pas. Il fut mon horreur boréale, <em>mon or de gloire</em>, l'ombre de moi-même.

Souvent, la nuit, je rêve de lui sans fards; simplement recouvert des longs fils d'argent que l'Astre blanc jette de temps à autre dans les rivières. Puis ce quelque chose que je n'accepte pas me hante, me remplit et me vide.

Son silence tranchant dans le vif, bien plus que ma plume ; difficile d'admettre que ces battements de cœur sont différents de tous les autres…</div>]]></content:encoded>
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		<title>Outre-mer</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/outre-mer/</link>
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		<pubDate>Sat, 05 Jan 2013 19:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[mer]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/outre-mer-206x206.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Untitled » de Emir Ozsahin" /></div><div>S’enfouir dans le sable chimérique
Se soustraire à l’apesanteur
S’évanouir dans les abysses

Branchies mécaniques
De la gelée à la place du cœur

Respirer par intermittence
Guetter la proie facile
Demeurer caché
Et surgir
Surgir
Rugir</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/outre-mer-206x206.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Untitled » de Emir Ozsahin" /></div><div>S’enfouir dans le sable chimérique
Se soustraire à l’apesanteur
S’évanouir dans les abysses

Branchies mécaniques
De la gelée à la place du cœur

Respirer par intermittence
Guetter la proie facile
Demeurer caché
Et surgir
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		<title>Diatribe pour mains gelées</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/diatribe-pour-mains-gelees/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/diatribe-pour-mains-gelees/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 29 Dec 2012 19:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/Counter_clockwise_by_henning-206x392.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Counter clockwise » de Henning Ludvigsen" /></div><div><em>Here again</em>, telle un papillon cloué au plafond. À moins qu'il ne s'agisse d'une araignée. Ou du carrelage froid sous mon balcon.

L'urgence d'écrire enchevêtrée entre plusieurs crépuscules. J'ai rêvé de cette peau bleuie à l'extrême, jadis, désormais cramoisie. Écarlates, flamboyantes, incandescentes, pourpres ou vermeilles, ces chairs mortelles caressent de leurs pieds gelés les affres de mes pensées.

Le spectateur – non, l'observateur – se trouve face à un panthéon – non, à un harem. Un harem mortuaire, figé dans la pierre, témoin de l'ère glaciaire qui a emprisonné le cœur de celui qui l'a peint. Un travail d'orfèvre de l'image, où la couleur devient bijou et la matière métal, cristallisant tout un tas de pulsions.

Des images d'une naïveté affligeante. Des corps féminins dociles, maîtrisés, accroupis, moins femmes-fleurs que Poison Ivy ; tentatrices ou ingénues, des étrangères au corps mordu, à l'esprit méprisé. Plus elles sont détruites à l'intérieur et belles à l'extérieur, plus elles ont des chances d'acquérir ses faveurs. Des créatures strictement sensuelles, non spirituelles, tandis que les muses spirituelles, <em>ces muses malades</em>, il les envoyait bouler : pas assez sensuelles pour ses mains gelées.

Portrait d'un Usurpateur (<em>je t'aime… mais pas assez</em>), d'une plante vénéneuse, d'une enveloppe sans lettre. De quelqu'un qui ne comprendra jamais. D'un Géant aussi attirant qu'un aimant, aussi lubrique qu'un farfadet.

J'aimais la valse lente de nos vers, le va-et-vient de nos maux, et la façon de nous enterrer vivants sous le papier. Enfin, <em>ma</em> façon de m'emmurer vivante pendant que <em>lui</em> dégoupillait des grenades cannelées…

Andrinople, puis violette, fut la peau dont je me revêtis. Cramées et moisies, ces pensées cueillies à l'aube, que j'offrais à sa Majesté, et qu'elle piétina comme une enfant gâtée. Jouir de voir quelqu'un tomber. Le défi d'écraser quelqu'un d'impressionnant, pas tant techniquement qu'intellectuellement.

Roussâtres, mes capillaires devinrent gris à pleurer.

Il est temps de dévoiler le secret de ce Barbe bleue moderne, masqué à grand renfort de couches oléagineuses, de corps émaciés et de flores béantes. Il donne du sensuel, voire du superficiel, à voir, pour mieux cacher le spirituel. Il s'en défend, ce cerveau dénué de cœur. Un appétit vorace, un Armageddon humanoïde, la perversion d'une fleur.

Dévorer autrui pour mieux s'auto-érotiser. Voilà son secret.

Peut-être, en effet, qu'on n'y peut rien, que rien ne changera jamais, qu'il est trop atteint par ses orties mentales. Mais dans ce tas d'immondices bleutées, je tremperai encore ma plume. Dans ce Parfait imparfait. Dans ce Passé simple… trop simple.</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/Counter_clockwise_by_henning-206x392.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« Counter clockwise » de Henning Ludvigsen" /></div><div><em>Here again</em>, telle un papillon cloué au plafond. À moins qu'il ne s'agisse d'une araignée. Ou du carrelage froid sous mon balcon.

L'urgence d'écrire enchevêtrée entre plusieurs crépuscules. J'ai rêvé de cette peau bleuie à l'extrême, jadis, désormais cramoisie. Écarlates, flamboyantes, incandescentes, pourpres ou vermeilles, ces chairs mortelles caressent de leurs pieds gelés les affres de mes pensées.

Le spectateur – non, l'observateur – se trouve face à un panthéon – non, à un harem. Un harem mortuaire, figé dans la pierre, témoin de l'ère glaciaire qui a emprisonné le cœur de celui qui l'a peint. Un travail d'orfèvre de l'image, où la couleur devient bijou et la matière métal, cristallisant tout un tas de pulsions.

Des images d'une naïveté affligeante. Des corps féminins dociles, maîtrisés, accroupis, moins femmes-fleurs que Poison Ivy ; tentatrices ou ingénues, des étrangères au corps mordu, à l'esprit méprisé. Plus elles sont détruites à l'intérieur et belles à l'extérieur, plus elles ont des chances d'acquérir ses faveurs. Des créatures strictement sensuelles, non spirituelles, tandis que les muses spirituelles, <em>ces muses malades</em>, il les envoyait bouler : pas assez sensuelles pour ses mains gelées.

Portrait d'un Usurpateur (<em>je t'aime… mais pas assez</em>), d'une plante vénéneuse, d'une enveloppe sans lettre. De quelqu'un qui ne comprendra jamais. D'un Géant aussi attirant qu'un aimant, aussi lubrique qu'un farfadet.

J'aimais la valse lente de nos vers, le va-et-vient de nos maux, et la façon de nous enterrer vivants sous le papier. Enfin, <em>ma</em> façon de m'emmurer vivante pendant que <em>lui</em> dégoupillait des grenades cannelées…

Andrinople, puis violette, fut la peau dont je me revêtis. Cramées et moisies, ces pensées cueillies à l'aube, que j'offrais à sa Majesté, et qu'elle piétina comme une enfant gâtée. Jouir de voir quelqu'un tomber. Le défi d'écraser quelqu'un d'impressionnant, pas tant techniquement qu'intellectuellement.

Roussâtres, mes capillaires devinrent gris à pleurer.

Il est temps de dévoiler le secret de ce Barbe bleue moderne, masqué à grand renfort de couches oléagineuses, de corps émaciés et de flores béantes. Il donne du sensuel, voire du superficiel, à voir, pour mieux cacher le spirituel. Il s'en défend, ce cerveau dénué de cœur. Un appétit vorace, un Armageddon humanoïde, la perversion d'une fleur.

Dévorer autrui pour mieux s'auto-érotiser. Voilà son secret.

Peut-être, en effet, qu'on n'y peut rien, que rien ne changera jamais, qu'il est trop atteint par ses orties mentales. Mais dans ce tas d'immondices bleutées, je tremperai encore ma plume. Dans ce Parfait imparfait. Dans ce Passé simple… trop simple.</div>]]></content:encoded>
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		<title>La&#160;reine du&#160;silence</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/la-reine-du-silence/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 Dec 2012 22:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/i_am_tree___by_glassdrum-206x164.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« i am tree » de Matt Glass" /></div><div>Un samedi après-midi, toi et moi nous promenions au bord du gouffre. A 128 mètres d'altitude, presque emportés par le vent, nous nous dirigions vers les dunes. Le spectacle irréel des nuées de silice s'envolant tout au loin ; la mer, plus qu'éternelle ; notre conversation, nos propres envolées ; le tout, spectral. J'attendis en vain que tu m'embrasses.

Ensuite, tout éclata. Ce ne fut rien d'autre qu'une nuit d'avril, un chant au loin, un méchant cygne. J'aspirais à des choses plus grandes. Je continuai donc mon petit bonhomme de chemin, éraflant mes souvenirs, aspergeant mon reflet de vitriol. Détruire pour mieux rebâtir. Et puis plus rien. La nuit fut obscure, l'aube tarda à jaillir, tu n'étais déjà plus qu'un souvenir.

Le hasard commença à abattre ses cartes une à une. Beaucoup d'as de pique et de dames de cœur. Je tentais vainement de résister, en m'emmurant vivante dans mes pensées. Je n'avais plus envie d'en ressortir avant très, très longtemps. Sorte de momie urbaine, aux guenilles signées H&amp;M.

Docile, la reine oscillait lancinante, face à la triple menace que sont les furies. Cloîtrée, murée dans son donjon, l'ouïe définitivement éteinte, elle tenta tout pour recoller ses morceaux. Un bras, une jambe ; sa cuisse rougie. Les travaux avançaient, mais c'était surtout sa tête qu'elle avait perdue. Prisonnière d'un royaume intérieur, d'une quête, que d'aucuns décrivent comme <em>furieusement idéaliste</em>, <em>désespérément romantiqu</em>e, <em>singulièrement individualiste</em>, la reine du silence se heurta à nombre de souvenirs tragiques.

Parfois, je devine le pan de sa robe qui heurte les Immobiles ; et d'autres fois, j'entends au loin les sirènes nocturnes, pataugeant dans le bitume.

Un des remèdes fut une potion magique à base de cannelle, de vanille et d'îles flottantes, le tout saupoudré de médicaments. Un cocktail molotov dans son escarcelle, recouvert d'un drapeau d'ébène. Une fois la dynamite transfusée, je pus l'aider à mettre fin à ce silence d'un million d'années.</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/i_am_tree___by_glassdrum-206x164.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« i am tree » de Matt Glass" /></div><div>Un samedi après-midi, toi et moi nous promenions au bord du gouffre. A 128 mètres d'altitude, presque emportés par le vent, nous nous dirigions vers les dunes. Le spectacle irréel des nuées de silice s'envolant tout au loin ; la mer, plus qu'éternelle ; notre conversation, nos propres envolées ; le tout, spectral. J'attendis en vain que tu m'embrasses.

Ensuite, tout éclata. Ce ne fut rien d'autre qu'une nuit d'avril, un chant au loin, un méchant cygne. J'aspirais à des choses plus grandes. Je continuai donc mon petit bonhomme de chemin, éraflant mes souvenirs, aspergeant mon reflet de vitriol. Détruire pour mieux rebâtir. Et puis plus rien. La nuit fut obscure, l'aube tarda à jaillir, tu n'étais déjà plus qu'un souvenir.

Le hasard commença à abattre ses cartes une à une. Beaucoup d'as de pique et de dames de cœur. Je tentais vainement de résister, en m'emmurant vivante dans mes pensées. Je n'avais plus envie d'en ressortir avant très, très longtemps. Sorte de momie urbaine, aux guenilles signées H&amp;M.

Docile, la reine oscillait lancinante, face à la triple menace que sont les furies. Cloîtrée, murée dans son donjon, l'ouïe définitivement éteinte, elle tenta tout pour recoller ses morceaux. Un bras, une jambe ; sa cuisse rougie. Les travaux avançaient, mais c'était surtout sa tête qu'elle avait perdue. Prisonnière d'un royaume intérieur, d'une quête, que d'aucuns décrivent comme <em>furieusement idéaliste</em>, <em>désespérément romantiqu</em>e, <em>singulièrement individualiste</em>, la reine du silence se heurta à nombre de souvenirs tragiques.

Parfois, je devine le pan de sa robe qui heurte les Immobiles ; et d'autres fois, j'entends au loin les sirènes nocturnes, pataugeant dans le bitume.

Un des remèdes fut une potion magique à base de cannelle, de vanille et d'îles flottantes, le tout saupoudré de médicaments. Un cocktail molotov dans son escarcelle, recouvert d'un drapeau d'ébène. Une fois la dynamite transfusée, je pus l'aider à mettre fin à ce silence d'un million d'années.</div>]]></content:encoded>
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		<title>Arpèges et café</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/arpeges-et-cafe/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/arpeges-et-cafe/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 15 Dec 2012 19:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/arpeges-206x138.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Arpèges" /></div><div>Cela fait un certain temps que je n'ai pas pris le temps de perdre mon temps à tenter de poser par écrit ces pulsations. Me revoilà à désirer noircir le papier virtuel de mes pensées, si promptes à m'accompagner lorsque je mets le pied dehors, si fuyantes lorsqu'il s'agit d'être immortalisées. L'inhibition lettrée et moi : pas aussi simple qu'il n'y paraît.

Lâchée dans la nuit en plein Paris, le regard perdu dans l'asphalte refroidi, il me semble que mon cœur bat plus fort à mesure que la poupée-pianiste bat le rythme de sa vie.

M'agrippant à la barre de métal graisseuse du métro, observant quelqu'un m'observant dans le reflet, j'imagine te trouver là et t'ignorer. Nous aurions pu vivre mille ans ensemble, chevaucher maints chemins et ensevelir bien des sels marins sous les plages grises de ton dédain. Seulement, pas dans cette vie-là. Pas dans cette vie-là.

Agrippée à mon piano imaginaire comme à une bouée, je laisse le soir m'envelopper dans son voile café salé. Mais je m'égare, égarée dans une gare un lundi matin fatigué.

Au Théâtre de l'Odéon, elle fut happée, applaudie, admirée, tandis que je plongeais dans un verre d'eau glacée. Nos empruntes sur le velours, ma poche à pulsations, huit dans l'ascenseur… La convocation un peu rapide, un peu maladroite, de souvenirs tout neufs à la table des invités.

<em>Parfois, tu m'apparais en rêve. Plus humain que jamais.</em></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/arpeges-206x138.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Arpèges" /></div><div>Cela fait un certain temps que je n'ai pas pris le temps de perdre mon temps à tenter de poser par écrit ces pulsations. Me revoilà à désirer noircir le papier virtuel de mes pensées, si promptes à m'accompagner lorsque je mets le pied dehors, si fuyantes lorsqu'il s'agit d'être immortalisées. L'inhibition lettrée et moi : pas aussi simple qu'il n'y paraît.

Lâchée dans la nuit en plein Paris, le regard perdu dans l'asphalte refroidi, il me semble que mon cœur bat plus fort à mesure que la poupée-pianiste bat le rythme de sa vie.

M'agrippant à la barre de métal graisseuse du métro, observant quelqu'un m'observant dans le reflet, j'imagine te trouver là et t'ignorer. Nous aurions pu vivre mille ans ensemble, chevaucher maints chemins et ensevelir bien des sels marins sous les plages grises de ton dédain. Seulement, pas dans cette vie-là. Pas dans cette vie-là.

Agrippée à mon piano imaginaire comme à une bouée, je laisse le soir m'envelopper dans son voile café salé. Mais je m'égare, égarée dans une gare un lundi matin fatigué.

Au Théâtre de l'Odéon, elle fut happée, applaudie, admirée, tandis que je plongeais dans un verre d'eau glacée. Nos empruntes sur le velours, ma poche à pulsations, huit dans l'ascenseur… La convocation un peu rapide, un peu maladroite, de souvenirs tout neufs à la table des invités.

<em>Parfois, tu m'apparais en rêve. Plus humain que jamais.</em></div>]]></content:encoded>
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		<title>Cyclamen et pomme granate</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/cyclamen-et-pomme-granate/</link>
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		<pubDate>Sat, 08 Dec 2012 20:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/11/water-206x154.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Début d&#039;ébullition" /></div><div><em lang="en">She has always been the girl holding the violets.</em>

De retour dans ma chambre de jeune-fille, dans mon premier observatoire lunaire – d'ici, tout est différent. Les étoiles phosphorescentes sont toujours collées au plafond. Rien – ou presque – n'a changé. Azdradel, fragile, épinglée sur la colonne blanche comme les blés. 

Torpeur, et sensualité de tous ces regards qui me contemplent et me retiennent – yeux fermés en papier mâché. J'ai oublié cette nuit de mars où l'on a voulu découper mon mètre quatre-vingt six pour le disposer au fond de toutes petites boîtes. Merci pour la générosité, l'empathie et la chaleur ; pour toutes ces plaies, je ne te remercierai jamais assez.

Alors j'avale la pilule rouge pour descendre avec le lapin blanc. Contemplation du curieux alignement de ma mélanine, tandis qu'infuse en mes narines une odeur laquée. Je réapprends à respirer, survivante de la période bleu marine. Moi de me demander mille fois comment retirer perfusion et masque à oxygène. Disons juste que le roux me claquait en pleine tête, bien plus que de raison. Peut-être était-ce là la réponse à toutes mes questions.

Le rêve est une manifestation de décharge morale non identifiée. Et moi de confirmer que le rôle de muse, qu'on a tendance à attribuer à de pâles chimères, est forcément incomplet. Rien n'est exclusif.

Quand je relis la seule page de ce carnet vide, j'emploie ma sensibilité à tenter de comprendre ce que j'ai pu jadis adorer dans ce tas d'immondices. <em>Incomplétude</em>… Oui, mais c'est là tout le rôle d'une muse. <em lang="en">What I had to give, you didn't need; what I needed, you couldn't give.</em>

ON NE SAIT PAS

ON VOUDRAIT BIEN

ON NE PEUT PAS

<em>« Mon petit Ricochet a rejoint le paradis des écureuils. »</em>

Disons simplement que ma lumière s'est éteinte un soir sans soleil.</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/11/water-206x154.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Début d&#039;ébullition" /></div><div><em lang="en">She has always been the girl holding the violets.</em>

De retour dans ma chambre de jeune-fille, dans mon premier observatoire lunaire – d'ici, tout est différent. Les étoiles phosphorescentes sont toujours collées au plafond. Rien – ou presque – n'a changé. Azdradel, fragile, épinglée sur la colonne blanche comme les blés. 

Torpeur, et sensualité de tous ces regards qui me contemplent et me retiennent – yeux fermés en papier mâché. J'ai oublié cette nuit de mars où l'on a voulu découper mon mètre quatre-vingt six pour le disposer au fond de toutes petites boîtes. Merci pour la générosité, l'empathie et la chaleur ; pour toutes ces plaies, je ne te remercierai jamais assez.

Alors j'avale la pilule rouge pour descendre avec le lapin blanc. Contemplation du curieux alignement de ma mélanine, tandis qu'infuse en mes narines une odeur laquée. Je réapprends à respirer, survivante de la période bleu marine. Moi de me demander mille fois comment retirer perfusion et masque à oxygène. Disons juste que le roux me claquait en pleine tête, bien plus que de raison. Peut-être était-ce là la réponse à toutes mes questions.

Le rêve est une manifestation de décharge morale non identifiée. Et moi de confirmer que le rôle de muse, qu'on a tendance à attribuer à de pâles chimères, est forcément incomplet. Rien n'est exclusif.

Quand je relis la seule page de ce carnet vide, j'emploie ma sensibilité à tenter de comprendre ce que j'ai pu jadis adorer dans ce tas d'immondices. <em>Incomplétude</em>… Oui, mais c'est là tout le rôle d'une muse. <em lang="en">What I had to give, you didn't need; what I needed, you couldn't give.</em>

ON NE SAIT PAS

ON VOUDRAIT BIEN

ON NE PEUT PAS

<em>« Mon petit Ricochet a rejoint le paradis des écureuils. »</em>

Disons simplement que ma lumière s'est éteinte un soir sans soleil.</div>]]></content:encoded>
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		<title>Chant d&#039;elle</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Dec 2012 20:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[prose]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/11/chandelle-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« St. Marx Cemetery Series Vienna 1/12 » par Betty Ditscheid" /></div><div>Blanc, blancheur, papier qui s'étiole. Mon esprit s'évade, à pas de loup, loin au fond de la forêt. La morsure du froid à mes côtés, le blizzard portant mes pieds gelés. La lueur au bout du tunnel. Anis étoilé, bulles de papier mâché, branchiflore collée, serrée. Ma buée de sauvetage. Un éclat… À même le regard, collée tout contre toi.

Chant d'elle. D'elle. D'elle. D'elles.

La petite boîte gelée semée parmi les graviers. Grelottante, elle dort ; elle n'a pas froid. On a perdu son regard. Partie au loin, elle rit au sein des vertes prairies et des petits vallons qui, lorsque les beaux jours reviennent, sont piqués de crocus. Le maquillage cache mal la blancheur de ses mains. Ses cheveux ne sont plus bouclés. Son sourire a fané.

Longtemps, sur ce parking, j'attendrais celle qui ne reviendra jamais.

Marchant lentement derrière elle, observant de mes yeux embués les rubans décolorés, les anges tristes, je n'étais pour une fois pas la seule à laisser tout tomber. Pour nous, l'accompagner.

De quoi ses rêves sont-ils faits, désormais ? A-t-elle seulement des rêves ?

Prostrée, je vis un de ces moments que j'ai longtemps cru qu'ils n'arriveraient jamais. Plus d'écriture, plus de table enchantée. Les papillottes n'ont plus le moindre intérêt. Longtemps, j'y repenserai…

Chants d'elle. Chandelles. Asphyxiée.

<em>À elle.</em></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/11/chandelle-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="« St. Marx Cemetery Series Vienna 1/12 » par Betty Ditscheid" /></div><div>Blanc, blancheur, papier qui s'étiole. Mon esprit s'évade, à pas de loup, loin au fond de la forêt. La morsure du froid à mes côtés, le blizzard portant mes pieds gelés. La lueur au bout du tunnel. Anis étoilé, bulles de papier mâché, branchiflore collée, serrée. Ma buée de sauvetage. Un éclat… À même le regard, collée tout contre toi.

Chant d'elle. D'elle. D'elle. D'elles.

La petite boîte gelée semée parmi les graviers. Grelottante, elle dort ; elle n'a pas froid. On a perdu son regard. Partie au loin, elle rit au sein des vertes prairies et des petits vallons qui, lorsque les beaux jours reviennent, sont piqués de crocus. Le maquillage cache mal la blancheur de ses mains. Ses cheveux ne sont plus bouclés. Son sourire a fané.

Longtemps, sur ce parking, j'attendrais celle qui ne reviendra jamais.

Marchant lentement derrière elle, observant de mes yeux embués les rubans décolorés, les anges tristes, je n'étais pour une fois pas la seule à laisser tout tomber. Pour nous, l'accompagner.

De quoi ses rêves sont-ils faits, désormais ? A-t-elle seulement des rêves ?

Prostrée, je vis un de ces moments que j'ai longtemps cru qu'ils n'arriveraient jamais. Plus d'écriture, plus de table enchantée. Les papillottes n'ont plus le moindre intérêt. Longtemps, j'y repenserai…

Chants d'elle. Chandelles. Asphyxiée.

<em>À elle.</em></div>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Chaque chose à la fois</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/chaque-chose-a-la-fois/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/planete/pensees/chaque-chose-a-la-fois/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Nov 2012 20:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[prose]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/11/filsdefer-206x231.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Dessin : Marie Guillaumet" /></div><div>Tu vois, malgré la peau rouillée
Malgré les ébats et moi
Malgré la voix lactée
Malgré la voix rouillée

Je sais toujours me suspendre au bout des fils de fer, et je continue de faire ce pour quoi je n'ai ni queue ni tête – à rebours, à rebrousse poil, peut-être ; entre toi et moi, plus jamais rien, à jamais bien, à rebrousse poil ou à rebours. Qui de nous deux au fin fond des étoiles, la machine s'emballe tout au fond de moi…

Ce n'est plus toi au fond de moi mais moi au fond de moi, moi-même, moi m'aime, un moi qui m'aime à peine.

Tu es le rêve au creux de mes reins ; le papillon en or tamponné contre mon thorax ; le genre d'écharde que l'on ne se résoud jamais à extraire de sa plaie. Pile électrique, tes numéros partent en fumée. Je ne doute plus de rien mais de tout. Je connais tes acrobaties, tes reflets, je sais quelle est ta stratégie, non – je la devine et m'en repais. 

Tout est-il fini? Oui. Tout est-il fini? Oui/Non - tout a commencé.

J'ai souvent dégorgé les couleurs, rendu à contre corps mes douleurs, dévalé les pentes et respiré de travers. Je ne suis pas le genre de fille <em>normale</em>, calme, douce et sereine, obsédée par son enveloppe charnelle ou par l'amour aveuglé qu'autrui lui vouerait. Je suis <em>autre</em>.

Les fils étaient dans mes veines, les veines menaient à mon cœur ; en un mouvement, arrachés sans douleur, il n'y a soudain plus ni vil ni laine ni vilaine.</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/11/filsdefer-206x231.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Dessin : Marie Guillaumet" /></div><div>Tu vois, malgré la peau rouillée
Malgré les ébats et moi
Malgré la voix lactée
Malgré la voix rouillée

Je sais toujours me suspendre au bout des fils de fer, et je continue de faire ce pour quoi je n'ai ni queue ni tête – à rebours, à rebrousse poil, peut-être ; entre toi et moi, plus jamais rien, à jamais bien, à rebrousse poil ou à rebours. Qui de nous deux au fin fond des étoiles, la machine s'emballe tout au fond de moi…

Ce n'est plus toi au fond de moi mais moi au fond de moi, moi-même, moi m'aime, un moi qui m'aime à peine.

Tu es le rêve au creux de mes reins ; le papillon en or tamponné contre mon thorax ; le genre d'écharde que l'on ne se résoud jamais à extraire de sa plaie. Pile électrique, tes numéros partent en fumée. Je ne doute plus de rien mais de tout. Je connais tes acrobaties, tes reflets, je sais quelle est ta stratégie, non – je la devine et m'en repais. 

Tout est-il fini? Oui. Tout est-il fini? Oui/Non - tout a commencé.

J'ai souvent dégorgé les couleurs, rendu à contre corps mes douleurs, dévalé les pentes et respiré de travers. Je ne suis pas le genre de fille <em>normale</em>, calme, douce et sereine, obsédée par son enveloppe charnelle ou par l'amour aveuglé qu'autrui lui vouerait. Je suis <em>autre</em>.

Les fils étaient dans mes veines, les veines menaient à mon cœur ; en un mouvement, arrachés sans douleur, il n'y a soudain plus ni vil ni laine ni vilaine.</div>]]></content:encoded>
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