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	<title>La Lune Mauve &#187; Chroniques Romans</title>
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	<description>Webzine culturel onirique, dédié à la culture pop et underground : chroniques d&#039;albums, chroniques de livres, chroniques de films, et communauté francophone passionnée.</description>
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		<title>Tim Powers - Les Voies d&#039;Anubis</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Jun 2013 12:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[loup-garou]]></category>
		<category><![CDATA[magie]]></category>
		<category><![CDATA[steampunk]]></category>
		<category><![CDATA[Tim Powers]]></category>
		<category><![CDATA[voyage dans le temps]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/05/tim-powers-voies-anubis-206x320.png" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tim-powers-voies-anubis" /></div><div><h3>L'argument</h3>
Embauché pour animer une conférence dans le passé par un riche excentrique ayant percé les secrets du voyage temporel, Brendan Doyle se retrouve coincé en 1810 où il ne donne pas cher de sa peau s'il ne parvient pas à retrouver l'homme qui l'a fait enlever et qui semble en savoir long sur la manière de rentrer à son époque. Prisonnier du passé, il tente de ne rien modifier mais les événements étranges s'enchaînent autour de lui.
<h3>Ça commence comme ça</h3>
<blockquote>D'entre deux arbres, à la crête d'une colline, un très vieil homme observait, avec une poignante nostalgie dont il ne serait plus cru capable, le dernier groupe de pique-niqueurs qui remballaient leurs paniers, enfourchaient leurs montures puis s'éloignaient vers le sud, avec quelque hâte, car ils avaient six bons milles à faire pour rentrer à Londres et le soleil rougissant silhouettait déjà les branches des arbres bordant la Brent, à deux milles environ vers l'ouest.</blockquote>
<h3>Avis personnel</h3>
Sachant que ce roman est considéré comme le <strong>précurseur du steampunk moderne</strong>, j'avais à cœur de le lire depuis bien longtemps. Le malheur, c'était la difficulté de mettre la main sur un exemplaire d'occasion à un prix abordable, la rareté se monnayant à prix d'or. C'est là que la réédition chez Bragelonne est purement salvatrice. Enfin un des textes fondateurs du genre remis sur le marché, et dans <strong>un écrin du plus bel effet</strong>, car il faut bien le dire, c'est un <strong>livre-objet, ténèbres et dorures</strong>, qu'on s'apprête à dévorer.

<strong>Et dévorer, c'est bien le mot, tant ce roman est prenant.</strong> Quelques pages pour entrer dans l'histoire, et une fois Brendan Doyle projeté dans le passé, point de temps mort ou de lassitude, l'intrigue est tellement dense que s'arrêter devient difficile. Loin d'être linéaire, le scénario mêle<strong> voyage dans le temps, mythe du loup-garou, sociétés secrètes et dieux égyptiens</strong> dans un festival d'aventures étranges où se croisent d'improbables personnages.

Ainsi, on fait la connaissance d'<strong>Hurabielle, celui qui m'a sans aucun doute mise le plus mal à l'aise</strong>, puisque je n'ai pas tardé à l'associer au <em>Ça</em> de Stephen King, tout deux étant clowns et particulièrement malfaisants. Celui-ci se déplace sur des échasses et dirige un étrange théâtre de guignols ainsi qu'une entreprise de mendiants effrayants. Il y a son principal concurrent, le Capitaine, Jacky, son second moustachu, déjà beaucoup moins perturbés, et <strong>les sorciers <em>égyptologues</em> qui tentent de tirer les ficelles grâce à la magie</strong>, à savoir Aménophis Fikee, Romanelli et Romany -dont l'un est le <em>ka</em> de l'autre, une sorte de clone- au service d'un mystérieux <em>maître</em>. Leurs ambitions sont démesurées et un grain de sable dans le rouage -Brendan Doyle donc- va légèrement perturber leurs plans si soigneusement préparés.

Certains personnages ayant réellement existés donne une teneur réaliste à l'ensemble. <strong>On croise les écrivains Lord Byron et Coleridge bien malmenés par les sorciers égyptiens, les failles temporelles et le laudanum.</strong>

Bien que <strong>l'Egypte apparaisse en toile de fond</strong> assez régulièrement, pas besoin d'en connaître beaucoup sur ce pays, sa culture et ses anciens dieux pour comprendre ce qui s'y trame. Le décor dans lequel on évolue la plupart du temps est bien le <strong>Londres du XIXè</strong> siècle et ses codes nous sont plus familiers. La <strong>multiplicité des lieux et des époques</strong>, dans lesquels on voyage de manière parfois survoltée lorsque les choses se corsent, rend l'affaire encore plus <strong>palpitante, étonnante, exotique</strong>.

Mêlant habilement diverses facettes de la littérature fantastique, ce roman n'usurpe pas son statut d'<strong>ouvrage de référence du steampunk</strong>. Un vrai classique pour les fans du genre, une lecture détonante pour les autres.
<h3>Le grain de sable</h3>
Ce roman a remporté le <em>Prix Memorial Philip K. Dick</em> en 1984, ainsi que le <em>Prix Apollo</em> en 1987. Il a par ailleurs été nominé pour d'autres récompenses, tel que le <em>Prix Locus</em> (en 1984 et 1998).
<h3>Sur le mur</h3>
L'ankh, une croix égyptienne, parfois utilisée comme talisman.
<h3>Gramophone</h3>
La bande original de La Momie.
<h3>Dans la même veine</h3>
<ul>
	<li>Pour la communauté steampunk, dans la même collection: <em><strong>Confessions d'un automate mangeur d'opium</strong></em> de Mathieu Gaborit et Fabrice Colin et <em><strong>L'étrange affaire de Spring Heeled Jack</strong></em>, de Mark Hodder.</li>
	<li>Pour les plus <em>égyptoloves</em> d'entre vous: <em><strong>Le Baiser de l'homme mort</strong></em>, paru aux éditions de l'Oxymore.</li>
</ul>
<h3>A propos de Tim Powers</h3>
Né le 29 février 1952 dans l'Etat de New York, Tim Powers vit aujourd'hui en Californie. Il est <strong>ami avec Philip K. Dick</strong>, autre célèbre auteur de science-fiction. Son premier roman, <strong><em>Les chevaliers de la brune</em></strong>, sort en 1979, mais <strong><em>Les voies d'Anubis</em></strong>, édité quatre ans plus tard, lui apporte bien plus de notoriété. Il est l'auteur, entre autres, de la <em><strong>trilogie du Roi Pêcheur</strong> </em>(dont seulement deux tomes ont été traduits en français), <em><strong>Sur des mers plus ignorées</strong></em>, qui inspira le quatrième volet de <em>Pirates des Caraïbes</em>, de plusieurs recueils de nouvelles dont un seul est paru en France sous le titre d'<em><strong>Itinéraires nocturnes</strong></em> chez Denoël, ainsi que de deux romans bientôt réédités chez Bragelonne, <strong><em>Le poids de son regard</em></strong> et <em><strong>Parmi les tombes</strong></em> qui peut être considéré comme sa suite.
<h3>Références</h3>
<ul>
	<li>Editions Bragelonne (présenté ici), 2013, 476 pages, traduction de Gérard Lebec, illustration de couverture (très réussie) de Didier Graffet.</li>
	<li>Editions J'ai lu, plusieurs éditions depuis la première parution en 1986.</li>
</ul>
<h3>Liens</h3>
<ul>
	<li>La <a href="http://www.bragelonne.fr/livres/View/les-voies-d-anubis" target="_blank">page du livre</a> sur le site de Bragelonne</li>
	<li>L'<a href="http://bragelonne-le-blog.fantasyblog.fr/archives/1771" target="_blank">article sur le mois du cuivre</a> sur le blog de Bragelonne</li>
	<li><a href="http://www.theworksoftimpowers.com/" target="_blank">Le site de Tim Powers</a> (en anglais)</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/05/tim-powers-voies-anubis-206x320.png" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tim-powers-voies-anubis" /></div><div><h3>L'argument</h3>
Embauché pour animer une conférence dans le passé par un riche excentrique ayant percé les secrets du voyage temporel, Brendan Doyle se retrouve coincé en 1810 où il ne donne pas cher de sa peau s'il ne parvient pas à retrouver l'homme qui l'a fait enlever et qui semble en savoir long sur la manière de rentrer à son époque. Prisonnier du passé, il tente de ne rien modifier mais les événements étranges s'enchaînent autour de lui.
<h3>Ça commence comme ça</h3>
<blockquote>D'entre deux arbres, à la crête d'une colline, un très vieil homme observait, avec une poignante nostalgie dont il ne serait plus cru capable, le dernier groupe de pique-niqueurs qui remballaient leurs paniers, enfourchaient leurs montures puis s'éloignaient vers le sud, avec quelque hâte, car ils avaient six bons milles à faire pour rentrer à Londres et le soleil rougissant silhouettait déjà les branches des arbres bordant la Brent, à deux milles environ vers l'ouest.</blockquote>
<h3>Avis personnel</h3>
Sachant que ce roman est considéré comme le <strong>précurseur du steampunk moderne</strong>, j'avais à cœur de le lire depuis bien longtemps. Le malheur, c'était la difficulté de mettre la main sur un exemplaire d'occasion à un prix abordable, la rareté se monnayant à prix d'or. C'est là que la réédition chez Bragelonne est purement salvatrice. Enfin un des textes fondateurs du genre remis sur le marché, et dans <strong>un écrin du plus bel effet</strong>, car il faut bien le dire, c'est un <strong>livre-objet, ténèbres et dorures</strong>, qu'on s'apprête à dévorer.

<strong>Et dévorer, c'est bien le mot, tant ce roman est prenant.</strong> Quelques pages pour entrer dans l'histoire, et une fois Brendan Doyle projeté dans le passé, point de temps mort ou de lassitude, l'intrigue est tellement dense que s'arrêter devient difficile. Loin d'être linéaire, le scénario mêle<strong> voyage dans le temps, mythe du loup-garou, sociétés secrètes et dieux égyptiens</strong> dans un festival d'aventures étranges où se croisent d'improbables personnages.

Ainsi, on fait la connaissance d'<strong>Hurabielle, celui qui m'a sans aucun doute mise le plus mal à l'aise</strong>, puisque je n'ai pas tardé à l'associer au <em>Ça</em> de Stephen King, tout deux étant clowns et particulièrement malfaisants. Celui-ci se déplace sur des échasses et dirige un étrange théâtre de guignols ainsi qu'une entreprise de mendiants effrayants. Il y a son principal concurrent, le Capitaine, Jacky, son second moustachu, déjà beaucoup moins perturbés, et <strong>les sorciers <em>égyptologues</em> qui tentent de tirer les ficelles grâce à la magie</strong>, à savoir Aménophis Fikee, Romanelli et Romany -dont l'un est le <em>ka</em> de l'autre, une sorte de clone- au service d'un mystérieux <em>maître</em>. Leurs ambitions sont démesurées et un grain de sable dans le rouage -Brendan Doyle donc- va légèrement perturber leurs plans si soigneusement préparés.

Certains personnages ayant réellement existés donne une teneur réaliste à l'ensemble. <strong>On croise les écrivains Lord Byron et Coleridge bien malmenés par les sorciers égyptiens, les failles temporelles et le laudanum.</strong>

Bien que <strong>l'Egypte apparaisse en toile de fond</strong> assez régulièrement, pas besoin d'en connaître beaucoup sur ce pays, sa culture et ses anciens dieux pour comprendre ce qui s'y trame. Le décor dans lequel on évolue la plupart du temps est bien le <strong>Londres du XIXè</strong> siècle et ses codes nous sont plus familiers. La <strong>multiplicité des lieux et des époques</strong>, dans lesquels on voyage de manière parfois survoltée lorsque les choses se corsent, rend l'affaire encore plus <strong>palpitante, étonnante, exotique</strong>.

Mêlant habilement diverses facettes de la littérature fantastique, ce roman n'usurpe pas son statut d'<strong>ouvrage de référence du steampunk</strong>. Un vrai classique pour les fans du genre, une lecture détonante pour les autres.
<h3>Le grain de sable</h3>
Ce roman a remporté le <em>Prix Memorial Philip K. Dick</em> en 1984, ainsi que le <em>Prix Apollo</em> en 1987. Il a par ailleurs été nominé pour d'autres récompenses, tel que le <em>Prix Locus</em> (en 1984 et 1998).
<h3>Sur le mur</h3>
L'ankh, une croix égyptienne, parfois utilisée comme talisman.
<h3>Gramophone</h3>
La bande original de La Momie.
<h3>Dans la même veine</h3>
<ul>
	<li>Pour la communauté steampunk, dans la même collection: <em><strong>Confessions d'un automate mangeur d'opium</strong></em> de Mathieu Gaborit et Fabrice Colin et <em><strong>L'étrange affaire de Spring Heeled Jack</strong></em>, de Mark Hodder.</li>
	<li>Pour les plus <em>égyptoloves</em> d'entre vous: <em><strong>Le Baiser de l'homme mort</strong></em>, paru aux éditions de l'Oxymore.</li>
</ul>
<h3>A propos de Tim Powers</h3>
Né le 29 février 1952 dans l'Etat de New York, Tim Powers vit aujourd'hui en Californie. Il est <strong>ami avec Philip K. Dick</strong>, autre célèbre auteur de science-fiction. Son premier roman, <strong><em>Les chevaliers de la brune</em></strong>, sort en 1979, mais <strong><em>Les voies d'Anubis</em></strong>, édité quatre ans plus tard, lui apporte bien plus de notoriété. Il est l'auteur, entre autres, de la <em><strong>trilogie du Roi Pêcheur</strong> </em>(dont seulement deux tomes ont été traduits en français), <em><strong>Sur des mers plus ignorées</strong></em>, qui inspira le quatrième volet de <em>Pirates des Caraïbes</em>, de plusieurs recueils de nouvelles dont un seul est paru en France sous le titre d'<em><strong>Itinéraires nocturnes</strong></em> chez Denoël, ainsi que de deux romans bientôt réédités chez Bragelonne, <strong><em>Le poids de son regard</em></strong> et <em><strong>Parmi les tombes</strong></em> qui peut être considéré comme sa suite.
<h3>Références</h3>
<ul>
	<li>Editions Bragelonne (présenté ici), 2013, 476 pages, traduction de Gérard Lebec, illustration de couverture (très réussie) de Didier Graffet.</li>
	<li>Editions J'ai lu, plusieurs éditions depuis la première parution en 1986.</li>
</ul>
<h3>Liens</h3>
<ul>
	<li>La <a href="http://www.bragelonne.fr/livres/View/les-voies-d-anubis" target="_blank">page du livre</a> sur le site de Bragelonne</li>
	<li>L'<a href="http://bragelonne-le-blog.fantasyblog.fr/archives/1771" target="_blank">article sur le mois du cuivre</a> sur le blog de Bragelonne</li>
	<li><a href="http://www.theworksoftimpowers.com/" target="_blank">Le site de Tim Powers</a> (en anglais)</li>
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		<title>Vikas Swarup - Meurtre dans un jardin indien</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/vikas-swarup-meurtre-dans-un-jardin-indien/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 May 2013 12:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[Vikas Swarup]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/04/vikas-swarup-meurtre-jardin-indien-206x341.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="vikas-swarup-meurtre-jardin-indien" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Lorsqu'il envoie les invitations pour sa garden-party, prévue pour fêter son énième acquittement, Vicky Rai ignore qu'à cette occasion il sera assassiner par l'un de ses convives. Six suspects parmi lesquels un bureaucrate habité par l'esprit de Gandhi, une starlette bollywoodienne s'intéressant à la philosophie, ou encore un touriste américain venu chercher sa fiancée par correspondance. Leurs itinéraires se croisent au cœur de l'Inde jusqu'à se rapprocher dangereusement de la future victime, empruntant les voies de l'absurde ou du romanesque.
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Toutes les morts ne sont pas égales. Il existe un système de caste même dans le meurtre. Le conducteur de pousse-pousse indigent qu'on poignarde est une simple statistique, reléguée dans les pages intérieurs d'un journal. Mais le meurtre d'une célébrité se trouve instantanément propulsé à la une. Parce qu'on se fait rarement assassiner quand on est riche et célèbre. Ces gens-là mènent une existence cinq étoiles et, à moins d'une overdose de cocaïne ou d'un accident, meurent généralement d'une mort cinq étoile à un âge respectable, après avoir apporté leur contribution à la fois à la lignée et à la fortune.

C'est pourquoi le meurtre de Vivek - dit Vicky - Rai, trente-deux ans, propriétaire du Groupe des Industries Rai et fils du ministre de l'Intérieur de l'Uttar Pradesh, domine depuis deux jours les gros titres de l'actualité.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Voilà <strong>un polar haut en couleur</strong>! Dans le ton comme dans la forme, Vikas Swarup réussit un exercice de style fascinant. <strong>Roman à plusieurs voix</strong>, l'auteur nous présentes d'abord les personnages dans leur vie normale dans une première partie intitulée <em>Les Suspects</em>, avant d'approfondir leurs liens avec la victime dans une seconde section, plus longue, <em>Les Mobiles</em>. Enfin, on découvre le soir de la garden-party, au cours de laquelle <strong>tous les personnages se croisent</strong> de près et se rapprochent tous de Vicky Rai, l'homme à abattre, dans <em>Les preuves</em>. Le tout est encadré par les articles d'un journaliste à la recherche de la vérité et se termine sur des bulletins d'informations à propos de l'enquête et de ses rebondissements. On finit malgré tout par connaître la vérité -heureusement!- car ç'aurait été bien dommage d'en arriver là pour rester sur notre faim.

L'Inde se prête incroyablement bien à cette narration multiple, ce pays semblant posséder autant de visages que ses divinités hindoues ont de bras. On assiste à <strong>un grand écart des genres et des personnalités</strong>, entre le politicien véreux et les strass de Bollywood, la <strong>réincarnation d'un sage</strong> mesurant chacun de ses actes et la crédulité d'un homme qui l'entraîne dans des <strong>aventures rocambolesques</strong>.

Tout en gardant une <strong>certaine idée du réalisme</strong>, le <strong>côté très farfelu de certaines situations</strong> m'a rappelé la pièce de théâtre que montent les personnages du film <em>Moulin Rouge</em>, de Baz Luhrmann, d'autant plus parce qu'ils la situent en Inde. Il ne manque à ce roman qu'une cithare magique qui ne dit que la vérité. Le décor soigné oscille <strong>entre modernité et tradition, un peu à la manière d'une fantasy urbaine</strong>, dans laquelle le présent et son septicisme voit débarquer des créatures féériques ou des événéments magiques venus d'un âge où les superstitions avaient encore leur place.

<strong>L'enchaînement des événements parfaitement orchestré fait penser à un ballet étrange comme régi par les astres</strong>... Les actes dépendent les uns des autres mais tout semble converger vers un seul homme. On ne sait ce qui pousse les personnages vers lui -les forces du cosmos, leur karma, la scoumoune?- mais chacun, à son contact, peut devenir un meurtrier.

Le livre se dévore, difficile de s'y ennuyer tant les rebondissements vont bon train. <strong>Du sang et de la bonne humeur</strong>, voilà peut-être la recette pour des journées réussies.
<h2>Le grain de sable</h2>
Il semblerait que l'adaptation cinématographique de ce roman soit d'ores et déjà prévue. Le scénario serait écrit par John Hodge (Trainspotting, La plage) alors que la réalisation serait l'oeuvre de l'Argentin Pablo Trapero (Elephante blanco, Carancho). Affaire à suivre.
<h2>Sur le mur</h2>
La statue d'une divinité hindoue, de l'encens et un poulet au curry.
<h2>Gramophone</h2>
Panjabi MC - Mundian to back ke
<h2>Dans la même veine</h2>
<ul>
	<li><em><strong>Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire</strong></em>, du même Vikas Swarup, pour retrouver la plume énergique de l'auteur.</li>
</ul>
<h2>A propos de Vikas Swarup</h2>
Vikas Swarup est né en 1963 à Allahabad, en Inde. Il est devenu diplomate, actuellement en poste au Japon. Sorti en 2007, son premier roman <em>Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire</em> a connu un franc succès, jusqu'à être adapté au cinéma par Danny Boyle dans un film intitulé <em>Slumdog Millionnaire</em>.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Editions France Loisirs, 2011, 652 pages (il s'agit du visuel utilisé pour cette chronique)</li>
	<li>Editions Belfond, 2010, 481 pages</li>
	<li>Editions 10/18, 2012, 600 pages</li>
</ul>
<h2>Lien</h2>
<ul>
	<li> Le <a href="http://www.vikasswarup.net/" target="_blank">site officiel de Vikas Swarup</a> (en anglais)</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/04/vikas-swarup-meurtre-jardin-indien-206x341.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="vikas-swarup-meurtre-jardin-indien" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Lorsqu'il envoie les invitations pour sa garden-party, prévue pour fêter son énième acquittement, Vicky Rai ignore qu'à cette occasion il sera assassiner par l'un de ses convives. Six suspects parmi lesquels un bureaucrate habité par l'esprit de Gandhi, une starlette bollywoodienne s'intéressant à la philosophie, ou encore un touriste américain venu chercher sa fiancée par correspondance. Leurs itinéraires se croisent au cœur de l'Inde jusqu'à se rapprocher dangereusement de la future victime, empruntant les voies de l'absurde ou du romanesque.
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Toutes les morts ne sont pas égales. Il existe un système de caste même dans le meurtre. Le conducteur de pousse-pousse indigent qu'on poignarde est une simple statistique, reléguée dans les pages intérieurs d'un journal. Mais le meurtre d'une célébrité se trouve instantanément propulsé à la une. Parce qu'on se fait rarement assassiner quand on est riche et célèbre. Ces gens-là mènent une existence cinq étoiles et, à moins d'une overdose de cocaïne ou d'un accident, meurent généralement d'une mort cinq étoile à un âge respectable, après avoir apporté leur contribution à la fois à la lignée et à la fortune.

C'est pourquoi le meurtre de Vivek - dit Vicky - Rai, trente-deux ans, propriétaire du Groupe des Industries Rai et fils du ministre de l'Intérieur de l'Uttar Pradesh, domine depuis deux jours les gros titres de l'actualité.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Voilà <strong>un polar haut en couleur</strong>! Dans le ton comme dans la forme, Vikas Swarup réussit un exercice de style fascinant. <strong>Roman à plusieurs voix</strong>, l'auteur nous présentes d'abord les personnages dans leur vie normale dans une première partie intitulée <em>Les Suspects</em>, avant d'approfondir leurs liens avec la victime dans une seconde section, plus longue, <em>Les Mobiles</em>. Enfin, on découvre le soir de la garden-party, au cours de laquelle <strong>tous les personnages se croisent</strong> de près et se rapprochent tous de Vicky Rai, l'homme à abattre, dans <em>Les preuves</em>. Le tout est encadré par les articles d'un journaliste à la recherche de la vérité et se termine sur des bulletins d'informations à propos de l'enquête et de ses rebondissements. On finit malgré tout par connaître la vérité -heureusement!- car ç'aurait été bien dommage d'en arriver là pour rester sur notre faim.

L'Inde se prête incroyablement bien à cette narration multiple, ce pays semblant posséder autant de visages que ses divinités hindoues ont de bras. On assiste à <strong>un grand écart des genres et des personnalités</strong>, entre le politicien véreux et les strass de Bollywood, la <strong>réincarnation d'un sage</strong> mesurant chacun de ses actes et la crédulité d'un homme qui l'entraîne dans des <strong>aventures rocambolesques</strong>.

Tout en gardant une <strong>certaine idée du réalisme</strong>, le <strong>côté très farfelu de certaines situations</strong> m'a rappelé la pièce de théâtre que montent les personnages du film <em>Moulin Rouge</em>, de Baz Luhrmann, d'autant plus parce qu'ils la situent en Inde. Il ne manque à ce roman qu'une cithare magique qui ne dit que la vérité. Le décor soigné oscille <strong>entre modernité et tradition, un peu à la manière d'une fantasy urbaine</strong>, dans laquelle le présent et son septicisme voit débarquer des créatures féériques ou des événéments magiques venus d'un âge où les superstitions avaient encore leur place.

<strong>L'enchaînement des événements parfaitement orchestré fait penser à un ballet étrange comme régi par les astres</strong>... Les actes dépendent les uns des autres mais tout semble converger vers un seul homme. On ne sait ce qui pousse les personnages vers lui -les forces du cosmos, leur karma, la scoumoune?- mais chacun, à son contact, peut devenir un meurtrier.

Le livre se dévore, difficile de s'y ennuyer tant les rebondissements vont bon train. <strong>Du sang et de la bonne humeur</strong>, voilà peut-être la recette pour des journées réussies.
<h2>Le grain de sable</h2>
Il semblerait que l'adaptation cinématographique de ce roman soit d'ores et déjà prévue. Le scénario serait écrit par John Hodge (Trainspotting, La plage) alors que la réalisation serait l'oeuvre de l'Argentin Pablo Trapero (Elephante blanco, Carancho). Affaire à suivre.
<h2>Sur le mur</h2>
La statue d'une divinité hindoue, de l'encens et un poulet au curry.
<h2>Gramophone</h2>
Panjabi MC - Mundian to back ke
<h2>Dans la même veine</h2>
<ul>
	<li><em><strong>Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire</strong></em>, du même Vikas Swarup, pour retrouver la plume énergique de l'auteur.</li>
</ul>
<h2>A propos de Vikas Swarup</h2>
Vikas Swarup est né en 1963 à Allahabad, en Inde. Il est devenu diplomate, actuellement en poste au Japon. Sorti en 2007, son premier roman <em>Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire</em> a connu un franc succès, jusqu'à être adapté au cinéma par Danny Boyle dans un film intitulé <em>Slumdog Millionnaire</em>.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Editions France Loisirs, 2011, 652 pages (il s'agit du visuel utilisé pour cette chronique)</li>
	<li>Editions Belfond, 2010, 481 pages</li>
	<li>Editions 10/18, 2012, 600 pages</li>
</ul>
<h2>Lien</h2>
<ul>
	<li> Le <a href="http://www.vikasswarup.net/" target="_blank">site officiel de Vikas Swarup</a> (en anglais)</li>
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		</item>
		<item>
		<title>William H. Hodgson - Les Canots du&#160;Glen Carrig</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/william-h-hodgson-les-canots-du-glen-carrig/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/william-h-hodgson-les-canots-du-glen-carrig/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 May 2013 12:30:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[mer]]></category>
		<category><![CDATA[william hope hodgson]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/05/les-canots-du-glen-carrig_couv-206x358.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Les Canots du Glen Carrig" /></div><div><h2>L’argument</h2>
Au XVIIIème siècle, l’équipage naufragé du Glen Carrig se retrouve pris dans les mystères et la tourmente de la Mer des Sargasses. Les algues, formant un fantastique herbier, recèle des poulpes géants et d’autres créatures bien plus étranges. Et ce n’est pas sur les îlots tout près que l’équipage trouvera le repos…
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Cela faisait à présent cinq jours que nous nous trouvions à bord de ces canots et que nous n’apercevions aucune terre. Et puis, le matin du sixième jour, on entendit le maître d’équipage, qui commandait la chaloupe de sauvetage, crier qu’il y avait au loin, à bâbord, quelque chose qui aurait pu être une terre, mais c’était très bas sur l’horizon et il était impossible de dire si c’était une terre ou un nuage du matin.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
L’auteur a su créer <strong>un univers fantastique prenant et atypique</strong>. Pour cela, il réussit à perdre le lecteur en le privant de repères géographiques et chronologiques : il n’y a pas de noms de lieux, ni de date. Le lecteur renseigné peut s’y retrouver à un certain moment, mais les informations sont surtout dévoilées par la quatrième de couverture. On ne sait pas vraiment qui sont les personnages, et très peu de noms sont cités.

Ensuite, <strong>le décor posé par l’auteur est très loin de ce que l’on connait</strong>. En témoigne la 1ère île visitée par l’équipage où les arbres saignent et le crépuscule fait naître des cris lugubre suivis de grognements effrayants. En reprenant la mer, l’équipage approche un herbier qui renferme un univers non moins rassurant car on y trouve des poulpes et des crabes géants menaçants. Quant à la 2ème île visitée, elle recèle des monstres dont l’horreur est encore pire…

Toutes fois, l’organisation et le sang froid de l’équipage, servis par une narration pragmatique, forcent le lecteur à rester encré dans la réalité. <strong>Des éléments qui servent parfaitement le fantastique de l’auteur</strong>. Ce pragmatisme, accompagné de tout un vocabulaire maritime, rend la narration certes un peu froide, mais elle se veut par là rassurante et contrebalance efficacement l’étrangeté du décor.

La préface de Brian Stableford nous révèle que le roman est écrit dans un style assez archaïque, puisque l‘histoire se passe au XVIIIème siècle. Traduit en français, ceci ne se ressent pas particulièrement et <strong>la lecture est plutôt fluide</strong>. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé ce roman et son univers si étrange... Une étrangeté qui plut beaucoup à Lovecraft : ce dernier vouait une admiration à l’œuvre de Hodgson.
<h2>Le grain de sable</h2>
L’éditeur nous précise que l’action se déroule dans la<strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_des_Sargasses" target="_blank"> Mer des Sargasses</a></strong>. Située près des Bermudes, elle est bordée par des courants marins qui, par leur mouvements, emportent et rassemblent là des algues ; d’où la présence d’herbiers. C’est aussi une zone dont les eaux sont très calmes. C’est pourquoi de nombreuses légendes content l’histoire de bateaux piégés dans ces eaux étranges…
<h2>Dans la même veine</h2>
<em>Dagon</em> de Lovecraft.
<h2>À propos de William Hope Hodgson</h2>
<img class="alignleft size-medium wp-image-5716" alt="William_Hope_Hodgson" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/04/William_Hope_Hodgson-206x279.jpg" />Né en 1877 dans le Comté d’Essex (Angleterre), William Hope Hodgson se lance à l’âge de 13 ans dans<strong> la marine marchande</strong>. Il y restera huit ans et deviendra lieutenant ; une expérience qui le marquera à vie. Durant cette période, il prend des<strong> photographies de tempêtes tropicales</strong> qu’il projettera par la suite pour des conférences. Après avoir quitté la marine il ouvre une école d’éducation physique qui fermera quelques années plus tard. Il se consacre ensuite à l’écriture. Parmi ses œuvres, outre <em>Les Canots du Glen Carrig</em>, on note<strong> <em>La Maison au bord du monde</em></strong> et <strong><em>Le Pays de la nuit</em></strong>, deux romans totalement atypiques. Il créa également son détective des ténèbres, <strong>Carnacki</strong>, mis en scène dans plusieurs nouvelles. Hodgson, nommé officier pendant la 1ère guerre mondiale, fut tué par un obus en 1918 en Belgique, alors qu’il accomplissait une mission très dangereuse. Il avait 40 ans.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Terre de brume, collection Terres fantastiques, préface de Brian Stableford, 2004, 181 pages.</li>
	<li>Paru pour la première fois en 1907 sous le titre <em>The Boats of the « Glen Carrig »</em>.</li>
</ul>
<h2>Liens et sources</h2>
<ul>
	<li><a href="http://williamhopehodgson.wordpress.com/" target="_blank">Un blog dédié à l’auteur</a> avec une revue (en anglais)</li>
	<li><a href="http://hodgecast.blogspot.fr/search/label/Podcast" target="_blank">Un autre blog qui contient des lectures</a> sous format mp3 de textes de l’auteur, dont <em>Les Canots du Glen Carrig</em> en 17 chapitres (en anglais).</li>
	<li><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_Boats_of_the_Glen_Carrig" target="_blank">La page Wikipédia</a> dédiée au livre (en anglais)</li>
</ul>
&nbsp;</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/05/les-canots-du-glen-carrig_couv-206x358.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Les Canots du Glen Carrig" /></div><div><h2>L’argument</h2>
Au XVIIIème siècle, l’équipage naufragé du Glen Carrig se retrouve pris dans les mystères et la tourmente de la Mer des Sargasses. Les algues, formant un fantastique herbier, recèle des poulpes géants et d’autres créatures bien plus étranges. Et ce n’est pas sur les îlots tout près que l’équipage trouvera le repos…
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Cela faisait à présent cinq jours que nous nous trouvions à bord de ces canots et que nous n’apercevions aucune terre. Et puis, le matin du sixième jour, on entendit le maître d’équipage, qui commandait la chaloupe de sauvetage, crier qu’il y avait au loin, à bâbord, quelque chose qui aurait pu être une terre, mais c’était très bas sur l’horizon et il était impossible de dire si c’était une terre ou un nuage du matin.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
L’auteur a su créer <strong>un univers fantastique prenant et atypique</strong>. Pour cela, il réussit à perdre le lecteur en le privant de repères géographiques et chronologiques : il n’y a pas de noms de lieux, ni de date. Le lecteur renseigné peut s’y retrouver à un certain moment, mais les informations sont surtout dévoilées par la quatrième de couverture. On ne sait pas vraiment qui sont les personnages, et très peu de noms sont cités.

Ensuite, <strong>le décor posé par l’auteur est très loin de ce que l’on connait</strong>. En témoigne la 1ère île visitée par l’équipage où les arbres saignent et le crépuscule fait naître des cris lugubre suivis de grognements effrayants. En reprenant la mer, l’équipage approche un herbier qui renferme un univers non moins rassurant car on y trouve des poulpes et des crabes géants menaçants. Quant à la 2ème île visitée, elle recèle des monstres dont l’horreur est encore pire…

Toutes fois, l’organisation et le sang froid de l’équipage, servis par une narration pragmatique, forcent le lecteur à rester encré dans la réalité. <strong>Des éléments qui servent parfaitement le fantastique de l’auteur</strong>. Ce pragmatisme, accompagné de tout un vocabulaire maritime, rend la narration certes un peu froide, mais elle se veut par là rassurante et contrebalance efficacement l’étrangeté du décor.

La préface de Brian Stableford nous révèle que le roman est écrit dans un style assez archaïque, puisque l‘histoire se passe au XVIIIème siècle. Traduit en français, ceci ne se ressent pas particulièrement et <strong>la lecture est plutôt fluide</strong>. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé ce roman et son univers si étrange... Une étrangeté qui plut beaucoup à Lovecraft : ce dernier vouait une admiration à l’œuvre de Hodgson.
<h2>Le grain de sable</h2>
L’éditeur nous précise que l’action se déroule dans la<strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_des_Sargasses" target="_blank"> Mer des Sargasses</a></strong>. Située près des Bermudes, elle est bordée par des courants marins qui, par leur mouvements, emportent et rassemblent là des algues ; d’où la présence d’herbiers. C’est aussi une zone dont les eaux sont très calmes. C’est pourquoi de nombreuses légendes content l’histoire de bateaux piégés dans ces eaux étranges…
<h2>Dans la même veine</h2>
<em>Dagon</em> de Lovecraft.
<h2>À propos de William Hope Hodgson</h2>
<img class="alignleft size-medium wp-image-5716" alt="William_Hope_Hodgson" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/04/William_Hope_Hodgson-206x279.jpg" />Né en 1877 dans le Comté d’Essex (Angleterre), William Hope Hodgson se lance à l’âge de 13 ans dans<strong> la marine marchande</strong>. Il y restera huit ans et deviendra lieutenant ; une expérience qui le marquera à vie. Durant cette période, il prend des<strong> photographies de tempêtes tropicales</strong> qu’il projettera par la suite pour des conférences. Après avoir quitté la marine il ouvre une école d’éducation physique qui fermera quelques années plus tard. Il se consacre ensuite à l’écriture. Parmi ses œuvres, outre <em>Les Canots du Glen Carrig</em>, on note<strong> <em>La Maison au bord du monde</em></strong> et <strong><em>Le Pays de la nuit</em></strong>, deux romans totalement atypiques. Il créa également son détective des ténèbres, <strong>Carnacki</strong>, mis en scène dans plusieurs nouvelles. Hodgson, nommé officier pendant la 1ère guerre mondiale, fut tué par un obus en 1918 en Belgique, alors qu’il accomplissait une mission très dangereuse. Il avait 40 ans.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Terre de brume, collection Terres fantastiques, préface de Brian Stableford, 2004, 181 pages.</li>
	<li>Paru pour la première fois en 1907 sous le titre <em>The Boats of the « Glen Carrig »</em>.</li>
</ul>
<h2>Liens et sources</h2>
<ul>
	<li><a href="http://williamhopehodgson.wordpress.com/" target="_blank">Un blog dédié à l’auteur</a> avec une revue (en anglais)</li>
	<li><a href="http://hodgecast.blogspot.fr/search/label/Podcast" target="_blank">Un autre blog qui contient des lectures</a> sous format mp3 de textes de l’auteur, dont <em>Les Canots du Glen Carrig</em> en 17 chapitres (en anglais).</li>
	<li><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_Boats_of_the_Glen_Carrig" target="_blank">La page Wikipédia</a> dédiée au livre (en anglais)</li>
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		</item>
		<item>
		<title>Mathieu Gaborit - Chronique du&#160;soupir</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/mathieu-gaborit-chronique-du-soupir/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 12:30:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[fantasy]]></category>
		<category><![CDATA[féerie]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Gaborit]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/04/mathieu-gaborit-chronique-du-soupir-206x318.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="mathieu-gaborit-chronique-du-soupir" /></div><div><h2>L'argument</h2>

Saule, un nain, débarque un jour chez sa mère, Lilas, avec Brune, l'adolescente humaine qu'il a enlevé à la Haute Fée pour la sauver, dans l'auberge qu'elle tient avec deux amis et son amant. Pourchassés par les autorités, ils fuient la ville. Lilas cherche à découvrir qui est cette femme pour laquelle son fils s'est mis en danger, entraînant dans sa chute tout le reste de sa famille.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>Cerne porte une vieille houppelande grise qui traîne jusqu'au sol. Ses bottes légères se meuvent en silence sur les pavés qui mènent jusqu'au taudis. Ses cheveux noirs tombent en mèches plates sur ses épaules, collées à son crâne par la pluie. Ses yeux, deux perles cramoisies, se détachent comme deux tisons sur son visage émacié. Il a le teint pâle, les joues creusés et les narines légèrement dilatées.

Le souffle qui s'échappe de ses lèvres forme un linceul vaporeux autour de sa silhouette comme s'il se mouvait dans le brouillard. Les rares mendiants vautrés dans la ruelle ne détectent qu'un vague mouvement, une ombre furtive qui se confond avec la pierre.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

N'écoutant que mon instinct, j'ai choisi ce livre malgré l'unanimité des commentaires négatifs que j'avais lus à son sujet. Je ne place pas assez de confiance dans les gens pour écouter leurs avis comme étant parole d'évangiles à ne surtout pas remettre en cause.

Verdict : j'ai plutôt très bien fait, car j'ai dévoré ce roman de fantasy en très peu de temps, tellement je l'ai trouvé <strong>difficile à lâcher une fois entamé</strong>.

Le monde créé par Mathieu Gaborit est <strong>bien cousu même s'il peut sembler trop complexe</strong> au premier abord, avec son enchevêtrement d'<em>horizontales</em> et de<em> verticales</em> (<em>« N'essayez donc pas de régler l'image »</em>). Pourtant je n'ai eu aucun mal à y entrer et me sentir concernée par le sort de ses habitants. Pour faire court, il y a la fée primordiale – c'est plus ou moins Dieu ; les Hautes Fées, dirigeantes toutes puissantes – des rois en quelque sorte ; les Renégates, qui naissent désaxées, sont traquées, et s'entre-dévorent ; les Anonymes, au service des Hautes Fées ; et le peuple composé de diverses races : humains, elfes, nains, etc, <strong>qui ont tous une fée en lieu et place du cœur</strong>.

<strong>Les citations en début des chapitres donnent une franche existence à ce monde imaginaire</strong>, en lui donnant des ouvrages hypothétiques qui lui sont propres et que l'auteur peut utiliser pour « illustrer » son livre.

Le mélange des races au sein de ce tableau est très bien fait : <strong>pas de clichés pénibles</strong>, de ficelles grosses comme des cordes, mais au contraire, <strong>de très bonnes idées</strong>, telle que l'Ancrage, ce phénomène pendant lequel un être s'ancre dans un endroit, y répandant potentiellement son âme et permettant à sa fée de devenir une fée-nexus protectrice de ce lieu.

<strong>La seule chose que je regrette, c'est qu'on approfondisse pas la vision du côté des Anonymes.</strong> Même si leurs rôles consistent justement à se noyer dans l'obscurité de Médiane, la ville, le chapitre dans lequel on suit celui qui traque Saule m'a tellement mise en haleine que j'en aurais voulu beaucoup plus. <strong>Je ne serais pas contre un second roman explorant ce monde</strong>, dans lequel on creuserait un peu le destin de ces personnages étranges ! (Vous ne rêvez pas, ceci est bien un message subliminal hautement subtil à l'attention de Mathieu Gaborit.)

<h2>Le grain de sable</h2>

Dans une « lettre » à ses lecteurs, Mathieu Gaborit avoue avoir pour la première fois mis de côté sa pudeur en utilisant ses propres émotions et expériences pour écrire cette histoire.

<h2>Sur le mur</h2>

Les fées de la collection <em>Histoire(s) naturelle(s)</em> de Petra Werlé. Composées de morceaux d'insectes (ailes, carapaces, etc.) et parfois de petites plumes, elles me semblent faire le lien entre les « fées cœur » de Mathieu Gaborit et ces animaux que l'on met dans des serres ou des terrariums pour mieux les étudier, bien que ces créatures sculptées aient l'air bien plus enthousiastes que leurs homologues littéraires.

<img class="aligncenter size-large wp-image-5711" alt="Insecte de Petra Werlé" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/04/petra-werle-fee-insecte-420x560.jpg" />

On peut en voir plus sur <a href="http://petra.werle.free.fr/oeuvre/index.html">le site de Petra Werlé</a>.

<h2>Gramophone</h2>

Quelques morceaux de la bande originale du <em>13è guerrier</em> (oui, ça date un peu), par Jerry Smith.

<h2>Dans la même veine</h2>

Si vous avez aimé <em>Chronique du soupir</em>, n'hésitez pas à plonger plus avant dans l'univers de Mathieu Gaborit, j'entame moi-même un voyage dans <em><strong>Les Crépusculaires</strong></em>.

<h2>À propos de Mathieu Gaborit</h2>

<strong>Mathieu Gaborit est né en 1972 et a grandi à Paris.</strong> S'il s'ennuie à l'école, il se passionne très vite pour le jeu de rôle. Il participe au magazine Casus Belli, consacré aux différents jeux de rôle et aux cultures de l'imaginaire.

Depuis, il est auteur de scénarios de jeux de rôle, jeux vidéos, et bien sûr de romans fantasy (<em>Les Crépusculaires</em>, <em>Chroniques des Féals</em>) et steampunk (<em>Confession d'un automate mangeur d'opium</em>, avec Fabrice Colin).

<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Éditions Le Pré aux clercs, 2011, 320 pages</li>
	<li>Éditions France Loisirs, 335 pages</li>
</ul>


<h2>Liens</h2>

<ul>
	<li>La <a href="http://www.lepreauxclercs.com/site/chronique_du_soupir_&amp;100&amp;9782842283940.html">page du livre</a> sur le site des Éditions Le pré aux clercs</li>
	<li><a href="http://www.souffre-jour.com/">Souffre-jour</a>, le site de Mathieu Gaborit</li>
	<li>Une <a href="http://www.elbakin.net/interview/exclusive/Mathieu-Gaborit-nous-parle-des-Chroniques-du-Soupir">interview de l'auteur sur Elbakin</a></li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/04/mathieu-gaborit-chronique-du-soupir-206x318.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="mathieu-gaborit-chronique-du-soupir" /></div><div><h2>L'argument</h2>

Saule, un nain, débarque un jour chez sa mère, Lilas, avec Brune, l'adolescente humaine qu'il a enlevé à la Haute Fée pour la sauver, dans l'auberge qu'elle tient avec deux amis et son amant. Pourchassés par les autorités, ils fuient la ville. Lilas cherche à découvrir qui est cette femme pour laquelle son fils s'est mis en danger, entraînant dans sa chute tout le reste de sa famille.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>Cerne porte une vieille houppelande grise qui traîne jusqu'au sol. Ses bottes légères se meuvent en silence sur les pavés qui mènent jusqu'au taudis. Ses cheveux noirs tombent en mèches plates sur ses épaules, collées à son crâne par la pluie. Ses yeux, deux perles cramoisies, se détachent comme deux tisons sur son visage émacié. Il a le teint pâle, les joues creusés et les narines légèrement dilatées.

Le souffle qui s'échappe de ses lèvres forme un linceul vaporeux autour de sa silhouette comme s'il se mouvait dans le brouillard. Les rares mendiants vautrés dans la ruelle ne détectent qu'un vague mouvement, une ombre furtive qui se confond avec la pierre.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

N'écoutant que mon instinct, j'ai choisi ce livre malgré l'unanimité des commentaires négatifs que j'avais lus à son sujet. Je ne place pas assez de confiance dans les gens pour écouter leurs avis comme étant parole d'évangiles à ne surtout pas remettre en cause.

Verdict : j'ai plutôt très bien fait, car j'ai dévoré ce roman de fantasy en très peu de temps, tellement je l'ai trouvé <strong>difficile à lâcher une fois entamé</strong>.

Le monde créé par Mathieu Gaborit est <strong>bien cousu même s'il peut sembler trop complexe</strong> au premier abord, avec son enchevêtrement d'<em>horizontales</em> et de<em> verticales</em> (<em>« N'essayez donc pas de régler l'image »</em>). Pourtant je n'ai eu aucun mal à y entrer et me sentir concernée par le sort de ses habitants. Pour faire court, il y a la fée primordiale – c'est plus ou moins Dieu ; les Hautes Fées, dirigeantes toutes puissantes – des rois en quelque sorte ; les Renégates, qui naissent désaxées, sont traquées, et s'entre-dévorent ; les Anonymes, au service des Hautes Fées ; et le peuple composé de diverses races : humains, elfes, nains, etc, <strong>qui ont tous une fée en lieu et place du cœur</strong>.

<strong>Les citations en début des chapitres donnent une franche existence à ce monde imaginaire</strong>, en lui donnant des ouvrages hypothétiques qui lui sont propres et que l'auteur peut utiliser pour « illustrer » son livre.

Le mélange des races au sein de ce tableau est très bien fait : <strong>pas de clichés pénibles</strong>, de ficelles grosses comme des cordes, mais au contraire, <strong>de très bonnes idées</strong>, telle que l'Ancrage, ce phénomène pendant lequel un être s'ancre dans un endroit, y répandant potentiellement son âme et permettant à sa fée de devenir une fée-nexus protectrice de ce lieu.

<strong>La seule chose que je regrette, c'est qu'on approfondisse pas la vision du côté des Anonymes.</strong> Même si leurs rôles consistent justement à se noyer dans l'obscurité de Médiane, la ville, le chapitre dans lequel on suit celui qui traque Saule m'a tellement mise en haleine que j'en aurais voulu beaucoup plus. <strong>Je ne serais pas contre un second roman explorant ce monde</strong>, dans lequel on creuserait un peu le destin de ces personnages étranges ! (Vous ne rêvez pas, ceci est bien un message subliminal hautement subtil à l'attention de Mathieu Gaborit.)

<h2>Le grain de sable</h2>

Dans une « lettre » à ses lecteurs, Mathieu Gaborit avoue avoir pour la première fois mis de côté sa pudeur en utilisant ses propres émotions et expériences pour écrire cette histoire.

<h2>Sur le mur</h2>

Les fées de la collection <em>Histoire(s) naturelle(s)</em> de Petra Werlé. Composées de morceaux d'insectes (ailes, carapaces, etc.) et parfois de petites plumes, elles me semblent faire le lien entre les « fées cœur » de Mathieu Gaborit et ces animaux que l'on met dans des serres ou des terrariums pour mieux les étudier, bien que ces créatures sculptées aient l'air bien plus enthousiastes que leurs homologues littéraires.

<img class="aligncenter size-large wp-image-5711" alt="Insecte de Petra Werlé" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/04/petra-werle-fee-insecte-420x560.jpg" />

On peut en voir plus sur <a href="http://petra.werle.free.fr/oeuvre/index.html">le site de Petra Werlé</a>.

<h2>Gramophone</h2>

Quelques morceaux de la bande originale du <em>13è guerrier</em> (oui, ça date un peu), par Jerry Smith.

<h2>Dans la même veine</h2>

Si vous avez aimé <em>Chronique du soupir</em>, n'hésitez pas à plonger plus avant dans l'univers de Mathieu Gaborit, j'entame moi-même un voyage dans <em><strong>Les Crépusculaires</strong></em>.

<h2>À propos de Mathieu Gaborit</h2>

<strong>Mathieu Gaborit est né en 1972 et a grandi à Paris.</strong> S'il s'ennuie à l'école, il se passionne très vite pour le jeu de rôle. Il participe au magazine Casus Belli, consacré aux différents jeux de rôle et aux cultures de l'imaginaire.

Depuis, il est auteur de scénarios de jeux de rôle, jeux vidéos, et bien sûr de romans fantasy (<em>Les Crépusculaires</em>, <em>Chroniques des Féals</em>) et steampunk (<em>Confession d'un automate mangeur d'opium</em>, avec Fabrice Colin).

<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Éditions Le Pré aux clercs, 2011, 320 pages</li>
	<li>Éditions France Loisirs, 335 pages</li>
</ul>


<h2>Liens</h2>

<ul>
	<li>La <a href="http://www.lepreauxclercs.com/site/chronique_du_soupir_&amp;100&amp;9782842283940.html">page du livre</a> sur le site des Éditions Le pré aux clercs</li>
	<li><a href="http://www.souffre-jour.com/">Souffre-jour</a>, le site de Mathieu Gaborit</li>
	<li>Une <a href="http://www.elbakin.net/interview/exclusive/Mathieu-Gaborit-nous-parle-des-Chroniques-du-Soupir">interview de l'auteur sur Elbakin</a></li>
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		</item>
		<item>
		<title>Paul Cleave - Nécrologie</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/paul-cleave-necrologie/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 09:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[cimetières]]></category>
		<category><![CDATA[église]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Cleave]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/paul-cleave-necrologie-206x323.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="paul-cleave-necrologie" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Alors que Théodore Tate, détective privé, ancien flic, exhume un corps dans le cadre d'une enquête sur une mort suspecte,  un glissement de terrain près du lac qui longe le cimetière provoque la remontée à la surface de trois cadavres de plus. Pour ne rien arranger, le défunt dans le cercueil n'est pas celui qui devrait s'y trouver. Le tueur en série surnommé "le boucher de Christchurch" sème des morts et Tate va devoir découvrir si ceux-ci sont aussi les siens, ou si un autre criminel hante la petite ville pas si tranquille de Nouvelle-Zélande.
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Des ongles bleus.

C’est à cause d’eux que je suis ici, debout dans le vent froid, tremblant. Les ongles bleus ne m’appartiennent pas, ils sont rattachés à quelqu’un d’autre – un type mort que je n’ai jamais vu. Le soleil de Christchurch qui me brûlait la peau plus tôt dans l’après-midi s’en est allé. C’est le genre de temps changeant auquel je suis habitué. Il y a une heure, je transpirais. Il y a une heure, je voulais prendre ma journée et aller à la plage. Maintenant, je suis content de ne pas l’avoir fait. Mes propres ongles sont probablement en train de virer au bleu, mais je n’ose pas regarder.

Je suis ici à cause d’un type mort. Pas celui qui se trouve dans la tombe devant moi, mais un autre qui est toujours à la morgue. Il a l’air aussi décontracté que possible pour un type qui a été découpé et recousu comme une poupée de chiffon. Décontracté pour un type qui est mort d’un empoisonnement à l’arsenic.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Commencer ce roman dans un cimetière, en pleine exhumation de cadavre, donne le ton. En effet, c'est ce qu'on va retrouver tout au long du livre, du déterrage. De cadavres et de secrets.

<strong>Tout est sombre dans ce roman.</strong> Le personnage principal, Théodore Tate, traîne un passé lourd après un drame personnel qui a changé sa vie. D'abord à demi-mot, et de plus en plus clairement, on comprend que sa famille est détruite. En partie enterrée, en partie hospitalisée. Et le responsable de son malheur a mystérieusement disparu deux ans plus tôt. Ses anciens collègues au commissariat de police le soupçonne de s'être occupé de son cas.

La ville ensuite, <strong>Christchurch elle-même semble être une petite ville tranquille donnant tout droit sur les portes de l'Enfer</strong>. Le Sunnydale de Nouvelle-Zélande, en quelque sorte, qui ferait naître des tueurs en série. Son église, son cimetière et son lac, des lieux publics importants dans la vie d'une communauté -et même son commissariat, pour qui a lu <em>Un employé modèle</em>- apparaissent comme chargés d'énergie néfaste. Regroupés les uns accolés aux autres, ces trois endroits constituent un puissant appel, tellement attractif qu'on y passe la plus grande partie de l'histoire, Tate y revenant inlassablement pour en percer les mystères.

Le roman est pourtant <strong>un thriller tout ce qu'il y a de plus cartésien</strong>, ne versant pas dans le fantastique. Pourtant cet amas de noirceur nous amène à nous demander si Christchurch -avec son nom si symbolique- ne serait pas une ville un brin maléfique.

<strong>Aucun temps mort dans l'action, l'enquête est menée tambours battants</strong> depuis la funeste découverte du début jusqu'au dénouement dont je ne piperai mot ici, mais qui ne dénote pas avec la qualité du reste du roman, par un Tate mis sur la touche par des flics tellement occupés qu'il passe malgré tout entre les mailles du filet, lui même traité comme un criminel alors qu'il tente d'en pourchasser un autrement plus dangereux. <strong>La seule chose un peu pénible chez ce personnage c'est sa façon d'excuser tout ce qu'il fait grâce à son passé douloureux</strong>, comme si on pouvait tout lui passer sous prétexte qu'il a vécu un drame. Si on va par là, nombreux sont les gens qui pourraient tout se permettre.

<strong>La culpabilité, la rédemption, les vies qu'on brise.</strong> Bienvenue à Christchurch.
<h2>Le grain de sable</h2>
<em>Nécrologie</em> se déroule parallèlement à <em>Un employé modèle</em>. Ce qui explique que Théodore Tate soit chargé d'exhumer un corps alors qu'il n'appartient plus à la police, celle-ci étant débordée par les cadavres semés par "le boucher".
<h2>Sur le mur</h2>
Une pelle; c'est bien utile, une pelle.
<h2>Gramophone</h2>
La bande originale du film <em>From hell</em>, musique signée Trevor Jones.
<h2>Dans la même veine</h2>
<ul>
	<li><em><strong>Un employé modèle</strong></em>, du même <strong>Paul Cleave</strong>, dont l'histoire se déroule en parallèle de Nécrologie, dans la même ville, Cristchurch.</li>
</ul>
<h2>A propos de Paul Cleave</h2>
Cet auteur de génie (et je pèse mes mots) a toujours su qu'il voulait être écrivain. Il place ses histoires à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, la ville qui l'a vu naître le 10 décembre 1974 et où il réside toujours. Il a pourtant été prêteur sur gages avant de se consacrer à sa passion première. <strong><em>Un employé modèle</em></strong> (<em>The Cleaner</em>, en version original) est son premier roman à être édité. En France, sont ensuite parus <strong><em>Un père idéal</em></strong> (<em>Blood men</em>) et <em><strong>Nécrologie</strong></em> (<em>Cemetary lake</em>). N'ont pas encore été traduits <em><strong>The killing hour</strong></em>, <strong><em>Collecting Cooper</em></strong> et <em><strong>The laughterhouse</strong></em>. Prions que Sonatine nous les mette rapidement entre les pattes.
<h2>Références</h2>
<span style="line-height: 13px;">Sonatine Editions, 2013, 432 pages</span>
<h2>Liens</h2>
<ul>
	<li><span style="line-height: 13px;">La <a href="http://www.sonatine-editions.fr/livres/Necrologie.asp" target="_blank">page du livre</a> sur le site de Sonatine</span></li>
	<li>Le <a href="http://www.paulcleave.co.nz/" target="_blank">site de Paul Cleave</a> (en anglais et allemand)</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/paul-cleave-necrologie-206x323.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="paul-cleave-necrologie" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Alors que Théodore Tate, détective privé, ancien flic, exhume un corps dans le cadre d'une enquête sur une mort suspecte,  un glissement de terrain près du lac qui longe le cimetière provoque la remontée à la surface de trois cadavres de plus. Pour ne rien arranger, le défunt dans le cercueil n'est pas celui qui devrait s'y trouver. Le tueur en série surnommé "le boucher de Christchurch" sème des morts et Tate va devoir découvrir si ceux-ci sont aussi les siens, ou si un autre criminel hante la petite ville pas si tranquille de Nouvelle-Zélande.
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Des ongles bleus.

C’est à cause d’eux que je suis ici, debout dans le vent froid, tremblant. Les ongles bleus ne m’appartiennent pas, ils sont rattachés à quelqu’un d’autre – un type mort que je n’ai jamais vu. Le soleil de Christchurch qui me brûlait la peau plus tôt dans l’après-midi s’en est allé. C’est le genre de temps changeant auquel je suis habitué. Il y a une heure, je transpirais. Il y a une heure, je voulais prendre ma journée et aller à la plage. Maintenant, je suis content de ne pas l’avoir fait. Mes propres ongles sont probablement en train de virer au bleu, mais je n’ose pas regarder.

Je suis ici à cause d’un type mort. Pas celui qui se trouve dans la tombe devant moi, mais un autre qui est toujours à la morgue. Il a l’air aussi décontracté que possible pour un type qui a été découpé et recousu comme une poupée de chiffon. Décontracté pour un type qui est mort d’un empoisonnement à l’arsenic.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Commencer ce roman dans un cimetière, en pleine exhumation de cadavre, donne le ton. En effet, c'est ce qu'on va retrouver tout au long du livre, du déterrage. De cadavres et de secrets.

<strong>Tout est sombre dans ce roman.</strong> Le personnage principal, Théodore Tate, traîne un passé lourd après un drame personnel qui a changé sa vie. D'abord à demi-mot, et de plus en plus clairement, on comprend que sa famille est détruite. En partie enterrée, en partie hospitalisée. Et le responsable de son malheur a mystérieusement disparu deux ans plus tôt. Ses anciens collègues au commissariat de police le soupçonne de s'être occupé de son cas.

La ville ensuite, <strong>Christchurch elle-même semble être une petite ville tranquille donnant tout droit sur les portes de l'Enfer</strong>. Le Sunnydale de Nouvelle-Zélande, en quelque sorte, qui ferait naître des tueurs en série. Son église, son cimetière et son lac, des lieux publics importants dans la vie d'une communauté -et même son commissariat, pour qui a lu <em>Un employé modèle</em>- apparaissent comme chargés d'énergie néfaste. Regroupés les uns accolés aux autres, ces trois endroits constituent un puissant appel, tellement attractif qu'on y passe la plus grande partie de l'histoire, Tate y revenant inlassablement pour en percer les mystères.

Le roman est pourtant <strong>un thriller tout ce qu'il y a de plus cartésien</strong>, ne versant pas dans le fantastique. Pourtant cet amas de noirceur nous amène à nous demander si Christchurch -avec son nom si symbolique- ne serait pas une ville un brin maléfique.

<strong>Aucun temps mort dans l'action, l'enquête est menée tambours battants</strong> depuis la funeste découverte du début jusqu'au dénouement dont je ne piperai mot ici, mais qui ne dénote pas avec la qualité du reste du roman, par un Tate mis sur la touche par des flics tellement occupés qu'il passe malgré tout entre les mailles du filet, lui même traité comme un criminel alors qu'il tente d'en pourchasser un autrement plus dangereux. <strong>La seule chose un peu pénible chez ce personnage c'est sa façon d'excuser tout ce qu'il fait grâce à son passé douloureux</strong>, comme si on pouvait tout lui passer sous prétexte qu'il a vécu un drame. Si on va par là, nombreux sont les gens qui pourraient tout se permettre.

<strong>La culpabilité, la rédemption, les vies qu'on brise.</strong> Bienvenue à Christchurch.
<h2>Le grain de sable</h2>
<em>Nécrologie</em> se déroule parallèlement à <em>Un employé modèle</em>. Ce qui explique que Théodore Tate soit chargé d'exhumer un corps alors qu'il n'appartient plus à la police, celle-ci étant débordée par les cadavres semés par "le boucher".
<h2>Sur le mur</h2>
Une pelle; c'est bien utile, une pelle.
<h2>Gramophone</h2>
La bande originale du film <em>From hell</em>, musique signée Trevor Jones.
<h2>Dans la même veine</h2>
<ul>
	<li><em><strong>Un employé modèle</strong></em>, du même <strong>Paul Cleave</strong>, dont l'histoire se déroule en parallèle de Nécrologie, dans la même ville, Cristchurch.</li>
</ul>
<h2>A propos de Paul Cleave</h2>
Cet auteur de génie (et je pèse mes mots) a toujours su qu'il voulait être écrivain. Il place ses histoires à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, la ville qui l'a vu naître le 10 décembre 1974 et où il réside toujours. Il a pourtant été prêteur sur gages avant de se consacrer à sa passion première. <strong><em>Un employé modèle</em></strong> (<em>The Cleaner</em>, en version original) est son premier roman à être édité. En France, sont ensuite parus <strong><em>Un père idéal</em></strong> (<em>Blood men</em>) et <em><strong>Nécrologie</strong></em> (<em>Cemetary lake</em>). N'ont pas encore été traduits <em><strong>The killing hour</strong></em>, <strong><em>Collecting Cooper</em></strong> et <em><strong>The laughterhouse</strong></em>. Prions que Sonatine nous les mette rapidement entre les pattes.
<h2>Références</h2>
<span style="line-height: 13px;">Sonatine Editions, 2013, 432 pages</span>
<h2>Liens</h2>
<ul>
	<li><span style="line-height: 13px;">La <a href="http://www.sonatine-editions.fr/livres/Necrologie.asp" target="_blank">page du livre</a> sur le site de Sonatine</span></li>
	<li>Le <a href="http://www.paulcleave.co.nz/" target="_blank">site de Paul Cleave</a> (en anglais et allemand)</li>
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		<title>Mélanie Fazi - Trois pépins du&#160;fruit des morts</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 12:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lullaby</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[mélanie fazi]]></category>
		<category><![CDATA[mythologie]]></category>
		<category><![CDATA[nestiveqnen]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/trois_pepins_du_fruit_des_morts_melanie_fazi-206x320.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Couverture de Trois pépins du fruit des morts de Mélanie Fazi" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Annabelle Stavrakis, douze ans, a disparu. Sa mère Maria angoisse à l'idée que le pire ait pu arriver à sa fille unique. Deux semaines plus tard, Annabelle réapparaît. Elle refuse de dire ce qu'il s'est passé. Pire, elle s'isole, ne prend plus ses repas dans la cuisine et semble s'éloigner de tous. Maria se demande ce qu'il est advenu de sa fille pour qu'elle lui devienne aussi étrangère. Mais pour Annabelle, tout a changé. Elle a suivi une femme en qui la fillette, passionnée de mythologie grecque, a reconnu Perséphone. Cette femme l'a emmenée dans un mystérieux jardin et lui a fait goûter trois pépins de grenade. Pour Annabelle, dont l'arrivée de l'adolescence est mal vécue, ce geste est un signe fort. Elle est persuadée que si elle s'affranchit de la nourriture comme du sommeil, elle aussi deviendra comme Perséphone : ni vivante, ni morte, mais immortelle et non soumise aux lois de la vieillesse et de la société. Entre réalité et imagination, la frontière est parfois bien ténue...
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>I. Première neige
Il y avait ce gouffre, énorme, dans le quotidien de Maria : deux semaines de la vie d'Annabelle.
Allez comprendre pourquoi, parfois, le temps se dilate au-delà du supportable. Quand on attend chaque soir le retour de sa fille unique, disparue à la sortie du collège. Sans rien qui permette de croire à la fugue plutôt qu'à l'accident, ou pire encore. Quand chaque réveil dans une maison vide lâche tout le poids du monde sur vos épaules, au moment de se souvenir.
Au premier soir de la disparition, enfermée dans sa bulle d'angoisse, Maria avait regardé la neige recouvrir les champs depuis sa fenêtre.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
J'ai d'abord connu les écrits de Mélanie Fazi sous forme courte. Novelliste, et de talent, sa plume m'avait frappée par sa façon d'amener, à petites touches, l'air de rien,<strong> une vague d'émotions qui attendait la fin du récit pour vous frapper comme un raz-de-marée</strong>. Une façon d'écrire dans le genre fantastique qui mêle douceur et poing dans la face - douceur tout le long, et puis vlam ! Sans prévenir, lecteur KO - et ravi, d'être chamboulé ainsi, touché, ému. Avec <em>Trois pépins du fruit des morts</em>, son premier roman, j'ai retrouvé avec bonheur cette patte.

Si vous n'aimez pas les rythmes lents, les intrigues qui prennent leur temps pour s'installer, inutile d'ouvrir les pages de cet ouvrage. Car dans <em>Trois pépins du fruit des morts</em>, l'action se déroule à son rythme, lentement, en accord avec la danse mélancolique et ralentie des flocons. <strong>La saison froide étant un symbole clé dans l'histoire</strong>, ce rythme lent se prête parfaitement à plonger le lecteur dans l'ambiance. Pourquoi l'hiver ? C'est durant cette saison qu'Annabelle disparaît. Et, dans le mythe de l'enlèvement de Perséphone par Hadès, c'est son séjour sous terre qui provoque l'hiver, la mère de Perséphone étant désespérée par la disparition de sa fille, mère qui est déesse des moissons. Le rythme des saisons, avec la bascule entre hiver et printemps, est aussi un axe de lecture important, Annabelle entrant comme en germination durant les saisons chaudes, attendant l'hiver, à l'inverse des plantes chéries par sa mère.

On le voit,<strong> la mythologie tient une place importante dans le récit</strong> et pourtant elle n'apparaît pas au premier abord. Les premiers temps, nous sommes dans notre époque, nous suivons une petite fille de notre temps et notre pays. Nous nous inquiétons pour elle, nous paniquons encore plus lorsqu'elle se met à ne plus manger, ne plus dormir. Mais, par petites touches, voici que le mythe s'avance. Et, à un moment du récit, tout bascule.<strong> La frontière est mince entre notre monde et celui des dieux</strong>, plus encore quand une fillette entêtée ne désire que la franchir.

L'émotion est d'autant plus forte qu'à travers ce roman fantastique et mythologie, <strong>Mélanie Fazi évoque avec justesse et beaucoup de délicatesse</strong> ce que peuvent éprouver <strong>les jeunes adolescents qui vivent mal l'entrée dans cet âge difficile</strong>, aussi bien que les difficultés des parents (ici une mère célibataire) face au désarroi et aux changements qui interviennent chez leur enfant. Mélanie Fazi exploite également le mythe de Perséphone sous le même angle <strong>: on peut entendre la voix de la déesse</strong>, ce qu'elle a éprouvé à être enlevée, jeune fille, par Hadès, le dieu des Morts, et qu'il fit d'elle son épouse. Si les grandes lignes de l'histoire sont reprises dans tous les livres de mythologie grecque, bien peu (pour ne pas dire aucun) n'avait à ce point montré ce que pouvait bien ressentir l'héroïne du mythe face à ce qu'elle subissait.

Un roman lent et délicat, et pourtant qui laisse une impression forte, comme le manteau neigeux sur sa peau : léger, doux mais au froid mordant. Si Mélanie Fazi a du talent pour la nouvelle, avec ce premier roman elle prouve qu'elle maîtrise aussi bien la forme longue.
<h2>Le grain de sable</h2>
L'ouvrage a reçu le prix Merlin - prix des lecteurs - en 2002.
<h2>Gramophone</h2>
La chanson <em>Winter</em> de Persephone, dont l'intense mélancolie, le rythme lent et les paroles reflètent à merveille l'atmosphère du roman.
<h2>Sur le mur</h2>
Un flocon de neige et le fruit d'un  grenadier.
<h2>Dans la même veine</h2>
L'adolescence et le mythe s'entremêlent aussi dans la série <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/sophie-dabat-chronique-de-changelins-evolution/" target="_blank"><em>Changelings </em>de Sophie Dabat</a> - renommé <em>Le Sang des chimères</em> (le tome sera réédité prochainement en 2013 aux Editions du Riez et suivi peu après du tome 2, inédit). Les affres de l'adolescence et le fantastique sont également présents chez Stephen King, avec <em>Carrie </em>(Le Livre de Poche, 2010)
<h2>À propos de Mélanie Fazi</h2>
<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/melanie_fazi_copEmmanuelGrandvillain.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5636" alt="Mélanie Fazi © Emmanuel Grandvillain" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/melanie_fazi_copEmmanuelGrandvillain-206x309.jpg" /></a>
Née en 1976 à Dunkerque où elle a vécu une vingtaine d'année, Mélanie Fazi est depuis son enfance une lectrice invétérée. Elle commence à rédiger ses propres textes à l'adolescence. Elle suit des études d'anglais et de traduction, études qui lui permettent d'affiner son style. Elle publie ses deux premières nouvelles la même année, en 2000, dans des anthologies chez Ténèbres. Il s'agit de <em>Ghost Town Blues</em> (réédité au sein du recueil <em>Serpentine</em>) et <em>Le noeud cajun</em> (réédité au sein du recueil <em>Notre Dame aux écailles</em>). En 2002, Mélanie Fazi est embauchée comme traductrice aux éditions Bragelonne. Son premier roman, <em>Trois pépins du fruit des morts</em>, paraît l'année suivante, puis en 2004 son recueil de nouvelles <em>Serpentine </em>(éditions de L'Oxymore, réédité depuis chez Folio) et un autre roman, <em>Arlis des Forains</em> (Bragelonne). Elle continue de publier régulièrement des nouvelles en anthologies (<em>Miroir de porcelaine </em>dans <em>69</em> aux éditions ActuSf, <em>Le Jardin des silences </em>dans <em></em>la revue <em>Angle-Mort</em> en 2011, <em>Les soeurs de la Tarasque</em> <em></em>dans<em> Reines et Dragons</em> aux éditions Mnémos en 2012...). Mélanie Fazi a reçu plusieurs fois le prix Merlin et le prix Masterton, ainsi que le Grand Prix de l'imaginaire en 2005 pour son recueil <em>Serpentine.</em>
<h2>Références</h2>
<em>Trois pépin du fruit des morts</em>, éditions Nestiveqnen, 2003, 208 p.<em>
</em>
<h2>Liens</h2>
<ul>
	<li><a href="http://reves-de-cendre.over-blog.com/">Le blog de Mélanie Fazi
</a></li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/trois_pepins_du_fruit_des_morts_melanie_fazi-206x320.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Couverture de Trois pépins du fruit des morts de Mélanie Fazi" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Annabelle Stavrakis, douze ans, a disparu. Sa mère Maria angoisse à l'idée que le pire ait pu arriver à sa fille unique. Deux semaines plus tard, Annabelle réapparaît. Elle refuse de dire ce qu'il s'est passé. Pire, elle s'isole, ne prend plus ses repas dans la cuisine et semble s'éloigner de tous. Maria se demande ce qu'il est advenu de sa fille pour qu'elle lui devienne aussi étrangère. Mais pour Annabelle, tout a changé. Elle a suivi une femme en qui la fillette, passionnée de mythologie grecque, a reconnu Perséphone. Cette femme l'a emmenée dans un mystérieux jardin et lui a fait goûter trois pépins de grenade. Pour Annabelle, dont l'arrivée de l'adolescence est mal vécue, ce geste est un signe fort. Elle est persuadée que si elle s'affranchit de la nourriture comme du sommeil, elle aussi deviendra comme Perséphone : ni vivante, ni morte, mais immortelle et non soumise aux lois de la vieillesse et de la société. Entre réalité et imagination, la frontière est parfois bien ténue...
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>I. Première neige
Il y avait ce gouffre, énorme, dans le quotidien de Maria : deux semaines de la vie d'Annabelle.
Allez comprendre pourquoi, parfois, le temps se dilate au-delà du supportable. Quand on attend chaque soir le retour de sa fille unique, disparue à la sortie du collège. Sans rien qui permette de croire à la fugue plutôt qu'à l'accident, ou pire encore. Quand chaque réveil dans une maison vide lâche tout le poids du monde sur vos épaules, au moment de se souvenir.
Au premier soir de la disparition, enfermée dans sa bulle d'angoisse, Maria avait regardé la neige recouvrir les champs depuis sa fenêtre.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
J'ai d'abord connu les écrits de Mélanie Fazi sous forme courte. Novelliste, et de talent, sa plume m'avait frappée par sa façon d'amener, à petites touches, l'air de rien,<strong> une vague d'émotions qui attendait la fin du récit pour vous frapper comme un raz-de-marée</strong>. Une façon d'écrire dans le genre fantastique qui mêle douceur et poing dans la face - douceur tout le long, et puis vlam ! Sans prévenir, lecteur KO - et ravi, d'être chamboulé ainsi, touché, ému. Avec <em>Trois pépins du fruit des morts</em>, son premier roman, j'ai retrouvé avec bonheur cette patte.

Si vous n'aimez pas les rythmes lents, les intrigues qui prennent leur temps pour s'installer, inutile d'ouvrir les pages de cet ouvrage. Car dans <em>Trois pépins du fruit des morts</em>, l'action se déroule à son rythme, lentement, en accord avec la danse mélancolique et ralentie des flocons. <strong>La saison froide étant un symbole clé dans l'histoire</strong>, ce rythme lent se prête parfaitement à plonger le lecteur dans l'ambiance. Pourquoi l'hiver ? C'est durant cette saison qu'Annabelle disparaît. Et, dans le mythe de l'enlèvement de Perséphone par Hadès, c'est son séjour sous terre qui provoque l'hiver, la mère de Perséphone étant désespérée par la disparition de sa fille, mère qui est déesse des moissons. Le rythme des saisons, avec la bascule entre hiver et printemps, est aussi un axe de lecture important, Annabelle entrant comme en germination durant les saisons chaudes, attendant l'hiver, à l'inverse des plantes chéries par sa mère.

On le voit,<strong> la mythologie tient une place importante dans le récit</strong> et pourtant elle n'apparaît pas au premier abord. Les premiers temps, nous sommes dans notre époque, nous suivons une petite fille de notre temps et notre pays. Nous nous inquiétons pour elle, nous paniquons encore plus lorsqu'elle se met à ne plus manger, ne plus dormir. Mais, par petites touches, voici que le mythe s'avance. Et, à un moment du récit, tout bascule.<strong> La frontière est mince entre notre monde et celui des dieux</strong>, plus encore quand une fillette entêtée ne désire que la franchir.

L'émotion est d'autant plus forte qu'à travers ce roman fantastique et mythologie, <strong>Mélanie Fazi évoque avec justesse et beaucoup de délicatesse</strong> ce que peuvent éprouver <strong>les jeunes adolescents qui vivent mal l'entrée dans cet âge difficile</strong>, aussi bien que les difficultés des parents (ici une mère célibataire) face au désarroi et aux changements qui interviennent chez leur enfant. Mélanie Fazi exploite également le mythe de Perséphone sous le même angle <strong>: on peut entendre la voix de la déesse</strong>, ce qu'elle a éprouvé à être enlevée, jeune fille, par Hadès, le dieu des Morts, et qu'il fit d'elle son épouse. Si les grandes lignes de l'histoire sont reprises dans tous les livres de mythologie grecque, bien peu (pour ne pas dire aucun) n'avait à ce point montré ce que pouvait bien ressentir l'héroïne du mythe face à ce qu'elle subissait.

Un roman lent et délicat, et pourtant qui laisse une impression forte, comme le manteau neigeux sur sa peau : léger, doux mais au froid mordant. Si Mélanie Fazi a du talent pour la nouvelle, avec ce premier roman elle prouve qu'elle maîtrise aussi bien la forme longue.
<h2>Le grain de sable</h2>
L'ouvrage a reçu le prix Merlin - prix des lecteurs - en 2002.
<h2>Gramophone</h2>
La chanson <em>Winter</em> de Persephone, dont l'intense mélancolie, le rythme lent et les paroles reflètent à merveille l'atmosphère du roman.
<h2>Sur le mur</h2>
Un flocon de neige et le fruit d'un  grenadier.
<h2>Dans la même veine</h2>
L'adolescence et le mythe s'entremêlent aussi dans la série <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/sophie-dabat-chronique-de-changelins-evolution/" target="_blank"><em>Changelings </em>de Sophie Dabat</a> - renommé <em>Le Sang des chimères</em> (le tome sera réédité prochainement en 2013 aux Editions du Riez et suivi peu après du tome 2, inédit). Les affres de l'adolescence et le fantastique sont également présents chez Stephen King, avec <em>Carrie </em>(Le Livre de Poche, 2010)
<h2>À propos de Mélanie Fazi</h2>
<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/melanie_fazi_copEmmanuelGrandvillain.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5636" alt="Mélanie Fazi © Emmanuel Grandvillain" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/melanie_fazi_copEmmanuelGrandvillain-206x309.jpg" /></a>
Née en 1976 à Dunkerque où elle a vécu une vingtaine d'année, Mélanie Fazi est depuis son enfance une lectrice invétérée. Elle commence à rédiger ses propres textes à l'adolescence. Elle suit des études d'anglais et de traduction, études qui lui permettent d'affiner son style. Elle publie ses deux premières nouvelles la même année, en 2000, dans des anthologies chez Ténèbres. Il s'agit de <em>Ghost Town Blues</em> (réédité au sein du recueil <em>Serpentine</em>) et <em>Le noeud cajun</em> (réédité au sein du recueil <em>Notre Dame aux écailles</em>). En 2002, Mélanie Fazi est embauchée comme traductrice aux éditions Bragelonne. Son premier roman, <em>Trois pépins du fruit des morts</em>, paraît l'année suivante, puis en 2004 son recueil de nouvelles <em>Serpentine </em>(éditions de L'Oxymore, réédité depuis chez Folio) et un autre roman, <em>Arlis des Forains</em> (Bragelonne). Elle continue de publier régulièrement des nouvelles en anthologies (<em>Miroir de porcelaine </em>dans <em>69</em> aux éditions ActuSf, <em>Le Jardin des silences </em>dans <em></em>la revue <em>Angle-Mort</em> en 2011, <em>Les soeurs de la Tarasque</em> <em></em>dans<em> Reines et Dragons</em> aux éditions Mnémos en 2012...). Mélanie Fazi a reçu plusieurs fois le prix Merlin et le prix Masterton, ainsi que le Grand Prix de l'imaginaire en 2005 pour son recueil <em>Serpentine.</em>
<h2>Références</h2>
<em>Trois pépin du fruit des morts</em>, éditions Nestiveqnen, 2003, 208 p.<em>
</em>
<h2>Liens</h2>
<ul>
	<li><a href="http://reves-de-cendre.over-blog.com/">Le blog de Mélanie Fazi
</a></li>
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		<item>
		<title>Estelle Faye - Porcelaine</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/estelle-faye-porcelaine/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/estelle-faye-porcelaine/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2013 12:30:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Estelle Faye]]></category>
		<category><![CDATA[féerie]]></category>
		<category><![CDATA[tigre]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/02/estelle-faye-porcelaine-206x259.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="estelle-faye-porcelaine" /></div><div><h2>L'argument</h2>

<strong>Dans la Chine ancienne</strong>, un village vit de la poterie. En voulant ramener du bois sec à son père, le meilleur potier du village, Xiao Chen grimpe sur la montagne pour atteindre la forêt sortilège, ignorant qu'il provoque ainsi le courroux d'un dieu.

Lorsqu'il se réveille le lendemain avec <strong>une tête de tigre à la place de son visage humain</strong>, les villageois, effrayés, décident de le chasser. 

Commence alors pour Xiao Chen un long périple aux côtés d'une troupe de théâtre ambulant, dans laquelle chacun semble avoir un fardeau étrange à porter, tout comme lui. 

Devenu immortel, il rencontre Li Mei, une jeune tisseuse, mais <strong>une femme-fée malade de jalousie</strong> mettra en oeuvre manigances et enchantements pour les séparer et récupérer celui qu'elle veut.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>L'air sent la sève des pins qu'on abat, plus haut dans la montagne, pour alimenter les fours à céramique. Nous sommes au septième jour du septième mois lunaire, période de la Fin des Chaleurs. Une pluie fine tombe sur le village des potiers, quelques maisons fragiles accrochées aux pentes escarpées de Hengsan.

La pluie est venue tôt cette année. Trop tôt.  Sous les auvents en paille, on murmure que les dieux sont irrités parce que les hommes ont creusé trop profonds dans la roche leurs longs fours-dragons en forme de tunnel. Malgré l'averse, une poignée de vieilles femmes monte brûler des encens à la pagode, en haut de la cascade.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

J'ai choisi ce livre pour son allure poétique, sa femme-fée et sa malédiction à tête de tigre. Je redoutais cependant de devoir composer avec des débordements de guimauve et de niaiserie à cause de l'histoire d'amour qui s'éternise sur des siècles.

Et j'ai bien fait de ne pas m'arrêter à cette idée facile (mais tellement rédhibitoire) et de me plonger malgré mes peurs d'eau de rose dans <strong>cette épopée fantastique</strong>, car c'est en vérité un petit bijou de fantasy qui prouve au monde entier (au moins ça) que <strong>ce n'est pas parce que c'est une histoire d'amour que c'est forcément cucul-la-praline</strong>.

Je m'inquiétais aussi – toujours inutilement – de la localisation de l'histoire : l'Asie. En général, je n'accroche guère aux histoires de samouraïs défendant leur honneur, je peine à retenir des noms aux consonances trop proches pour mon cerveau occidental, et je craignais que l'auteure en fasse trop pour nous prouver qu'on se trouve Chine, à grand renfort de dragons, de toits recourbés, de monastères bouddhiques et de lampions rouges.

Mais rien de tout cela. Ici, les choses se devinent, tout le monde ne se nomme pas Fang, la seule religion est le théâtre et le mélange des genres (cadre extrême-oriental, vie sur les routes de saltimbanques, fée jalouse comme celles que l'on trouve dans notre bonne vieille Europe, etc.) nous offre <strong>une fable qui fait fi des frontières et des codes</strong>.

<strong>Le livre se découpe en trois actes, à la manière d'une pièce de théâtre, un thème dominant tout au long du roman.</strong> On sent que c'est un monde qui touche l'auteure, ses descriptions tout en finesse et subtilité – pas de lourds paragraphes pour tenter tant bien que mal de nous convaincre de l'existence de quelque chose d'incohérent – oscillent entre réalité et onirisme et créent <strong>un monde où la magie est une évidence qui s'estompe au fil du temps</strong>.

Chacune des trois parties correspond à une époque. Entre, il peut se passer plusieurs siècles ou quelques dizaines d'années, la notion d'immortalité touchant quelques-uns des personnages.

Le premier « acte » est presque trompeur, si on n'a pas pris connaissance du résumé en quatrième de couverture. Il met en place l'histoire de façon minutieuse : Li Mei n'apparaît pas encore, et <strong>la trame semble se tisser autour de la nouvelle vie de Xiao Chen</strong>, son apprentissage du métier, les cours Florent et les premiers castings, ainsi que sur le mystère qui plane autour de ses compagnons de voyage.

Tous bizarres. Certains plus que d'autres, mais tous bizarres. Pieds-de-Cendre et ses tours d'horreur, Brume de rivière dans sa lourde robe cousue d'amulettes, etc. Cependant, cette première étape n'est pas juste une description. Bien que tous les personnages qui sont importants ne soient pas encore entrés en scène, on a d'ores et déjà des combats à mener, des démons à évincer, ceux de la montagne au tout début, puis ceux qui suivent la troupe.

La seconde partie se déroule bien plus tard. Une ellipse de quinze siècles nous propulse à l'époque où vit Li Mei, que Xiao Chen va rencontrer. <strong>Elle apporte un second souffle</strong> à la vie immortelle de l'acteur à tête de tigre qui porte, pour cacher son côté bestial, un masque de porcelaine lui assurant une apparence humaine. Mais la malédiction progresse, telle une douloureuse et inépuisable maladie, et il s'agit pour les deux amoureux d'essayer d'arrêter le processus qui transforme Xiao en monstre.

La troisième et dernière époque, qui n'a lieu « que » soixante-ans après la deuxième, annonce un final fabuleux. <strong>La lutte entre la fée et l'humaine va devoir éclater pour que la vie puisse continuer.</strong> L'affrontement est particulièrement inégal. Dans le coin gauche du ring, la fée aux multiples pouvoirs, magnifique et jalouse, attendant son heure depuis des siècles. Face à elle, l'humaine droite et courageuse, travailleuse, la beauté normale, juste et légitime. Elles se battent pour l'homme qu'elles aiment, qui aura fait preuve au cours de sa très longue vie d'autant de bravoure que de lâcheté.

<strong>Un conte attachant à travers une écriture élégante</strong>, voilà ce qu'est <em>Porcelaine</em>. Il serait dommage de s'en priver.

<h2>Le grain de sable</h2>

Pour ceux et celles qui voudraient découvrir la plume d'Estelle Faye sur un format plus court, la nouvelle <em>Suriedad</em> est diponible au format numérique sur le site des <a href="http://www.moutons-electriques.fr/livre-239" target="_blank">Moutons Électriques</a>. Cette nouvelle est également présente dans l'anthologie <em>Dragons</em> (Editions Calmann-Lévy).

<h2>Sur le mur</h2>

Un masque de tigre

<h2>Gramophone</h2>

Des musiques traditionnelles chinoises.

<h2>Dans la même veine</h2>

<ul>
	<li>Si vous avez aimé l'écriture d'Estelle Faye, plongez (au propre comme au figuré) dans <em><strong><a href="http://www.lepreauxclercs.com/site/pandore/ouvrage/la-derniere-lame/9782842284862" target="_blank">La Dernière lame</a></strong> </em>(Editions Le Pré aux Clercs), son premier roman.</li>

	<li>Et pour les amoureux de l'Asie, voyagez avec l'<strong><em>Emblème n°6 - Extrême-Orient</em></strong> (Editions Oxymore)</li>
</ul>

<h2>À propos d'Estelle Faye</h2>

Née en 1978, le jour où l'on vend des brins de muguets pour apporter la chance, Estelle Faye a suivi des cours de théâtre avant de scénariser des courts-métrage dont <strong><em>Carcasse</em></strong>, réalisé par Ismaël El Maoula El Iraki, diffusé au festival de cinéma <em>Vues d'Afrique</em> de Montréal en 2008. Elle est l'auteur de <em><strong>La Dernière lame</strong></em> (Le Pré aux Clercs).

<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Moutons Électriques Editeurs, Collection Bibliothèque voltaïque, 2013, 274 pages</li>
	<li>(Très belle) Illustration de couverture d'Amandine Labarre</li>
</ul>

<h2>Liens</h2>
<ul>
	<li>La <a href="http://www.moutons-electriques.fr/livre-249#image8" target="_blank">page du livre</a> sur le site de l'éditeur, avec la possibilité de le commander en version papier ou numérique</li>
	<li>Une <a href="http://www.actusf.com/spip/Interview-Estelle-Faye-sur.html">interview d'Estelle Faye</a> sur actusf.com</li>
	<li>Le <a href="http://amandine.labarre.free.fr/" target="_blank">site d'Amandine Labarre</a></li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/02/estelle-faye-porcelaine-206x259.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="estelle-faye-porcelaine" /></div><div><h2>L'argument</h2>

<strong>Dans la Chine ancienne</strong>, un village vit de la poterie. En voulant ramener du bois sec à son père, le meilleur potier du village, Xiao Chen grimpe sur la montagne pour atteindre la forêt sortilège, ignorant qu'il provoque ainsi le courroux d'un dieu.

Lorsqu'il se réveille le lendemain avec <strong>une tête de tigre à la place de son visage humain</strong>, les villageois, effrayés, décident de le chasser. 

Commence alors pour Xiao Chen un long périple aux côtés d'une troupe de théâtre ambulant, dans laquelle chacun semble avoir un fardeau étrange à porter, tout comme lui. 

Devenu immortel, il rencontre Li Mei, une jeune tisseuse, mais <strong>une femme-fée malade de jalousie</strong> mettra en oeuvre manigances et enchantements pour les séparer et récupérer celui qu'elle veut.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>L'air sent la sève des pins qu'on abat, plus haut dans la montagne, pour alimenter les fours à céramique. Nous sommes au septième jour du septième mois lunaire, période de la Fin des Chaleurs. Une pluie fine tombe sur le village des potiers, quelques maisons fragiles accrochées aux pentes escarpées de Hengsan.

La pluie est venue tôt cette année. Trop tôt.  Sous les auvents en paille, on murmure que les dieux sont irrités parce que les hommes ont creusé trop profonds dans la roche leurs longs fours-dragons en forme de tunnel. Malgré l'averse, une poignée de vieilles femmes monte brûler des encens à la pagode, en haut de la cascade.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

J'ai choisi ce livre pour son allure poétique, sa femme-fée et sa malédiction à tête de tigre. Je redoutais cependant de devoir composer avec des débordements de guimauve et de niaiserie à cause de l'histoire d'amour qui s'éternise sur des siècles.

Et j'ai bien fait de ne pas m'arrêter à cette idée facile (mais tellement rédhibitoire) et de me plonger malgré mes peurs d'eau de rose dans <strong>cette épopée fantastique</strong>, car c'est en vérité un petit bijou de fantasy qui prouve au monde entier (au moins ça) que <strong>ce n'est pas parce que c'est une histoire d'amour que c'est forcément cucul-la-praline</strong>.

Je m'inquiétais aussi – toujours inutilement – de la localisation de l'histoire : l'Asie. En général, je n'accroche guère aux histoires de samouraïs défendant leur honneur, je peine à retenir des noms aux consonances trop proches pour mon cerveau occidental, et je craignais que l'auteure en fasse trop pour nous prouver qu'on se trouve Chine, à grand renfort de dragons, de toits recourbés, de monastères bouddhiques et de lampions rouges.

Mais rien de tout cela. Ici, les choses se devinent, tout le monde ne se nomme pas Fang, la seule religion est le théâtre et le mélange des genres (cadre extrême-oriental, vie sur les routes de saltimbanques, fée jalouse comme celles que l'on trouve dans notre bonne vieille Europe, etc.) nous offre <strong>une fable qui fait fi des frontières et des codes</strong>.

<strong>Le livre se découpe en trois actes, à la manière d'une pièce de théâtre, un thème dominant tout au long du roman.</strong> On sent que c'est un monde qui touche l'auteure, ses descriptions tout en finesse et subtilité – pas de lourds paragraphes pour tenter tant bien que mal de nous convaincre de l'existence de quelque chose d'incohérent – oscillent entre réalité et onirisme et créent <strong>un monde où la magie est une évidence qui s'estompe au fil du temps</strong>.

Chacune des trois parties correspond à une époque. Entre, il peut se passer plusieurs siècles ou quelques dizaines d'années, la notion d'immortalité touchant quelques-uns des personnages.

Le premier « acte » est presque trompeur, si on n'a pas pris connaissance du résumé en quatrième de couverture. Il met en place l'histoire de façon minutieuse : Li Mei n'apparaît pas encore, et <strong>la trame semble se tisser autour de la nouvelle vie de Xiao Chen</strong>, son apprentissage du métier, les cours Florent et les premiers castings, ainsi que sur le mystère qui plane autour de ses compagnons de voyage.

Tous bizarres. Certains plus que d'autres, mais tous bizarres. Pieds-de-Cendre et ses tours d'horreur, Brume de rivière dans sa lourde robe cousue d'amulettes, etc. Cependant, cette première étape n'est pas juste une description. Bien que tous les personnages qui sont importants ne soient pas encore entrés en scène, on a d'ores et déjà des combats à mener, des démons à évincer, ceux de la montagne au tout début, puis ceux qui suivent la troupe.

La seconde partie se déroule bien plus tard. Une ellipse de quinze siècles nous propulse à l'époque où vit Li Mei, que Xiao Chen va rencontrer. <strong>Elle apporte un second souffle</strong> à la vie immortelle de l'acteur à tête de tigre qui porte, pour cacher son côté bestial, un masque de porcelaine lui assurant une apparence humaine. Mais la malédiction progresse, telle une douloureuse et inépuisable maladie, et il s'agit pour les deux amoureux d'essayer d'arrêter le processus qui transforme Xiao en monstre.

La troisième et dernière époque, qui n'a lieu « que » soixante-ans après la deuxième, annonce un final fabuleux. <strong>La lutte entre la fée et l'humaine va devoir éclater pour que la vie puisse continuer.</strong> L'affrontement est particulièrement inégal. Dans le coin gauche du ring, la fée aux multiples pouvoirs, magnifique et jalouse, attendant son heure depuis des siècles. Face à elle, l'humaine droite et courageuse, travailleuse, la beauté normale, juste et légitime. Elles se battent pour l'homme qu'elles aiment, qui aura fait preuve au cours de sa très longue vie d'autant de bravoure que de lâcheté.

<strong>Un conte attachant à travers une écriture élégante</strong>, voilà ce qu'est <em>Porcelaine</em>. Il serait dommage de s'en priver.

<h2>Le grain de sable</h2>

Pour ceux et celles qui voudraient découvrir la plume d'Estelle Faye sur un format plus court, la nouvelle <em>Suriedad</em> est diponible au format numérique sur le site des <a href="http://www.moutons-electriques.fr/livre-239" target="_blank">Moutons Électriques</a>. Cette nouvelle est également présente dans l'anthologie <em>Dragons</em> (Editions Calmann-Lévy).

<h2>Sur le mur</h2>

Un masque de tigre

<h2>Gramophone</h2>

Des musiques traditionnelles chinoises.

<h2>Dans la même veine</h2>

<ul>
	<li>Si vous avez aimé l'écriture d'Estelle Faye, plongez (au propre comme au figuré) dans <em><strong><a href="http://www.lepreauxclercs.com/site/pandore/ouvrage/la-derniere-lame/9782842284862" target="_blank">La Dernière lame</a></strong> </em>(Editions Le Pré aux Clercs), son premier roman.</li>

	<li>Et pour les amoureux de l'Asie, voyagez avec l'<strong><em>Emblème n°6 - Extrême-Orient</em></strong> (Editions Oxymore)</li>
</ul>

<h2>À propos d'Estelle Faye</h2>

Née en 1978, le jour où l'on vend des brins de muguets pour apporter la chance, Estelle Faye a suivi des cours de théâtre avant de scénariser des courts-métrage dont <strong><em>Carcasse</em></strong>, réalisé par Ismaël El Maoula El Iraki, diffusé au festival de cinéma <em>Vues d'Afrique</em> de Montréal en 2008. Elle est l'auteur de <em><strong>La Dernière lame</strong></em> (Le Pré aux Clercs).

<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Moutons Électriques Editeurs, Collection Bibliothèque voltaïque, 2013, 274 pages</li>
	<li>(Très belle) Illustration de couverture d'Amandine Labarre</li>
</ul>

<h2>Liens</h2>
<ul>
	<li>La <a href="http://www.moutons-electriques.fr/livre-249#image8" target="_blank">page du livre</a> sur le site de l'éditeur, avec la possibilité de le commander en version papier ou numérique</li>
	<li>Une <a href="http://www.actusf.com/spip/Interview-Estelle-Faye-sur.html">interview d'Estelle Faye</a> sur actusf.com</li>
	<li>Le <a href="http://amandine.labarre.free.fr/" target="_blank">site d'Amandine Labarre</a></li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Karen Maitland - La&#160;Compagnie des menteurs</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/karen-maitland-la-compagnie-des-menteurs/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/karen-maitland-la-compagnie-des-menteurs/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 28 Feb 2013 13:30:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Karen Maitland]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Âge]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/02/karen-maitland-compagnie-menteurs-206x323.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="karen-maitland-compagnie-menteurs" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Au Moyen-Âge, alors que la peste se répand en Angleterre, neuf personnes vont s'allier pour prendre ensemble la route vers le nord, espérant ainsi échapper à la mort. Mais au fur et à mesure qu'elles s'éloignent des côtes, de mystérieux décès frappent leur petite communauté. Pendaison, noyade, démembrement, ... Plus meurtrier que l'épidémie, un tueur voyage peut-être avec eux.
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>"C'est donc entendu, nous l'enterrerons vivante avec la bride de fer. Ça lui fera tenir sa langue." L'aubergiste croisa les bras, soulagé qu'ils soient au moins parvenus à s'entendre  sur cela.

"Le fer contiendra tous les blasphèmes. Il peut tout arrêter. C'est l'une des matières les plus puissantes pour résister au diable,  après l'hostie et l'eau bénite. Bien sûr, ce serait mieux si nous en avions, hélas, nous n'en avons pas par les temps qui courent. mais le fer fera tout aussi bon usage.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Les Editions Sonatine ont l'art et la manière de nous faire découvrir des auteurs épatants, publiant souvent soit des premiers romans, soit des auteurs déjà plus prolifiques mais jamais encore sortis en France. Ayant déjà lu quelques-unes de leurs trouvailles, je savais que je ne serais pas déçue par <em>La Compagnie des menteurs</em>, mais j'ignorais à quel point il serait<strong><em> lunemauvien</em> dans l'âme</strong> !

<strong>Au-delà du thriller historique, on est plongé dans une réflexion étrange sur le thème du mensonge</strong>, du non-dit, le mensonge par omission, également. Ses conséquences, les regrets et les peurs qu'ils créent et trimbalent à leur suite. Les neuf « compagnons » ont des choses à cacher.

<strong>Le narrateur est peut-être le plus difficile à percer à jour alors même qu'on vit l'histoire à travers lui.</strong> Il est camelot, vend des babioles sacrées au gré des besoins et des espoirs des passants, manipulant les esprits avec une certaine éthique. Les autres, très vite, vont l'appeler Camelot. Et on finit par se rendre compte qu'on ne connaît même pas le nom de celui qui nous fait voyager. On sait de lui que son visage est déformé par l'absence d'un œil, mais chaque fois il racontera une histoire différente selon qui lui en demande la raison.

Et c'est ainsi pour chaque personnage : <strong>la dissimulation de son identité et de son passé comme maître-mot</strong> de la voie à suivre. Et malgré ce manque d'informations sur les autres membres de la troupe en marche, une cohésion se forme et tous s'entraident pour survivre, ç'aurait pu être une fable sur la solidarité, mais pas du tout. Car lorsque tout semble se dérouler plus paisiblement, un meurtre est commis, et la compagnie soupçonne l'un des siens. Les avis sont partagés, <strong>la tension monte d'un cran</strong>.

Parmi la petite bande, Narigorm, une enfant étrange qui gagne sa vie comme devineresse, en lisant les runes, n'hésite jamais à dire tout haut ce que tout le monde, ou même ce qu'un seul, pense tout bas, <strong>ravivant de ses remarques innocentes l'émeute qui couve sous la volonté de la compagnie d'avancer ensemble</strong>. Mais elle n'est pas la seule, car Zophiel, magicien dont l'attraction principale est l'exposition d'une sirène, morte, qu'il jure véritable et protège autant que ses mystérieuses boîtes que personne n'a le droit d'ouvrir ou de toucher, attise la haine de ses camarades en les rabaissant et les humiliant à la moindre occasion, protégé qu'il pense être par la propriété du chariot et de la jument qui leur servent à tous à voyager.

<strong>C'est dans cette ambiance lourde de ressentiment que tour à tour, les compagnons sont retrouvés tantôt pendu, tantôt noyé</strong>, et en l'absence des Experts Moyen Âge, un indéniable doute plane sur ces morts suspectes. Chacun était dans son coin, et tout le monde pourrait être coupable. Excepté, peut-être, le camelot, puisqu'on est resté avec lui, à moins qu'il ne sache plus lui-même ce qu'il fait, son âge ou son passé l'ont peut-être rattrapé, qui sait.

<strong>Un suspens comme pas permis, jusqu'à un final déroutant</strong>, et même si des indices sont disséminés, nous permettant de découvrir certains secrets, de percer certains mensonges, il reste des énigmes dont les clefs sont bien gardées. Un par un, <strong>les personnages se dévoilent, et tous ont menti.</strong> Et tous le paient.

<h2>Le grain de sable</h2>

C'est en 2002 qu'est née l'idée de ce roman dans l'esprit brillant de Karen Maitland. Chargée d'écrire un livre sur la tournée d'un spectacle multiculturel, elle a voyagé pendant trois mois à travers l'Angleterre avec la troupe. Au coeur de l'hiver, à errer dans les ruelles sombres des nombreux villages médiévaux qu'ils ont traversés, elle a alors imaginé ce que devait être ce même voyage, des siècles plus tôt, pendant l'épidémie de peste…

<h2>Sur le mur</h2>

Des runes, et de quoi traduire leur signification.

<h2>Gramophone</h2>

Marilyn Manson - <em lang="en">Godeatgod</em>

<h2>Dans la même veine</h2>

<ul>
	<li><a href="http://www.sonatine-editions.fr/livres/Les-Ages-sombres.asp"><em>Les Âges sombres</em></a> de Karen Maitland</li>
	<li><a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-express-livres/romans/umberto-eco-le-nom-de-la-rose/"><em>Le Nom de la rose</em></a> d'Umberto Eco</li>
	<li><a href="http://www.pocket.fr/site/le_cercle_de_la_croix_&amp;100&amp;9782266088022.html"><em>Le Cercle de la croix</em></a> de Ian Pears</li>
</ul>

Si je n'en ai lu aucun des trois, je ne doute pas que <em>Les Âges sombres</em> soient aussi palpitants, et les deux suivants sont donnés en présentation sur la quatrième de couverture du roman.

<h2>À propos de Karen Maitland</h2>

Née en 1956, Karen Maitland vit dans le Norfolk, en Angleterre. Elle s'est mise à l'écriture en 1996 après avoir pas mal voyagé et fait toutes sortes de boulots. L'un d'eux l'a mené au Nigeria, pendant la guerre civile, où des hommes armés de machettes l'ont menacé. Alors qu'elle ne se faisait aucune illusion sur son avenir, elle a été sauvé par un grand chien noir qui empêchait les agresseurs de s'approcher alors que, ironie du sort, cet animal était un très mauvais présage à l'époque médiévale qu'elle affectionne particulièrement.

Elle est l'auteure de plusieurs thrillers médiévaux, dont <em lang="en">The Owl killers</em>, <em lang="en">The Gallows curse</em>, <em lang="en">Falcons of fire and ice</em> et bien sûr <em lang="en">Company of liars</em>.

<h2>Références</h2>

Éditions Sonatine, 2010, 569 pages

<h2>Liens</h2>

<ul>
	<li><a href="http://www.sonatine-editions.fr/livres/La-Compagnie-des-menteurs.asp">La page du livre</a> sur le site des Editions Sonatine</li>
	<li><a href="http://www.karenmaitland.com/">Le site de l'auteur</a></li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/02/karen-maitland-compagnie-menteurs-206x323.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="karen-maitland-compagnie-menteurs" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Au Moyen-Âge, alors que la peste se répand en Angleterre, neuf personnes vont s'allier pour prendre ensemble la route vers le nord, espérant ainsi échapper à la mort. Mais au fur et à mesure qu'elles s'éloignent des côtes, de mystérieux décès frappent leur petite communauté. Pendaison, noyade, démembrement, ... Plus meurtrier que l'épidémie, un tueur voyage peut-être avec eux.
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>"C'est donc entendu, nous l'enterrerons vivante avec la bride de fer. Ça lui fera tenir sa langue." L'aubergiste croisa les bras, soulagé qu'ils soient au moins parvenus à s'entendre  sur cela.

"Le fer contiendra tous les blasphèmes. Il peut tout arrêter. C'est l'une des matières les plus puissantes pour résister au diable,  après l'hostie et l'eau bénite. Bien sûr, ce serait mieux si nous en avions, hélas, nous n'en avons pas par les temps qui courent. mais le fer fera tout aussi bon usage.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Les Editions Sonatine ont l'art et la manière de nous faire découvrir des auteurs épatants, publiant souvent soit des premiers romans, soit des auteurs déjà plus prolifiques mais jamais encore sortis en France. Ayant déjà lu quelques-unes de leurs trouvailles, je savais que je ne serais pas déçue par <em>La Compagnie des menteurs</em>, mais j'ignorais à quel point il serait<strong><em> lunemauvien</em> dans l'âme</strong> !

<strong>Au-delà du thriller historique, on est plongé dans une réflexion étrange sur le thème du mensonge</strong>, du non-dit, le mensonge par omission, également. Ses conséquences, les regrets et les peurs qu'ils créent et trimbalent à leur suite. Les neuf « compagnons » ont des choses à cacher.

<strong>Le narrateur est peut-être le plus difficile à percer à jour alors même qu'on vit l'histoire à travers lui.</strong> Il est camelot, vend des babioles sacrées au gré des besoins et des espoirs des passants, manipulant les esprits avec une certaine éthique. Les autres, très vite, vont l'appeler Camelot. Et on finit par se rendre compte qu'on ne connaît même pas le nom de celui qui nous fait voyager. On sait de lui que son visage est déformé par l'absence d'un œil, mais chaque fois il racontera une histoire différente selon qui lui en demande la raison.

Et c'est ainsi pour chaque personnage : <strong>la dissimulation de son identité et de son passé comme maître-mot</strong> de la voie à suivre. Et malgré ce manque d'informations sur les autres membres de la troupe en marche, une cohésion se forme et tous s'entraident pour survivre, ç'aurait pu être une fable sur la solidarité, mais pas du tout. Car lorsque tout semble se dérouler plus paisiblement, un meurtre est commis, et la compagnie soupçonne l'un des siens. Les avis sont partagés, <strong>la tension monte d'un cran</strong>.

Parmi la petite bande, Narigorm, une enfant étrange qui gagne sa vie comme devineresse, en lisant les runes, n'hésite jamais à dire tout haut ce que tout le monde, ou même ce qu'un seul, pense tout bas, <strong>ravivant de ses remarques innocentes l'émeute qui couve sous la volonté de la compagnie d'avancer ensemble</strong>. Mais elle n'est pas la seule, car Zophiel, magicien dont l'attraction principale est l'exposition d'une sirène, morte, qu'il jure véritable et protège autant que ses mystérieuses boîtes que personne n'a le droit d'ouvrir ou de toucher, attise la haine de ses camarades en les rabaissant et les humiliant à la moindre occasion, protégé qu'il pense être par la propriété du chariot et de la jument qui leur servent à tous à voyager.

<strong>C'est dans cette ambiance lourde de ressentiment que tour à tour, les compagnons sont retrouvés tantôt pendu, tantôt noyé</strong>, et en l'absence des Experts Moyen Âge, un indéniable doute plane sur ces morts suspectes. Chacun était dans son coin, et tout le monde pourrait être coupable. Excepté, peut-être, le camelot, puisqu'on est resté avec lui, à moins qu'il ne sache plus lui-même ce qu'il fait, son âge ou son passé l'ont peut-être rattrapé, qui sait.

<strong>Un suspens comme pas permis, jusqu'à un final déroutant</strong>, et même si des indices sont disséminés, nous permettant de découvrir certains secrets, de percer certains mensonges, il reste des énigmes dont les clefs sont bien gardées. Un par un, <strong>les personnages se dévoilent, et tous ont menti.</strong> Et tous le paient.

<h2>Le grain de sable</h2>

C'est en 2002 qu'est née l'idée de ce roman dans l'esprit brillant de Karen Maitland. Chargée d'écrire un livre sur la tournée d'un spectacle multiculturel, elle a voyagé pendant trois mois à travers l'Angleterre avec la troupe. Au coeur de l'hiver, à errer dans les ruelles sombres des nombreux villages médiévaux qu'ils ont traversés, elle a alors imaginé ce que devait être ce même voyage, des siècles plus tôt, pendant l'épidémie de peste…

<h2>Sur le mur</h2>

Des runes, et de quoi traduire leur signification.

<h2>Gramophone</h2>

Marilyn Manson - <em lang="en">Godeatgod</em>

<h2>Dans la même veine</h2>

<ul>
	<li><a href="http://www.sonatine-editions.fr/livres/Les-Ages-sombres.asp"><em>Les Âges sombres</em></a> de Karen Maitland</li>
	<li><a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-express-livres/romans/umberto-eco-le-nom-de-la-rose/"><em>Le Nom de la rose</em></a> d'Umberto Eco</li>
	<li><a href="http://www.pocket.fr/site/le_cercle_de_la_croix_&amp;100&amp;9782266088022.html"><em>Le Cercle de la croix</em></a> de Ian Pears</li>
</ul>

Si je n'en ai lu aucun des trois, je ne doute pas que <em>Les Âges sombres</em> soient aussi palpitants, et les deux suivants sont donnés en présentation sur la quatrième de couverture du roman.

<h2>À propos de Karen Maitland</h2>

Née en 1956, Karen Maitland vit dans le Norfolk, en Angleterre. Elle s'est mise à l'écriture en 1996 après avoir pas mal voyagé et fait toutes sortes de boulots. L'un d'eux l'a mené au Nigeria, pendant la guerre civile, où des hommes armés de machettes l'ont menacé. Alors qu'elle ne se faisait aucune illusion sur son avenir, elle a été sauvé par un grand chien noir qui empêchait les agresseurs de s'approcher alors que, ironie du sort, cet animal était un très mauvais présage à l'époque médiévale qu'elle affectionne particulièrement.

Elle est l'auteure de plusieurs thrillers médiévaux, dont <em lang="en">The Owl killers</em>, <em lang="en">The Gallows curse</em>, <em lang="en">Falcons of fire and ice</em> et bien sûr <em lang="en">Company of liars</em>.

<h2>Références</h2>

Éditions Sonatine, 2010, 569 pages

<h2>Liens</h2>

<ul>
	<li><a href="http://www.sonatine-editions.fr/livres/La-Compagnie-des-menteurs.asp">La page du livre</a> sur le site des Editions Sonatine</li>
	<li><a href="http://www.karenmaitland.com/">Le site de l'auteur</a></li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Jonathan L. Howard - Joannes Cabal&#160;: le nécromancien</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/jonathan-l-howard-joannes-cabal-le-necromancien/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/jonathan-l-howard-joannes-cabal-le-necromancien/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 13 Feb 2013 10:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[cirque]]></category>
		<category><![CDATA[diable]]></category>
		<category><![CDATA[Jonathan L. Howard]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[nécromancie]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/jonathan-howard-johannes-cabal-206x318.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="jonathan-howard-johannes-cabal" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Pour devenir nécromancien, Johannes Cabal a vendu son âme au diable. Oui mais voilà, il voudrait finalement la récupérer. Il passe donc un nouveau pacte avec le grand Belzébuth: il a un an, jour pour jour, pour ramener cent âmes en échange de la sienne. Mais ce n'est pas tout, car Cabal doit composer avec un cirque itinérant tout droit sorti des Enfers, qui peut être autant une aide qu'un poids.
<h2>ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Walpurgisnacht, l'Hexennacht. La dernière nuit d'avril. La nuit des sorcières, lorsque le mal sort de sa tanière.

Il se trouvait en un lieu solitaire et écarté du monde, à l'abri des oreilles et des regards indiscrets. L'air dégageait une odeur métallique de sang frais. Rien d'étonnant vu le corps décapité du chevreau vierge qui traînait non loin de là. Il disposait d'une épée à lame fine du plus pur acier qu'il tenait dans la main droite. par ailleurs, il avait pris soin de remonter sa manche de chemise au-dessus du coude. Dans la poche de son gilet se nichait une pièce d'argent enveloppée de papier et devant lui brûlait un feu de bois blanc.

Il s'appelait Johannes Cabal, et il invoquait un démon.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Ce roman est fabuleux mais pas évident à décrire. Imaginez plutôt ceci:

Prenez du papier, coupez-le en fines pages. Sentez déjà cette odeur de bibliothèque, de parchemin et d'aventure.

Versez dessus tout un paquet d'<strong>une écriture efficace, intelligente, jamais trop facile ou puérile, en prenant soin de former une histoire originale sur une idée de départ qui semble pourtant lue et relue.</strong> C'est vrai que le pacte avec le diable, c'est un commencement qui semble presque banal. Tout du moins quand on a passé sa charmante enfance à dévorer toutes sortes de livres fantastiques et horrifiques. D'ailleurs, la description dans le premier paragraphe (cité ci-dessus) m'a fait un peu peur: l'odeur métallique du sang, le lieu isolé, ...Que de clichés, me suis-je laissée dire avant de me laisser happer par ce livre, car malgré ce début, le reste est bien plus éloigné des convenances du genre.

Incorporez <strong>des personnages aussi bizarres qu'attachants</strong>, charismatiques même s'ils viennent d'être créés par un souffle de magie noire. Donnez-leur un peu d'excentricité, de mystère, de vie, et laissez-les faire avec, ils se débrouilleront très bien. Ils ont suffisamment de présence pour prouver qu'ils peuvent être tangibles, réels, même s'ils ne sortent pas de votre esprit et de leur support de papier. Certains seront tout de même moins présents, plus transparents, mais toujours habités d'une vie qui leur est propre. Humains, démons, démons fonctionnaires, démon en chef, amis et famille, personne n'est épargné, chacun ses petits travers et ses péchés mignons, Cabal en chef de file, intelligent et sans aucune morale -le Dr House de la nécromancie- et son frère Horst, plus tout à fait humain, qui se veut sa conscience -Dr Wilson donc.

Disséminez ça et là <strong>des chapitres aux noms évocateurs</strong> qui vous empêcheront de glisser votre marque-page où que ce soit tellement l'envie de savoir ce que dissimule la suite est forte. Je vous aide pour le premier: "<em>Chapitre 1, où un scientifique se rend en Enfer et conclut un pacte</em>". Vous voyez, ça donne envie! Ne dites pas tout, mais esquissez quelque chose d'aussi palpitant qu'un coeur chaud tout juste extirpé d'une cage thoracique.

Saupoudrez d'<strong>un humour fin et racé</strong> sur toute la surface, que vous laisserez s'imprégner en douceur dans chaque page. Ne forcez jamais la dose ou le trait, l'humour doit faire partie de l'histoire sans la surcharger, sans tomber dans la lourdeur. Ayez la main légère mais choisissez la qualité. Les situations étranges sont excellentes (la bureaucratie de l'Enfer est un paradis pour le lecteur), les idées de Cabal comme de Satan sont d'étonnantes cocasseries. Leurs dialogues sont donc particulièrement réussis.

Vous devriez en toute logique obtenir Johannes Cabal, le nécromancien. Sinon, c'est que vous avez mal suivi la recette.
<h2>Le grain de sable</h2>
Il existe deux suites à ce roman: <em><strong>Johannes Cabal the Detective</strong></em>, et <em><strong>Johannes Cabal the Fear Institute</strong></em>, pas encore traduits en français. On ose espérer les croiser un jour sur notre accueillant territoire.
<h2>Sur le mur</h2>
Un contrat sur un parchemin, signé de votre sang, fera grandement l'affaire...
<h2>Gramophone</h2>
Marilyn Manson - <em>Thaeter</em>
<h2>Dans la même veine</h2>
<ul>
	<li><span style="line-height: 13px;"><strong><em>Bazaar</em>, de Stephen King</strong>. L'ambiance me l'a rappelé pendant ma lecture, bien que le roman de Stephen King ne soit pas axé sur l'humour.</span></li>
	<li>Sinon, bien que je ne l'ai pas (encore) lu, <strong><em>La triste histoire des frères Grossbart</em>, de Jesse Bullington</strong>, semble avoir des points communs avec Johannes Cabal puisqu'il s'agit de deux frangins meurtriers créant l'hécatombe sur leur passage.</li>
</ul>
<h2>A propos de Jonathan L. Howard</h2>
Jonathan L. Howard, qui vit près de Bristol avec sa femme et sa fille, est non seulement romancier, mais aussi scénariste et <em>game designer</em> pour l'industrie du jeu vidéo dans laquelle il travaille depuis les années 90. on lui doit notamment la série <em><strong>Broken Sword</strong></em> (Les Chevaliers de Baphomet en français). Il a publié des histoires plus courtes avec le même personnage avant que Johannes Cabal ne voit le jour sous forme de roman en 2009, suivi de ses deux suites. Il est également l'auteur de <strong><em>Katya's world</em></strong>, premier roman d'une autre série: <em>The Russalka Chronicles</em>.
<h2>Références</h2>
Editions Eclipse, 2011, 384 pages.
<h2>Liens</h2>
<ul>
	<li>Le <a href="http://www.johannescabal.com/" target="_blank">site</a> du roman, en anglais</li>
	<li>le <a href="http://www.jonathanlhoward.com/" target="_blank">site</a> de l'auteur, en anglais</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/jonathan-howard-johannes-cabal-206x318.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="jonathan-howard-johannes-cabal" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Pour devenir nécromancien, Johannes Cabal a vendu son âme au diable. Oui mais voilà, il voudrait finalement la récupérer. Il passe donc un nouveau pacte avec le grand Belzébuth: il a un an, jour pour jour, pour ramener cent âmes en échange de la sienne. Mais ce n'est pas tout, car Cabal doit composer avec un cirque itinérant tout droit sorti des Enfers, qui peut être autant une aide qu'un poids.
<h2>ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Walpurgisnacht, l'Hexennacht. La dernière nuit d'avril. La nuit des sorcières, lorsque le mal sort de sa tanière.

Il se trouvait en un lieu solitaire et écarté du monde, à l'abri des oreilles et des regards indiscrets. L'air dégageait une odeur métallique de sang frais. Rien d'étonnant vu le corps décapité du chevreau vierge qui traînait non loin de là. Il disposait d'une épée à lame fine du plus pur acier qu'il tenait dans la main droite. par ailleurs, il avait pris soin de remonter sa manche de chemise au-dessus du coude. Dans la poche de son gilet se nichait une pièce d'argent enveloppée de papier et devant lui brûlait un feu de bois blanc.

Il s'appelait Johannes Cabal, et il invoquait un démon.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Ce roman est fabuleux mais pas évident à décrire. Imaginez plutôt ceci:

Prenez du papier, coupez-le en fines pages. Sentez déjà cette odeur de bibliothèque, de parchemin et d'aventure.

Versez dessus tout un paquet d'<strong>une écriture efficace, intelligente, jamais trop facile ou puérile, en prenant soin de former une histoire originale sur une idée de départ qui semble pourtant lue et relue.</strong> C'est vrai que le pacte avec le diable, c'est un commencement qui semble presque banal. Tout du moins quand on a passé sa charmante enfance à dévorer toutes sortes de livres fantastiques et horrifiques. D'ailleurs, la description dans le premier paragraphe (cité ci-dessus) m'a fait un peu peur: l'odeur métallique du sang, le lieu isolé, ...Que de clichés, me suis-je laissée dire avant de me laisser happer par ce livre, car malgré ce début, le reste est bien plus éloigné des convenances du genre.

Incorporez <strong>des personnages aussi bizarres qu'attachants</strong>, charismatiques même s'ils viennent d'être créés par un souffle de magie noire. Donnez-leur un peu d'excentricité, de mystère, de vie, et laissez-les faire avec, ils se débrouilleront très bien. Ils ont suffisamment de présence pour prouver qu'ils peuvent être tangibles, réels, même s'ils ne sortent pas de votre esprit et de leur support de papier. Certains seront tout de même moins présents, plus transparents, mais toujours habités d'une vie qui leur est propre. Humains, démons, démons fonctionnaires, démon en chef, amis et famille, personne n'est épargné, chacun ses petits travers et ses péchés mignons, Cabal en chef de file, intelligent et sans aucune morale -le Dr House de la nécromancie- et son frère Horst, plus tout à fait humain, qui se veut sa conscience -Dr Wilson donc.

Disséminez ça et là <strong>des chapitres aux noms évocateurs</strong> qui vous empêcheront de glisser votre marque-page où que ce soit tellement l'envie de savoir ce que dissimule la suite est forte. Je vous aide pour le premier: "<em>Chapitre 1, où un scientifique se rend en Enfer et conclut un pacte</em>". Vous voyez, ça donne envie! Ne dites pas tout, mais esquissez quelque chose d'aussi palpitant qu'un coeur chaud tout juste extirpé d'une cage thoracique.

Saupoudrez d'<strong>un humour fin et racé</strong> sur toute la surface, que vous laisserez s'imprégner en douceur dans chaque page. Ne forcez jamais la dose ou le trait, l'humour doit faire partie de l'histoire sans la surcharger, sans tomber dans la lourdeur. Ayez la main légère mais choisissez la qualité. Les situations étranges sont excellentes (la bureaucratie de l'Enfer est un paradis pour le lecteur), les idées de Cabal comme de Satan sont d'étonnantes cocasseries. Leurs dialogues sont donc particulièrement réussis.

Vous devriez en toute logique obtenir Johannes Cabal, le nécromancien. Sinon, c'est que vous avez mal suivi la recette.
<h2>Le grain de sable</h2>
Il existe deux suites à ce roman: <em><strong>Johannes Cabal the Detective</strong></em>, et <em><strong>Johannes Cabal the Fear Institute</strong></em>, pas encore traduits en français. On ose espérer les croiser un jour sur notre accueillant territoire.
<h2>Sur le mur</h2>
Un contrat sur un parchemin, signé de votre sang, fera grandement l'affaire...
<h2>Gramophone</h2>
Marilyn Manson - <em>Thaeter</em>
<h2>Dans la même veine</h2>
<ul>
	<li><span style="line-height: 13px;"><strong><em>Bazaar</em>, de Stephen King</strong>. L'ambiance me l'a rappelé pendant ma lecture, bien que le roman de Stephen King ne soit pas axé sur l'humour.</span></li>
	<li>Sinon, bien que je ne l'ai pas (encore) lu, <strong><em>La triste histoire des frères Grossbart</em>, de Jesse Bullington</strong>, semble avoir des points communs avec Johannes Cabal puisqu'il s'agit de deux frangins meurtriers créant l'hécatombe sur leur passage.</li>
</ul>
<h2>A propos de Jonathan L. Howard</h2>
Jonathan L. Howard, qui vit près de Bristol avec sa femme et sa fille, est non seulement romancier, mais aussi scénariste et <em>game designer</em> pour l'industrie du jeu vidéo dans laquelle il travaille depuis les années 90. on lui doit notamment la série <em><strong>Broken Sword</strong></em> (Les Chevaliers de Baphomet en français). Il a publié des histoires plus courtes avec le même personnage avant que Johannes Cabal ne voit le jour sous forme de roman en 2009, suivi de ses deux suites. Il est également l'auteur de <strong><em>Katya's world</em></strong>, premier roman d'une autre série: <em>The Russalka Chronicles</em>.
<h2>Références</h2>
Editions Eclipse, 2011, 384 pages.
<h2>Liens</h2>
<ul>
	<li>Le <a href="http://www.johannescabal.com/" target="_blank">site</a> du roman, en anglais</li>
	<li>le <a href="http://www.jonathanlhoward.com/" target="_blank">site</a> de l'auteur, en anglais</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Cherie Priest - Boneshaker</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/cherie-priest-boneshaker/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 Feb 2013 10:30:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Cherie Priest]]></category>
		<category><![CDATA[steampunk]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/cherie-priest-boneshaker-206x313.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cherie-priest-boneshaker" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Seattle, 1880. Alors que la guerre civile fait rage, une partie de la ville est condamnée, encerclée par un mur fortifié, envahie par un gaz terriblement dangereux qui transforme les humains en zombies. Du côté sauf, Briar Wilkes, veuve de l'abominable Dr Blue, à qui la ville doit son malheur, part à la recherche de son fils, qui vient de fuguer du côté contaminé pour comprendre ce qui est arrivé à son père.

<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Des sentiers inégaux et démunis de pavés se faisaient passer pour des routes ; ils reliaient les côtes de la nation comme des lacets maintenant une botte, l'attachant à grand renfort de ficelles entrelacées et de doigts croisés. Au-delà de la grande rivière, à travers les plaines, entre les cols des montagne, les colons avaient gagné du terrain en se déplaçant d'est en ouest. Ils étaient peu à peu passés de l'autre côté des Rocheuses, qui en chariot, qui en diligence.

Du moins, c'est ainsi que tout a commencé.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

Un bon petit pavé steampunk, <strong>couverture soignée, écriture fluide, histoire prenante</strong>, voilà ce qu'est <em>Boneshaker</em>. On se réjouit avant de le lire en soupesant le bébé : pas énorme mais bien rempli. Un beau bébé. Dès lors, on peut se permettre de soupçonner <strong>un roman bien fourni, un scénario avec juste ce qu'il faut de complexité et d'action</strong>. On découvre par la suite qu'on avait bien raison.

Cherie Priest ne se contente pas de ressasser les clichés du steampunk pour vomir un reste de rouages rouillés et de bottines victoriennes, elle préfère <strong>mélanger aisément les genres, flirtant avec les zombies</strong> - appelés « les Pourris » pour l'occasion - <strong>et les westerns spaghettis</strong>. J'ai souvent imaginé Clint Eastwood faisant une entrée remarquée après avoir dézingué du pourris avec seulement un vieux Colt et sa vision acérée. Une recette détonante au caractère bien trempé.

Un peu comme l'héroïne : une femme forte, détestée de tous puisqu'elle était la femme du scientifique à l'origine de la destruction de leur ville et de la mort de leurs proches. La masse populaire est prompte à juger sans savoir et Briar Wilkes en fait les frais, mais reste droite dans ses bottes. Elle élève seule son fils, moins enclin que sa mère à comprendre la haine des gens à leur égard. Deux personnages qui, comme tous ceux croisés au fil de l'histoire, s'avèrent <strong>suffisamment charismatiques et tangibles pour qu'on y croit</strong>. Aucun n'est transparent, insipide, utilisé seulement comme faire-valoir d'un autre. Chacun porte lui-même ses cicatrices et ses motivations.

Dès que Briar franchit le mur qui sépare son quotidien désolé de la ville détruite, on vit un tourbillon d'aventure, de suspense et de questions, <strong>sans temps mort, sans ennui</strong>, sans envie de refermer le bouquin pour quelque raison que ce soit. Tout à la fois simple et captivante, l'écriture nous entraîne avec elle, et Seattle, monstre de fer et de pierre (et de portes de saloon j'imagine), nous emprisonne jusqu'au dénouement. Une partition composée non seulement de muscles et d'armes, mais aussi de troubles et de doutes: Les personnages sont-ils ce qu'ils prétendent être ? Les alliés rencontrés sont-ils tous dignes de confiance ?

<strong>Une véritable perle parmi les romans d'aventure. Et pour les amoureux du genre, un petit trésor.</strong>

La maison d'édition Eclipse qui a édité pour la première fois en français <em>Boneshaker</em> - ainsi que sa « suite », <em>Clementine</em> - est malheureusement portée disparue. Cependant, outre les livres d'occasion, ce titre est disponible en format numérique, tout du moins en anglais, allemand et espagnol et, mieux encore, <strong>il semble qu'une réédition, en français cette fois, soit prévue chez Panini books</strong> (collection Eclipse). Cet éditeur nous fera donc certainement la joie de publier le troisième tome du <em>Siècle mécanique</em> qui n'a jamais vu le jour dans nos françaises contrées, et si on a de la chance, les tomes suivants.

<h2>Le grain de sable</h2>

<em>Boneshaker</em> est le lauréat du Prix Locus du meilleur roman de science-fiction 2010. Le troisième tome du<em> Siècle mécanique</em>, <em>Dreadnought</em>, a reçu le prix Endeavour en 2011.

<h2>Sur le mur</h2>

[caption id="attachment_5335" align="aligncenter" width="420"]<a href="http://victoriasteamexpo.com/"><img class="size-large wp-image-5335" alt="L'affiche de la Victoria Steam Exposition, de mai 2010" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/victoria-steam-exposition-420x649.jpg" width="420" height="649" /></a> L'affiche de la Victoria Steam Exposition, de mai 2010[/caption]

<h2>Gramophone</h2>

<a href="http://www.johnmondelliproductions.com/thecogisdead/" target="_blank">The cog is dead</a> - Steam powered stories (album)

<h2>Dans la même veine</h2>

<ul>
	<li><strong><em>Clementine</em></strong>, de Cherie Priest. Il s'agit de la "suite" de <em>Boneshaker</em>. En fait de suite, c'est une autre histoire dans le monde du <em>Siècle mécanique</em>. On peut très bien le lire sans connaître le premier tome. Les personnages sont différents et seules quelques allusions sans importances sur l'histoire sont faites de-ci de-là.</li>
</ul>

<h2>A propos de Cherie Priest</h2>

Cherie Priest est née à Tampa, Floride en 1975. Elle est diplômée de la Southern Adventist University (baccalauréat) et de l'University of Tennessee (master en rhétorique/écriture). Mariée depuis 2006, elle a déménagé de la ville qui l'a vu naître à Seattle, avant de revenir en 2012 dans le Tennessee.

Elle est l'auteur de plusieurs séries de romans dont <em>Le Siècle mécanique</em>, <em>Eden Moore</em> et <em>Cheschire Red Reports</em>, ainsi que d'autres romans, nouvelles et travaux.

<h2>Références</h2>

Editions Eclipse, 2010, 480 pages

<h2>Liens</h2>

<ul>
	<li>Le <a href="http://www.cheriepriest.com/" target="_blank">site officiel</a>, en anglais, de Cherie Priest</li>
	<li><a href="http://theclockworkcentury.com/" target="_blank">The clockwork century</a>, le site de la série du Siècle mécanique, en anglais.</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/cherie-priest-boneshaker-206x313.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cherie-priest-boneshaker" /></div><div><h2>L'argument</h2>
Seattle, 1880. Alors que la guerre civile fait rage, une partie de la ville est condamnée, encerclée par un mur fortifié, envahie par un gaz terriblement dangereux qui transforme les humains en zombies. Du côté sauf, Briar Wilkes, veuve de l'abominable Dr Blue, à qui la ville doit son malheur, part à la recherche de son fils, qui vient de fuguer du côté contaminé pour comprendre ce qui est arrivé à son père.

<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Des sentiers inégaux et démunis de pavés se faisaient passer pour des routes ; ils reliaient les côtes de la nation comme des lacets maintenant une botte, l'attachant à grand renfort de ficelles entrelacées et de doigts croisés. Au-delà de la grande rivière, à travers les plaines, entre les cols des montagne, les colons avaient gagné du terrain en se déplaçant d'est en ouest. Ils étaient peu à peu passés de l'autre côté des Rocheuses, qui en chariot, qui en diligence.

Du moins, c'est ainsi que tout a commencé.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

Un bon petit pavé steampunk, <strong>couverture soignée, écriture fluide, histoire prenante</strong>, voilà ce qu'est <em>Boneshaker</em>. On se réjouit avant de le lire en soupesant le bébé : pas énorme mais bien rempli. Un beau bébé. Dès lors, on peut se permettre de soupçonner <strong>un roman bien fourni, un scénario avec juste ce qu'il faut de complexité et d'action</strong>. On découvre par la suite qu'on avait bien raison.

Cherie Priest ne se contente pas de ressasser les clichés du steampunk pour vomir un reste de rouages rouillés et de bottines victoriennes, elle préfère <strong>mélanger aisément les genres, flirtant avec les zombies</strong> - appelés « les Pourris » pour l'occasion - <strong>et les westerns spaghettis</strong>. J'ai souvent imaginé Clint Eastwood faisant une entrée remarquée après avoir dézingué du pourris avec seulement un vieux Colt et sa vision acérée. Une recette détonante au caractère bien trempé.

Un peu comme l'héroïne : une femme forte, détestée de tous puisqu'elle était la femme du scientifique à l'origine de la destruction de leur ville et de la mort de leurs proches. La masse populaire est prompte à juger sans savoir et Briar Wilkes en fait les frais, mais reste droite dans ses bottes. Elle élève seule son fils, moins enclin que sa mère à comprendre la haine des gens à leur égard. Deux personnages qui, comme tous ceux croisés au fil de l'histoire, s'avèrent <strong>suffisamment charismatiques et tangibles pour qu'on y croit</strong>. Aucun n'est transparent, insipide, utilisé seulement comme faire-valoir d'un autre. Chacun porte lui-même ses cicatrices et ses motivations.

Dès que Briar franchit le mur qui sépare son quotidien désolé de la ville détruite, on vit un tourbillon d'aventure, de suspense et de questions, <strong>sans temps mort, sans ennui</strong>, sans envie de refermer le bouquin pour quelque raison que ce soit. Tout à la fois simple et captivante, l'écriture nous entraîne avec elle, et Seattle, monstre de fer et de pierre (et de portes de saloon j'imagine), nous emprisonne jusqu'au dénouement. Une partition composée non seulement de muscles et d'armes, mais aussi de troubles et de doutes: Les personnages sont-ils ce qu'ils prétendent être ? Les alliés rencontrés sont-ils tous dignes de confiance ?

<strong>Une véritable perle parmi les romans d'aventure. Et pour les amoureux du genre, un petit trésor.</strong>

La maison d'édition Eclipse qui a édité pour la première fois en français <em>Boneshaker</em> - ainsi que sa « suite », <em>Clementine</em> - est malheureusement portée disparue. Cependant, outre les livres d'occasion, ce titre est disponible en format numérique, tout du moins en anglais, allemand et espagnol et, mieux encore, <strong>il semble qu'une réédition, en français cette fois, soit prévue chez Panini books</strong> (collection Eclipse). Cet éditeur nous fera donc certainement la joie de publier le troisième tome du <em>Siècle mécanique</em> qui n'a jamais vu le jour dans nos françaises contrées, et si on a de la chance, les tomes suivants.

<h2>Le grain de sable</h2>

<em>Boneshaker</em> est le lauréat du Prix Locus du meilleur roman de science-fiction 2010. Le troisième tome du<em> Siècle mécanique</em>, <em>Dreadnought</em>, a reçu le prix Endeavour en 2011.

<h2>Sur le mur</h2>

[caption id="attachment_5335" align="aligncenter" width="420"]<a href="http://victoriasteamexpo.com/"><img class="size-large wp-image-5335" alt="L'affiche de la Victoria Steam Exposition, de mai 2010" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/victoria-steam-exposition-420x649.jpg" width="420" height="649" /></a> L'affiche de la Victoria Steam Exposition, de mai 2010[/caption]

<h2>Gramophone</h2>

<a href="http://www.johnmondelliproductions.com/thecogisdead/" target="_blank">The cog is dead</a> - Steam powered stories (album)

<h2>Dans la même veine</h2>

<ul>
	<li><strong><em>Clementine</em></strong>, de Cherie Priest. Il s'agit de la "suite" de <em>Boneshaker</em>. En fait de suite, c'est une autre histoire dans le monde du <em>Siècle mécanique</em>. On peut très bien le lire sans connaître le premier tome. Les personnages sont différents et seules quelques allusions sans importances sur l'histoire sont faites de-ci de-là.</li>
</ul>

<h2>A propos de Cherie Priest</h2>

Cherie Priest est née à Tampa, Floride en 1975. Elle est diplômée de la Southern Adventist University (baccalauréat) et de l'University of Tennessee (master en rhétorique/écriture). Mariée depuis 2006, elle a déménagé de la ville qui l'a vu naître à Seattle, avant de revenir en 2012 dans le Tennessee.

Elle est l'auteur de plusieurs séries de romans dont <em>Le Siècle mécanique</em>, <em>Eden Moore</em> et <em>Cheschire Red Reports</em>, ainsi que d'autres romans, nouvelles et travaux.

<h2>Références</h2>

Editions Eclipse, 2010, 480 pages

<h2>Liens</h2>

<ul>
	<li>Le <a href="http://www.cheriepriest.com/" target="_blank">site officiel</a>, en anglais, de Cherie Priest</li>
	<li><a href="http://theclockworkcentury.com/" target="_blank">The clockwork century</a>, le site de la série du Siècle mécanique, en anglais.</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Franck Ferric - La&#160;Loi du&#160;désert</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/franck-ferric-la-loi-du-desert/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/franck-ferric-la-loi-du-desert/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 12 Dec 2012 10:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[anticipation]]></category>
		<category><![CDATA[Franck Ferric]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/11/la-loi-du-desert-206x289.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="la-loi-du-desert" /></div><div><h2>L’argument</h2>
Après des siècles de guerre, le monde fragile des Cités-Etats tente de survivre dans le désert qui recouvre peu à peu le monde. Mathian, soldat de la République de Salina, déserte l’armée pour partir à la recherche de son frère Raul, condamné à l’exil dans le no man’s land, ce qui revient à une mort lente dans le désert… Deux parcours difficiles plein de mystères et de rencontres inattendues.
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Caporal Mathian DeSalvo
8ème compagnie d’infanterie civile de Salina Cruz
Le vingtième jour de juin
Quelque part entre El Ventoro et Cuartel del Norte

Raul, mon frère,
Je profite d’un transit vers le nord-ouest pour t’écrire cette lettre. J’espère qu’elle te parviendra vite et qu’elle te trouvera en bonne santé.
Malgré la fatigue et la lassitude, je vais bien. La compagnie a passé ces deux dernières semaines à arpenter les alentours d’El Ventoro afin de s’assurer qu’aucun blafard n’y traînait encore et, hormis quelques groupes épars qui tentaient de récupérer ce qu’ils pouvaient dans les ruines du pueblo, nous n’avons rencontré aucune résistance sérieuse.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Ce roman fut un excellent moment de lecture !

D’abord, par la qualité indéniable du récit : tout s’enchaîne avec force et <strong>on ne décroche pas un instant</strong>. Les scènes vécues par Mathian puis par Raul, les deux frères, sont alternées, ce qui dynamise la lecture. Les actions se suivent sans nous laisser le temps de songer à refermer le livre.

<strong>Dans ce monde rude et sans pitié perce une certaine magie</strong>. Et c’est là, pour moi, ce qui a rendu cette lecture si précieuse. La cité légendaire du désert et sa lanterne rouge, sorte de lieu mythique ; les blafards, les terribles blafards... Sont-ils si terribles ? Ou seulement différents ? La rencontre que fait Raul avec l’une d’entre eux nous permet d’en apprendre un peu plus… Ils m’ont beaucoup fait penser aux Fay de Léa Silhol (une des influences de l'auteur) dans <em>Musiques de la Frontière</em>… Par leur nom d’abord (Riot et Jail) ; puis par leur apparence physique : « ses cheveux blancs longs et parsemés de fines tresses mêlées à des morceaux de métal » ; et par leur mystère…

D’autres <strong>éléments fabuleux</strong> invoque la magie dans le récit : les terribles traques-songes, sortes de blafards très anciens, ou encore les cavernes mystérieuses sous le désert et leurs lacs dont il ne faut surtout pas regarder l’eau…

Mais <strong>la magie créée est aussi celle des liens qui lient les personnages :</strong> Mathian et Blaine ; puis l'équipe du Pantéleimon, ce zeppelin qui arrive, presque comme par magie, au milieu du désert (il orne la couverture), à deux pas du no man’s land, puis Gidéon… Des liens précieux que l’on ne s’attendrait pas à trouver dans ce monde, et pourtant… L’auteur a su donner une vraie dimension à ses personnages, impliquant le lecteur avec force dans leur parcours et leurs liens.

Franck Ferric a su créer de la magie dans un monde où cela semble impossible. Telle est la force de ce roman. Un récit poignant qui donne à rêver. On regrette alors que la fin approche et que l’on doive refermer<strong> ces pages parsemées de sable… et de quelques grains de magie</strong>.
<h2>Le grain de sable</h2>
Il n’y aura pas, à priori, de suite directe à ce roman. Mais on peut trouver au moins une nouvelle sur cet univers : <em>No man’s land</em> (dans le recueil <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-contes-nouvelles/franck-ferric-chronique-de-marches-nocturnes/" target="_blank"><em>Marches nocturnes</em></a>). Et, heureusement, d’autres récits sur les blafards sont à prévoir…
<h2>Gramophone</h2>
Pour citer Franck Ferric dans son<a href="http://www.actusf.com/spip/article-8566.html" target="_blank"> interview par ActuSF</a> : « La Loi du désert a été écrite sur pas mal de morceaux de blues (Mississipi John Hurt, Leadbelly, Joplin…) ».
<h2>Dans la même veine</h2>
<em>Musiques de la Frontière</em> de Léa Silhol pour des raisons que j’ai citées plus haut.
<h2>À propos de Franck Ferric</h2>
<img class="alignleft size-full wp-image-5288" title="franck-ferric" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/franck-ferric.jpg" alt="franck-ferric" />Né en 1979, Franck Ferric a écrit de nombreuses nouvelles parues dans diverses revues et anthologies. Il a aussi publié un autre roman, <em>Les Tangences divines</em> (fantasy urbaine), aux Éditions du Riez en 2011. <em>La Loi du désert</em> a été finaliste du Prix Futuriales 2010 et du Prix Rosny Aîné 2010.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Editions du Riez, collection Brumes étranges, 2009, 292 pages</li>
	<li>Disponible en format numérique</li>
	<li>Couverture de Bastien Lecouffe Deharme</li>
</ul>
<h2>Liens et sources</h2>
<ul>
	<li><a href="http://www.blackflag.fr/" target="_blank">Site de Franck Ferric </a></li>
	<li><a href="http://www.actusf.com/spip/article-8566.html " target="_blank">Interview de novembre 2009 sur ActuSF</a></li>
	<li><a href="http://ifisdead.net/livres/interview-de-franck-ferric-auteur-de-la-loi-du-desert/" target="_blank">Interview de février 2010 sur Ifsidead</a></li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/11/la-loi-du-desert-206x289.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="la-loi-du-desert" /></div><div><h2>L’argument</h2>
Après des siècles de guerre, le monde fragile des Cités-Etats tente de survivre dans le désert qui recouvre peu à peu le monde. Mathian, soldat de la République de Salina, déserte l’armée pour partir à la recherche de son frère Raul, condamné à l’exil dans le no man’s land, ce qui revient à une mort lente dans le désert… Deux parcours difficiles plein de mystères et de rencontres inattendues.
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Caporal Mathian DeSalvo
8ème compagnie d’infanterie civile de Salina Cruz
Le vingtième jour de juin
Quelque part entre El Ventoro et Cuartel del Norte

Raul, mon frère,
Je profite d’un transit vers le nord-ouest pour t’écrire cette lettre. J’espère qu’elle te parviendra vite et qu’elle te trouvera en bonne santé.
Malgré la fatigue et la lassitude, je vais bien. La compagnie a passé ces deux dernières semaines à arpenter les alentours d’El Ventoro afin de s’assurer qu’aucun blafard n’y traînait encore et, hormis quelques groupes épars qui tentaient de récupérer ce qu’ils pouvaient dans les ruines du pueblo, nous n’avons rencontré aucune résistance sérieuse.</blockquote>
<h2>Avis personnel</h2>
Ce roman fut un excellent moment de lecture !

D’abord, par la qualité indéniable du récit : tout s’enchaîne avec force et <strong>on ne décroche pas un instant</strong>. Les scènes vécues par Mathian puis par Raul, les deux frères, sont alternées, ce qui dynamise la lecture. Les actions se suivent sans nous laisser le temps de songer à refermer le livre.

<strong>Dans ce monde rude et sans pitié perce une certaine magie</strong>. Et c’est là, pour moi, ce qui a rendu cette lecture si précieuse. La cité légendaire du désert et sa lanterne rouge, sorte de lieu mythique ; les blafards, les terribles blafards... Sont-ils si terribles ? Ou seulement différents ? La rencontre que fait Raul avec l’une d’entre eux nous permet d’en apprendre un peu plus… Ils m’ont beaucoup fait penser aux Fay de Léa Silhol (une des influences de l'auteur) dans <em>Musiques de la Frontière</em>… Par leur nom d’abord (Riot et Jail) ; puis par leur apparence physique : « ses cheveux blancs longs et parsemés de fines tresses mêlées à des morceaux de métal » ; et par leur mystère…

D’autres <strong>éléments fabuleux</strong> invoque la magie dans le récit : les terribles traques-songes, sortes de blafards très anciens, ou encore les cavernes mystérieuses sous le désert et leurs lacs dont il ne faut surtout pas regarder l’eau…

Mais <strong>la magie créée est aussi celle des liens qui lient les personnages :</strong> Mathian et Blaine ; puis l'équipe du Pantéleimon, ce zeppelin qui arrive, presque comme par magie, au milieu du désert (il orne la couverture), à deux pas du no man’s land, puis Gidéon… Des liens précieux que l’on ne s’attendrait pas à trouver dans ce monde, et pourtant… L’auteur a su donner une vraie dimension à ses personnages, impliquant le lecteur avec force dans leur parcours et leurs liens.

Franck Ferric a su créer de la magie dans un monde où cela semble impossible. Telle est la force de ce roman. Un récit poignant qui donne à rêver. On regrette alors que la fin approche et que l’on doive refermer<strong> ces pages parsemées de sable… et de quelques grains de magie</strong>.
<h2>Le grain de sable</h2>
Il n’y aura pas, à priori, de suite directe à ce roman. Mais on peut trouver au moins une nouvelle sur cet univers : <em>No man’s land</em> (dans le recueil <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-contes-nouvelles/franck-ferric-chronique-de-marches-nocturnes/" target="_blank"><em>Marches nocturnes</em></a>). Et, heureusement, d’autres récits sur les blafards sont à prévoir…
<h2>Gramophone</h2>
Pour citer Franck Ferric dans son<a href="http://www.actusf.com/spip/article-8566.html" target="_blank"> interview par ActuSF</a> : « La Loi du désert a été écrite sur pas mal de morceaux de blues (Mississipi John Hurt, Leadbelly, Joplin…) ».
<h2>Dans la même veine</h2>
<em>Musiques de la Frontière</em> de Léa Silhol pour des raisons que j’ai citées plus haut.
<h2>À propos de Franck Ferric</h2>
<img class="alignleft size-full wp-image-5288" title="franck-ferric" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/franck-ferric.jpg" alt="franck-ferric" />Né en 1979, Franck Ferric a écrit de nombreuses nouvelles parues dans diverses revues et anthologies. Il a aussi publié un autre roman, <em>Les Tangences divines</em> (fantasy urbaine), aux Éditions du Riez en 2011. <em>La Loi du désert</em> a été finaliste du Prix Futuriales 2010 et du Prix Rosny Aîné 2010.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Editions du Riez, collection Brumes étranges, 2009, 292 pages</li>
	<li>Disponible en format numérique</li>
	<li>Couverture de Bastien Lecouffe Deharme</li>
</ul>
<h2>Liens et sources</h2>
<ul>
	<li><a href="http://www.blackflag.fr/" target="_blank">Site de Franck Ferric </a></li>
	<li><a href="http://www.actusf.com/spip/article-8566.html " target="_blank">Interview de novembre 2009 sur ActuSF</a></li>
	<li><a href="http://ifisdead.net/livres/interview-de-franck-ferric-auteur-de-la-loi-du-desert/" target="_blank">Interview de février 2010 sur Ifsidead</a></li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>William Gibson et Bruce Sterling - La&#160;machine à différences</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/william-gibson-et-bruce-sterling-la-machine-a-differences/</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Dec 2012 10:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Qimen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Bruce Sterling]]></category>
		<category><![CDATA[steampunk]]></category>
		<category><![CDATA[uchronie]]></category>
		<category><![CDATA[victorien]]></category>
		<category><![CDATA[William Gibson]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/gibson_sterling_machine-a-differences_couverture-206x333.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="gibson_sterling_machine-a-differences_couverture" /></div><div><h2>L'argument</h2>

La société industrielle occidentale a pris un tournant radical. <strong>En 1855, les machines sont partout, et pas n'importe lesquelles : des ordinateurs</strong>, alimentés à la vapeur et fonctionnant à l'aide de cartes poinçonnées. Les Empires ne s'affrontent pas tant sur le terrain de la colonisation que sur le terrain de la concurrence technologique, avec des préoccupations étrangement similaires à celles de notre société contemporaine : contrôler les masses populaires, maîtriser la croissance économique et scientifique, endiguer les mouvements d'indépendance et l'essor du marxisme. 

Dans un chassé-croisé diachronique, composé de flashbacks américains, d’aventures britanniques et d'exil en France, <strong>trois personnages servent de rouages clés dans le déroulement et l'empêchement d'un complot international</strong> qui vise la chute du gouvernement britannique et la mainmise sur l'information.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>Image composite, optiquement codée par l’appareil escortant le dirigeable transmanche Lord Brunel : vue aérienne de la banlieue de Cherbourg, 14 octobre 1905.

Une villa, un jardin, un balcon.

Effacer les courbes en fer forgé du balcon révèle une chaise de malade et son occupante. Les reflets du couchant étincellent sur les roues et leurs rayons nickelés.

L’occupante, propriétaire de la villa, repose ses mains arthritiques sur une étoffe tissée par un métier Jacquard.
Ces mains sont constituées de tendons, de tissus, d’os articulés. Les processus silencieux du temps et de l’information ont élaboré une femme à partir des filaments contenus dans les cellules humaines.

Elle s'appelle Sybil Gerard.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>
<strong><em>La machine à différences</em> est un roman complexe et prenant</strong>, qui exige de ses lecteurs et lectrices à la fois attention et patience. Une bonne connaissance du 19<sup>e</sup> siècle est requise pour savourer pleinement les innombrables détails, clins d’œil et détournements de ce livre passionnément <em>steampunk</em>. Théories scientifiques, inventions technologiques, histoire géopolitique et sociale : le vocabulaire est précis, les descriptions détaillées et l'intrigue un peu compliquée.

Dans un monde uchronique où les ordinateurs ont déjà été inventés, où les grandes villes suffoquent dans la pollution industrielle et où les populations sont minées par le chômage et les produits toxiques, les protagonistes se débattent dans le cours d’évènements qui les dépassent, à commencer par la famille Byron, et Lady Ada.

Cette dernière, surnommée « la Reine des Machines », fille du Premier Ministre et mathématicienne de génie, est aussi une joueuse invétérée et endettée au point de saboter son propre parti politique. S'étant mise dans une situation impossible, elle remet un coffret de cartes mécanographiques à un gentleman qui la sauve d'un enlèvement, sans le remercier ni lui donner d’explication. <strong>Ce coffret mystérieux constitue le fil rouge du roman, le cœur d'un complot pour faire tomber Lord Byron.</strong>

Trois personnages principaux se croisent dans cette histoire, à des moments et en des lieux différents. Chacun prédomine dans l'une des trois grandes phases du livre

<strong>Sybil Gerard, fille d'un opposant aux Radicaux</strong>, le parti des Machines, qui fut condamné à mort et pendu des années auparavant, violée par l'un des assistants de son père, devenue prostituée, ouvre le bal. Elle est enrôlée par un aventurier, mi-scientifique, mi-homme politique, pour l'accompagner à Paris et l'aider dans ses manipulations impérialistes : rétablir un général corrompu à la tête du Texas, actuellement aux mains du Mexique. Mick « Dandy » Radley compte pour cela utiliser un jeu inédit et révolutionnaire de cartes mécanographiées, aux normes du Grand Napoléon, l'ordinateur de l'Académie française. Mais son plan de coup d'État texien tournera court, et Sybil prend seule la fuite en France.

<strong>Édouard « Léviathan » Mallory, géographe, explorateur et espion à ses heures, prend le relai.</strong> C'est à lui que revient le douteux honneur de recevoir le fameux coffret des mains de Lady Ada. Revenu d'Amérique pour présenter sa dernière découverte, un gigantesque Brontosaure surnommé « le Léviathan terrestre », et défendre la théorie Catastrophiste (les dinosaures ont disparu brusquement, suite à une… catastrophe), il découvre qu'un de ses collègues et adversaire, le professeur Rudwick, a été assassiné, et que lui-même est en danger. 

Piégé malgré lui dans la lutte contre les opposants à Lord Byron et les marxistes new-yorkais venus convertir les ouvriers londoniens, il aide de son mieux le troisième protagoniste, Laurence Oliphant, alors que la Puanteur envahit Londres.

<strong>Laurence Oliphant</strong>, étrange individu, <strong>à la fois journaliste, diplomate et espion</strong>, au service de Sa Majesté mais perplexe et inquiet quant à la tournure prise par la société industrielle, intervient dans la seconde phase du roman, puis mène la troisième, cherchant à démêler le fin mot de l’histoire. Il est le personnage le plus mélancolique du livre, <strong>conscient d'être autant marionnette que marionnettiste</strong>, et ses actions sont les plus difficiles à suivre.

La toute dernière partie, composée de lettres, d’extraits de journaux ou de mémoires, bref, un assemblage de fragments, est assez intrigante et parachève la structure narrative en forme de puzzle. Je dois avouer que je n'ai pas compris la fin du roman, même après trois lectures. Mais c'est en partie ma faute : <strong><em>La machine à différences</em> se lit d'une traite</strong>, ou du moins, de manière continue. Une lecture très discontinue n'est pas adaptée à la complexité de l'histoire, qui laisse beaucoup de zones d'ombre et qui opte parfois pour des ellipses et des prolepses assez déroutantes.

Il n'en reste pas moins que <strong>c'est un très bon roman</strong>, qui ne pourra que ravir les amatrices et amateurs du genre.

<h2>Le grain de sable</h2>

Peu de romans font référence ou intègrent la figure d'Ada Byron, comtesse de Lovelace, génie mathématique qui a effectivement traduit et commenté la théorie de Charles Babbage et sa machine à analyses. La véritable Ada, effectivement endettée jusqu'au cou, est morte d'un cancer de l’utérus à 37 ans, et n'a jamais pu achever ses recherches. On considère qu'elle a mis au point le premier langage de programmation, bien que les ordinateurs ne soient apparus que plus d'un siècle après. Le premier langage informatique a ainsi été nommé en son honneur : Ada.

<h2>Sur le mur</h2>

Charles Babbage : <em lang="en">Analytical Engine</em>. Partie de la « manufacture » (<em lang="en">the mill</em>), assemblée en 1871.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=5285#main"><img class="alignnone size-large wp-image-5285" title="babbage-analytical-machine-1871" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/babbage-analytical-machine-1871-420x328.jpg" alt="La machine analytique de Charles Babbage" /></a>

<h2>Gramophone</h2>

The Dandy Warhols, <em lang="en">I Am a Scientist</em> (<em lang="en">Welcome to the Monkey House</em>, 2003).

<h2>À propos des auteurs</h2>

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=5283#main"><img class="alignleft size-full wp-image-5283" title="William_Gibson_portrait" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/William_Gibson_portrait.jpg" alt="Portrait de William Gibson" /></a>

<strong>William Gibson</strong>, né en 1948 aux États-Unis est l'un des leaders du mouvement cyberpunk. Il se met à écrire de la science-fiction à la fin des années 1970, et intègre rapidement un mouvement de jeunes auteurs qui publient dans le fanzine <span lang="en">Cheap Truth</span>, édité et distribué gratuitement par… Bruce Sterling, qui sera le co-auteur de la Machine à différences. Son premier roman, <em>Neuromancien</em>, est devenu un classique du cyberpunk.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=5284#main"><img class="alignright size-full wp-image-5284" title="Bruce_Sterling_portrait" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/Bruce_Sterling_portrait.jpg" alt="Portrait de Bruce Sterling" /></a>

<strong>Bruce Sterling</strong>, né en 1954 aux Etats-Unis, est un auteur rattaché au mouvement cyberpunk, en raison de ses nombreux romans et nouvelles de science-fiction centrés l'électronique, l'informatique et la génétique, tels que <em>La Schismatrice</em>.

Dans les années 1980, il a édité sous le pseudonyme de Vincent Omniveritas le fanzine <em lang="en">Cheap Truth</em>, dans lequel a publié William Gibson. Passionné par le numérique, Sterling dirige deux projets, l'un consacré aux technologies des médias « morts », <a href="http://www.deadmedia.org/"><em lang="en">Dead Media Project</em></a>, l'autre consacré à la création d'un mouvement de design écologiste, <a title="http://www.viridiandesign.org/" href="http://www.viridiandesign.org/"><em lang="en">Viridian Design Movement</em></a>.

<h2>Références</h2>

William Gibson, Bruce Sterling, <em>La machine à différences</em>

<ul>
	<li>Publication originale : New York, Bantam Books, 1991.</li>
	<li>Traduction française par Bernard Sigaud, 1997, 2010.</li>
	<li>Éditions Robert Laffont, collection "ailleurs et demain", 461 p. (avec une très chouette couverture argentée).</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/gibson_sterling_machine-a-differences_couverture-206x333.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="gibson_sterling_machine-a-differences_couverture" /></div><div><h2>L'argument</h2>

La société industrielle occidentale a pris un tournant radical. <strong>En 1855, les machines sont partout, et pas n'importe lesquelles : des ordinateurs</strong>, alimentés à la vapeur et fonctionnant à l'aide de cartes poinçonnées. Les Empires ne s'affrontent pas tant sur le terrain de la colonisation que sur le terrain de la concurrence technologique, avec des préoccupations étrangement similaires à celles de notre société contemporaine : contrôler les masses populaires, maîtriser la croissance économique et scientifique, endiguer les mouvements d'indépendance et l'essor du marxisme. 

Dans un chassé-croisé diachronique, composé de flashbacks américains, d’aventures britanniques et d'exil en France, <strong>trois personnages servent de rouages clés dans le déroulement et l'empêchement d'un complot international</strong> qui vise la chute du gouvernement britannique et la mainmise sur l'information.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>Image composite, optiquement codée par l’appareil escortant le dirigeable transmanche Lord Brunel : vue aérienne de la banlieue de Cherbourg, 14 octobre 1905.

Une villa, un jardin, un balcon.

Effacer les courbes en fer forgé du balcon révèle une chaise de malade et son occupante. Les reflets du couchant étincellent sur les roues et leurs rayons nickelés.

L’occupante, propriétaire de la villa, repose ses mains arthritiques sur une étoffe tissée par un métier Jacquard.
Ces mains sont constituées de tendons, de tissus, d’os articulés. Les processus silencieux du temps et de l’information ont élaboré une femme à partir des filaments contenus dans les cellules humaines.

Elle s'appelle Sybil Gerard.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>
<strong><em>La machine à différences</em> est un roman complexe et prenant</strong>, qui exige de ses lecteurs et lectrices à la fois attention et patience. Une bonne connaissance du 19<sup>e</sup> siècle est requise pour savourer pleinement les innombrables détails, clins d’œil et détournements de ce livre passionnément <em>steampunk</em>. Théories scientifiques, inventions technologiques, histoire géopolitique et sociale : le vocabulaire est précis, les descriptions détaillées et l'intrigue un peu compliquée.

Dans un monde uchronique où les ordinateurs ont déjà été inventés, où les grandes villes suffoquent dans la pollution industrielle et où les populations sont minées par le chômage et les produits toxiques, les protagonistes se débattent dans le cours d’évènements qui les dépassent, à commencer par la famille Byron, et Lady Ada.

Cette dernière, surnommée « la Reine des Machines », fille du Premier Ministre et mathématicienne de génie, est aussi une joueuse invétérée et endettée au point de saboter son propre parti politique. S'étant mise dans une situation impossible, elle remet un coffret de cartes mécanographiques à un gentleman qui la sauve d'un enlèvement, sans le remercier ni lui donner d’explication. <strong>Ce coffret mystérieux constitue le fil rouge du roman, le cœur d'un complot pour faire tomber Lord Byron.</strong>

Trois personnages principaux se croisent dans cette histoire, à des moments et en des lieux différents. Chacun prédomine dans l'une des trois grandes phases du livre

<strong>Sybil Gerard, fille d'un opposant aux Radicaux</strong>, le parti des Machines, qui fut condamné à mort et pendu des années auparavant, violée par l'un des assistants de son père, devenue prostituée, ouvre le bal. Elle est enrôlée par un aventurier, mi-scientifique, mi-homme politique, pour l'accompagner à Paris et l'aider dans ses manipulations impérialistes : rétablir un général corrompu à la tête du Texas, actuellement aux mains du Mexique. Mick « Dandy » Radley compte pour cela utiliser un jeu inédit et révolutionnaire de cartes mécanographiées, aux normes du Grand Napoléon, l'ordinateur de l'Académie française. Mais son plan de coup d'État texien tournera court, et Sybil prend seule la fuite en France.

<strong>Édouard « Léviathan » Mallory, géographe, explorateur et espion à ses heures, prend le relai.</strong> C'est à lui que revient le douteux honneur de recevoir le fameux coffret des mains de Lady Ada. Revenu d'Amérique pour présenter sa dernière découverte, un gigantesque Brontosaure surnommé « le Léviathan terrestre », et défendre la théorie Catastrophiste (les dinosaures ont disparu brusquement, suite à une… catastrophe), il découvre qu'un de ses collègues et adversaire, le professeur Rudwick, a été assassiné, et que lui-même est en danger. 

Piégé malgré lui dans la lutte contre les opposants à Lord Byron et les marxistes new-yorkais venus convertir les ouvriers londoniens, il aide de son mieux le troisième protagoniste, Laurence Oliphant, alors que la Puanteur envahit Londres.

<strong>Laurence Oliphant</strong>, étrange individu, <strong>à la fois journaliste, diplomate et espion</strong>, au service de Sa Majesté mais perplexe et inquiet quant à la tournure prise par la société industrielle, intervient dans la seconde phase du roman, puis mène la troisième, cherchant à démêler le fin mot de l’histoire. Il est le personnage le plus mélancolique du livre, <strong>conscient d'être autant marionnette que marionnettiste</strong>, et ses actions sont les plus difficiles à suivre.

La toute dernière partie, composée de lettres, d’extraits de journaux ou de mémoires, bref, un assemblage de fragments, est assez intrigante et parachève la structure narrative en forme de puzzle. Je dois avouer que je n'ai pas compris la fin du roman, même après trois lectures. Mais c'est en partie ma faute : <strong><em>La machine à différences</em> se lit d'une traite</strong>, ou du moins, de manière continue. Une lecture très discontinue n'est pas adaptée à la complexité de l'histoire, qui laisse beaucoup de zones d'ombre et qui opte parfois pour des ellipses et des prolepses assez déroutantes.

Il n'en reste pas moins que <strong>c'est un très bon roman</strong>, qui ne pourra que ravir les amatrices et amateurs du genre.

<h2>Le grain de sable</h2>

Peu de romans font référence ou intègrent la figure d'Ada Byron, comtesse de Lovelace, génie mathématique qui a effectivement traduit et commenté la théorie de Charles Babbage et sa machine à analyses. La véritable Ada, effectivement endettée jusqu'au cou, est morte d'un cancer de l’utérus à 37 ans, et n'a jamais pu achever ses recherches. On considère qu'elle a mis au point le premier langage de programmation, bien que les ordinateurs ne soient apparus que plus d'un siècle après. Le premier langage informatique a ainsi été nommé en son honneur : Ada.

<h2>Sur le mur</h2>

Charles Babbage : <em lang="en">Analytical Engine</em>. Partie de la « manufacture » (<em lang="en">the mill</em>), assemblée en 1871.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=5285#main"><img class="alignnone size-large wp-image-5285" title="babbage-analytical-machine-1871" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/babbage-analytical-machine-1871-420x328.jpg" alt="La machine analytique de Charles Babbage" /></a>

<h2>Gramophone</h2>

The Dandy Warhols, <em lang="en">I Am a Scientist</em> (<em lang="en">Welcome to the Monkey House</em>, 2003).

<h2>À propos des auteurs</h2>

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=5283#main"><img class="alignleft size-full wp-image-5283" title="William_Gibson_portrait" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/William_Gibson_portrait.jpg" alt="Portrait de William Gibson" /></a>

<strong>William Gibson</strong>, né en 1948 aux États-Unis est l'un des leaders du mouvement cyberpunk. Il se met à écrire de la science-fiction à la fin des années 1970, et intègre rapidement un mouvement de jeunes auteurs qui publient dans le fanzine <span lang="en">Cheap Truth</span>, édité et distribué gratuitement par… Bruce Sterling, qui sera le co-auteur de la Machine à différences. Son premier roman, <em>Neuromancien</em>, est devenu un classique du cyberpunk.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=5284#main"><img class="alignright size-full wp-image-5284" title="Bruce_Sterling_portrait" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/Bruce_Sterling_portrait.jpg" alt="Portrait de Bruce Sterling" /></a>

<strong>Bruce Sterling</strong>, né en 1954 aux Etats-Unis, est un auteur rattaché au mouvement cyberpunk, en raison de ses nombreux romans et nouvelles de science-fiction centrés l'électronique, l'informatique et la génétique, tels que <em>La Schismatrice</em>.

Dans les années 1980, il a édité sous le pseudonyme de Vincent Omniveritas le fanzine <em lang="en">Cheap Truth</em>, dans lequel a publié William Gibson. Passionné par le numérique, Sterling dirige deux projets, l'un consacré aux technologies des médias « morts », <a href="http://www.deadmedia.org/"><em lang="en">Dead Media Project</em></a>, l'autre consacré à la création d'un mouvement de design écologiste, <a title="http://www.viridiandesign.org/" href="http://www.viridiandesign.org/"><em lang="en">Viridian Design Movement</em></a>.

<h2>Références</h2>

William Gibson, Bruce Sterling, <em>La machine à différences</em>

<ul>
	<li>Publication originale : New York, Bantam Books, 1991.</li>
	<li>Traduction française par Bernard Sigaud, 1997, 2010.</li>
	<li>Éditions Robert Laffont, collection "ailleurs et demain", 461 p. (avec une très chouette couverture argentée).</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Didier Quesne - Étrangère</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/didier-quesne-etrangere/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/didier-quesne-etrangere/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Dec 2012 10:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[arts martiaux]]></category>
		<category><![CDATA[didier quesne]]></category>
		<category><![CDATA[fantasy]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/didier-quesne-etrangere-206x321.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Couverture de « Étrangère » de Didier Quesne" /></div><div><h2>L'argument</h2>

<strong>Lirelle aurait pu rester simplette toute sa vie</strong>, et continuer à garder des chèvres paisiblement, sans rien comprendre au monde qui l'entoure. Ça, c'était avant que le haut mage Mèn-Gi ne l'emmène involontairement avec lui dans son voyage « spatemporel », faisant d'elle une « perturbation ».

Pendant ce voyage, Lirelle fusionne avec le Mèn, absorbant ses pouvoirs, ses connaissances, ses savoir-faire – notamment le maniement du sabre. Pour la première fois de sa vie, l'héroïne prend conscience du nouveau monde qui l'entoure, qui est loin d'être aussi paisible que celui qu'elle vient de quitter, et dans lequel elle va jouer, malgré elle, un rôle majeur, mêlant <strong>philosophie, combats et sentiments</strong>.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>Le soir tombait sur la lande. Le soleil disparaissait petit à petit et plongeait dans l'océan où il allumait une traînée rouge sang qui allait jusqu'aux falaises. Il faisait doux. Les courlis chantaient et le vent d'ouest devait mollement porter leur cri jusqu'aux oreilles de l'homme.

Seul, il se tenait debout au milieu de la lande. Aucune monture n'était visible alentour. Il ne semblait pas venir de loin car il ne possédait apparemment aucun bagage ; mais son allure, ses vêtements, la couleur de ses cheveux, tout cela dénonçait l'étranger. Il portait une sorte d'épée portégée par un fourreau délicatement ouvragé et attaché sur son dos, de façon à ce que la poignée de l'arme dépasse un peu de son épaule gauche.

Lirelle ne se montrait pas. Accroupie derrière une grosse touffe d'ajoncs en fleur, elle épiait l'inconnu depuis son apparition sur cette partie de la lande où elle gardait les vingt chèvres de ses parents. Il semblait certain pour la jeune-femme que l'inconnu ne l'avait pas vue. D'ailleurs, il ne regardait rien. Depuis son arrivée, il restait tourné vers la mer, semblant plongé dans la contemplation du coucher de soleil et ne bougeait pas plus qu'un menhir. Seuls ses cheveux blonds vivaient un peu quand une saute de vent plus forte que les autres les soulevait un instant. 

Elle ne savait pas quel âge lui donner. Il ne paraissait pas vieux, mais il ne s'agissait pas non plus d'un jeune-homme. Il semblait assez bien bâti, en tout cas suffisamment pour qu'une femme le regarde en rêvant un peu. Ce ne devait certainement pas être un marin. Il ne portait pas ces rides profondes creusées par le sel et le soleil, que tous les hommes du port montraient sur le visage et surtout autour des yeux…</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

Chouette, un roman basé sur un voyage dans le temps ! Et, chouette, un roman de fantasy avec <strong>une héroïne forte et intelligente, qui sait se battre, et pas seulement avec une épée !</strong> (On pense un instant à la <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/charlotte-bousquet-chronique-de-arachnae/">Théodora</a> de Charlotte Bousquet.)

<strong><em>Étrangère</em> est un roman qui se dévore</strong> et, en dépit du style simple de Didier Quesne, qui possède une puissance évocatrice dingue. Ce nouveau monde dans lequel Lirelle tombe par hasard n'a pas vraiment de quoi faire rêver. Il y est question de hiérarchies sclérosées, <del>d'internat</del> <ins>de prison</ins> pour femmes, de trahison et de haine de l'étranger… Et, non, ça ne se passe pas ni en France, ni en 2012 ! 

Tout le talent de Quesne consiste à planter des décors originaux et à détourner l'attention du lecteur sur le présent, pour mieux l'y conduire à grands coups d'allégories et de métaphores. Le goût de l'auteur pour les arts martiaux, notamment pour les combats à l'épée qui sont richement décrits, ajoute à la singularité du roman. L'irruption de l'esthétique orientale dans ce roman de fantasy fait du bien.

Ce sentiment familier qui m'a parcouru tout au long de ma lecture a pris la forme de Lirelle, qui est un personnage fascinant. Culotté, mais fascinant. Le voyage dans le temps n'est qu'une image qui porte l'empathie à l'égard de ce personnage qui, de l'anonymat le plus complet, devient un élément clé d'une rébellion politique. 

L'amitié, et l'amour, sont des valeurs pivots dans le roman – mais <strong>ce sont surtout les notions d'identité et de liberté qui sont questionnées</strong> dans ce roman. Étrangère, perturbation, monstre… Lirelle est tout cela à la fois aux yeux du peuple dans lequel elle se retrouve propulsée. Elle devra prouver à maintes reprises sa valeur intrinsèque avant que celles et ceux qui l'accueillent la considèrent réellement comme l'une des leurs. Y arrive-t-elle jamais vraiment, d'ailleurs ?

Et, sur ce chemin parsemé de trahison, de violence et d'insurrection, il y a aussi la rencontre de quelques adjuvants fondamentalement bons et dévoués – comme on a la chance d'en croiser nous-même quelques-uns au fil de notre vie. Albane, Fiarine, mais aussi Forge et Wenlock, autant de personnages bienveillants qui font office d'appuis rassurants au milieu de ce déchaînement d'aventures et de violence.

<strong><em>Étrangère</em> est un roman d'initiation par la force</strong>, initiation d'autant plus difficile et douloureuse que le héros est une <em>femme intelligente</em>, mais aussi une <em>femme étrangère</em>. Ce livre donne à réfléchir, grâce à une dimension philosophique parfois déroutante, mais aussi par le regard réaliste qu'il offre sur la nature des relations humaines. Ceci n'est (presque) pas de la fiction !

<h2>Le grain de sable</h2>

C'est une chance que d'avoir pu lire <em>Étrangère</em> : le premier tirage du roman, paru en 2001, s'était rapidement épuisé. Il aura fallu attendre onze ans pour que le premier roman de Didier Quesne soit réédité, avec une nouvelle maquette, un texte entièrement revu et, cerise sur le gâteau, <strong>une couverture réalisée par Sandrine Gestin</strong>.

<h2>Gramophone</h2>

Une musique rythmée, voire martiale, pour accompagner la lecture de ce roman fort : <strong>pourquoi pas la dark folk de Hagalaz Runedance</strong> ?

<h2>Sur le mur</h2>

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/mars__2580_by_shardanas.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/mars__2580_by_shardanas-420x387.jpg" alt="« mars, 2580 » de Shardanas" title="« mars, 2580 » de Shardanas" class="aligncenter size-large wp-image-5262" /></a>

À bien des égards, <a href="http://shardanas.deviantart.com/art/mars-2580-118302384">cette illustration</a> de Shardanas symbolise la coupure du monde, non seulement de la Lirelle simplette du début, mais aussi celle de la Lirelle puissante de la fin.

Lorsqu'on est étranger, ou, plus globalement, <em>différent</em>, <strong>on porte un stigmate qui ne s'efface jamais vraiment</strong>, et nous sépare du monde qui nous entoure.

<h2>À propos de Didier Quesne</h2>

<img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/11/Didier-Quesne.jpg" alt="Didier Quesne" title="Didier Quesne" class="alignleft size-full wp-image-2923" />

<strong>Chercheur et professeur de géologie</strong> à l'université de Dijon, Didier Quesne parcourt le monde à la recherche de strates. Ses passions sont nombreuses et vont du kendo (sabre en bois japonais) – qu'il pratique depuis plusieurs années – aux longues balades en forêt. Entre ses voyages en Afrique et les soutenances de thèse de ses étudiants, il écrit des romans de fantasy et de SF.

<strong>Auteur humaniste et passionné</strong>, il défend des thèmes comme la place de la femme dans la société, le rapport à l'autre ou la bestialité qui réside en chacun d'entre nous. Il est l'auteur de dix romans, tous parus aux éditions Nestiveqnen.

<h2>Références</h2>

<strong><em>Étrangère</em> de Didier Quesne</strong>, paru aux éditions Nestiveqnen. Première édition : 2001. Seconde édition : mai 2011. ISBN : 978-2-915653-40-3

<h2>Liens et sources</h2>

<ul>
	<li>Liste des <a href="http://www.nestiveqnen.com/content/view/154/252/">romans de Didier Quesne</a> sur le site de son éditeur.</li>
	<li><a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/didier-quesne-chronique-de-la-geste-de-jehan/">La chronique de <em>La Geste de Jehan</em></a>, le dernier roman de Didier Quesne, chroniqué par Carine, sur La Lune Mauve.</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/didier-quesne-etrangere-206x321.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Couverture de « Étrangère » de Didier Quesne" /></div><div><h2>L'argument</h2>

<strong>Lirelle aurait pu rester simplette toute sa vie</strong>, et continuer à garder des chèvres paisiblement, sans rien comprendre au monde qui l'entoure. Ça, c'était avant que le haut mage Mèn-Gi ne l'emmène involontairement avec lui dans son voyage « spatemporel », faisant d'elle une « perturbation ».

Pendant ce voyage, Lirelle fusionne avec le Mèn, absorbant ses pouvoirs, ses connaissances, ses savoir-faire – notamment le maniement du sabre. Pour la première fois de sa vie, l'héroïne prend conscience du nouveau monde qui l'entoure, qui est loin d'être aussi paisible que celui qu'elle vient de quitter, et dans lequel elle va jouer, malgré elle, un rôle majeur, mêlant <strong>philosophie, combats et sentiments</strong>.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>Le soir tombait sur la lande. Le soleil disparaissait petit à petit et plongeait dans l'océan où il allumait une traînée rouge sang qui allait jusqu'aux falaises. Il faisait doux. Les courlis chantaient et le vent d'ouest devait mollement porter leur cri jusqu'aux oreilles de l'homme.

Seul, il se tenait debout au milieu de la lande. Aucune monture n'était visible alentour. Il ne semblait pas venir de loin car il ne possédait apparemment aucun bagage ; mais son allure, ses vêtements, la couleur de ses cheveux, tout cela dénonçait l'étranger. Il portait une sorte d'épée portégée par un fourreau délicatement ouvragé et attaché sur son dos, de façon à ce que la poignée de l'arme dépasse un peu de son épaule gauche.

Lirelle ne se montrait pas. Accroupie derrière une grosse touffe d'ajoncs en fleur, elle épiait l'inconnu depuis son apparition sur cette partie de la lande où elle gardait les vingt chèvres de ses parents. Il semblait certain pour la jeune-femme que l'inconnu ne l'avait pas vue. D'ailleurs, il ne regardait rien. Depuis son arrivée, il restait tourné vers la mer, semblant plongé dans la contemplation du coucher de soleil et ne bougeait pas plus qu'un menhir. Seuls ses cheveux blonds vivaient un peu quand une saute de vent plus forte que les autres les soulevait un instant. 

Elle ne savait pas quel âge lui donner. Il ne paraissait pas vieux, mais il ne s'agissait pas non plus d'un jeune-homme. Il semblait assez bien bâti, en tout cas suffisamment pour qu'une femme le regarde en rêvant un peu. Ce ne devait certainement pas être un marin. Il ne portait pas ces rides profondes creusées par le sel et le soleil, que tous les hommes du port montraient sur le visage et surtout autour des yeux…</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

Chouette, un roman basé sur un voyage dans le temps ! Et, chouette, un roman de fantasy avec <strong>une héroïne forte et intelligente, qui sait se battre, et pas seulement avec une épée !</strong> (On pense un instant à la <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/charlotte-bousquet-chronique-de-arachnae/">Théodora</a> de Charlotte Bousquet.)

<strong><em>Étrangère</em> est un roman qui se dévore</strong> et, en dépit du style simple de Didier Quesne, qui possède une puissance évocatrice dingue. Ce nouveau monde dans lequel Lirelle tombe par hasard n'a pas vraiment de quoi faire rêver. Il y est question de hiérarchies sclérosées, <del>d'internat</del> <ins>de prison</ins> pour femmes, de trahison et de haine de l'étranger… Et, non, ça ne se passe pas ni en France, ni en 2012 ! 

Tout le talent de Quesne consiste à planter des décors originaux et à détourner l'attention du lecteur sur le présent, pour mieux l'y conduire à grands coups d'allégories et de métaphores. Le goût de l'auteur pour les arts martiaux, notamment pour les combats à l'épée qui sont richement décrits, ajoute à la singularité du roman. L'irruption de l'esthétique orientale dans ce roman de fantasy fait du bien.

Ce sentiment familier qui m'a parcouru tout au long de ma lecture a pris la forme de Lirelle, qui est un personnage fascinant. Culotté, mais fascinant. Le voyage dans le temps n'est qu'une image qui porte l'empathie à l'égard de ce personnage qui, de l'anonymat le plus complet, devient un élément clé d'une rébellion politique. 

L'amitié, et l'amour, sont des valeurs pivots dans le roman – mais <strong>ce sont surtout les notions d'identité et de liberté qui sont questionnées</strong> dans ce roman. Étrangère, perturbation, monstre… Lirelle est tout cela à la fois aux yeux du peuple dans lequel elle se retrouve propulsée. Elle devra prouver à maintes reprises sa valeur intrinsèque avant que celles et ceux qui l'accueillent la considèrent réellement comme l'une des leurs. Y arrive-t-elle jamais vraiment, d'ailleurs ?

Et, sur ce chemin parsemé de trahison, de violence et d'insurrection, il y a aussi la rencontre de quelques adjuvants fondamentalement bons et dévoués – comme on a la chance d'en croiser nous-même quelques-uns au fil de notre vie. Albane, Fiarine, mais aussi Forge et Wenlock, autant de personnages bienveillants qui font office d'appuis rassurants au milieu de ce déchaînement d'aventures et de violence.

<strong><em>Étrangère</em> est un roman d'initiation par la force</strong>, initiation d'autant plus difficile et douloureuse que le héros est une <em>femme intelligente</em>, mais aussi une <em>femme étrangère</em>. Ce livre donne à réfléchir, grâce à une dimension philosophique parfois déroutante, mais aussi par le regard réaliste qu'il offre sur la nature des relations humaines. Ceci n'est (presque) pas de la fiction !

<h2>Le grain de sable</h2>

C'est une chance que d'avoir pu lire <em>Étrangère</em> : le premier tirage du roman, paru en 2001, s'était rapidement épuisé. Il aura fallu attendre onze ans pour que le premier roman de Didier Quesne soit réédité, avec une nouvelle maquette, un texte entièrement revu et, cerise sur le gâteau, <strong>une couverture réalisée par Sandrine Gestin</strong>.

<h2>Gramophone</h2>

Une musique rythmée, voire martiale, pour accompagner la lecture de ce roman fort : <strong>pourquoi pas la dark folk de Hagalaz Runedance</strong> ?

<h2>Sur le mur</h2>

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/mars__2580_by_shardanas.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/12/mars__2580_by_shardanas-420x387.jpg" alt="« mars, 2580 » de Shardanas" title="« mars, 2580 » de Shardanas" class="aligncenter size-large wp-image-5262" /></a>

À bien des égards, <a href="http://shardanas.deviantart.com/art/mars-2580-118302384">cette illustration</a> de Shardanas symbolise la coupure du monde, non seulement de la Lirelle simplette du début, mais aussi celle de la Lirelle puissante de la fin.

Lorsqu'on est étranger, ou, plus globalement, <em>différent</em>, <strong>on porte un stigmate qui ne s'efface jamais vraiment</strong>, et nous sépare du monde qui nous entoure.

<h2>À propos de Didier Quesne</h2>

<img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/11/Didier-Quesne.jpg" alt="Didier Quesne" title="Didier Quesne" class="alignleft size-full wp-image-2923" />

<strong>Chercheur et professeur de géologie</strong> à l'université de Dijon, Didier Quesne parcourt le monde à la recherche de strates. Ses passions sont nombreuses et vont du kendo (sabre en bois japonais) – qu'il pratique depuis plusieurs années – aux longues balades en forêt. Entre ses voyages en Afrique et les soutenances de thèse de ses étudiants, il écrit des romans de fantasy et de SF.

<strong>Auteur humaniste et passionné</strong>, il défend des thèmes comme la place de la femme dans la société, le rapport à l'autre ou la bestialité qui réside en chacun d'entre nous. Il est l'auteur de dix romans, tous parus aux éditions Nestiveqnen.

<h2>Références</h2>

<strong><em>Étrangère</em> de Didier Quesne</strong>, paru aux éditions Nestiveqnen. Première édition : 2001. Seconde édition : mai 2011. ISBN : 978-2-915653-40-3

<h2>Liens et sources</h2>

<ul>
	<li>Liste des <a href="http://www.nestiveqnen.com/content/view/154/252/">romans de Didier Quesne</a> sur le site de son éditeur.</li>
	<li><a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/didier-quesne-chronique-de-la-geste-de-jehan/">La chronique de <em>La Geste de Jehan</em></a>, le dernier roman de Didier Quesne, chroniqué par Carine, sur La Lune Mauve.</li>
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		</item>
		<item>
		<title>Ugo Bellagamba - Tancrède</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/ugo-bellagamba-tancrede/</link>
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		<pubDate>Wed, 07 Nov 2012 10:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Âge]]></category>
		<category><![CDATA[uchronie]]></category>
		<category><![CDATA[Ugo Bellagamba]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/tancrede-206x254.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tancrede" /></div><div><h2>L’argument</h2>
Nous sommes en 1096 ; c‘est le début de la première croisade. Nous suivons les pas de Tancrède de Hauteville, prince normand de Sicile. A ses côtés, on retrouve les personnages principaux de cette croisade : son oncle Bohémond de Tarente ou encore Godefroy de Bouillon. Mais nous avons à faire ici à une uchronie et Tancrède empruntera un autre chemin que le Tancrède historique. Un chemin étonnant…
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Le déluge tombe sur Amalfi-Pont-sur-Scaphard et j’observe une ville qui se noie. La baie est devenue floue et grise. Sur le beffroi, la verte oriflamme des rebelles se devine, tout au plus. Même les blanches demeures patriciennes, juchées au sommet de la colline capitale, se fondent dans les giboulées.
Je passe une main gantée sur ma nuque, fais craquer mes cervicales.
Le siège de la cité dure depuis des semaines. Amalfitains et Salernois opposent une résistance farouche à nos armées. Mais nous avons déjà verrouillé tout le sud de l’Italie et la victoire n’est plus qu’une question de jours. Ils le savent, ils ont la rage des désespérés.
Amalfi va tomber, ouvrant la voie vers Naples…</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

<em>Tancrède</em> est un roman passionnant, pour plusieurs raisons. D’abord, pour le côté historique. En effet, Tancrède est un personnage qui a réellement existé, tout comme de nombreux évènements qui ont lieu dans le roman. L’uchronie intervient assez tôt, <a href="http://generationscience-fiction.hautetfort.com/archive/2011/07/17/temps-et-utopie-en-occident-6.html" target="_blank">nous apprend l’auteur</a>, mais <strong>la frontière avec la réalité est difficile à cerner</strong> pour le non spécialiste. Au fil de la lecture, nous voilà plongés dans les dictionnaires pour en apprendre davantage sur l’histoire réelle et sur les personnages.

Vient ensuite la narration. C’est Tancrède qui nous conte ses récits, issus de son journal. On découvre là une sorte de chevalier idéal, dont <strong>les idées religieuses et la foi imprègnent le récit avec force</strong>. Il incarne l’esprit de la croisade. Le côté épique apporte lui aussi une dimension au roman. Les batailles sont prenantes ; le lecteur se trouve happé par chaque mot, chaque geste.

<em>Tancrède</em> est un roman étonnant. Le nouveau destin du héros nous fait découvrir les croisades du côté oriental. Ce parcours ira même jusqu’à nous emmener dans le repère de la secte mystérieuse des Assassins et jusqu’à Alexandrie. Pour citer l’auteur dans sa postface introspective, <em>Tancrède</em> exprime<strong> le refus de n’appartenir qu’à un seul monde</strong>…

L’édition des Moutons électriques est à conseiller. En plus d'une belle couverture signée Arnaud Cremet, on trouve de belles illustrations issues notamment de <em>L’Histoire de France</em> de Michelet. On trouvera aussi en guise de bonus le livret d’Antoine Danchet pour <strong>l’opéra baroque <em>Tancrède</em></strong> d’André Campra (1702). Cet opéra a été redécouvert par le grand-père, chef d'orchestre, d’Ugo Bellagamba.
<h2>Le grain de sable</h2>
<em>Tancrède</em> a reçu deux prix : le Prix européen Utopiales des Pays de la Loire 2010 et le Prix Rosny aîné 2010.
<h2>Dans la même veine</h2>
<em>Les Croisades vues par les Arabes</em> d’Amin Maalouf. On le retrouve dans la bibliographie raisonnée à la fin du roman. Ce livre est à rapprocher de <em>Tancrède</em> car il est raconté du point de vue oriental. De plus, il n’est pas encombré de détails et se lit de façon très fluide.
<h2>À propos d'Ugo Bellagamba</h2>
<img class="alignleft size-medium wp-image-5120" title="ugo_bellagamba" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/ugo_bellagamba-206x154.jpg" alt="" />Né en 1972, Ugo Bellagamba est historien du droit et des idées politiques ; il enseigne à l’Université de Nice. Il est aussi écrivain de science-fiction. Il publie d’abord sous le pseudonyme Michael Rheyss dans des anthologies et revues. Parmi ses écrit, on note <em>L’Ecole des Assassins</em> co-écrit avec Thomas Day en 2002. <em>Tancrède</em> est son premier roman en solo ; il lui valu les deux prix cités plus haut.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Les Moutons électriques, 2009, 256 pages.</li>
	<li>Existe aussi en poche Folio SF et en format numérique.</li>
</ul>
<h2>Liens et sources</h2>
<ul>
	<li><a href="http://www.ugobellagamba.com" target="_blank">Le site de l’auteur</a></li>
	<li>Un article sur le site Génération Science-Fiction où l’auteur nous livre quelques clés sur son roman : <a href="http://generationscience-fiction.hautetfort.com/archive/2011/07/17/temps-et-utopie-en-occident-6.html" target="_blank"><em>Temps et Utopie en Occident (6)</em></a></li>
	<li><a href="http://imagin-aix.frbb.net/t556-interview-collective-d-ugo-bellagamba" target="_blank">Une interview collective sur le forum Imagin'Aix</a></li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/tancrede-206x254.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tancrede" /></div><div><h2>L’argument</h2>
Nous sommes en 1096 ; c‘est le début de la première croisade. Nous suivons les pas de Tancrède de Hauteville, prince normand de Sicile. A ses côtés, on retrouve les personnages principaux de cette croisade : son oncle Bohémond de Tarente ou encore Godefroy de Bouillon. Mais nous avons à faire ici à une uchronie et Tancrède empruntera un autre chemin que le Tancrède historique. Un chemin étonnant…
<h2>Ça commence comme ça</h2>
<blockquote>Le déluge tombe sur Amalfi-Pont-sur-Scaphard et j’observe une ville qui se noie. La baie est devenue floue et grise. Sur le beffroi, la verte oriflamme des rebelles se devine, tout au plus. Même les blanches demeures patriciennes, juchées au sommet de la colline capitale, se fondent dans les giboulées.
Je passe une main gantée sur ma nuque, fais craquer mes cervicales.
Le siège de la cité dure depuis des semaines. Amalfitains et Salernois opposent une résistance farouche à nos armées. Mais nous avons déjà verrouillé tout le sud de l’Italie et la victoire n’est plus qu’une question de jours. Ils le savent, ils ont la rage des désespérés.
Amalfi va tomber, ouvrant la voie vers Naples…</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

<em>Tancrède</em> est un roman passionnant, pour plusieurs raisons. D’abord, pour le côté historique. En effet, Tancrède est un personnage qui a réellement existé, tout comme de nombreux évènements qui ont lieu dans le roman. L’uchronie intervient assez tôt, <a href="http://generationscience-fiction.hautetfort.com/archive/2011/07/17/temps-et-utopie-en-occident-6.html" target="_blank">nous apprend l’auteur</a>, mais <strong>la frontière avec la réalité est difficile à cerner</strong> pour le non spécialiste. Au fil de la lecture, nous voilà plongés dans les dictionnaires pour en apprendre davantage sur l’histoire réelle et sur les personnages.

Vient ensuite la narration. C’est Tancrède qui nous conte ses récits, issus de son journal. On découvre là une sorte de chevalier idéal, dont <strong>les idées religieuses et la foi imprègnent le récit avec force</strong>. Il incarne l’esprit de la croisade. Le côté épique apporte lui aussi une dimension au roman. Les batailles sont prenantes ; le lecteur se trouve happé par chaque mot, chaque geste.

<em>Tancrède</em> est un roman étonnant. Le nouveau destin du héros nous fait découvrir les croisades du côté oriental. Ce parcours ira même jusqu’à nous emmener dans le repère de la secte mystérieuse des Assassins et jusqu’à Alexandrie. Pour citer l’auteur dans sa postface introspective, <em>Tancrède</em> exprime<strong> le refus de n’appartenir qu’à un seul monde</strong>…

L’édition des Moutons électriques est à conseiller. En plus d'une belle couverture signée Arnaud Cremet, on trouve de belles illustrations issues notamment de <em>L’Histoire de France</em> de Michelet. On trouvera aussi en guise de bonus le livret d’Antoine Danchet pour <strong>l’opéra baroque <em>Tancrède</em></strong> d’André Campra (1702). Cet opéra a été redécouvert par le grand-père, chef d'orchestre, d’Ugo Bellagamba.
<h2>Le grain de sable</h2>
<em>Tancrède</em> a reçu deux prix : le Prix européen Utopiales des Pays de la Loire 2010 et le Prix Rosny aîné 2010.
<h2>Dans la même veine</h2>
<em>Les Croisades vues par les Arabes</em> d’Amin Maalouf. On le retrouve dans la bibliographie raisonnée à la fin du roman. Ce livre est à rapprocher de <em>Tancrède</em> car il est raconté du point de vue oriental. De plus, il n’est pas encombré de détails et se lit de façon très fluide.
<h2>À propos d'Ugo Bellagamba</h2>
<img class="alignleft size-medium wp-image-5120" title="ugo_bellagamba" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/ugo_bellagamba-206x154.jpg" alt="" />Né en 1972, Ugo Bellagamba est historien du droit et des idées politiques ; il enseigne à l’Université de Nice. Il est aussi écrivain de science-fiction. Il publie d’abord sous le pseudonyme Michael Rheyss dans des anthologies et revues. Parmi ses écrit, on note <em>L’Ecole des Assassins</em> co-écrit avec Thomas Day en 2002. <em>Tancrède</em> est son premier roman en solo ; il lui valu les deux prix cités plus haut.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Les Moutons électriques, 2009, 256 pages.</li>
	<li>Existe aussi en poche Folio SF et en format numérique.</li>
</ul>
<h2>Liens et sources</h2>
<ul>
	<li><a href="http://www.ugobellagamba.com" target="_blank">Le site de l’auteur</a></li>
	<li>Un article sur le site Génération Science-Fiction où l’auteur nous livre quelques clés sur son roman : <a href="http://generationscience-fiction.hautetfort.com/archive/2011/07/17/temps-et-utopie-en-occident-6.html" target="_blank"><em>Temps et Utopie en Occident (6)</em></a></li>
	<li><a href="http://imagin-aix.frbb.net/t556-interview-collective-d-ugo-bellagamba" target="_blank">Une interview collective sur le forum Imagin'Aix</a></li>
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		<title>Gérald Duchemin - La&#160;Maison-Livre</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Nov 2012 14:30:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques Romans]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[gérald duchemin]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/la-maison-livre-206x315.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="la-maison-livre" /></div><div><h2>L’argument</h2>

En vue d’acheter une maison, Georges Malaga visite une demeure curieuse où le blanc recouvre le moindre espace. L’étrangeté de cette maison le pousse à entrer dans une pièce où il découvre un curieux cocon… animé d’une vie. Ce dernier commence alors son récit hanté autour de ses ennemis : les livres.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>Il hésita, puis ouvrit la porte, et entra.
Une fraîche odeur de papier peint imprégnait le vestibule.
Il n’avait jamais vu tant de blancheur cumulée en un si petit endroit. Les murs comme la fenêtre, le plafond comme le sol, imposaient une lumière de début de monde. Elle aveuglait.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

Gérald Duchemin nous gratifie à nouveau d’un livre comme on les aime chez lui : <strong>un scénario très étrange et plein de bizarrerie</strong>, le tout avec cette écriture piquée de quelque grain de génie.

A travers cette histoire,<strong> il met à l’honneur les livres</strong>. Il montre à quel point ils ont une place importante dans la vie de ceux qui les aiment. On se sent plus d’une fois concerné par ses descriptions… Les livres sont partout ; même ceux qui ne lisent pas en ont forcément un chez eux. Et dans le cas du narrateur (le cocon), les livres ont fini par envahir l’espace entier de sa vie…

C’est une véritable<strong> histoire fantastique</strong> que l’auteur tisse autour de cet amour des livres. Il leur donne la vie, leur attribue une âme. Ils vont à leur manière consumer tout entier le narrateur pour faire corps avec lui. Une histoire originale où toujours, on retrouve les éléments favoris de l’auteur : les livres bien sûr, le blanc et un chat.

A travers ce récit, Gérald Duchemin s’en donne à cœur joie pour lancer quelques critiques sur le monde littéraire. Il rend aussi hommage à certains auteurs. On retrouve en tête Baudelaire avec ses<em> Fleurs du Mal</em> (livre qui a « piégé » le protagoniste), Bram Stocker, Edgar Poe, mais aussi Léa Silhol, Mélanie Fazi et Franck Ferric, entre autres. <strong>L’auteur n’a pas la langue dans sa poche</strong> et tant mieux.

Son écriture, imprégnée d’un 19ème siècle n’en possède pas moins un modernisme surprenant. <strong>Une écriture bien à lui</strong> qui fait la singularité de cet auteur. De plus, le récit est énergique et nous emmène quasiment non stop au bout des 230 pages. En somme, un vrai plaisir. <em>La Maison-Livre</em> est donc une petite pépite unique en son genre, dont l’édition est fort soignée, comme toute les parutions du Chat Rouge. Les amoureux des livres y trouveront leur compte…
<h2>Sur le mur</h2>
Rien : juste un mur blanc immaculé
<h2>Dans la même veine</h2>
Je ne saurais quoi conseiller tant l’oeuvre de Gérald Duchemin est unique. Pour faire dans la facilité, je vous conseillerais simplement deux autres de ses œuvres. La novella <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-express-livres/romans/gerald-duchemin-la-laiteuse-et-son-chat/" target="_blank"><em>La Laiteuse et son Chat</em></a> (rééditée chez les Éditions du Chat Rouge) : on y retrouve cette blancheur obsédante. Puis, <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/gerald-duchemin-chronique-de-carmelia/" target="_blank"><em>Carmélia</em></a> qui donne vie également à un objet inanimé, en l’occurrence, un appartement…
<h2>À propos de Gérald Duchemin</h2>
Gérald Duchemin est né en 1968 dans les Cévennes. C’est à l’âge de 21 ans qu’il se découvre une passion pour la littérature. Après des études en droit, il oriente son cursus vers une maîtrise de Lettres et prend goût pour l’écriture. Parmi ses auteurs de prédilection, on peut citer Cioran, Poe et Baudelaire.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Éditions Le Chat Rouge, 2012, 230 pages.</li>
</ul>
<h2>Liens et sources</h2>
<ul>
	<li><a href="http://www.lechatrouge.net/ouvragesChatRougeMAISONLIVRE.htm" target="_blank">La Maison-Livre sur le liste de l’éditeur</a></li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/la-maison-livre-206x315.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="la-maison-livre" /></div><div><h2>L’argument</h2>

En vue d’acheter une maison, Georges Malaga visite une demeure curieuse où le blanc recouvre le moindre espace. L’étrangeté de cette maison le pousse à entrer dans une pièce où il découvre un curieux cocon… animé d’une vie. Ce dernier commence alors son récit hanté autour de ses ennemis : les livres.

<h2>Ça commence comme ça</h2>

<blockquote>Il hésita, puis ouvrit la porte, et entra.
Une fraîche odeur de papier peint imprégnait le vestibule.
Il n’avait jamais vu tant de blancheur cumulée en un si petit endroit. Les murs comme la fenêtre, le plafond comme le sol, imposaient une lumière de début de monde. Elle aveuglait.</blockquote>

<h2>Avis personnel</h2>

Gérald Duchemin nous gratifie à nouveau d’un livre comme on les aime chez lui : <strong>un scénario très étrange et plein de bizarrerie</strong>, le tout avec cette écriture piquée de quelque grain de génie.

A travers cette histoire,<strong> il met à l’honneur les livres</strong>. Il montre à quel point ils ont une place importante dans la vie de ceux qui les aiment. On se sent plus d’une fois concerné par ses descriptions… Les livres sont partout ; même ceux qui ne lisent pas en ont forcément un chez eux. Et dans le cas du narrateur (le cocon), les livres ont fini par envahir l’espace entier de sa vie…

C’est une véritable<strong> histoire fantastique</strong> que l’auteur tisse autour de cet amour des livres. Il leur donne la vie, leur attribue une âme. Ils vont à leur manière consumer tout entier le narrateur pour faire corps avec lui. Une histoire originale où toujours, on retrouve les éléments favoris de l’auteur : les livres bien sûr, le blanc et un chat.

A travers ce récit, Gérald Duchemin s’en donne à cœur joie pour lancer quelques critiques sur le monde littéraire. Il rend aussi hommage à certains auteurs. On retrouve en tête Baudelaire avec ses<em> Fleurs du Mal</em> (livre qui a « piégé » le protagoniste), Bram Stocker, Edgar Poe, mais aussi Léa Silhol, Mélanie Fazi et Franck Ferric, entre autres. <strong>L’auteur n’a pas la langue dans sa poche</strong> et tant mieux.

Son écriture, imprégnée d’un 19ème siècle n’en possède pas moins un modernisme surprenant. <strong>Une écriture bien à lui</strong> qui fait la singularité de cet auteur. De plus, le récit est énergique et nous emmène quasiment non stop au bout des 230 pages. En somme, un vrai plaisir. <em>La Maison-Livre</em> est donc une petite pépite unique en son genre, dont l’édition est fort soignée, comme toute les parutions du Chat Rouge. Les amoureux des livres y trouveront leur compte…
<h2>Sur le mur</h2>
Rien : juste un mur blanc immaculé
<h2>Dans la même veine</h2>
Je ne saurais quoi conseiller tant l’oeuvre de Gérald Duchemin est unique. Pour faire dans la facilité, je vous conseillerais simplement deux autres de ses œuvres. La novella <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-express-livres/romans/gerald-duchemin-la-laiteuse-et-son-chat/" target="_blank"><em>La Laiteuse et son Chat</em></a> (rééditée chez les Éditions du Chat Rouge) : on y retrouve cette blancheur obsédante. Puis, <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-livres/chroniques-romans/gerald-duchemin-chronique-de-carmelia/" target="_blank"><em>Carmélia</em></a> qui donne vie également à un objet inanimé, en l’occurrence, un appartement…
<h2>À propos de Gérald Duchemin</h2>
Gérald Duchemin est né en 1968 dans les Cévennes. C’est à l’âge de 21 ans qu’il se découvre une passion pour la littérature. Après des études en droit, il oriente son cursus vers une maîtrise de Lettres et prend goût pour l’écriture. Parmi ses auteurs de prédilection, on peut citer Cioran, Poe et Baudelaire.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Éditions Le Chat Rouge, 2012, 230 pages.</li>
</ul>
<h2>Liens et sources</h2>
<ul>
	<li><a href="http://www.lechatrouge.net/ouvragesChatRougeMAISONLIVRE.htm" target="_blank">La Maison-Livre sur le liste de l’éditeur</a></li>
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