The Deadfly Ensemble An Entire Wardrobe of Doubt and Uncertainty

Cabaret batcave bizarre

« An Entire Wardrobe of Doubt and Uncertainty » de The Deadly Ensemble

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Lorsque le Deadfly Ensemble (« L’ensemble de la mouche morte ») déboule sur scène du Shauspielhaus à Leipzig, pendant le Wave Gotik Treffen 2006, le public est médusé.

Lucas Lanthier, connu dans Cinema Strange, arrive flanqué d’un singe en peluche scotché autour de la tête. Ses accolytes arborent tantôt un déguisement mi-homme, mi-femme, ou encore une espèce de grande peluche longiligne au-dessus de la tête. Bref, c’est du grand n’importe quoi. La performance qui s’en suite est mémorable, le son excellent, l’improvisation latente.

En sortant de là, je n’ai eu qu’une envie : me procurer de toute urgence leur premier album, dont je ne me suis jamais lassée depuis.

La musique que délivre The Deadfly Ensemble sur ce premier album est construite sur une base folk, avec une guitare acoustique très présente, mais coupe court à toute classification dès les premières minutes. Les mélodies sont simples, le chant vaporeux et plaintif, et l’artwork mystérieux qui accompagne le disque contribue à faire planer le doute et l’incertitude quant à savoir la nature exacte de l’entité qui se dévoile là.

C’est une sorte de cabaret dont l’heure de gloire serait passée, et où il planerait comme une odeur persistante de poussière. On entend le parquet grincer, et les musiciens s’amusent à surgir de derrière les rideaux pour nous foutre la frousse. Le rythme se fait instable, inquiétant. L’auditeur est prisonnier d’une fête foraine désaffectée.

Les ministrels gothiques nous offrent des valses intrigantes (Pruise Animal, Horse on the Moor), des contes de clowns tristes (Midsummer William, Cariodoc’s Kiss) ainsi que de pures expérimentations sonores (Marimba Improvisation No. 29, Closing Remarks). À noter un duo avec Andi SexGang sur Kriminaltango, l’ultime titre, qui conclut l’opus par un tango pour pierrots dark, en passant tour à tour du post punk au cabaret impressionniste.

La production vaporeuse du disque contribue pour beaucoup à l’atmosphère surannée et bizarroïde qui plane sur ce disque. On pense à Sopor Aeternus, en plus ludique. On pense à Dream Home Heartache, de Rozz Williams et Gitane Demone, en moins tragique.

Un drôle de disque que voilà, parfait en cette période d’Halloween !