
You should learn when to go,
You should learn when to say no.
On parle beaucoup de Courtney Love et bien peu de sa musique. Et cet album constitue une parfaite entrée en matière pour découvrir ce que « cette-pauvre-folle-de-Courtney-sale-droguée-mère-indigne-il-faut-l’enfermer » sait faire lorsqu’on lui colle une guitare entre les mains. Cet album-là, le deuxième de Hole, est celui de la consécration pour le groupe. Spin, à l’époque, déclarait qu’il était : « le premier grand manifeste de la compromission Riot Grrrls ».
Riot Grrrls donc. Parce qu’on y retrouve la furie Love et sa voix douloureuse, rauque à l’envi. Cette voie de camionneuse énervée, lèvres bardées de rouge écarlate. Il y a le féminisme latent, s’échappant par bouffées capiteuses. Les mots bravaches. Et l’énergie punk, toutes guitares dehors, marquée par la vague grunge alors à son apogée.
Compromission, oui, aussi. Miss Love s’est mise à écrire de belles mélodies avec de vrais morceaux de sucre candy dedans. Alors, on est encore loin de Celebrity Skin (l’album suivant – 1997) ou même de America’s Sweetheart (le récent effort solo – 2004). Mais on est encore plus loin du rugueux Pretty On The Inside (1er album – 1991) et de ses ruades punk mal dégrossies.
Tout entier, Live Through This repose sur la contradiction. De sa pochette éloquente aux thèmes abordés. Courtney parle de poupées démembrées, de pilules rose bonbon, d’amour maladif, de lait tourné. Doux et amer. Punk et mélodique. Cet album EST Courtney Love. La petite fille aux cheveux fillasses (4ème de couverture), la folle furieuse, la femme fatale, la petite amie trompée, l’épouse aimante, l’ado mal dans sa peau, la maman comblée. Tout cela à la fois. Et même bien plus. Multiple et indispensable. En un mot : brillant.




Cet album est gigantesque, brut, rentre-dedans, poisseux… Un de mes préférés sans doute.
En fait, Courtney Love et Hole n’ont officiellement fait partie du mouvement riot grrls que peu de temps, et à l’époque de LTT, c’était déjà fini (la chanson « Olympia » en parle d’ailleurs).
-> Voir cette photo de Courtney Love évocatrice ^^
Après, médiatiquement c’est un des groupes qui a fait le plus parler des riot grrls mais Courtney Love ne se revendique pas comme en étant une ni sa musique (que je sache).
Enfin ce n’est qu’un détail, ça fait plaisir de voir ce CD sur LLM! ;)
Oui, c’est pour ça que je parle de compromission. Du moins, c’est comme ça que je l’interprète. ;-)
(désolée, je ne peux pas voir la photo)