I Am A Bird Now, grâce à son orchestration jazzy épurée, construite en grande partie autour d’un piano mélancolique, est la bande-son idéale d’une soirée en tête à tête avec soi-même, les yeux collés au plafond, et l’esprit en plein vagabondage. A réserver aux soirs de solitude choisie, pour un effet salvateur garantie. La voix [...]

I Am A Bird Now, grâce à son orchestration jazzy épurée, construite en grande partie autour d’un piano mélancolique, est la bande-son idéale d’une soirée en tête à tête avec soi-même, les yeux collés au plafond, et l’esprit en plein vagabondage. A réserver aux soirs de solitude choisie, pour un effet salvateur garantie.
La voix d’Antony, suave et profondément émotive, est le fil d’Ariane de cet album ; à elle seule, elle invite l’auditeur à s’interroger sur l’identité de son détenteur : Homme ? Femme ? Blanc ? Noir ? Par-delà tout clivage, Antony a une voix d’ange, assurément ; douce comme du miel mais aussi tendrement triste qu’un matin pluvieux, elle porte le clair-obscur à son apogée.
Les paroles, d’une sincérité touchante, exposent le constat extrêmement personnel du chanteur vis-à-vis de sa sexualité et de son genre ; quiconque se penche de façon approfondie sur cet album en vient à s’interroger sur ces questions, et, plus globalement, sur sa propre identité, sur son rapport au monde, aux autres… Et à lui-même.
Sur quelques titres sont venus se glisser à pas de loup des invités de marque qui, à eux seuls, témoignent de la qualité de I Am A Bird Now ; on y croise ainsi Lou Reed, Rufus Wainwright, Devendra Banhart, l’un à la guitare, les autres à la voix ; et même l’ombre furtive de Boy George, laissant son costume de pacotille 80′s au placard pour endosser ici celui de chanteur à la voix pleine d’émotions. Qui a dit que les miracles n’existaient pas ?
Enfin, une pochette sublime justifie à elle-seule la possession de cet album : Candy Darling, icône travestie des années 70, y attend la mort sur son lit d’hôpital. Vision pleine de tristesse, mais aussi de beauté et de sérénité, à l’image du disque qu’elle illustre, 30 ans après avoir été immortalisée par le photographe Peter Hujar.
6 commentaires (ajoutez le vôtre)
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Hadre
15.02.09 #
J’avais lu pas mal de chose sur lui dans les pages de divers magazines culturels sans prendre la peine de découvrir ses disques. Dommage, à l’écouter sur Deezer, ce dernier album tire vraiment les fibres du coeur.
Lisbeth Salander
22.02.09 #
Je ne connaissais pas du tout et je viens d’écouter l’album. Que dire sinon que c’est magnifique et que j’en frissonne ! Je suis ravie de cette découverte !
Anaon
1.06.09 #
Superbe! A ne pas écouter n’importe quand, sa musique demande beaucoup d’attention, et d’être ouvert d’un point de vue émotionnel. Poignant!
Pump
8.10.09 #
Merci de faire découvrir à ceux qui ne le connaitraient pas un tel chef d’œuvre ! Un disque très spirituel.
kReEsTaL
9.10.09 #
Merci à tous pour vos commentaires !
En effet, c’est un disque vraiment à part, dont on a du mal à se remettre quand on l’écoute à la légère, et qui laisse des traces longtemps après une écoute plus attentive.
Je n’ai écouté que rapidement le dernier album d’Antony and the Johnsons, The Crying Light, mais j’avais l’impression qu’il était un tout petit peu en-dessous de celui-ci… non ?
Pump
10.10.09 #
J’ai acheté the Crying Light, c’est un bon voire très bon album, mais moins facile d’accès, avec des compos moins évidentes à s’approprier. Disons que quand je pense réécouter un Antony, je mets le CD I am a bird et non celui-la. Son mérite sur le dernier est qu’il continue sur sa lancée, mais sans vouloir absolument réutiliser toutes les recettes de I am a bird… mais le succès sera forcément plus confidentiel j’imagine.