Collectif – Sorcières et sortilèges

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L’argument Une sorcière moderne se sert de ses sortilèges pour mener à bien son agence d’escort (Sorceress’ Business de Bettina Nordet), une apprentie sorcière constate que l’apprentissage de la magie passe parfois par de curieux chemins détournés (Mille et une senteurs d’Angélique Ferreira), du vaudou dans notre France moderne (Le Miroir au fond du puits [...]

L’argument

Une sorcière moderne se sert de ses sortilèges pour mener à bien son agence d’escort (Sorceress’ Business de Bettina Nordet), une apprentie sorcière constate que l’apprentissage de la magie passe parfois par de curieux chemins détournés (Mille et une senteurs d’Angélique Ferreira), du vaudou dans notre France moderne (Le Miroir au fond du puits de Vanessa Terral) ou encore l’époux inquiet d’une étrange femme (Le Mystérieux chat du moulin de Céline Guillaume)….  Neuf textes présentant différentes facettes de la sorcière.

Genre littéraire

Nouvelles ensorcelantes

ça commence comme ça

La Demoiselle d’Oakwood par Marianne Gellon
Oakwood, 1608
Le brasier baignait la place d’Oakwood de ses lueurs rougeoyantes et laissait courir des déferlantes d’ombres mouvantes le long des bâtisses ; ses flammes filaient droit vers le ciel, donnant l’impression de lécher les étoiles. Parfois, un morceau de bois plus vert que d’autres crépitait en générant des milliers d’étincelles colorées pour le plus grand plaisir des yeux. Les odeurs de fraîches venaisons et de graisses brûlées se mêlaient à celles des cendres, et on s’arrachait les pièces de carcasses fumantes. Les brocs de bière circulaient parmi la foule, les fûts étaient mis en perce les uns après les autres.

Avis personnel

Le collectif des Enfants de Walpurgis présente une anthologie consacrée à la figure de la sorcière. Figure ambivalente, aux visages multiples, usant de magie noire ou blanche, enveloppée de mystère et de puissance, telle est la sorcière, comme nous le rappelle la préface de Peggy Van Peteghem qui introduit admirablement l’anthologie. Elle rappelle, outre les principales caractéristiques de la sorcière, les poursuites et exécutions dont elle a fait l’objet. On trouvera d’ailleurs diverses facettes de la sorcière au cours de l’anthologie.

Dans La Demoiselle d’Oakwood de Marianne Gellon, on découvre une  courte histoire où le thème de la sorcière bénéfique mais pourchassée est mêlé au romantisme d’une idylle. Un beau texte qui m’a séduite immédiatement par sa fraîcheur et son romantisme tragique. Sorceress’ Business de Bettina Nordet possède un côté humoristique intéressant mais pas assez marqué à mon goût. Un deuil pour vengeance de Stéphane Soutoul révèle le danger qu’il y a à épouser une magicienne si l’on ne compte pas l’aimer jusqu’à la mort. Un texte poignant, sur un couple qui se déchire au fil des ans, et qui ne laissera personne indifférent. Jeux d’enfants d’Ambre Dubois possède la cruauté de ces jeux d’enfants, justement, et laisse des frissons glacés lors de son dénouement.  Suivent Mille et une senteurs d’Angélique Ferreira et La Forteresse de Nilhm d’Alexis Lorens qui m’ont peu marquée : le premier texte parce que, malgré d’intéressantes idées, l’écriture m’en a semblé encore un peu brouillonne, et le second car il était si confus que je n’y ai pas compris grand-chose… Deux fausses notes, donc, qui dénotent un peu auprès des autres textes.

Heureusement je suis arrivée ensuite au Miroir au fond du puits de Vanessa Terral, où la magie vaudou est particulièrement bien utilisée, servie par une écriture maîtrisée et une documentation solide. Un fort bon texte qui, à mes yeux, est le meilleur de l’anthologie! Coeur de cristal de Cécile Guillot évoque la recherche de la figure maternelle dans un style très fluide, et laisse le coeur serré. Enfin, pour clore cette anthologie, Le Mystérieux Chat du moulin de Céline Guillaume renoue de façon délicieuse avec les contes d’autrefois.

Au final, Sorcières et sortilèges est une anthologie des plus intéressantes par son sujet et dont les textes, bien que de qualité inégale, valent cependant le détour pour qui souhaite lever un peu le voile sur cette femme mystérieuse qu’est la sorcière et nous promènent à travers une large palette d’émotions.

Le grain de sable

Le nom du collectif à l’origine de cet ouvrage n’a pas été choisi par hasard : la nuit de Walpurgis était en effet considérée comme date de sabbat des sorcières.

Gramophone

The Sorceress de Trobar de Morte, qui évoque parfaitement bien cette femme mystérieuse et puissante qu’est la sorcière.

Sur le mur

Bewitching de Jessica Galbreth

Dans la même veine

On peut croiser diverses sorcières dans  Les ensorceleuses d’Alice Hoffman (J’ai Lu, 1999), Circé magicienne d’Homère, La Sorcière du mois d’avril de Ray Bradbury et Un Bonbon pour une bonne petite de Robert Bloch (in Fées, sorcières ou diablesses, dirigée par Barbara Sadoul, Librio, 2002), le cycle des Dames du lac de Marion Zimmer Bradley (7 vol., le Livre de Poche, 2007-2009), D’après les Livres d’Alice Redfearn de Gary A. Braunbeck, Refuge de Ken Rand et Quand frappe l’horloge de Tanith Lee (in Lilith et ses soeurs, dirigé par Léa Silhol, L’Oxymore, 2001) ou encore dans les contes de Grimm et de Perrault (éditions du Chêne, 2006).

Références

Présenté et publié par Les Enfants de Walpurgis, 2010, 230 pages.

Note personnelle:
★★★½☆

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