L’argument
Une petite âme noire enfermée et tremblante se cogne contre les murs de sa prison, se cogne contre la vitre, les autres, contre le monde et éructe, crie, hurle tout en déroulant le monde, pointant malgré elle ses fulgurances et ses beautés dans ses recoins les plus insignifiants.
Genre littéraire
Poème en prose narratif et désaxé. Une histoire de poésie, une poésie dans l’histoire en ligne courbe, vers une chute finale.
Ça commence comme ça
Les feuillets qui vont suivre font le texte que tu as décidé de lire, éclats noirâtres d’une branche sans bourgeons tombée morte d’une étoile, éparpillés dans ta main, fumant encore. L’impression des insomnies, des labyrinthes, douloureux toujours une fois qu’on y est. Est-ce toi?
Avis personnel
La poésie, qui est au passage un fort vilain mot, se laisse difficilement attraper par la peau du cou. Les gens passent au travers sans même y penser. Et puis, parfois, une exception luit dans la pénombre, car l’esprit qui habite le poème crie et geint, comme une hantise, bien particulière, tangible et saisissable.
C’est ainsi que vous pourrez toucher du doigt la méchante petite voix qui habite ce long poème en prose, une voix capricieuse et violente, pleine de déraison, petit spectre décharné qui traîne au long des pages ses hardes et sa hargne sans se rende compte de la beauté qu’il soulève dans la poussière.
Méchants rêves l’enfant-haine est une histoire. C’est ce qui agite votre curiosité. Vous le voyez dormir, rêver, marcher, courir. Vus de vos yeux vus la méchante petite bête. Vous vous souvenez aussi d’avoir vibrer tout comme lui sous les passions adolescentes difformes et amères, l’immense cacophonie du monde, le déséquilibre, la haine, le nombrilisme de chambre et la volupté des voix qui chuchotent dans le noir.
Une poésie du corps, du sang, de la chair, des égratignures. Une poésie du corps, oui, mais un corps qui se bat contre les murs, contre le temps, contre les autres et qui rêve d’explosion, ou d’implosion selon son humeur. Vos mains ont tremblé aussi. Vous compatirez peut être si vous vous souvenez de ce temps là. Vous vous sentirez transportés, encore, sur ce flot d’énergie noire : les tourments du « je » déchirant sa misanthrope solitude.
C’est un méchant rêve, une méchante claque dont on se éveille un peu plus vivant, un peu plus conscient, voyant et aux aguets.
C’est ainsi que devrait être la poésie.
Le grain de sable
Méchants rêves, l’enfant-haine est un texte de jeunesse de l’auteur qui est plutôt admirateur de Christian Bobin: une référence assez étonnante au vu de la tonalité du texte.
Gramophone
L’auteur ne m’approuverait sans doute pas, mais je verrais bien son méchant petit personnage pogoter sur du Marilyn Manson : Coma white, Marilyn Manson, Mechanical Animals.
Sur le mur
Un Francis Bacon, étude pour un pape 1954, pour ses tonalités bleu, le chaos du corps et le cri.

Dans la même veine
Difficile de trouver un poète contemporain connu qui écrive dans la même veine que ce texte d’Etienne Monnier, mais peuvent sourdrent des références à Artaud, ou Rimbaud, juste en filigrane.
A propos d’Etienne Monnier
Etienne Monnier est un jeune poète. Méchants rêves l’enfant-haine est son premier recueil. Un prochain recueil, plus apaisé, est en préparation. A noter que le poète a un homonyme, poète lui aussi, mais dans un tout autre genre.
Références de l’ouvrage
Méchants rêves, l’enfant haine d’Etienne Monnier, Illustrations de Claire Corbin, 2004, Editions Donner à voir, 48 pages
Liens et sources
Le site des éditions Donner à voir, spécialisées dans la découverte et la promotion de nouveaux talents poétiques.




eh bien… voilà un sujet qui donne une méchante envie de se plonger corps et âme dans la lecture des ces poèmes… bravo pour le topic!
Cela me rappel 2 petites « nouvelles » publiées dans le catalogue d’Egone en 2003… quelques lignes d’un vécu foudroyant qui ont du passer inaperçues sur leurs petites fiches au format proche de cartes à jouer… apparemment introuvable ailleurs que sur cette production limité… je ne sais donc pas si cela doit être cherché ou même lu ici ou ailleurs…
Le site à la navigation fantomatique et confuse propose quelques lignes de la même trempe si on sait les trouver (si on sait trouver la patiente que ne donne généralement pas le net)
j’achète!
bon… déception! c’est cela que de ressortir un livre de poésie (genre mineur en France) des oubliettes, livre datant d’une époque d’avant le silex…
peut être faut il préciser que :
1 il est indisponible sur les sites qui donnaient la possibilité de le commander en ligne
2 qu’on le trouve apparemment encore sur des site douteux ou il faut imprimer soit même son bon de commande pour le renvoyer avec chèque à la boutique (comme il y a 10 ans en arrière) ce qui reste très pratique surtout lorsque l’on a pas d’imprimante.
bref, cela nourrie mon ressentiment… solutions?
3 sauter dans sa caisse, faire 20 bornes allez retour pour le commander dans une librairie ou jamais ils ne l’auront, attendre 1 semaine voir plus, si ils le trouvent, et faire à nouveau 20 bornes pour aller le chercher
ou 4 faire 80 bornes allez retour dans l’espoir d’avoir plus de chance dans une de ces grandes librairie de grande ville, ne pas le trouver quand même, et se fustiger de son mauvais calcul pour se rabattre sur la 3ème solution.
Bonjour Beherit, merci pour tes commentaires – ton enthousiasme fait plaisir à lire :)
Je te confirme qu’il faut passer par l’éditeur du livre, l’association Donner à voir, pour commander « Méchants rêves, l’enfant haine » (qui coûte 6,10€).
Effectivement on ne peut pas payer en ligne. Cependant, si tu n’as pas d’imprimante, je pense que tu peux recopier le bon de commande à la main et y joindre un chèque, cela fonctionnera j’en suis sûre! Tiens-nous au courant!
commande passée aujourd’hui même à la librairie La Portée des Mots de Salon, après quelques froncements de sourcils du libraires et quelques mots marmonnés dans sa barbe… je te dirais ça dans une semaine ;)
Le topic est très bien amené, le sujet, apparemment à même de parler à l’intime de certaines personnes… plus que de l’enthousiasme dans ces mots, vois y plutôt une expression de troubles bi-polaires ;)
Et puis comme je l’ai dit, cela m’a fais penser à 2 textes très touchants (car certainement très personnels) d’Egone sur l’enfance ô combien douloureuse de ces quelques « maudits », avec ses drames intimistes qui passeront pour complètement anodins pour beaucoup d’autres, voir justes incompréhensibles…
j’ai donc hâte maintenant de lire ce livre…
Ah oui, ces libraires m’ont contactée cet après-midi même pour savoir où ils pouvaient commander le livre! :-) Je suis contente que tu puisses te le procurer, il a l’air de beaucoup te plaire d’avance. Quand tu l’auras lu, tu viendras nous dire ce que tu en as pensé? :)
hum… post audacieux donc si l’on doit faire des pieds et des mains pour se procurer l’objet ;)
le problème est que je m’en fais une idée qui n’est peut être pas la bonne… se projeter ainsi, nourrir trop d’attentes, c’est s’exposer à la déception… enfin, je verrai bien.
bien entendu je laisserai un commentaire après l’avoir lu.
qu’est ce que c’est que cette histoire de libraire qui te contacte toi?… La portée des mots?… à Salon?… je ne comprends pas… enfin… peut importe. ;)
Mais ce n’est pas de notre fait si un ouvrage n’est pas disponible dans les circuits mainstream! ;-) On parle des oeuvres pour lesquelles on a eu un coup de coeur, et on ne se base pas sur le marketing de l’oeuvre en question… Pour toute doléance sur la difficulté de se procurer un livre, il faut voir directement avec l’éditeur.
bien entendu… et en l’occurrence, là on peut se le procurer… mais imagines que tu déterre un ouvrage que tu estimes grandement, quelque chose de pourtant méconnu, et la poésie étant ce qu’elle est en France, qu’il soit des plus difficile de le faire partager concrètement mis à part par ce post… tu vois la frustration ;)
tu aurais été obligée de m’envoyer ton exemplaire personnel après, ahah :)
Oui je sais bien… :-)
Note quand même qu’Hadre a indiqué dans son article le site web de l’éditeur, où tu peux précisément te procurer l’ouvrage (ce que tu as fait je crois).
… donc, petite info pour ceux qui comme moi voudraient se procurer ce bouquin… L’éditeur – dont j’ai noté qu’Hadre a indiqué dans son article le site web de l’éditeur ;) – n’est pas pressé? enclin? Désireux? de répondre aux sollicitations des libraires qui souhaitent se procurer leurs oeuvres… donc affaire à suivre… en insistant un peu, ils vont peut être finir par percuter…
2 semaines… finalement entendu… j’enrage… obtenu, lu… fatigué… épuisé… Au téléphone j’ai dis « super », pourquoi? oui, ok…
L’objet est petit… il semble léger, trop. Je voulais plus… plus d’épaisseur, plus d’encre, plus de mots… je veux plus! Le roi dit « nous voulons, mais j’égorgerai le roi pour prendre sa place!
« Hey Nom de D »… certaines pages ne sont pas imprimées!… j’en ai même moins…
« l’illustration » est… minimaliste… ou je ne sais pas. Elle est…
ou elle n’est pas vraiment pour me plaire en fait… mais en fait j’en sais trop rien et je m’en fous.
Une pointe de déception? peut être un peu. Un livre en PQ mauve (le même que celui des toilettes du Grain d’arôme! on s’en rend compte en y allant juste après, même si on le savait déjà)… usagé!… à moins que ce ne soit du papier recyclé… mouai… peut être… sans doute… enfin…
Opaque. Intimiste. Trop? Un poil… ou pas tant que ça… mais quand même. Y a t il du Cioran là dedans? j’en vois (je veux). Cela dit « Nous méprisons à juste titre ceux qui n’ont pas mis à profit leurs défauts, qui n’ont pas exploité leurs carences, et ne se sont pas enrichis de leurs pertes, comme nous méprisons tout homme qui ne souffre pas d’être homme ou simplement d’être »… alors je déteste… même la fêlure…
C’est autre chose, c’est personnel, mais cela fait échos dans le vide. On ne comprends pas tout mais on sais que ça vibre en nous. Là, quelque part à l’endroit qui menace de s’effondrer sur lui même, comme le bout de bois que l’on casserait afin que ses 2 extrémités s’embrassent. de quoi aurai je l’air si mon visage embrassait mes pieds? sans tour de contorsionniste je veux dire… simplement.
On sens le sang couler… l’hémorragie… mais pas assez.
Il y a le miroir, il y a les livres… comme chez Egone. Il y a son nom que l’on oubli parfois…
Définition de « Crue », Qui est humide et froid… entre autres… mais je retiens celle là.
Je retiens quelque chose d’autre aussi, « les mots coupent du monde »… n’y a t il pas du St Exupery dans cela?!… et le blond des champs de blé. c’est cela la solitude! La boule de tristesse qui gonfle dans votre gorge pour la remplir jusqu’à vous étouffer… Je hais Dieu… à moins que je ne me trompe… de toute façon il n’existe pas.
en fait c’est un peu tout ça… mais qu’importe, que vais je faire ce soir? On me presse… pour rien.
« à dire des mots, on se vide d’autre chose »
Lyrisme!… je dégueule!
Froid et humide c’est le Phlegme. C’est l’eau, l’hivers, le cerveau, et ce n’est pas moi… ou presque.
Me voici à répondre un peu tard à l’enthousiasme débordant de Béhérit : je suis heureuse, au moins, quelque soit ton approche finale du livre d’Etienne Monnier, qu’il t’ai remué à ce point. La poésie, pour tous ceux qui s’y intéressent, est toujours un sujet sensible et viscérale, bien moins gentillet que les profanes ne peuvent se l’imaginer. Pour conclure, l’article est passé sous les yeux attentifs d’Etienne Monnier en personne (qui a apprécié), dont je pense pouvoir bientôt relayer l’actualité.
j’ai bien aimé… contrairement à ce que mon post enfiévré (trop) laisse croire… du coup il n’a pas été suffisamment clair et on ne comprends rien si ce n’est que j’ai « quelque chose de pointu qui me rentre dans le cul et m’empêche de marcher » comme dirait l’autre pour faire aussi ici un peu de « poésie » sans être poète… ou de trivialité… je me suis dit après tout cela « certaines personnes versent dans l’art -qui sans doute une certaine forme de pathologie- et d’autres dans le ridicule, le vulgaire ou je ne sais trop quoi qui au lieu de toucher les autres ne fait que les bousculer de manière désagréable »… et cela m’ennuie… mais ce commentaire pathétique (habitude que je tiens visiblement à conserver en société) me semblait être dans le ton justement… pas très clair comme a pu l’être pour moi ce petit livre de poésie… mais je l’ai bien aimé… il m’a poussé d’ailleurs un peu plus loin dans la recherche de quelques petits textes sur la toile… ça fait du bien ces petits intermèdes… merci en tout cas…
d’ailleurs je ne peux que déplorer le manque de réactions sur ce genre de sujet… on ne peut être partout il est vrai… et aller chercher les choses demande de l’énergie… des efforts même parfois… aller chercher, demander, parler, échanger, au risque de se tromper, s’emporter, ne pas se comprendre, se rejeter… difficile.