The Mantle d’Agalloch est une longue promenade dans un paysage d’hiver. Le souffle du vent et les pas crissant dans la neige résonnent dans chaque note, mais plus encore. Il en émane quelque chose de sacré et d’ancien. Un retour au monde païen où la nature règne en maître.
Les titres In the Shadow of Our Pale Companion et Odal en sont la parfaite représentation. Ces deux œuvres sont d’une beauté solennelle et d’une qualité de composition étonnantes. Dans le premier, de multiples passages s’alternent pour former une œuvre magistrale où se côtoient guitares acoustiques et électriques.
Au-delà de ces titres d’une grande solennité, on retrouve d’autres titres toujours folk mais moins sacrés. Parmi les plus metal d’entre eux, You Were But a Ghost in My Arms, dont les paroles sont faites de flocons de neige ; ou encore I am the Wooden Doors où John Haughm alterne, comme souvent, son étrange growl et son chant clair. Mais toujours, l’esprit folk neigeux de The Mantle est là, omniprésent.
Quelques titres plus calmes parsèment leur douce accalmie, comme le fantomatique The Lodge, instrumental mystérieux introduit par des bruits de pas dans la neige… Le mélancolique …and the Great Cold Death of the Earth reprend le thème du 1er titre (A Celebration for the Death of Man…), comme pour refermer la boucle, avant un A Desolation Song qui dépareille du reste de l’album au niveau musical, comme pour signifier que la ballade est terminée.
Chaque album des américains d’Agalloch est différent. The Mantle, le 2ème, est une rêverie mélancolique dans des contrées neigeuses. Un album entre sacré et magie dans lequel on trouvera aussi quelques instants plus profanes. Quoi qu’il en soit, The Mantle reste une œuvre unique fortement ancrée dans la Nature glacée.
Here at the edge of this world
Here I gaze at a pantheon of oak, a citadel of stone
If this grand panorama before me is what you call God. . .
Then God is not dead
« In The Shadow Of Our Pale Companion »




« L’esprit folk neigeux de The Mantle est là, omniprésent. » Oui et surtout tout autour, au contact de la peau, je crois que c’est assez rare qu’un album porte si bien son nom. Les guitares quelque soit leur degré de saturation sont traitées pour recouvrir l’espace. Au final, malgré certaines voix, malgré certaines guitares, certains rythmes, qui restent comme des repères vitaux dans le blizzard, c’est un album d’une douceur folk et nostalgique indéniable.
Un amour de grisaille, de froid, de bois tortueux (sur la pochette). Qui n’a pas encore compris que l’hiver c’est doux et génial, propice à la vie, à l’épanouissement d’une faune, aux envolées d’un titre comme The Lodge ?
« Un retour au monde païen où la nature règne en maître. » Sans doute, Carine, et où la moins aimée des saisons trouve ses adeptes. Merci pour cette chronique. =)
Merci Talulla pour ton commentaire. « Qui n’a pas encore compris que l’hiver c’est doux et génial, propice à la vie », plein de gens ! Beaucoup de personnes ne sont heureuses que quand il fait beau et chaud… Vive la neige !