Morse de Tomas Alfredson

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Låt den rätte komma in Un film Suédois de Tomas Alfredson Grand Prix au Festival de Gérardmer 2009. Ou quelques taches vermeilles sur le blanc de la neige  Un récit de « vampires » comme on en connaît peu et qui ravit même les non-amateurs du genre de par sa sensibilité particulière. Vampires entre guillemets car même si c’est sur [...]

Låt den rätte komma in

Un film Suédois de Tomas Alfredson Grand Prix au Festival de Gérardmer 2009.

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Ou quelques taches vermeilles sur le blanc de la neige

 Un récit de « vampires » comme on en connaît peu et qui ravit même les non-amateurs du genre de par sa sensibilité particulière. Vampires entre guillemets car même si c’est sur cette particularité qu’est construit le film et qu’elle joue un rôle primordial dans l’histoire, ce n’est pas non plus ce qui est mis en avant ici. Morse est avant toute chose touchant et beau, et cela même loin de toute vision « romantique » du mythe du vampire, ou plutôt « gothique » devrait on dire ici, car l’amour contrarié reste tout de même une des problématiques abordées.

Un gamin de 12 ans, solitaire et souffre douleur d’une bande de « terreurs » de sa classe, vivant dans le décors sordide de la banlieue de Stockolm, fait la connaissance d’une fille « plus ou moins » de son âge, nouvelle arrivante de son quartier, au comportement et aux paroles étranges. Préoccupé à ressasser ses désirs de vengeance  tout au long de son quotidien, le contact avec la nouvelle arrivante n’est pas tout de suite facile, bien que d’emblée évident par ses non-dits et leur solitude toute aussi évidente.

 

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Morse est un film saisissant, avec l’amour naissant entre ces deux « enfants » avec tout ce qu’il a de frais et d’innocent à cet âge là, même si l’un des deux a « 12 ans depuis longtemps » et qu’il y a une violence certaine instaurée par la jeune fille qui entoure leur  relation. Cela donne au final quelques scènes touchantes de tendresse et de maladresse, et sans doute la réussite de ce film réside dans l’empathie qu’il parviens à susciter chez le spectateur.

 

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Les acteurs sont bien choisis, et la jeune fille a beaucoup de charme sans être belle, c’est sans doute l’idée que l’on peu se faire de ce genre de créature, à la fois humaine et animale, attirante et inquiétante, enfant mais bien plus que ça. Son personnage renferme étonnamment bien ces deux facettes, qui ne sont pourtant pas contradictoires, mais ici tellement bien montrées qu’elles pourraient presque sembler étrangères l’une à l’autre dans cette même personne. La voix et l’aspect subtilement changeant de la fille selon les situations (manque, agressivité) sont d’un effet remarquable (les yeux bénéficient sans doute parfois d’une légère retouche qui leur donnent cette expressivité saisissante).

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Enfin, les paysages contribuent à renforcer l’atmosphère générale, c’est calme, blanc, peu peuplé, isolé. Ce sont les années 80, et il ne s’y passe pas grand chose. Des « petites gens » y mènent juste leur « petite vie » à la fois simple, dure, et cruelle. Pas d’action, pas d’autre forme de violence physique qu’hors caméra pour ainsi dire. On est dans les sentiments, dans le ressenti, pas dans le voyeurisme. Ce qui en fait, au final et à mon sens, un très beau film.

Un petit bémol tout de même, mais minime : l’entrée en scène de la jeune fille, un peu trop « caricaturale » à mon sens, accompagnée d’une retouche d’image qui se fait (trop?) sentir alors qu’elle ne me semblait pas vraiment nécessaire à ce moment (mais sans doute est ce là la volonté du réalisateur). Enfin, rien de bien méchant puisque les effets visuels suivant sont, quand à eux, plutôt bien dosés.

A voir donc, vous l’aurez compris, même s’il n’a été apparemment qu’assez mal distribué à part dans de rares cinémas d’art et d’essai, à ne pas louper la sortie DVD.

Références

  • Acteurs : Kåre Hedebrante (Oskar), Lina Leandersson (Eli)
  • Année : 2008
  • Durée : 1h54
  • Pays : Suède

Le site du film.

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  1. Alexandra Mesquita

    Ayant beaucoup aimé le film, je me suis procurée le livre dont l’histoire s’est inspirée… Comment dire… Tout est bien moins sage qu’à l’écran.

  2. Il s’agit sans doute ici du film de vampire de la décennie, une œuvre à laquelle on ne s’attendait pas et qui cristallise une vision du vampire aussi moderne qu’efficace.

    La photographie est sublime (les teintes bleutées appuient avec force la froideur climatique et la froideur de l’histoire), la bande son incroyablement bien pensée, les acteurs sublimes (les deux acteurs principaux campent leur rôle à la perfection). De la part d’un réalisateur qui n’avait jamais touché de près ou de loin ni au film de vampire, ni au sens plus large au film fantastique, Morse est un coup de génie.

    Le livre, qui doit normalement finir par arriver par chez nous, est encore plus riche que le film à ce qu’il paraît, car celui-ci se consacre à quelques-uns des arcs qui constituent le texte original.

    Morse est un de mes coup de coeurs cinéma de 2009, le genre de film qui sidère, passionne et impressionne l’amateur de cinéma vampirique que je crois être.

    Une merveille.

  3. c’est moi où ils ne sont pas décidés à le sortir en DVD en France?!

  4. Le dvd zone 1 est sorti mais je n’ai rien lu sur la zone 2. Comme tu l’avais précisé le film n’avait déjà pas été distribué dans beaucoup de salles en france, sa distribution en dvd risque malheureusement d’être aussi un peu difficile… à voir.

  5. Pour le zone 2, il était initialement prévu en novembre 2009 et semble repoussé à février 2010. Il s’agit de la traduction du livre vendue avec le DVD, à paraître aux éditions Télémaque.

  6. Svartalflur

    Superbe film. Mon coup de coeur de l’année. Merci à cette chronique qui me l’a fait connaitre.

    Je suis toujours fâché avec le jeu des enfants-acteurs hormis quelques exceptions. Mais ici ils semblent si naturels. Et toute cette atmosphère nordique, la banlieue suédoise la nuit, avec une histoire aussi sombre, belle et présentée.de manière si peu commune.

    Rah!

  7. Midnight-Nox

    Réécriture du mythe vampirique parfaitement maîtrisé. L’atmosphère du film colle au livre: le froid, les années 80, l’innocence d’Oscar et le danger sous-jacent de la jeune pas si jeune-vampire. Les effets spéciaux sont utilisés avec parcimonie, et c’est tant mieux!

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