Écailles De Lune est le deuxième album d’Alcest, groupe français composé de Neige et de Winterhalter. L’album propose un mélange subtil de black metal et de post rock, le tout avec une ambiance onirique d’une rare beauté. La magnifique pochette réalisée par Fursy Teyssier (Les Discrets) ne ment pas : la beauté qui s’en dégage se retrouve entièrement dans Écailles De Lune. Et dans ce titre on retrouve les deux éléments porteurs de ce disque : la mer (écailles) et la rêverie (lune).
L’album commence par le titre éponyme de l’album, scindé en deux parties. La première est une ballade très post rock portée par une mélancolie colorée. Une espèce d’innocence enveloppe le morceau dont les paroles magnifiques appellent à la rêverie. Le voyage se poursuit avec la deuxième partie du titre qui débute par des vagues apaisantes. Puis survient, tel une tempête, un black metal toujours aussi empreint de rêverie. Le titre est fabuleux et le chant emporté de Neige magnifie l’ensemble.
Le titre suivant, Percées De Lumière, constitue l’apogée de l’album. Plutôt orienté black metal, il recèle toutes fois de nombreux passages plus atmosphériques, ce qui rend le titre riche au niveau de la composition comme au niveau des émotions. La reprise au milieu du titre est fabuleuse et porte une tristesse hurlée par Neige. Les paroles parlent d’une transcendance vers un ailleurs loin de ce monde.
S’en suit le court ambiant Abysses, parfaitement mis en musique par Fursy Teyssier. Après les ténèbres vient la lumière, avec Solar Song, une magnifique ballade lumineuse. L’album de clôt lentement avec Sur L’Océan Couleur De Fer dont les paroles sont un poème de Jean-Paul Toulet (poète français 19/20ème siècles). Un morceau acoustique et atmosphérique, où la lumière semble s’éteindre lentement, sur des mélodies pleine de tristesse.
Ainsi, Écailles de lune est comme un voyage en mer, où la lumière dorée du soleil peut se substituer aux abysses sombres recelant des mystères, à l’image de ces passages atmosphériques et de ce black metal déchaîné. Mais où que cela nous mène, la beauté, qu’elle soit sombre ou lumineuse, fait partie intégrante de ce voyage.
Leur tenant la main, lentement,
Je voudrais sombrer dans des eaux noires
M’accueillant silencieusement.
Dire adieu aux lueurs du matin,
Laisser les courants froids
Purifier mes pensées, statufier mes chairs,
Pour trouver le sommeil
Tout au fond de l’océan.
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