La Finlande, ou l’autre pays du doom. Et qui peut mieux l’illustrer que Shape of Despair… Illusion’s Play, leur 3ème album, nous transcende littéralement dans un univers féeriquement glacé. Forêts de sapins enneigés, lacs gelés et clarté sombre sont des images qui viennent à l’esprit à l’écoute de ce chef d’œuvre des glaces.
Des nappes de claviers brumeuses ouvrent lentement l’album. Viennent ensuite des guitares lourdes et puissantes, mêlées aux notes de claviers glacées, comme des tintements de givre. Les compositions sont d’une beauté absolue ; entre nuit éternelle et clarté céleste.
Les notes évoluent lentement, comme une chute sans fin, au rythme de la neige qui tombe. Les mélodies sont troublantes ; chaque note touche une corde sensible. Des guitares sur la fin de « Curse Life » aux notes de piano qui clôturent « Sleep Mirrored », tous les titres sont des émotions distillées en notes précieuses.
La voix céleste et angélique de Natalie Koskinen s’entrelace au growl lourd de désespoir de son compagnon Pasi Koskinen ; tels deux échos d’âmes lointaines, chutant inéluctablement. Chez Shape of Despair la fatalité devient beauté, et l’on se plaît à sombrer aux rythmes des titres qui défilent. Car dans cette chute on entrevoit la lumière. Là, réside la magie de ce groupe.
Illusion’s Play est un album irréel et introspectif, façonné par les rêveries sombres de Jarno Salomaa, dont les six titres sauront toucher les amoureux des terres glacées et de la féerie perdue.
Now…
Watching myself,
My own life
Fading to afar…
Listening these voices
And trying to tell them
That I will soon be gone…
-Curse Life-



