
Jeune Autrichienne de 17 ans, Anja Plaschg séduit dès le premier disque.
Un disque, Lovetune For Vacuum, qui ressemble tant à un fabuleux désert de marbre.
Baroque, Lovetune For Vacuum l’est assurément. Tout en entier tendu, dramatiquement.
Sombre également, comme un voyage éperdu dans la nuit noire (« Marche Funèbre ») s’achevant à l’aube dans une clairière (« Brother Of Sleep »).
Brutal aussi et étonnamment bruitiste, acide « DDMMYYYY ».
Piano, cordes diverses et variées s’assemblent et forment une orchestration dense, lancinante, enveloppante mais pas rassurante ni confortable.
Mais ce qui rend fou, ce qui fait s’étreindre le coeur à l’écoute de ce disque, c’est cette voix. Comme si Nico revenait du grand nulle part (Anja avait d’ailleurs repris de fort belle manière « Janitor Of Lunacy », météorite obscure). Comme si Kate Bush s’invitait dans la partie (« Thanatos »). Comme si Dolores O’Riordan passait dire bonjour. Rien de moins et c’est le secret de ce disque. Une voix qui impose sa volonté et fait trembler. Et ça fait longtemps qu’on n’a pas tremblé, qu’on ne s’est pas ému d’une voix de cette manière.
Virtuose Soap&Skin, inquiétante Anja qui nous en dit tant sur ce premier effort. Tant et si bien.
Encore un grand disque pour pleurer, tiens.


La reprise de « Janitor of Lunacy » c’était déjà un beau morceau, qui imposait le respect déjà parce que mordre sur les plates bandes de Nico, en visant un registre aussi glacé n’était pas un pari évident, et parce que c’était une belle morsure à vif. Ca c’était avant que l’album ne soit annoncé, après plus de nouvelles et Anja a réapparu un jour avec un petit cadeau.
Lovetune for Vacuum tel qu’il commence ça a l’air un peu un titre glacé, un plus doux, un glacé… mais en fait la distinction ne vaut rien on s’en prend tout autant dans la poire et ça ne continue pas pareil. Turbine Womb par exemple, qui commence l’air de rien. Spiracle merveilleusement martelé, et Marche Funèbre qui là encore s’impose (peut-être ma préférée ; ouais allez pas de peut-être). Puis DDMMYYYY plutôt inattendue, mais qui à rebours trouve sa place comme une évidence.
Pinaillements : si certains titres étaient un poil plus longs l’expérience aurait pu être franchement hypnotique. Et le packaging il a la classe mais c’est pas extra pratique pour lire les paroles.
« Marche Funèbre » est également ma préférée. Elle porte terriblement bien son nom.
Oui, tu as tout à fait raison à propos de la longueur des titres. Ils auraient gagné à être plus longs, alanguis (l’album lui-même y aurait gagné).
as a child est ma préférée….
Voie merveilleuse, texte profond, profond… dans sa simplicité !!!
Un grand moment d’éternité, merci Anja