L’argument Un étrange météorite dont la chute a de terribles conséquences, une ville portuaire au sombre passé semble abandonnée, les agissements sataniques de campagnards dissimulant une bien plus monstrueuse machination et des secrets horribles cachés au plus profond de la forêt… Quatre longues nouvelles d’épouvante. Genre littéraire Nouvelles monstrueuses ça commence comme ça La couleur tombée du ciel A l’ouest d’Arkham [...]

L’argument
Un étrange météorite dont la chute a de terribles conséquences, une ville portuaire au sombre passé semble abandonnée, les agissements sataniques de campagnards dissimulant une bien plus monstrueuse machination et des secrets horribles cachés au plus profond de la forêt… Quatre longues nouvelles d’épouvante.
Genre littéraire
Nouvelles monstrueuses
ça commence comme ça
La couleur tombée du ciel
A l’ouest d’Arkham les collines sont sauvages et il est des vallées dont les bois profonds n’ont jamais subi la hache. Il est d’étroites et sombres gorges où les arbres s’inclinent bizarrement, où de minces ruisselets filtrent sans avoir jamais reflété l’éclat du soleil. Sur les versants plus doux, d’antiques fermes branlantes aux chaumières trapues, couvertes de mousse, ruminent éternellement les vieux secrets de la Nouvelle-Angleterre à l’abri de grandes corniches rocheuses; mais toutes sont vides à présent, leurs larges cheminées s’effritent et leurs flancs recouverts de bardeaux bombent dangereusement sous les toits bas à double pente.
Avis personnel
Lectrice habituelle de Stephen King, je me suis lancée dans la lecture des oeuvres de Lovecraft tout naturellement, ayant entendu parler de cet auteur comme étant le créateur du genre d’épouvante.
Je me souviens encore avec précision de la première fois où j’ai lu Lovecraft. C’était l’été, je lisais près de la fenêtre, jouissant du soleil qui brillait avec éclat. Mais, au fur et à mesure que j’avançais dans le recueil, des frissons me parcouraient, le soleil semblait s’être voilé derrière des nuages, et mon coeur battait fortement.
Chaque fois que je lis Lovecraft, cette même sensation de terreur glacée revient, intacte. Même si je connais déjà le dénouement de l’histoire, rien à faire. Les frissons sont là.
La couleur tombée du ciel ne fait pas exception. La nouvelle éponyme plonge dans l’effroi le plus total, tant sa probabilité d’être réaliste est forte! Tant d’objets célestes parcourent l’espace… Qui sait, si l’un d’eux venait à percuter notre planète, s’il n’apporterait pas avec lui un organisme destructeur? L’abomination de Dunwich, Celui qui chuchotait dans les ténèbres et Le cauchemar d’Innsmouth se rejoignent dans le sens où des hommes pactisent avec… non pas le diable, mais bien pire encore! La terreur pure qui nous prend lorsque l’on est confronté aux monstres dépeints par Lovecraft ne vient pas de la description de ces créatures, mais de leur absence de description. Les effroyables êtres sont suggérés, parfois de manière poussée mais jamais de façon nette et détaillée, et ce flou ne fait qu’augmenter notre terreur.
Ce flou descriptif… mais aussi la part de réalisme présente. Savons-nous vraiment ce qui vit au plus profond des abysses, alors que nous n’en avons exploré qu’une infime partie? Savons-vous ce qui peut vivre aux confins de l’espace, ou ce qui a réellement pu se produire sur notre planète quand l’homme n’existait pas encore? Nul ne le sait avec certitude, et les hypothèses de Lovecraft sont des hypothèses parmi tant d’autres… De terrifiantes hypothèses!
Le grain de sable
La mythologie imaginée par Lovecraft est appelée “épouvante matérialiste” car, selon de nombreuses personnes, elle est cohérente et, surtout, scientifiquement plausible.
Gramophone
Le disque All mine enemys whispers d’Attrition
Sur le mur

Le cri d’Edvard Munch
Dans la même veine
Les autres oeuvres de Lovecraft, que l’on peut trouver en intégralité, en 3 volumes, chez Robert Laffont. Les Nombreuses vies de Cthulhu de Patrick Marcel (Les Moutons électriques, 2009), biographie du monstre créé par Lovecraft, écrite comme si Cthulhu avait réellement existé. Et les nouvelles Celui qui garde le ver (in Danse macabre, J’ai Lu, 2000) et Crouch End (in Rêves et cauchemars, Le Livre de Poche, 2006) de Stephen King, hommage du maître de l’horreur au précurseur de l’épouvante.
A propos de H. P. Lovecraft

Howard Phillips Lovecraft est né à Providence, aux Etats-Unis, en 1890. Il commence à rédiger des textes dès l’âge de six ans. Il se marie avec Sonia Haft Greene en 1924. Le jeune couple part à New York mais Lovecraft retourne seul à Providence en 1926. Il divorce quelques années plus tard. Atteint de troubles psychologiques, il écrit sans relâche et publie quelques textes, notamment dans le magazine pulp Weird Tales mais il ne parvient pas à vivre de sa plume, en raison de son écriture particulière et de son incapacité à entretenir des relations humaines normales. Il décède à Providence d’un cancer de l’intestin, en 1937. Il est aujourd’hui considéré comme le précurseur de la littérature matérialiste d’épouvante et le fondateur du mythe de Cthulhu. On peut lire ses écrits chez Folio SF : Par-delà le mur du sommeil (2002), La couleur tombée du ciel (2000), Dans l’abîme du temps (2000), Je suis d’ailleurs (2001). L’intégralité de ses oeuvres est disponible en 3 volumes dans la collection Bouquins de Robert Laffont (1991-1992).
Références de l’ouvrage
Editions Folio SF, 2000, 332 pages
Liens et sources
7 commentaires (ajoutez le vôtre)
Flux RSS des commentaires







tazxrr
27.10.09 #
voila un des rares livres de lovecraft que je n’ai pas lu, bien mal m’en prends! son univers est halluciné par des terreurs que l’on retrouve au plus profond de nous, les monstres enfouis dans les profondeurs de l’ocean .
perso, je recommande “dagon” !!!
Lullaby
28.10.09 #
Je note! :)
On retrouve d’ailleurs quelques références à Dagon dans l’une des nouvelles de ce recueil.
Et je plussoie totalement sur ce que tu dis de son univers!
tazxrr
6.11.09 #
dans chacune de ses oeuvres, on retrouve toujours son univers lovecraftien…..et ses monstres !!
Hadre
15.11.09 #
Jolie chronique.
Je ne sais pas si l’on peut parler de “terreur” à la lecture de Lovecraft (possible que le lectorat actuel soit un peu blasé), même si c’était un effet que recherchait l’auteur. Mais il ne s’agissait pas d’un sentiment de terreur au sens classique du terme (entre le dégout et le “bou! fais moi peur!”), mais de ce qu’il appelait la “terreur cosmique”, quelque chose de plus viscéral, plus intérieur, plus diffus et plus insaisissable.
Comme tu le dis très bien, c’est l’hypothèse que l’on formule ou recherche qui est effrayante.
[...] la plus vieille, la plus forte émotion ressentie par l’être humain, c’est la peur. Et la forme la plus puissante de cette peur, c’est la Peur de l’Inconnu.
H.P. Lovecraft : Supernatural Horror in Literature, 1927
crazzy93
31.12.09 #
Je trouve personnellement ce livre nul a cause de son manque d’action . De plus je n’étais pas du tout térrifiée en lisant cette nouvelle
Lullaby
17.01.10 #
@Hadre merci beaucoup de ton commentaire éclairant!
@crazzy93 : que tu n’aies pas aimé ce livre, je peux le comprendre (comme le souligne Hadre juste au-dessus, le lecteur d’aujourd’hui n’accroche pas forcément), moi-même je n’ai pas lu l’intégralité de son oeuvre (je n’ai pas accroché à ce point-là ^^), mais de là à dire qu’il est nul… Lovecraft est quand même considéré comme un maître en son genre, c’est donc un avis bien péremptoire!
tazxrr
17.01.10 #
c’est plus qu’evident qu’il y a un manque d’action…car ce n’est pas une oeuvre faite pour etre “vendue” ! j’ai toujours eu l’impression que lovecraft se contentais de décrire ce qu’il voyait au travers de sa fenetre , peut-etre celle de son ame . c’est d’ailleurs pour ça que l’on retrouve toujours le meme sujet dans ses livres, et pourquoi pas une part d’un secret disparu……..qui peu le dire maintenant !?