Nicolas Cluzeau La ronde des vies éternelles

Dark fantasy

Couverture de « La ronde des vies éternelles » de Nicolas Cluzeau

Note :
3/5
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L’argument

Quatre personnes que tout sépare se retrouvent dans une auberge. Il y a Cythèle, prêtresse de Plutonis le dieu des Morts ; Brytomarte, officière de l’armée de la République Latte ; Eringvard, guerrier changelin et Syrmaïl, mage enseignant à l’Académie. Tous quatre sont nés le même jour et se dirigent vers Corollis, ville mystérieuse et légendaire, après avoir été assaillis de visions funestes et terribles. Mais la route est parsemée d’embûches et nos quatre protagonistes ne se doutent absolument pas de ce qu’abrite Corollis. Corollis qui fait naître dans ses parages les plus alarmantes rumeurs…

ça commence comme ça

Un morceau de terre flottait dans le néant piqueté d’étoiles lointaines et de constellations complexes. Ce joli fragment de désert au sable mauve percé de mésas gigantesques avait échappé à l’implosion initiale. Dérivant sans dessein précis, il faisait partie d’une ancienne dimension qu’un démiurge avait habillée de son mauvais goût.

Ce fragment ne réagit pas le moins du monde à l’apparition, sur une des dunes figées par le froid du vide, d’un étrange rectangle aux côtés blancs et lumineux.

Avis personnel

De l’écriture de Nicolas Cluzeau, je ne connaissais que quelques unes de ses nouvelles, que j’avais plutôt appréciées. J’ouvris donc La Ronde des vies éternelles en étant assurée de passer un bon moment de lecture.

Je ne me suis pas trompée : le roman est un petit bijou de dark fantasy, placé sous le signe du rêve. Ou plutôt devrais-je dire du cauchemar… Les descriptions fantasmagoriques sont délicieuses, les visions cauchemardesques horrifiantes à souhait. Les personnages, bien que présentés un par un, ce qui m’a semblé plutôt « cliché », sont assez bien campés. Cythèle est celle qui m’a paru avoir le plus d’épaisseur. Le fait que son nom figure dans le titre explique sans doute pourquoi ce personnage marque plus que les autres, pourtant non dénués d’intérêt.

Quant à l’intrigue, elle est suffisamment riche pour qu’une touche de mystère demeure jusqu’à ce que l’auteur choisisse de dévoiler la vérité. Le tout mêlé à un univers original, où magie et rêves tiennent une place prépondérante, donne un résultat remarquable.

Le seul bémol, car il y en a un, est le style de l’auteur. S’il m’est fort agréable de lire une histoire de dark fantasy où le vocabulaire est plaisant par sa variété et sa recherche, l’abondance de mots rarement usités et dont le sens m’échappaient à quelque peu refroidi mon enthousiasme. L’univers et l’intrigue sont déjà complexes en soi pour un lecteur abordant le Multivers de Nicolas Cluzeau pour la première fois, suivre le fil demande donc un peu de concentration. Mais devoir chercher régulièrement dans le dictionnaire la signification de tel ou tel mot rompt l’enchantement du récit par moments.

La Ronde des vies éternelles vaut donc surtout pour son univers sombre et onirique et son intrigue fouillée. A noter que si ce titre s’insère dans une série, Le Dit de Cythèle, il peut se lire tout à fait indépendamment car nous avons là une histoire complète, ce qui est bien agréable aussi en ces temps de mercantilisme éditorial forcené !

Le grain de sable

Le Dit de Cythèle s’inscrit dans le Multivers créé par Nicolas Cluzeau. Ses autres romans se déroulent dans ce même Multivers, mais peuvent se lire indépendamment les uns des autres pour la plupart.

Gramophone

Atalaya de ses animes de Trobar de Morte

Sur le mur


Détail de L’enfer de Jérôme Bosch (partie du triptyque Le jardin des délices, 1503 – 1504)

Dans la même veine

Si cet ouvrage vous a plu, vous aimerez le Cycle d’Elric de Michael Moorcock (Omnibus, 2006) et La Tour sombre de Stephen King (J’ai Lu, 7 vol.). Egalement, la bande dessinée Chroniques de La Lune noire de François Froideval et Olivier Ledroit (Dargaud, 1989-2008, 14 vol.).

A propos de Nicolas Cluzeau

Nicolas Cluzeau

C’est par le biais du jeu de rôle que Nicolas Cluzeau s’est intéressé aux genres de l’imaginaire. Il a travaillé quelque temps dans des entreprises de jeu vidéo mais l’écriture de romans le passionne davantage. Il vit aujourd’hui entre la France et la Turquie.  Parmi ses nombreux romans et nouvelles publiés, on peut retenir Harmelinde et Deirdre (Nestiveqnen, 2001), L’Arche des tempêtes (Nestiveqnen, 2007), ou encore Chasses olympiques (Gulfstream Editeur, 2010).

Références

Le Dit de Cythèle 1 : La ronde des vies éternelles, Editions Blackbook, 2010, 682 pages

Liens et sources