Tori Amos – From the Choirgirl Hotel

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Things are getting desperate When all the boys can’t be men (Raspberry Swirl) Choisir un album de Tori Amos comme unique représentant de sa discographie dans nos albums cultes relève de l’exploit. Parce que Little Earthquakes, parce que Boys for Pele. Et pourtant, une fois le choix effectué, expliquer pourquoi From the Choirgirl Hotel est [...]

Tori Amos - From the Choirgirl Hotel

Things are getting desperate
When all the boys can’t be men
(Raspberry Swirl)

Choisir un album de Tori Amos comme unique représentant de sa discographie dans nos albums cultes relève de l’exploit. Parce que Little Earthquakes, parce que Boys for Pele. Et pourtant, une fois le choix effectué, expliquer pourquoi From the Choirgirl Hotel est « the » album à retenir en priorité se révèle moins compliqué qu’on ne l’aurait pensé.

Déjà, parce que From the Choirgirl Hotel est un album qui fait la synthèse entre les sons presque acoustiques qui ont révélé Tori Amos au public (où l’on peut dresser un lien sonique entre Pandora’s Aquarium et Bells for Her), et des sons carrément electro (Raspberry Swirl), style musical où l’on n’attendait pas la musicienne, mais qu’elle poussera à son paroxysme sur l’album suivant, To Venus and back. From the Choirgirl Hotel comme rite de passage du passé vers l’avenir ; et qui dit passage, dit forcément bilan.

Or, à bien y écouter et à y lire, les paroles de From the Choirgirl Hotel marquent une apothéose dans le style lyrique propre à Tori Amos, sur le mode d’un « ok, je fais le bilan et je vous dis tout… mais à vous de déchiffrer ». Et ce que l’artiste nous confesse n’a rien de léger ou de facile, pour ceux que la rencontre piano-voix-Américaine rebuterait. Oui, un disque pop peut être profond, même si le génie de Tori Amos est trop grand pour resté confiné au seul genre pop. On enlèverait la musique et on ne retiendrait que les paroles, From the Choirgirl Hotel serait déjà un immense album. Tori Amos y parle d’une fausse couche – une de plus -, de l’enfant qui n’a pas voulu d’elle comme mère (Playboy Mommy, Pandora’s Aquarium), de relations addictives (She’s your cocaine), de l’absence de notre ange gardien quand on aurait vraiment besoin de lui (Cruel, iieee), ou encore d’abus sexuels (Black Dove) – le tout de cette façon si poétique, cryptée et mélodieuse propre à l’artiste.

Amos aborde ces thèmes difficiles de manière incroyablement dynamique. S’il peut falloir une bonne minute pour véritablement entrer dans Spark (la faute à la production de la guitare?), il est ensuite impossible de s’extraire du disque jusqu’à ce que la note ultime ait résonné. Cet album en appelle à quelque chose de plus grand que nous, à quelque chose dont on ne pourrait peut-être pas parler de façon « normale », mais que la musique permet justement d’exprimer. L’intelligence de l’écriture textuelle et musicale de Tori Amos, ainsi que son chant si caractéristique, sensuel, aussi troublant que troublé, permet à tout auditeur de retrouver une partie de lui dans l’œuvre jouée, d’en être touché, bouleversé même.

Choirgirl n’a, de fait, que peu à voir avec un « disque pop » : c’est un aller simple pour une autre dimension émotionnelle, un portoloin menant à l’intime et au refoulé. Rien de moins.

Note personnelle:
★★★★★

9 votes, average: 4,78 out of 59 votes, average: 4,78 out of 59 votes, average: 4,78 out of 59 votes, average: 4,78 out of 59 votes, average: 4,78 out of 5 (9 votes, moyenne : 4,78 sur 5)
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  1. Je rejoins a 200% ta chronique de ce que je pense être le clé de voute de la discographie de Tori Amos.

    Déjà il s’agit de mon premier VRAI coup de coeur pour cette artiste (j’avais vraiment apprécié Under the pink, qui est celui par lequel j’ai découvert Tori, mais pas à ce point).

    Ensuite parce que le mariage entre acoustique et électronique que propose cet album est tout simplement parfait. Beat électros et phrasés de piano s’entremêlent parfaitement, la voix est parfaite, les textes à la fois métaphoriques et personnels.

    Un album à fleur de peau. Un joyaux au milieu des joyaux que composent sa discographie.

    Northern Lad est un de mes morceaux favoris, mais les autres sont au coude à coude pour cet album, un des rares que j’écoute sans avancer à aucun moment. Car tout s’y tient et tout y est indispensable.

  2. Merci pour ton commentaire! :) Northern Lad est également un de mes morceaux préférés…

  3. Je faisais un petit tour à Virgins, juste comme ca, je tombe sur cet album en questions, je me fais : ‘tiens, Tori, ca fait longtime toi « , j’écoute, et j’entre en une sorte de transe…
    C’est un excellent album, pour les quelques 5 chansons que j’ai écoutées, j’ai eu dû mal à m’en détacher… Quand aux paroles, jusque ton article je n’avais aucune idée du sens qu’elles avaient. Mais malgré la douceur et la beauté de la voix, j’avais quand même crut sentir quelque chose de dur à avaler…

  4. Oh, merci pour ton commentaire! Je suis contente que cet album t’ait séduit – et encore, il te reste un bout de chemin à parcourir avec lui… :-)
    En effet, la musique de Tori Amos est une musique douce-amère par excellence. Le féérique côtoie le terrible, et c’est ça que j’adore, personnellement.

  5. C’est clairement mon préféré! La perfection n’existe pas mais c’est le genre d’album qui se rapproche d’une certaine forme de perfection musicale. Du début à la fin, on ne décroche pas une seule seconde. Intense.

  6. ^^ De toute facon, je crois que dès que j’ai des sous ( c’est-à-dire dans longtemps puisque le salon-du-bouquin m’a ruinée ) j’irai l’acheter, histoire de pouvoir déguster en entier le hors-d’oeuvre de l’artiste…

  7. C’est le premier album de cette artiste que j’ai écouté . Je l’ai pris un peu au hasard et finalement j’y reviens toujours, comme quoi le hasard fait parfois bien les choses ;)

  8. Tiens, c’est drôle… C’est également le premier album que j’ai écouté de Tori Amos et ça a été un coup de foudre total. Je ne comprenais pas que des chansons comme « Cruel » ou « iiiee » ne soient pas totalement incontournables. Bien heureux de lire ce billet, donc.

  9. Salut D&D, avant tout bienvenue sur La Lune Mauve (et désolée pour le boxon ^^). « Coup de foudre total », oui c’est absolument ça! Par contre je ne comprends pas très bien ce que tu veux dire par:

    Je ne comprenais pas que des chansons comme “Cruel” ou “iiiee” ne soient pas totalement incontournables.

    ?

  10. Bonsoir kReEsTaL,

    Je veux dire : je ne comprends pas qu’elles ne passent pas tous les jours, sur toutes les stations radio ou web du monde depuis leur sortie :-)))

    (Mais sinon, je reste pour la démocratie et la possibilité des désaccords !)

    A bientôt ;-)

  11. Brynhilde

    Cruel et Hotel sont mes préférées sur cet album qui est certainement le plus réussi. Il est cependant plus accessible que Boys for Pele pour moi. Mon album préféré!

  12. exact. celui-là ou « boys for Pele » aurait été de toutes façons un choix de ma part. j’ai acheté d’autres disques d’elle mais on ne retrouve plus cette folie des débuts

    donc je ne suis pas fan hard core. je sais que la demoiselle connaît une horde d’enthousiastes auditeurs qui ne supporte pas qu’on critique leur idole.

    donc je vais juste ajouter que même si ces dernières productions me paraissent bien pâlote, il faut admette que musicalement, cette musicienne mérite son statut « à part »

    alain

  13. Effectivement, choisir un album sur toute la disco de Tori n’est pas une mince affaire ! Mais c’est vrai que celui-ci reste un des plus marquants.
    On est absorbé du début à la fin dans cet univers à la fois sombre et aérien, autant merveilleux qu’effroyable… Rien que pour Spark, cet album mériterait d’être au panthéon du rock : cette chanson est d’une telle puissance émotionnelle ! Seulement il y a tant d’autres perles comme cruel, black dove, liquid diamonds… en fait il n’y a vraiment rien à jeter !
    Bien qu’étant un fan de Tori relativement récent, je dois bien avouer que je suis devenu très vite boulimique et totalement addict de son univers musical tellement riche et unique.
    Sinon j’ai été étonné de ne pas voir de chronique sur le merveilleux concert du 19 juillet à l’Olympia (non plus sur BloodyMarie)…

  14. Pris d’un élan de nostalie, je me replonge dans mes disques de Tori, et lequel ai-je choisi ? « From The Choirgirl Hotel », évidemment, même si jela connais et la suis depuis ses débuts. Cet album, qui est un savant mélange du précédent et du suivant, exprime la quintessence de son talent. Merci pour ce bel article.

  15. Merci pour vos supers commentaires ! Ravie que vous découvriez / redécouvriez ce merveilleux album dont je ne me lasse pas, même après toutes ses années…

    Tori rocks !

  16. From the choirgirl hotel c´est finalement du witch house avant l´heure!!! impactant même si le coté ultra baroque et baré de boys for peel m´a laissé sans le souffle!!
    Parlant de cet album brillant tout autant que le pure to venus and back (Ultra sombre…ah datura et l´enorme suede!!!) je pense qu´elle s´etait imergée dans une espèce de phase similaire à celle de kate bush lorsque celle-ci´s´etait totalement alienée de ses debuts lyriques au profit d´un album electronique et desconcertant vachement bien foutu et actuel…l´énorme « The dreaming ». Tori n´a absolument eu rien à perdre, juste envie de jouer et elle a reussi (â moitié, puisque le disque a été un faible flop) son coup. Moi je l´ai decouvert par ma maman qui avait le vinil de little earthquake (Ça craquelé tellement…) et puis ça m´a plus et j´ai cherché un peu plus…ça m´a fait rire de voir que son under the pink est LA GROSSE REFERENCE de joanna newsome!! (Yes Anastasia par ex…) puis la claque de boys for peel…(J´ai compris aprés avoir lu quelque part qu´elle s´etait drogué avec une espèce de chamane qui lui avait fait voir l´enfer de lá l´inspiration de plusieur titres du disque dont father lucifer) From the choirgirl hotel est brillant pour toutes ces belles raisons que vous tous avaient cité…to venus & back est aussi terriblement trangressif pour être le disque d´une artiste signé dans une major et puis….plus rien…le reste est assez pauvre et la folie de tori s´est un tantinet transformé en attitude bon chic bon genre, finalement plus diva que guerrière, non? il m´est desormais necesaire de faire une sévère selection pour chaque album que la belle sort…et son dernier mindwinter graces…no comment…
    Un peu comme la bush de « The red shoes »…presque inutile…ça génère finalement plus de deception que de surprise dû à l´espoir qu´on a encore d´assister à la renaissance de la furie d´antant qui nous a tant percuté…Avec l´âge, la sagesse amoindrie la folie artistique…il ne faudrait jamais vieillir…

    Au fait si vous êtes encore en train de vous demander ce qu´est la witch house, vous pouvez tj ecouter mon son sur soundcloud…le link est juste lá!!!

    Amateur de bonne zic je vous salue bien bas!!

    Nels

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  1. 4.10.09: Tori Amos au Palais des Congrès, Paris, 3 octobre 2009 • Chroniques concerts • La Lune Mauve

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