Television Marquee Moon

Television - Marquee Moon

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Television - Marquee Moon

« Life in the hive puckered up my night,
the kiss of death, the embrace of life.
There I stand neath the Marquee Moon Just waiting,
Hesitating…
I ain’t waiting »

« Marquee Moon »

Sorti en 1977, Marquee Moon n’a rien perdu de son originalité. Il demeure encore aujourd’hui un disque visionnaire, un manifeste de la scène rock new-yorkaise, à ranger aux côtés du premier album du sacro-saint Velvet Underground. Television signe, avec ce premier album, un grand classique rock. A des années lumières de la tendance de l’époque, Marquee Moon ouvre une brèche, celle d’un punk (parce que c’est de cela qu’il s’agit) cérébral et élégant. Un second souffle salutaire dont les influences se font encore sentir à l’heure actuelle.

Marquee Moon est un album à guitares. Oh, il n’est pas question ici d’artillerie lourde, ni de riffs gras comme des guitar-heroes imbibés. Non, il s’agit là de finesse et d’entrelacs. Tom Verlaine et Richard Lloyd, soutenus par une section rythmique irréprochable et implacable, tissent une toile techniquement parfaite où pointent çà et là des solos lumineux. Omniprésentes, claires et élégantes, à elles seules, elles font de ce disque un monument de poésie électrique.

Ce disque est tout entier soutenu par la figure centrale de Tom Verlaine, leader charismatique de la formation. Sa voix étrange, qui rappelle irrémédiablement celle de Mick Jagger tant elle est nasale et haut perchée, se fait plaintive et tremblante ou au contraire, apparaît pleine d’une rage difficilement contenue. Elle surnage au-dessus de la mêlée, fascinante et habitée. Merveilleuse et pourtant terriblement inquiétante.

Chanteur inspiré, Tom Verlaine est également un parolier hors pair. Sensibilité à fleur de peau et introspection guident ses mots qui ne sont pas sans rappeler certains romantiques (il porte son patronyme avec décidemment tant d’élégance et d’à propos). Il manie poésie et mystique avec grâce. Mais insuffle une modernité que l’époque exige. Comme tout new-yorkais qui se respecte, il évoque la grande cité tentaculaire, mythologie urbaine et fantômes compris.

Pour capter l’essence même de cet album, rien ne vaut l’écoute de sa chanson-titre. Morceau épique de plus de 9 minutes, Television y est apparaît au sommet de son art : lyrique, mélancolique et terriblement puissant. Spleen et idéal.