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	<title>La Lune Mauve &#187; Chroniques films</title>
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	<description>Webzine culturel onirique, dédié à la culture pop et underground : chroniques d&#039;albums, chroniques de livres, chroniques de films, et communauté francophone passionnée.</description>
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		<title>Richard Donner - Ladyhawke</title>
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		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/richard-donner-ladyhawke/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 13:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lullaby</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[fantasy]]></category>
		<category><![CDATA[métamorphose]]></category>
		<category><![CDATA[Michelle Pfeiffer]]></category>
		<category><![CDATA[Richard Donner]]></category>
		<category><![CDATA[Rutger Hauer]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/ladyhawke_affiche-206x319.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de Ladyhawke de Richard Donner" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Philippe Gaston, jeune garçon qui a été emprisonné pour vol, parvient à s'échapper des géôles du donjon d'Aquila. Durant sa fuite, il croise la route d'Étienne de Navarre et son faucon, qui semble lui aussi être recherché par la garde d'Aquila. Au fil des jours, Philippe découvre que le faucon, la nuit, devient une belle jeune femme tandis qu'Étienne se change en loup. Ces métamorphoses sont dues au cruel évêque d'Aquila, celui-là même qui désire aussi la mort de Philippe. Bien malgré lui, le garçon va donc se retrouver pris dans l'histoire tragique des deux amants maudits.
<h2>Bande-annonce</h2>
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QEh0kwDqZZ0[/youtube]
<h2>Critique personnelle</h2>
<em>Ladyhawke </em>est sorti  la même année que <em>Les Goonies</em>, les deux films étant réalisés par Richard Donner et les deux étant devenus, depuis, <strong>des films cultes</strong>. Dans le cas de <em>Ladyhawke</em>, la présence d'acteurs, reconnus depuis, a également participé à cette empreinte dans le temps. On notera ainsi la présence de <strong>Rutger Hauer, qui incarnait un replicant dans </strong><em><strong>Blade Runner</strong> (</em>Ridley Scott, 1982) et qui joue Étienne de Navarre, rôle bien différent qui lui permet de montrer une autre facette de son jeu d'acteur.

À noter aussi la présence de <strong>Matthew Broderick</strong> (dans le rôle de Philippe Gaston) qui eut son premier grand rôle avec ce film. Enfin, on ne présente plus <strong>Michelle Pfeiffer</strong> (Isabeau d'Anjou), qui elle aussi, à l'époque de <em>Ladyhawke</em>, n'était pas encore la célèbre actrice que l'on connaît.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/ladyhawke_3.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-5618" alt="Etienne de Navarre (Rutger Hauer) et Ladyhawke (Ladyhawke, de Richard Donner)" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/ladyhawke_3-420x276.jpg" /></a>

Pour ma part, j'avoue un certain penchant pour le thème des métamorphes. Aussi ne pouvais-je pas passer à côté de ce film qui présente <strong>un homme et une femme se changeant respectivement en loup et en faucon</strong>. Sauf que l'un se transforme la nuit, l'autre le jour. 

<strong>« Toujours ensemble, à jamais séparés »</strong>, telle est leur malédiction, à ces deux amants dont le seul crime est de s'aimer. La faute à l'évêque d'Aquila dont le calme apparent dissimule cruauté et envie, deux traits bien peu catholiques. C'est lui qui jeta le sort au couple, car il désirait lui aussi Isabeau.

Cette <strong>histoire d'amour contrariée</strong> apporte toute la dimension émotionnelle au film mais <em>Ladyhawke</em> est loin d'être un simple film romantique.Le personnage de Philippe Gaston, avec son humour et ses répliques à la fois sérieuses et drôles, propres à son jeune âge et son passif de garnement, amène un bel équilibre au film.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/ladyhawke_1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-5619" alt="Philippe Gaston (Matthew Broderick) dans Ladyhawke de Richerd Donner" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/ladyhawke_1-420x286.jpg" /></a>

Le public français sera par ailleurs ravi de constater que, ce qui est plutôt rare dans un film de <em>fantasy</em> produit par une équipe américaine, l'action est sise dans une région dont le nom ainsi que les patronymes des personnages ont <strong>des consonances françaises</strong>.

Les acteurs, en VO, s'appliquent d'ailleurs à les prononcer correctement. Et si les effets spéciaux se font discrets, les costumes un peu trop neufs pour paraître authentiques, les sublimes paysages traversés, très naturels, apportent une touche de merveilleux sans qu'ils aient été modifiés numériquement. <strong>Un régal pour les yeux !</strong>

<em>Ladyhawke</em> rassemble donc tous les ingrédients pour continuer à être vu et revu malgré son ancienneté : amour malheureux, humour, effets spéciaux peu présents donc qui ne risquent pas de paraître vieillis et surtout, surtout, cette sublime et poignante histoire de deux êtres qui s'aiment mais ne peuvent jamais vraiment être ensemble. <strong>Inoubliable.</strong>

<h2>Le grain de sable</h2>

La bande originale, très moderne malgré l'atmosphère médiévale du récit, a été composée par Andrew Powell qui fut membre du groupe de rock progressif <a href="http://www.the-alan-parsons-project.com/">The Alan Parsons Project</a>. Plusieurs des musiciens interprétant la dite bande originale sont aussi des anciens membres de ce groupe.

<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Acteurs : Rutger Hauer, Michelle Pfeiffer, Matthew Broderick</li>
	<li>Année : 1985</li>
	<li>Durée : 2h01</li>
	<li>Pays : Etats-Unis</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/01/ladyhawke_affiche-206x319.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de Ladyhawke de Richard Donner" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Philippe Gaston, jeune garçon qui a été emprisonné pour vol, parvient à s'échapper des géôles du donjon d'Aquila. Durant sa fuite, il croise la route d'Étienne de Navarre et son faucon, qui semble lui aussi être recherché par la garde d'Aquila. Au fil des jours, Philippe découvre que le faucon, la nuit, devient une belle jeune femme tandis qu'Étienne se change en loup. Ces métamorphoses sont dues au cruel évêque d'Aquila, celui-là même qui désire aussi la mort de Philippe. Bien malgré lui, le garçon va donc se retrouver pris dans l'histoire tragique des deux amants maudits.
<h2>Bande-annonce</h2>
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QEh0kwDqZZ0[/youtube]
<h2>Critique personnelle</h2>
<em>Ladyhawke </em>est sorti  la même année que <em>Les Goonies</em>, les deux films étant réalisés par Richard Donner et les deux étant devenus, depuis, <strong>des films cultes</strong>. Dans le cas de <em>Ladyhawke</em>, la présence d'acteurs, reconnus depuis, a également participé à cette empreinte dans le temps. On notera ainsi la présence de <strong>Rutger Hauer, qui incarnait un replicant dans </strong><em><strong>Blade Runner</strong> (</em>Ridley Scott, 1982) et qui joue Étienne de Navarre, rôle bien différent qui lui permet de montrer une autre facette de son jeu d'acteur.

À noter aussi la présence de <strong>Matthew Broderick</strong> (dans le rôle de Philippe Gaston) qui eut son premier grand rôle avec ce film. Enfin, on ne présente plus <strong>Michelle Pfeiffer</strong> (Isabeau d'Anjou), qui elle aussi, à l'époque de <em>Ladyhawke</em>, n'était pas encore la célèbre actrice que l'on connaît.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/ladyhawke_3.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-5618" alt="Etienne de Navarre (Rutger Hauer) et Ladyhawke (Ladyhawke, de Richard Donner)" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/ladyhawke_3-420x276.jpg" /></a>

Pour ma part, j'avoue un certain penchant pour le thème des métamorphes. Aussi ne pouvais-je pas passer à côté de ce film qui présente <strong>un homme et une femme se changeant respectivement en loup et en faucon</strong>. Sauf que l'un se transforme la nuit, l'autre le jour. 

<strong>« Toujours ensemble, à jamais séparés »</strong>, telle est leur malédiction, à ces deux amants dont le seul crime est de s'aimer. La faute à l'évêque d'Aquila dont le calme apparent dissimule cruauté et envie, deux traits bien peu catholiques. C'est lui qui jeta le sort au couple, car il désirait lui aussi Isabeau.

Cette <strong>histoire d'amour contrariée</strong> apporte toute la dimension émotionnelle au film mais <em>Ladyhawke</em> est loin d'être un simple film romantique.Le personnage de Philippe Gaston, avec son humour et ses répliques à la fois sérieuses et drôles, propres à son jeune âge et son passif de garnement, amène un bel équilibre au film.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/ladyhawke_1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-5619" alt="Philippe Gaston (Matthew Broderick) dans Ladyhawke de Richerd Donner" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2013/03/ladyhawke_1-420x286.jpg" /></a>

Le public français sera par ailleurs ravi de constater que, ce qui est plutôt rare dans un film de <em>fantasy</em> produit par une équipe américaine, l'action est sise dans une région dont le nom ainsi que les patronymes des personnages ont <strong>des consonances françaises</strong>.

Les acteurs, en VO, s'appliquent d'ailleurs à les prononcer correctement. Et si les effets spéciaux se font discrets, les costumes un peu trop neufs pour paraître authentiques, les sublimes paysages traversés, très naturels, apportent une touche de merveilleux sans qu'ils aient été modifiés numériquement. <strong>Un régal pour les yeux !</strong>

<em>Ladyhawke</em> rassemble donc tous les ingrédients pour continuer à être vu et revu malgré son ancienneté : amour malheureux, humour, effets spéciaux peu présents donc qui ne risquent pas de paraître vieillis et surtout, surtout, cette sublime et poignante histoire de deux êtres qui s'aiment mais ne peuvent jamais vraiment être ensemble. <strong>Inoubliable.</strong>

<h2>Le grain de sable</h2>

La bande originale, très moderne malgré l'atmosphère médiévale du récit, a été composée par Andrew Powell qui fut membre du groupe de rock progressif <a href="http://www.the-alan-parsons-project.com/">The Alan Parsons Project</a>. Plusieurs des musiciens interprétant la dite bande originale sont aussi des anciens membres de ce groupe.

<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Acteurs : Rutger Hauer, Michelle Pfeiffer, Matthew Broderick</li>
	<li>Année : 1985</li>
	<li>Durée : 2h01</li>
	<li>Pays : Etats-Unis</li>
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		<title>Neil Jordan - La&#160;Compagnie des loups</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/neil-jordan-la-compagnie-des-loups/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/neil-jordan-la-compagnie-des-loups/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Jan 2013 10:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lullaby</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[fantasy]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Neil Jordan]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/lacompagniedesloups_affiche-206x279.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de &quot;La Compagnie des loups&quot; de Neil Jordan" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Rosaleen est une jeune fille, pas encore femme, plus vraiment une enfant. Elle dort, du rouge à ses lèvres. Dans ses rêves, elle est la fille d'un couple de paysans, vivant dans un minuscule village au milieu des bois. Des bois que traversent des sentiers dont il ne faut surtout pas s'égarer, au risque de tomber sur les loups…

Loups contre lesquels la grand-mère de Rosaleen, qui vit à l'écart du village, ne cesse de mettre en garde. Car il y a toutes sortes de loups, et bien souvent ils cachent leur fourrure sous la peau d'un homme ou d'une femme, au prix d'un sort, d'un pacte avec le Diable, ou bien d'une simple nature sauvage innée. Mais Rosaleen, qui grandit et découvre les jeux des adultes, se demande s'il y a vraiment lieu de craindre les loups.
<h2>Bande-annonce</h2>
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=cALP7SVM7A0[/youtube]
<h2>Critique personnelle</h2>
En 1984 sort sur les écrans <em>La Compagnie des loups</em>, long-métrage d'un réalisateur irlandais encore inconnu du grand public. Mais <strong>cette adaptation d'une nouvelle d'Angela Carter</strong>, parue dans le recueil éponyme (pour l'édition française) lui vaut d'être remarqué. Plus tard, Neil Jordan réalisera brillamment une autre adaptation, celle du roman <em>Entretien avec un vampire</em> d'Anne Rice, mais pour le moment, penchons-nous plutôt sur <em>La Compagnie des loups</em> et le récit qui l'a inspiré.

Dans son recueil (<cite>The Bloody Chamber and Other Stories</cite> en VO, mais traduit <em>La Compagnie des loups</em> en français), Angela Carter réécrit plusieurs contes connus pour en révéler les symboles profonds, qui ont été édulcorés dans les versions enfantines publiées de nos jours.

<strong>Car les contes originels n'étaient pas innocents.</strong> Chargés de métaphores, ils évoquaient la quête de soi, <strong>le cheminement vers l'âge adulte</strong> (au travers notamment de la sexualité), la violence et la mort.

Dans l'histoire intitulée <em>La Compagnie des loups</em>, Angela Carter reprend le célèbre <em>Petit Chaperon rouge</em>, conte qui a connu de nombreuses versions. Si celle la plus connue est celle où, à la fin, le loup est tué et tout est bien qui finit bien, il existe plusieurs versions où la fillette finit au lit avec le loup, ou bien mange la viande qu'il lui propose sans savoir qu'il s'agit des restes de sa grand-mère, ou encore termine dans l'estomac du canidé. Autant de versions plus violentes que le conte originel, mais qui en ont conservé la métaphore : <strong>le parcours d'une fillette à la puberté</strong>, qui découvre la sexualité alors que ses règles arrivent.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company_of_wolves1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-5318" alt="Rosaleen (Sarah Patterson) dans La Compagnie des loups" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company_of_wolves1.png" /></a>

C'est cette symbolique-là qu'a repris l'auteur, mêlée à la thématique de la liberté, et Angela Carter étant scénariste sur le film, on retrouve cette métaphore tout au long du long-métrage. Couleur rouge du châle concocté par la grand-mère, du fard que Rosaleen appose sur ses lèvres (celle qui dort le chipe à sa soeur aînée, celle rêvée le trouve dans un nid), du sang sur la neige laissé par le chasseur… <strong>Le rouge, couleur du sang</strong> (menstruel ou de la virginité perdue), <strong>couleur du désir, couleur du sexe.</strong> Les symboles de cette sexualité qui s'éveille apparaissent aussi via les images, chrétiennes, de la pomme mordue (le fruit défendu) et du serpent qui apparaît, discret.

Mais Rosaleen, qui découvre les jeux de la séduction en jouant au chat et à la souris avec un jeune villageois, est aussi farcie d'histoires par sa grand-mère, qui ne cesse de la mettre en garde : ne jamais manger une pomme tombée à terre, ne jamais s'écarter du sentier lors de la traversée de la forêt, ne jamais faire confiance à un homme dont les sourcils se rejoignent.

La métaphore du chemin dont il ne faut pas s'écarter est assez évidente, d'autant plus que la jeune fille enfreint plus d'une fois cette consigne. Quant à la dernière recommandation, elle s'inscrit dans les nombreuses histoires de loups racontées par l'aïeule, qui cherche à inculquer en sa petite-fille la peur de cet animal… s'il s'agit bien de l'animal ! La peur du loup a une signification sous-jacente bien connue !

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company-of-wolves2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5320" alt="Homme et loup à la fois, dans La Compagnie des loups" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company-of-wolves2.jpg" /></a>

S'ajoutent à cela la mort de la sœur aînée, au tout début du rêve – <strong>la jalousie sororale</strong> est aussi esquissée, car la rivalité féminine est partie prenante aussi dans l'éveil sexuel de la cadette ; la présence d'araignées dont Rosaleen n'a nulle peur (parce qu'elle tisse sa propre toile ? Ignore qu'elle file dans un piège ? Est aussi prédatrice dans l'âme ?) ; la découverte d'un nid dissimulant miroir, rouge à lèvres et où, lorsqu'un oeuf éclot, en sort une figurine d'enfant qui pleure… Attributs de coquetterie féminine et figuration de la maturité sexuelle de Rosaleen (qui peut désormais avoir des enfants), <strong>encore des symboles !</strong>

Mais restons-en là pour le décorticage du film. <strong><em>La Compagnie des loups</em>, c'est avant tout un merveilleux et horrifique film</strong>. Un véritable conte, pétri d'onirisme et d'images symboliques. Une histoire prenante, <strong>ensorcelante</strong>, où l'on est enchanté par les décors, les trouvailles, horrifié par les transformations, sanglantes, d'hommes en loups, amusé par certaines scènes et saynètes (l'histoire de la sorcière, par exemple, qui recèle aussi un tout autre message que celui de la puberté).

L'éveil à la sexualité de Rosaleen y est fort bien représenté par des métaphores claires et <strong>une interprétation toute en fraîcheur et sincérité</strong> (l'actrice est une débutante qui a été sélectionnée suite à un casting dans des lycées anglais). La grand-mère est campée par une Angela Lansbury toute en amabilité et fermeté. Les effets spéciaux, qui sont un peu datés, n'en ont que plus de charmes. Les métamorphoses pourraient être kitsch si elles ne s'accompagnaient pas d'expressions de souffrance intense par le métamorphosé. Celle de la première saynète, notamment, rappelle que le film appartient au genre de la fantasy horrifique. Pour devenir loup, l'homme s'arrache littéralement de sa peau d'être humain… ce qui ne va pas sans douleur, on s'en doute bien.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company_of_wolves3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5319" alt="Rosaleen et le chasseur" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company_of_wolves3.jpg" /></a>

Enfin, n'oublions pas le chasseur ! Qui n'a rien à voir avec celui, sauveur et tueur de loup, de la version du conte bien connu. Comme je l'ai mentionné plus haut, <em>La Compagnie des loups</em> retire les lissages effectués sur le conte pour en révéler à nouveau le cœur de l'histoire. Sa signification première. Et vu le nombre d'histoires de loups évoquées, vu aussi la fascination qu'ils exercent sur Rosaleen, l'identité du chasseur n'a au final rien d'étonnant… et Rosaleen, d'ailleurs, se révélera plus attirée par lui que par le jeune et maladroit villageois !

<strong>La scène finale du rêve est une vraie merveille.</strong> Plus qu'une ode à la sexualité féminine libre et sauvage, c'est <strong>une ôde à la femme indépendante, libre de ses choix</strong> (notamment de partenaire), libre d'envoyer valser les conventions étriquées. Après tout, c'est en s'écartant du sentier que Rosaleen va de découverte merveilleuse en inquiétante (mais si séduisante !) rencontre.

Quant au final du film, il apparaîtra obscur à plus d'un. Moi la première. Mais n'oublions pas… <em>La Compagnie des loups</em>, plus qu'un conte revisité, <em>est</em> un conte. Et comme dans tout conte, l'on y avance dans « une forêt de symboles ». Et il y aurait encore beaucoup à dire, beaucoup de pistes à creuser dans ce film décidément très riche, aussi divertissant que plein d'enseignements. Comme les histoires d'autrefois.
<h2>Le grain de sable</h2>
La vision de la sexualité féminine associée au loup n'a pas été sans me rappeler l'ouvrage de Clarissa Pinkola-Estès, <em>Femmes qui courent avec les loups</em>, qui invite les lectrices à renouer avec leur essence profonde à travers le décryptage de plusieurs contes.
<h2>Références</h2>
Acteurs : Sarah Patterson, Angela Lansbury, Stephen Rea
Année : 1984
Durée : 1h31
Pays : Royaume-Uni</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/lacompagniedesloups_affiche-206x279.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de &quot;La Compagnie des loups&quot; de Neil Jordan" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Rosaleen est une jeune fille, pas encore femme, plus vraiment une enfant. Elle dort, du rouge à ses lèvres. Dans ses rêves, elle est la fille d'un couple de paysans, vivant dans un minuscule village au milieu des bois. Des bois que traversent des sentiers dont il ne faut surtout pas s'égarer, au risque de tomber sur les loups…

Loups contre lesquels la grand-mère de Rosaleen, qui vit à l'écart du village, ne cesse de mettre en garde. Car il y a toutes sortes de loups, et bien souvent ils cachent leur fourrure sous la peau d'un homme ou d'une femme, au prix d'un sort, d'un pacte avec le Diable, ou bien d'une simple nature sauvage innée. Mais Rosaleen, qui grandit et découvre les jeux des adultes, se demande s'il y a vraiment lieu de craindre les loups.
<h2>Bande-annonce</h2>
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=cALP7SVM7A0[/youtube]
<h2>Critique personnelle</h2>
En 1984 sort sur les écrans <em>La Compagnie des loups</em>, long-métrage d'un réalisateur irlandais encore inconnu du grand public. Mais <strong>cette adaptation d'une nouvelle d'Angela Carter</strong>, parue dans le recueil éponyme (pour l'édition française) lui vaut d'être remarqué. Plus tard, Neil Jordan réalisera brillamment une autre adaptation, celle du roman <em>Entretien avec un vampire</em> d'Anne Rice, mais pour le moment, penchons-nous plutôt sur <em>La Compagnie des loups</em> et le récit qui l'a inspiré.

Dans son recueil (<cite>The Bloody Chamber and Other Stories</cite> en VO, mais traduit <em>La Compagnie des loups</em> en français), Angela Carter réécrit plusieurs contes connus pour en révéler les symboles profonds, qui ont été édulcorés dans les versions enfantines publiées de nos jours.

<strong>Car les contes originels n'étaient pas innocents.</strong> Chargés de métaphores, ils évoquaient la quête de soi, <strong>le cheminement vers l'âge adulte</strong> (au travers notamment de la sexualité), la violence et la mort.

Dans l'histoire intitulée <em>La Compagnie des loups</em>, Angela Carter reprend le célèbre <em>Petit Chaperon rouge</em>, conte qui a connu de nombreuses versions. Si celle la plus connue est celle où, à la fin, le loup est tué et tout est bien qui finit bien, il existe plusieurs versions où la fillette finit au lit avec le loup, ou bien mange la viande qu'il lui propose sans savoir qu'il s'agit des restes de sa grand-mère, ou encore termine dans l'estomac du canidé. Autant de versions plus violentes que le conte originel, mais qui en ont conservé la métaphore : <strong>le parcours d'une fillette à la puberté</strong>, qui découvre la sexualité alors que ses règles arrivent.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company_of_wolves1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-5318" alt="Rosaleen (Sarah Patterson) dans La Compagnie des loups" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company_of_wolves1.png" /></a>

C'est cette symbolique-là qu'a repris l'auteur, mêlée à la thématique de la liberté, et Angela Carter étant scénariste sur le film, on retrouve cette métaphore tout au long du long-métrage. Couleur rouge du châle concocté par la grand-mère, du fard que Rosaleen appose sur ses lèvres (celle qui dort le chipe à sa soeur aînée, celle rêvée le trouve dans un nid), du sang sur la neige laissé par le chasseur… <strong>Le rouge, couleur du sang</strong> (menstruel ou de la virginité perdue), <strong>couleur du désir, couleur du sexe.</strong> Les symboles de cette sexualité qui s'éveille apparaissent aussi via les images, chrétiennes, de la pomme mordue (le fruit défendu) et du serpent qui apparaît, discret.

Mais Rosaleen, qui découvre les jeux de la séduction en jouant au chat et à la souris avec un jeune villageois, est aussi farcie d'histoires par sa grand-mère, qui ne cesse de la mettre en garde : ne jamais manger une pomme tombée à terre, ne jamais s'écarter du sentier lors de la traversée de la forêt, ne jamais faire confiance à un homme dont les sourcils se rejoignent.

La métaphore du chemin dont il ne faut pas s'écarter est assez évidente, d'autant plus que la jeune fille enfreint plus d'une fois cette consigne. Quant à la dernière recommandation, elle s'inscrit dans les nombreuses histoires de loups racontées par l'aïeule, qui cherche à inculquer en sa petite-fille la peur de cet animal… s'il s'agit bien de l'animal ! La peur du loup a une signification sous-jacente bien connue !

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company-of-wolves2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5320" alt="Homme et loup à la fois, dans La Compagnie des loups" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company-of-wolves2.jpg" /></a>

S'ajoutent à cela la mort de la sœur aînée, au tout début du rêve – <strong>la jalousie sororale</strong> est aussi esquissée, car la rivalité féminine est partie prenante aussi dans l'éveil sexuel de la cadette ; la présence d'araignées dont Rosaleen n'a nulle peur (parce qu'elle tisse sa propre toile ? Ignore qu'elle file dans un piège ? Est aussi prédatrice dans l'âme ?) ; la découverte d'un nid dissimulant miroir, rouge à lèvres et où, lorsqu'un oeuf éclot, en sort une figurine d'enfant qui pleure… Attributs de coquetterie féminine et figuration de la maturité sexuelle de Rosaleen (qui peut désormais avoir des enfants), <strong>encore des symboles !</strong>

Mais restons-en là pour le décorticage du film. <strong><em>La Compagnie des loups</em>, c'est avant tout un merveilleux et horrifique film</strong>. Un véritable conte, pétri d'onirisme et d'images symboliques. Une histoire prenante, <strong>ensorcelante</strong>, où l'on est enchanté par les décors, les trouvailles, horrifié par les transformations, sanglantes, d'hommes en loups, amusé par certaines scènes et saynètes (l'histoire de la sorcière, par exemple, qui recèle aussi un tout autre message que celui de la puberté).

L'éveil à la sexualité de Rosaleen y est fort bien représenté par des métaphores claires et <strong>une interprétation toute en fraîcheur et sincérité</strong> (l'actrice est une débutante qui a été sélectionnée suite à un casting dans des lycées anglais). La grand-mère est campée par une Angela Lansbury toute en amabilité et fermeté. Les effets spéciaux, qui sont un peu datés, n'en ont que plus de charmes. Les métamorphoses pourraient être kitsch si elles ne s'accompagnaient pas d'expressions de souffrance intense par le métamorphosé. Celle de la première saynète, notamment, rappelle que le film appartient au genre de la fantasy horrifique. Pour devenir loup, l'homme s'arrache littéralement de sa peau d'être humain… ce qui ne va pas sans douleur, on s'en doute bien.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company_of_wolves3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5319" alt="Rosaleen et le chasseur" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/company_of_wolves3.jpg" /></a>

Enfin, n'oublions pas le chasseur ! Qui n'a rien à voir avec celui, sauveur et tueur de loup, de la version du conte bien connu. Comme je l'ai mentionné plus haut, <em>La Compagnie des loups</em> retire les lissages effectués sur le conte pour en révéler à nouveau le cœur de l'histoire. Sa signification première. Et vu le nombre d'histoires de loups évoquées, vu aussi la fascination qu'ils exercent sur Rosaleen, l'identité du chasseur n'a au final rien d'étonnant… et Rosaleen, d'ailleurs, se révélera plus attirée par lui que par le jeune et maladroit villageois !

<strong>La scène finale du rêve est une vraie merveille.</strong> Plus qu'une ode à la sexualité féminine libre et sauvage, c'est <strong>une ôde à la femme indépendante, libre de ses choix</strong> (notamment de partenaire), libre d'envoyer valser les conventions étriquées. Après tout, c'est en s'écartant du sentier que Rosaleen va de découverte merveilleuse en inquiétante (mais si séduisante !) rencontre.

Quant au final du film, il apparaîtra obscur à plus d'un. Moi la première. Mais n'oublions pas… <em>La Compagnie des loups</em>, plus qu'un conte revisité, <em>est</em> un conte. Et comme dans tout conte, l'on y avance dans « une forêt de symboles ». Et il y aurait encore beaucoup à dire, beaucoup de pistes à creuser dans ce film décidément très riche, aussi divertissant que plein d'enseignements. Comme les histoires d'autrefois.
<h2>Le grain de sable</h2>
La vision de la sexualité féminine associée au loup n'a pas été sans me rappeler l'ouvrage de Clarissa Pinkola-Estès, <em>Femmes qui courent avec les loups</em>, qui invite les lectrices à renouer avec leur essence profonde à travers le décryptage de plusieurs contes.
<h2>Références</h2>
Acteurs : Sarah Patterson, Angela Lansbury, Stephen Rea
Année : 1984
Durée : 1h31
Pays : Royaume-Uni</div>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Robin Hardy - The Wicker Man</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/robin-hardy-the-wicker-man/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/robin-hardy-the-wicker-man/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Oct 2012 09:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Lee]]></category>
		<category><![CDATA[paganisme]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/the-wicker-man-affiche-206x290.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="the-wicker-man-affiche" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

Le très catholique sergent Howie reçoit un jour une lettre anonyme, l'informant de la disparition d'une fillette sur l'île de Summerisle. Il part enquêter et découvre un peuple <strong>entièrement dévoué au paganisme</strong>. Choqué dans sa foi, il se heurte ensuite aux habitants qui disent ne pas connaître la disparue. Il est pourtant bien décidé à percer ce mystère, et ce quoi qu'il en coûte...

<h2>Bande-annonce</h2>

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=5FdV-O8o7ok[/youtube]

<h2>Critique personnelle</h2>

Il y a parfois des mots dont le sens se dilue, à force d'être utilisés à tort et à travers. Parmi eux, l'adjectif "culte" est sans doute celui qui a le plus perdu de son âme. De nos jours, certains films tout juste sortis sont déjà qualifiés de cultes par quelques fanboys et fangirls un peu excessifs.

Il n'est cependant jamais trop tard pour redonner leur véritable sens aux mots. Par exemple, en parlant d'un vrai film culte, dont on parle encore aujourd'hui, qui influence les artistes de la scène dark (voir <em>Le grain de sable</em>), et qui fût le sujet de livres et documentaires. Et en expliquant pourquoi il mérite vraiment cet adjectif.

<strong>Il est mystérieux</strong>. <em lang="en">The Wicker Man</em> naît d'une idée simple : <strong>quelque part en Europe, une communauté vénère encore les dieux anciens</strong>, qui furent chassés par les monothéismes. D'emblée, cette idée appelle de nombreux fantasmes chez le spectateur. Comment vivent ces gens ? Que croient-ils vraiment ? Vivent-ils en reclus, coupés de la modernité ? Et surtout : ont-ils des coutumes bizarres ?

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/christopher-lee-the-wicker-man.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/christopher-lee-the-wicker-man.jpg" alt="Christopher Lee est Lord Summerisle dans The Wicker Man" title="Christopher Lee est Lord Summerisle dans The Wicker Man" class="alignnone size-full wp-image-5068" /></a>

Toutes les micro-sociétés vivant en marge du monde suscitent <strong>une grande curiosité, mêlée de méfiance et d'appréhension</strong>. Les Amish, l'Opus Dei, les Mormons dans certains aspects, et tant d'autres groupes comme les franc-maçons. Ici, les derniers païens de l'ère moderne vivent sur une île, ce qui accroît le mystère, et comble du bizarre, une fille que personne ne semble connaître y aurait disparu. De plus, rien ne semble pouvoir se faire sans l'aval d'un maître omnipotent, au mépris des pouvoirs de la police.

<strong>Il est religieux</strong>. Les scènes mystérieuses qui se succèdent à l'arrivée du sergent Howie ne font pas qu'intriguer le spectateur : elles troublent aussi la foi rigide du bon chrétien. Lorsque Lord Summerisle et le sergent se rencontrent, on assiste à <strong>un véritable affrontement théologique</strong>. Et l'arrogance d'Howie provoque bien vite, chez le spectateur, un attachement pour les habitants de l'île bons vivants et sans tabous.

Cependant, méfiez-vous. Sur cette île où rien n'est comme ailleurs, <strong>les apparences sont trompeuses</strong>. Tout le monde se fait balader, le spectateur en premier. Témoin du choc des croyances, il sortira de là perdu et bousculé. Sans révéler le fin mot de l'histoire, disons que ce film qui nous caresse d'abord avec douceur prend brutalement à rebrousse-poil. Et qu'on finit tout ébouriffé, ne sachant plus quoi penser...

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/britt-ekland-the-wicker-man.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/britt-ekland-the-wicker-man.jpg" alt="La charmante Willow représente la tentation pour le très pieux Howie" title="La charmante Willow représente la tentation pour le très pieux Howie" class="alignnone size-full wp-image-5072" /></a>

<strong>Il est sexuel</strong>. Difficile pour un croyant très rigide comme le sergent Howie d'accepter <strong>l'obscénité des habitant(e)s de Summerisle</strong>. Dès son premier jour sur l'île, il n'y voit que chansons cochonnes et indécence en public. Le sexe et la nudité sont très présents, et l'on apprend même aux enfants la danse de la fertilité. Tout en dansant en rond autour d'un piquet de bois droit comme un I, allégorie du sexe masculin, ils chantent ces paroles :

<em>And on that bed there was a girl
(Sur ce lit, il y avait une fille)
And on that girl there was a man
(Sur cette fille, un homme)
And from that man there was a seed
(De cet homme, une graine)
And from that seed there was a boy
(De cette graine, un garçon)
And from that boy there was a man
(De ce garçon, un homme)
And for that man there was a grave
(De cet homme, une tombe)
From that grave there grew a tree
(Et sur cette tombe poussait un arbre)</em>

Cette chanson apprend aux enfants l'éternel renouvellement de la vie, le cycle de la vie et de la mort : un arbre pousse, sur lequel se pose un oiseau, dont les plumes feront le lit où s'allongera le couple amoureux. Une fois mort et enterré, l'homme verra pousser sur sa tombe un nouvel arbre sur lequel se posera un nouvel oiseau... C'en est déjà trop pour Howie, mais le pauvre n'est pas au bout de ses surprises.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/rite-fertilite-the-wicker-man.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/rite-fertilite-the-wicker-man.jpg" alt="Des jeunes femmes nues pratiquent un rite de fertilité" title="Des jeunes femmes nues pratiquent un rite de fertilité" class="alignnone size-full wp-image-5069" /></a>

A la taverne de Summerisle, les habitants entonnent une chanson à la gloire de la charmante fille du maître de l'île, Willow.

<em>And, when her name is mentioned
(Et quand son nom est cité)
The parts of every gentleman
(Les membres de tout homme qui se respecte)
Do stand up at attention
(Se lèvent pour prêter attention)</em>

Et quand un jeune homme est emmené auprès de Willow pour qu'elle s'occupe de son éveil sexuel, on entend chanter ceci :

<em>I put my hand all on her breast 
(Je pose ma main sur son sein)
She says do you want to be kissed ?
(Elle me demande si je veux un baiser)
I put my hand all on her thigh
(Je mets ma main sur sa cuisse)
She says do you want to try ?
(Elle me dit, veux-tu essayer ?)
I put my hand all on her belly
(Je mets ma main sur son ventre)
She says do you want to fill 'ee ?
(Elle me dit, veux-tu m'emplir ?)</em>

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/sergent-howie-the-wicker-man.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/sergent-howie-the-wicker-man.jpg" alt="Le sergent Howie veut re-christianiser Summerisle" title="Le sergent Howie veut re-christianiser Summerisle" class="alignnone size-full wp-image-5071" /></a>

<strong>Sa bande-son est magique</strong>. Paul Giovanni n'avait jamais composé de bande originale de film avant de travailler sur <em lang="en">The Wicker Man</em>. C'est peu de dire que pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître. <strong>Les chansons sont le coeur du film</strong>, le symbole de la joie de vivre des habitants de Summerisle, et l'occasion de mettre en scène leur esprit potache et leurs coutumes.

Les instrumentaux sont tout aussi réussis, et confèrent au film cette ambiance passéiste et champêtre, à mi-chemin entre une communauté hippie et un ordre religieux ancien. Malgré tout, c'est la modernité qui vous permet aujourd'hui d'écouter cette musique délicieuse sur Spotify, en suivant <a href="http://open.spotify.com/album/3yKmHYasebtBNBkVG5kNtt">ce lien</a>.

<strong>Il s'est fait difficilement</strong>. Après deux mois d'un tournage difficile dans le froid de l'automne, la nouvelle tombe : les distributeurs veulent amputer le film de plusieurs passages. Le staff est déçu, mais le film sort quand même en version courte, longue de 88 minutes. Satisfait malgré tout, Christopher Lee demande quand même aux distributeurs ce qu'il est advenu des bobines coupées. Et la, stupeur : <strong>les négatifs ont disparu</strong>, emportés par un camion de déménagement !

La sortie du film fut également très particulière. <strong>Pas de publicité, pas de presse</strong> : il a fallu tout faire soi-même. Christopher Lee, encore lui, poussa les journalistes à aller le voir, proposant même de payer leur place. Et petit à petit, ce film que toute l'équipe pensait maudit s'est fait un nom et a été acclamé par la critique.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/the-wicker-man-christopher-lee-danse.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/the-wicker-man-christopher-lee-danse.jpg" alt="Les habitants de Summerisle pratiquent une danse étrange" title="Les habitants de Summerisle pratiquent une danse étrange" class="alignnone size-full wp-image-5070" /></a>

Actuellement, un DVD Canal + présente une version très proche de la version longue (96 minutes pour 99 minutes). Les scènes coupées ont été extraites d'une copie en mauvais état, et jurent donc dans le montage final. Cependant, ce côté film maudit, sauvé des coups de ciseaux par des copies providentielles, et porté tout entier à sa sortie par ses acteurs (dont certains n'étaient pas payés), confère à <em lang="en">The Wicker Man</em> <strong>l'aura qui entoure les oeuvres cultes</strong>.

<h2>Le grain de sable</h2>

La chanson de Willow a été reprise par le groupe de dark folk Nature & Organisation, créé par Michael Cashmore, sur l'album <em>Beauty reaps the blood of solitude</em> (1994). Le chant est assuré par Rose McDowall, ancienne membre de Strawberry Switchblade et collaboratrice régulière des groupes de dark folk les plus fameux, de Death in June à Current 93. Le groupe Faith & the Muse a également repris le morceau.

<h2>Références</h2>

<ul>
<li><em lang="en">The Wicker Man</em>, 1973</li>
<li>Réalisateur : Robin Hardy</li>
<li>Scénario : Anthony Shaffer</li>
<li>Distribution : Christopher Lee (Lord Summerisle), Edward Woodward (Sergent Howie), Britt Ekland (Willow)</li>
<li>Musique : Paul Giovanni</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/the-wicker-man-affiche-206x290.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="the-wicker-man-affiche" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

Le très catholique sergent Howie reçoit un jour une lettre anonyme, l'informant de la disparition d'une fillette sur l'île de Summerisle. Il part enquêter et découvre un peuple <strong>entièrement dévoué au paganisme</strong>. Choqué dans sa foi, il se heurte ensuite aux habitants qui disent ne pas connaître la disparue. Il est pourtant bien décidé à percer ce mystère, et ce quoi qu'il en coûte...

<h2>Bande-annonce</h2>

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=5FdV-O8o7ok[/youtube]

<h2>Critique personnelle</h2>

Il y a parfois des mots dont le sens se dilue, à force d'être utilisés à tort et à travers. Parmi eux, l'adjectif "culte" est sans doute celui qui a le plus perdu de son âme. De nos jours, certains films tout juste sortis sont déjà qualifiés de cultes par quelques fanboys et fangirls un peu excessifs.

Il n'est cependant jamais trop tard pour redonner leur véritable sens aux mots. Par exemple, en parlant d'un vrai film culte, dont on parle encore aujourd'hui, qui influence les artistes de la scène dark (voir <em>Le grain de sable</em>), et qui fût le sujet de livres et documentaires. Et en expliquant pourquoi il mérite vraiment cet adjectif.

<strong>Il est mystérieux</strong>. <em lang="en">The Wicker Man</em> naît d'une idée simple : <strong>quelque part en Europe, une communauté vénère encore les dieux anciens</strong>, qui furent chassés par les monothéismes. D'emblée, cette idée appelle de nombreux fantasmes chez le spectateur. Comment vivent ces gens ? Que croient-ils vraiment ? Vivent-ils en reclus, coupés de la modernité ? Et surtout : ont-ils des coutumes bizarres ?

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/christopher-lee-the-wicker-man.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/christopher-lee-the-wicker-man.jpg" alt="Christopher Lee est Lord Summerisle dans The Wicker Man" title="Christopher Lee est Lord Summerisle dans The Wicker Man" class="alignnone size-full wp-image-5068" /></a>

Toutes les micro-sociétés vivant en marge du monde suscitent <strong>une grande curiosité, mêlée de méfiance et d'appréhension</strong>. Les Amish, l'Opus Dei, les Mormons dans certains aspects, et tant d'autres groupes comme les franc-maçons. Ici, les derniers païens de l'ère moderne vivent sur une île, ce qui accroît le mystère, et comble du bizarre, une fille que personne ne semble connaître y aurait disparu. De plus, rien ne semble pouvoir se faire sans l'aval d'un maître omnipotent, au mépris des pouvoirs de la police.

<strong>Il est religieux</strong>. Les scènes mystérieuses qui se succèdent à l'arrivée du sergent Howie ne font pas qu'intriguer le spectateur : elles troublent aussi la foi rigide du bon chrétien. Lorsque Lord Summerisle et le sergent se rencontrent, on assiste à <strong>un véritable affrontement théologique</strong>. Et l'arrogance d'Howie provoque bien vite, chez le spectateur, un attachement pour les habitants de l'île bons vivants et sans tabous.

Cependant, méfiez-vous. Sur cette île où rien n'est comme ailleurs, <strong>les apparences sont trompeuses</strong>. Tout le monde se fait balader, le spectateur en premier. Témoin du choc des croyances, il sortira de là perdu et bousculé. Sans révéler le fin mot de l'histoire, disons que ce film qui nous caresse d'abord avec douceur prend brutalement à rebrousse-poil. Et qu'on finit tout ébouriffé, ne sachant plus quoi penser...

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/britt-ekland-the-wicker-man.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/britt-ekland-the-wicker-man.jpg" alt="La charmante Willow représente la tentation pour le très pieux Howie" title="La charmante Willow représente la tentation pour le très pieux Howie" class="alignnone size-full wp-image-5072" /></a>

<strong>Il est sexuel</strong>. Difficile pour un croyant très rigide comme le sergent Howie d'accepter <strong>l'obscénité des habitant(e)s de Summerisle</strong>. Dès son premier jour sur l'île, il n'y voit que chansons cochonnes et indécence en public. Le sexe et la nudité sont très présents, et l'on apprend même aux enfants la danse de la fertilité. Tout en dansant en rond autour d'un piquet de bois droit comme un I, allégorie du sexe masculin, ils chantent ces paroles :

<em>And on that bed there was a girl
(Sur ce lit, il y avait une fille)
And on that girl there was a man
(Sur cette fille, un homme)
And from that man there was a seed
(De cet homme, une graine)
And from that seed there was a boy
(De cette graine, un garçon)
And from that boy there was a man
(De ce garçon, un homme)
And for that man there was a grave
(De cet homme, une tombe)
From that grave there grew a tree
(Et sur cette tombe poussait un arbre)</em>

Cette chanson apprend aux enfants l'éternel renouvellement de la vie, le cycle de la vie et de la mort : un arbre pousse, sur lequel se pose un oiseau, dont les plumes feront le lit où s'allongera le couple amoureux. Une fois mort et enterré, l'homme verra pousser sur sa tombe un nouvel arbre sur lequel se posera un nouvel oiseau... C'en est déjà trop pour Howie, mais le pauvre n'est pas au bout de ses surprises.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/rite-fertilite-the-wicker-man.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/rite-fertilite-the-wicker-man.jpg" alt="Des jeunes femmes nues pratiquent un rite de fertilité" title="Des jeunes femmes nues pratiquent un rite de fertilité" class="alignnone size-full wp-image-5069" /></a>

A la taverne de Summerisle, les habitants entonnent une chanson à la gloire de la charmante fille du maître de l'île, Willow.

<em>And, when her name is mentioned
(Et quand son nom est cité)
The parts of every gentleman
(Les membres de tout homme qui se respecte)
Do stand up at attention
(Se lèvent pour prêter attention)</em>

Et quand un jeune homme est emmené auprès de Willow pour qu'elle s'occupe de son éveil sexuel, on entend chanter ceci :

<em>I put my hand all on her breast 
(Je pose ma main sur son sein)
She says do you want to be kissed ?
(Elle me demande si je veux un baiser)
I put my hand all on her thigh
(Je mets ma main sur sa cuisse)
She says do you want to try ?
(Elle me dit, veux-tu essayer ?)
I put my hand all on her belly
(Je mets ma main sur son ventre)
She says do you want to fill 'ee ?
(Elle me dit, veux-tu m'emplir ?)</em>

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/sergent-howie-the-wicker-man.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/sergent-howie-the-wicker-man.jpg" alt="Le sergent Howie veut re-christianiser Summerisle" title="Le sergent Howie veut re-christianiser Summerisle" class="alignnone size-full wp-image-5071" /></a>

<strong>Sa bande-son est magique</strong>. Paul Giovanni n'avait jamais composé de bande originale de film avant de travailler sur <em lang="en">The Wicker Man</em>. C'est peu de dire que pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître. <strong>Les chansons sont le coeur du film</strong>, le symbole de la joie de vivre des habitants de Summerisle, et l'occasion de mettre en scène leur esprit potache et leurs coutumes.

Les instrumentaux sont tout aussi réussis, et confèrent au film cette ambiance passéiste et champêtre, à mi-chemin entre une communauté hippie et un ordre religieux ancien. Malgré tout, c'est la modernité qui vous permet aujourd'hui d'écouter cette musique délicieuse sur Spotify, en suivant <a href="http://open.spotify.com/album/3yKmHYasebtBNBkVG5kNtt">ce lien</a>.

<strong>Il s'est fait difficilement</strong>. Après deux mois d'un tournage difficile dans le froid de l'automne, la nouvelle tombe : les distributeurs veulent amputer le film de plusieurs passages. Le staff est déçu, mais le film sort quand même en version courte, longue de 88 minutes. Satisfait malgré tout, Christopher Lee demande quand même aux distributeurs ce qu'il est advenu des bobines coupées. Et la, stupeur : <strong>les négatifs ont disparu</strong>, emportés par un camion de déménagement !

La sortie du film fut également très particulière. <strong>Pas de publicité, pas de presse</strong> : il a fallu tout faire soi-même. Christopher Lee, encore lui, poussa les journalistes à aller le voir, proposant même de payer leur place. Et petit à petit, ce film que toute l'équipe pensait maudit s'est fait un nom et a été acclamé par la critique.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/the-wicker-man-christopher-lee-danse.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/10/the-wicker-man-christopher-lee-danse.jpg" alt="Les habitants de Summerisle pratiquent une danse étrange" title="Les habitants de Summerisle pratiquent une danse étrange" class="alignnone size-full wp-image-5070" /></a>

Actuellement, un DVD Canal + présente une version très proche de la version longue (96 minutes pour 99 minutes). Les scènes coupées ont été extraites d'une copie en mauvais état, et jurent donc dans le montage final. Cependant, ce côté film maudit, sauvé des coups de ciseaux par des copies providentielles, et porté tout entier à sa sortie par ses acteurs (dont certains n'étaient pas payés), confère à <em lang="en">The Wicker Man</em> <strong>l'aura qui entoure les oeuvres cultes</strong>.

<h2>Le grain de sable</h2>

La chanson de Willow a été reprise par le groupe de dark folk Nature & Organisation, créé par Michael Cashmore, sur l'album <em>Beauty reaps the blood of solitude</em> (1994). Le chant est assuré par Rose McDowall, ancienne membre de Strawberry Switchblade et collaboratrice régulière des groupes de dark folk les plus fameux, de Death in June à Current 93. Le groupe Faith & the Muse a également repris le morceau.

<h2>Références</h2>

<ul>
<li><em lang="en">The Wicker Man</em>, 1973</li>
<li>Réalisateur : Robin Hardy</li>
<li>Scénario : Anthony Shaffer</li>
<li>Distribution : Christopher Lee (Lord Summerisle), Edward Woodward (Sergent Howie), Britt Ekland (Willow)</li>
<li>Musique : Paul Giovanni</li>
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		<item>
		<title>Mike Cahill - Another Earth</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/mike-cahill-another-earth/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/mike-cahill-another-earth/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 06 Aug 2012 09:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lullaby</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[brit marling]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[mike cahill]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lalunemauve.fr/?p=4673</guid>
		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another_earth_affiche-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche d&#039;&quot;Another Earth&quot; de Mike Cahill" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Rhoda, 17 ans, fête son diplôme et son admission dans une prestigieuse université pour des études d'astrophysique. Sur la route du retour, la radio annonce <strong>l'apparition d'une planète semblable à la Terre.</strong> Rhoda cherche à l'apercevoir par la fenêtre de la voiture. Distraite par le ciel nocturne, elle ne voit pas son véhicule dévier de sa route.  Et elle percute avec violence une autre voiture arrêtée où devisait joyeusement une petite famille. Des trois occupants, seul s'en sortira le père, John Burroughs. Et<strong> Rhoda, anéantie par les deux vies qu'elle a fauchées,</strong> est emprisonnée pour 4 ans. Une fois libérée, elle doit vivre avec ce qu'elle a fait, tandis que la Terre 2 se révèle être un double de la Terre et qu'un concours est organisé pour remporter un billet vers cette planète-miroir. Rhoda, qui est rongée de culpabilité, part se recueillir sur les lieux du drame. Où elle croise l'unique survivant, toujours endeuillé. Germe alors en la jeune femme<strong> le besoin de faire ce qu'elle peut pour aider, dans la mesure du possible, cet homme à surmonter les pertes qu'elle a provoquées</strong>. Dans le même temps, elle tente sa chance au concours, se demandant si son double de Terre 2 a commis la même tragédie...
<h2>Bande-annonce</h2>
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=E92P4-8S8XE[/youtube]
<h2>Critique personnelle</h2>
Rares sont les films de science-fiction intimistes, dramatiques. En particulier les bons. Et c'est à cette catégorie qu'appartient <em>Another Earth</em>. Premier film réalisé par Mike Cahill, il a été <strong>doublement primé</strong> en 2011 au festival américain du cinéma indépendant, le Festival du film Sundance, par le prix Alfred P. Sloan (qui récompense les films traitant de sciences et de technologies) et le prix spécial du jury. Un doublé prestigieux et mérité, bien que sa diffusion dans les salles françaises fut assez confidentielle.

Et c'est bien dommage, car encore plus rares sont les films traitant <strong>du deuil, de la culpabilité et du pardon avec une telle force, une telle délicatesse</strong>, une telle véracité.  Des thèmes, tout comme le genre du film, qui ne sont pas sans rappeler le livre <em>Solaris </em>de Stanislas Lem, également adapté au cinéma. Mais la ressemblance s'arrête là. Car là où <em>Solaris</em> évoquait également le thème d'une intelligence étrangère, <em>Another Earth,</em> lui, explore la dualité. Le double. Cet Autre qui est moi.

Par ailleurs, l'aspect science-fictif reste léger, présent seulement par l'apparition de cette Terre jumelle. Ce qui renforce d'autant plus l'émotion du spectateur face à l'accident, à la vie cassée que tentent de mener les survivants, la victime comme la coupable. La scène de la collision reste gravée dans la rétine longtemps après qu'elle ait été montrée, comme elle hante Rhoda. Il faut souligner<strong> la superbe prestation de Brit Marling</strong>, qui campe avec tellement de sincérité ce personnage plié sous le poids de sa croix que l'on ne peut qu'être touché, bouleversé. C'est elle le personnage principal du film, et c'est sa<strong> quête de rédemption</strong> que l'on suit. Lorsqu'elle rencontre John Burroughs, qui lui aussi ne parvient pas à dépasser le drame, à surmonter l'immense perte qu'il a subit, elle souhaite lui demander pardon. Mais n'y arrive pas. Et, malgré tout, elle va tenter d'obtenir ce pardon en agissant autrement. En l'aidant, lui, à se refaire une vie plus belle.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another-earth-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4703" title="Rhoda (Brit Marling) et John (William Mapother) dans &quot;Another Earth&quot;" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another-earth-1.jpg" alt="" /></a>

Si la relation entre Rhoda et John constitue le seul gros bémol du film, par sa construction cousue de fil blanc, elle offre cependant à chacun des personnages l'étincelle nécessaire pour recommencer à aller de l'avant. Un parcours long, difficile, mais admirablement bien rendu par le réalisateur. L'aspect physique des personnages, leur façon de se vêtir, les expressions de leur visage, ce sont ces petits détails qui, tout au long du film, nous indiquerons ce qui se passent en eux. Car dans <em>Another Earth</em>, pas de crises de larmes hystériques, pas de démonstrations exagérées de chagrin. <strong>Tout se fait en retenue</strong>, mais cela ne fait que rendre la peine des personnages encore plus palpable. Même la tentative de suicide de Rhoda se fait dans le silence, dans la douceur. Et renforce le fait que, dévastée par sa responsabilité dans l'accident, elle s'est coupée des autres, coupée du monde. Coupée d'elle-même.

Et puis il y a <strong>cette planète-miroir</strong>. Cette Terre jumelle où, comme le découvre Rhoda plusieurs semaines après sa sortie de prison, vivent des doubles de ceux qui vivent sur la Terre première. Pour Rhoda, cela participe aussi à sa recherche de rédemption. Est-ce que son autre moi a commis la même erreur ? Si oui, comment s'en sort-elle ? Et si non, qu'est-elle devenue ? Et Rhoda voit cette rencontre avec son double comme l'étape finale de son questionnement, une étape qui lui offrira soit l'absolution, soit la chute définitive. Mais elle a peur aussi. <strong>Se retrouver face à soi, au sens propre</strong>, après avoir provoqué un tel drame, nécessite du courage. Beaucoup de courage. Mais aussi de se pardonner, soi.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another-earth-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4704" title="Rhoda (Brit Marling) face à Terre 2 (&quot;Another Earth&quot;)" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another-earth-2.jpg" alt="" /></a>

<em>Another Earth</em> est <strong>un film subtil qui traite de sujets particulièrement durs</strong>, d'une façon qui ne peut que toucher profondément le spectateur et l'amener à lui aussi s'interroger. Comment réagirait-il s'il perdait sa famille ? Comment réagirait-il s'il provoquait un tel accident ? Et surtout, saurait-il se confronter à lui-même ? A travers le difficile parcours de Rhoda, l'on ne peut s'empêcher de porter un peu de sa croix. L'on ne peut s'empêcher d'être gagné par l'infinie tristesse qui l'habite, si bien rendue par l'actrice qui l'incarne.

Enfin, <em>Another Earth </em>dispose d'un final qui, s'il en frustrera plus d'un au premier abord, est, à la réflexion, le final qu'il fallait. Des questions restent en suspens, mais comme tout au long du film, ce sont les petits détails qui donneront des indices quant aux réponses. Libre au spectateur d'extrapoler. Mais une fin plus démonstrative, plus claire, aurait nuit au film. Mike Cahill a voulu <strong>exprimer le douloureux chemin de deux êtres démolis</strong>, leur offrir le prisme de leur double tant pour leur quête qu'en tant que symbole psychologique. Il a voulu exprimer cela de la façon la plus vraie qui soit. Et, dans la vraie vie, on n'a pas non plus réponse à toutes ses questions.

Un film très fort émotionnellement, très vrai, très beau.
<h2>Le grain de sable</h2>
<em>Another Earth</em> est le deuxième long-métrage sur lequel Mike Cahill et Brit Marling ont travaillé conjointement, au scénario comme à la réalisation, le premier étant un documentaire, <em>Boxers and Ballerinas</em>.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Acteurs : Brit Marling, William Mapother</li>
	<li>Année : 2011</li>
	<li>Durée : 1h32</li>
	<li>Pays : Etats-Unis</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another_earth_affiche-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche d&#039;&quot;Another Earth&quot; de Mike Cahill" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Rhoda, 17 ans, fête son diplôme et son admission dans une prestigieuse université pour des études d'astrophysique. Sur la route du retour, la radio annonce <strong>l'apparition d'une planète semblable à la Terre.</strong> Rhoda cherche à l'apercevoir par la fenêtre de la voiture. Distraite par le ciel nocturne, elle ne voit pas son véhicule dévier de sa route.  Et elle percute avec violence une autre voiture arrêtée où devisait joyeusement une petite famille. Des trois occupants, seul s'en sortira le père, John Burroughs. Et<strong> Rhoda, anéantie par les deux vies qu'elle a fauchées,</strong> est emprisonnée pour 4 ans. Une fois libérée, elle doit vivre avec ce qu'elle a fait, tandis que la Terre 2 se révèle être un double de la Terre et qu'un concours est organisé pour remporter un billet vers cette planète-miroir. Rhoda, qui est rongée de culpabilité, part se recueillir sur les lieux du drame. Où elle croise l'unique survivant, toujours endeuillé. Germe alors en la jeune femme<strong> le besoin de faire ce qu'elle peut pour aider, dans la mesure du possible, cet homme à surmonter les pertes qu'elle a provoquées</strong>. Dans le même temps, elle tente sa chance au concours, se demandant si son double de Terre 2 a commis la même tragédie...
<h2>Bande-annonce</h2>
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=E92P4-8S8XE[/youtube]
<h2>Critique personnelle</h2>
Rares sont les films de science-fiction intimistes, dramatiques. En particulier les bons. Et c'est à cette catégorie qu'appartient <em>Another Earth</em>. Premier film réalisé par Mike Cahill, il a été <strong>doublement primé</strong> en 2011 au festival américain du cinéma indépendant, le Festival du film Sundance, par le prix Alfred P. Sloan (qui récompense les films traitant de sciences et de technologies) et le prix spécial du jury. Un doublé prestigieux et mérité, bien que sa diffusion dans les salles françaises fut assez confidentielle.

Et c'est bien dommage, car encore plus rares sont les films traitant <strong>du deuil, de la culpabilité et du pardon avec une telle force, une telle délicatesse</strong>, une telle véracité.  Des thèmes, tout comme le genre du film, qui ne sont pas sans rappeler le livre <em>Solaris </em>de Stanislas Lem, également adapté au cinéma. Mais la ressemblance s'arrête là. Car là où <em>Solaris</em> évoquait également le thème d'une intelligence étrangère, <em>Another Earth,</em> lui, explore la dualité. Le double. Cet Autre qui est moi.

Par ailleurs, l'aspect science-fictif reste léger, présent seulement par l'apparition de cette Terre jumelle. Ce qui renforce d'autant plus l'émotion du spectateur face à l'accident, à la vie cassée que tentent de mener les survivants, la victime comme la coupable. La scène de la collision reste gravée dans la rétine longtemps après qu'elle ait été montrée, comme elle hante Rhoda. Il faut souligner<strong> la superbe prestation de Brit Marling</strong>, qui campe avec tellement de sincérité ce personnage plié sous le poids de sa croix que l'on ne peut qu'être touché, bouleversé. C'est elle le personnage principal du film, et c'est sa<strong> quête de rédemption</strong> que l'on suit. Lorsqu'elle rencontre John Burroughs, qui lui aussi ne parvient pas à dépasser le drame, à surmonter l'immense perte qu'il a subit, elle souhaite lui demander pardon. Mais n'y arrive pas. Et, malgré tout, elle va tenter d'obtenir ce pardon en agissant autrement. En l'aidant, lui, à se refaire une vie plus belle.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another-earth-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4703" title="Rhoda (Brit Marling) et John (William Mapother) dans &quot;Another Earth&quot;" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another-earth-1.jpg" alt="" /></a>

Si la relation entre Rhoda et John constitue le seul gros bémol du film, par sa construction cousue de fil blanc, elle offre cependant à chacun des personnages l'étincelle nécessaire pour recommencer à aller de l'avant. Un parcours long, difficile, mais admirablement bien rendu par le réalisateur. L'aspect physique des personnages, leur façon de se vêtir, les expressions de leur visage, ce sont ces petits détails qui, tout au long du film, nous indiquerons ce qui se passent en eux. Car dans <em>Another Earth</em>, pas de crises de larmes hystériques, pas de démonstrations exagérées de chagrin. <strong>Tout se fait en retenue</strong>, mais cela ne fait que rendre la peine des personnages encore plus palpable. Même la tentative de suicide de Rhoda se fait dans le silence, dans la douceur. Et renforce le fait que, dévastée par sa responsabilité dans l'accident, elle s'est coupée des autres, coupée du monde. Coupée d'elle-même.

Et puis il y a <strong>cette planète-miroir</strong>. Cette Terre jumelle où, comme le découvre Rhoda plusieurs semaines après sa sortie de prison, vivent des doubles de ceux qui vivent sur la Terre première. Pour Rhoda, cela participe aussi à sa recherche de rédemption. Est-ce que son autre moi a commis la même erreur ? Si oui, comment s'en sort-elle ? Et si non, qu'est-elle devenue ? Et Rhoda voit cette rencontre avec son double comme l'étape finale de son questionnement, une étape qui lui offrira soit l'absolution, soit la chute définitive. Mais elle a peur aussi. <strong>Se retrouver face à soi, au sens propre</strong>, après avoir provoqué un tel drame, nécessite du courage. Beaucoup de courage. Mais aussi de se pardonner, soi.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another-earth-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4704" title="Rhoda (Brit Marling) face à Terre 2 (&quot;Another Earth&quot;)" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/07/another-earth-2.jpg" alt="" /></a>

<em>Another Earth</em> est <strong>un film subtil qui traite de sujets particulièrement durs</strong>, d'une façon qui ne peut que toucher profondément le spectateur et l'amener à lui aussi s'interroger. Comment réagirait-il s'il perdait sa famille ? Comment réagirait-il s'il provoquait un tel accident ? Et surtout, saurait-il se confronter à lui-même ? A travers le difficile parcours de Rhoda, l'on ne peut s'empêcher de porter un peu de sa croix. L'on ne peut s'empêcher d'être gagné par l'infinie tristesse qui l'habite, si bien rendue par l'actrice qui l'incarne.

Enfin, <em>Another Earth </em>dispose d'un final qui, s'il en frustrera plus d'un au premier abord, est, à la réflexion, le final qu'il fallait. Des questions restent en suspens, mais comme tout au long du film, ce sont les petits détails qui donneront des indices quant aux réponses. Libre au spectateur d'extrapoler. Mais une fin plus démonstrative, plus claire, aurait nuit au film. Mike Cahill a voulu <strong>exprimer le douloureux chemin de deux êtres démolis</strong>, leur offrir le prisme de leur double tant pour leur quête qu'en tant que symbole psychologique. Il a voulu exprimer cela de la façon la plus vraie qui soit. Et, dans la vraie vie, on n'a pas non plus réponse à toutes ses questions.

Un film très fort émotionnellement, très vrai, très beau.
<h2>Le grain de sable</h2>
<em>Another Earth</em> est le deuxième long-métrage sur lequel Mike Cahill et Brit Marling ont travaillé conjointement, au scénario comme à la réalisation, le premier étant un documentaire, <em>Boxers and Ballerinas</em>.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Acteurs : Brit Marling, William Mapother</li>
	<li>Année : 2011</li>
	<li>Durée : 1h32</li>
	<li>Pays : Etats-Unis</li>
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		<item>
		<title>Terry Zwigoff - Ghost World</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/terry-zwigoff-ghost-world/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/terry-zwigoff-ghost-world/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 28 Jun 2012 09:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[daniel clowes]]></category>
		<category><![CDATA[Scarlett Johansson]]></category>
		<category><![CDATA[Terry Zwigoff]]></category>
		<category><![CDATA[Thora Birch]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/06/ghost-world-206x303.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche alternative de « Ghost World »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

Enid et Rebecca détestent à peu près tout : leurs camarades, leurs familles, leur ville, la télé… Ces deux <strong>adolescentes cyniques</strong> et inséparables viennent juste de terminer le lycée, et s'apprêtent à passer leurs vacances ensemble à critiquer tout ce qui bouge. Jusqu'à ce qu'un jour, Enid rencontre Seymour, un quarantenaire célibataire collectionneur de vinyles de jazz.

Attirée par cette personnalité décalée, Enid délaisse peu à peu Rebecca, qui s'éreinte à chercher la colocation dont elles ont toujours rêvé. Les deux filles ne soupçonnent pas que cet été insouciant va être <strong>le premier grand tournant de leur vie</strong>…

<h2>Bande-annonce</h2>

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=rq6AOc0ATnU[/youtube]

<h2>Critique personnelle</h2>

Star de la <strong>BD underground américaine</strong>, Daniel Clowes a longtemps refusé les propositions pour adapter son oeuvre la plus célèbre, <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-express-livres/bd-comics-manga/daniel-clowes-ghostworld/"><em lang="en">Ghost World</em></a>. Il faut dire qu'il y aurait beaucoup à perdre en laissant les droits à n'importe qui. En effet, qui pourrait rendre à l'écran cet ennui teinté de mélancolie qui habite les deux héroïnes ?

C'est en rencontrant le réalisateur Terry Zwigoff que Clowes a enfin accepté qu'on donne un corps à son monde de fantômes. Car si Zwigoff n'avait alors jamais réalisé de fictions, il était l'auteur d'un documentaire sur un autre auteur célèbre de bédé underground : Robert Crumb.

La confiance de Daniel Clowes acquise, Terry Zwigoff se lance donc en 2001 dans la mise en image de cette histoire née huit ans plus tôt, en 1993, dans les pages du comic <em>Eightball</em>. Après avoir pensé à Christina Ricci, c'est finalement Thora Birch, la troublante Jane d'<em>American Beauty</em>, qui interprète Enid. Scarlett Johansson est Rebecca, et Steve Buscemi (<em>Reservoir Dogs</em>), Seymour. Quant à Daniel Clowes, en plus de participer au scénario et au storyboard, il est présent sur le plateau pour donner son avis. Finalement, <strong>le film est un mélange d'adaptation et de nouveauté</strong>. Et c'est surtout une réussite.

<em lang="en">Ghost World</em>, c'est donc l'été de deux copines, unies par la détestation de tout ce qui les entoure. En fait, <strong>Jane et Daria, en chair et en os</strong>. En temps normal, elles passent leurs journées à traquer les freaks de leur ville, et à embêter leur pauvre ami Josh, qu'Enid aime secrètement. Elles se plaisent à toujours traîner dans les mêmes boutiques qu'elles prétendent détester, juste pour le plaisir d'en dire du mal. Cette carapace de cynisme leur permet de survivre dans cette bourgade ennuyeuse… jusqu'à ce qu'elle commence à se fissurer, <strong>et leur amitié avec</strong>.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=4447" rel="attachment wp-att-4447"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/06/thora-birch-steve-buscemi-ghost-world.jpg" alt="Enid (Thora Birch) rend visite à Seymour (Steve Buscemi)" class="alignnone size-full wp-image-4447" /></a>

En effet, Rebecca comprend vite qu'<strong>Enid ne veut pas entendre parler du monde adulte</strong>. Elle refuse de se plier aux conventions sociales, ce qui donne lieu aux scènes les plus drôles du film, où Enid tente lamentablement de vendre des boissons et des popcorns tout en se moquant ouvertement de ses clients. 

La tête partagée entre les annonces de logement et son travail de caissière, Rebecca est agacée par le manque de sérieux de son amie, qui la délaisse pour traîner avec Seymour, le collectionneur. Recroquevillée sous sa carapace, Enid <strong>refuse d'affronter le futur</strong> et fuit ses nouvelles responsabilités.

En vérité, <strong>Enid manque surtout terriblement d'affection</strong>. Ce n'est pas un père transparent ni une belle-mère qu'elle déteste qui vont lui en donner. Ni Rebecca, trop cynique. Ni Josh, trop compliqué. Il se trouve que Seymour aussi cherche de l'affection. Malgré leur différence d'âge, ces deux âmes en peine vont se comprendre sur une chose : la haine de l'humanité.

<q>Je ne peux pas m'identifier à 99% des gens</q>, dit Seymour. En se rencontrant, l'ado perdue et le vieux garçon posent une question fondamentale : <strong>quelle place dans ce monde pour ceux qui ne suivent pas la norme ?</strong> Pour ces gens trop sensibles, trop timides, dont les rêves se heurtent quotidiennement à la médiocrité et au conformisme de leurs semblables ?

<strong>Petit à petit, la mélancolie affleure au milieu de la comédie adolescente blasée.</strong> Certains font le deuil de leur enfance, d'autres le bilan de leur vie. Et <em>Ghost World</em> laisse un goût étrange, celui de l'incertitude. Qui sommes-nous vraiment ? Qu'allons-nous faire de nos vies ? A quelles compromissions sommes-nous prêts pour avoir notre place ? Toutes ces questions et ces tourments sont très bien rendus par le jeu de Thora Birch et Steve Buscemi. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard s'ils ont reçu des prix pour meilleure actrice et meilleur second rôle.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=4448#main"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/06/ghost-world-epicerie.jpg" alt="" class="alignnone size-full wp-image-4448" /></a>

<strong>Le film, lui, se suit avec plaisir et sans le moindre ennui</strong>, même s'il relate des choses communes plutôt que de grands évènements spectaculaires. Les notes de piano du thème principal donnent un côté irréel à la ville, comme si les personnages n'en faisaient pas vraiment partie, comme s'ils y flottaient. Comme des fantômes dans un Monde de Fantômes. Et à propos de musique, les chansons préférées d'Enid sont présentes dans le film, comme l'adorable <em>A ribbon and a smile</em>.

Souci du détail, bon jeu des acteurs, humour, style, émotion : c'est bien comme ça que l'on fait un très bon premier film. Et surtout un film dont le souvenir ne manquera pas de nous hanter !…

<h2>Le grain de sable</h2>

Terry Zwigoff et Daniel Clowes se sont retrouvés en 2006 avec l'adaptation d'une autre oeuvre du dessinateur, <em>Art School Confidential</em>. Le film est une satire du monde de l'art vu par Clowes suite à ses quatre années passées en école d'art.

<h2>Références</h2>

<ul>
<li><em>Ghost World</em>, 2001</li>
<li>Réalisateur : Terry Zwigoff</li>
<li>Scénario : Terry Zwigoff, Daniel Clowes</li>
<li>Oeuvre d'origine : Ghost World, Daniel Clowes, édité en France chez Vertige Graphic</li>
<li>Distribution : Thora Birch (Enid), Scarlett Johansson (Rebecca), Steve Buscemi (Seymour)</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/06/ghost-world-206x303.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche alternative de « Ghost World »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

Enid et Rebecca détestent à peu près tout : leurs camarades, leurs familles, leur ville, la télé… Ces deux <strong>adolescentes cyniques</strong> et inséparables viennent juste de terminer le lycée, et s'apprêtent à passer leurs vacances ensemble à critiquer tout ce qui bouge. Jusqu'à ce qu'un jour, Enid rencontre Seymour, un quarantenaire célibataire collectionneur de vinyles de jazz.

Attirée par cette personnalité décalée, Enid délaisse peu à peu Rebecca, qui s'éreinte à chercher la colocation dont elles ont toujours rêvé. Les deux filles ne soupçonnent pas que cet été insouciant va être <strong>le premier grand tournant de leur vie</strong>…

<h2>Bande-annonce</h2>

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=rq6AOc0ATnU[/youtube]

<h2>Critique personnelle</h2>

Star de la <strong>BD underground américaine</strong>, Daniel Clowes a longtemps refusé les propositions pour adapter son oeuvre la plus célèbre, <a href="http://www.lalunemauve.fr/ecritures/chroniques-express-livres/bd-comics-manga/daniel-clowes-ghostworld/"><em lang="en">Ghost World</em></a>. Il faut dire qu'il y aurait beaucoup à perdre en laissant les droits à n'importe qui. En effet, qui pourrait rendre à l'écran cet ennui teinté de mélancolie qui habite les deux héroïnes ?

C'est en rencontrant le réalisateur Terry Zwigoff que Clowes a enfin accepté qu'on donne un corps à son monde de fantômes. Car si Zwigoff n'avait alors jamais réalisé de fictions, il était l'auteur d'un documentaire sur un autre auteur célèbre de bédé underground : Robert Crumb.

La confiance de Daniel Clowes acquise, Terry Zwigoff se lance donc en 2001 dans la mise en image de cette histoire née huit ans plus tôt, en 1993, dans les pages du comic <em>Eightball</em>. Après avoir pensé à Christina Ricci, c'est finalement Thora Birch, la troublante Jane d'<em>American Beauty</em>, qui interprète Enid. Scarlett Johansson est Rebecca, et Steve Buscemi (<em>Reservoir Dogs</em>), Seymour. Quant à Daniel Clowes, en plus de participer au scénario et au storyboard, il est présent sur le plateau pour donner son avis. Finalement, <strong>le film est un mélange d'adaptation et de nouveauté</strong>. Et c'est surtout une réussite.

<em lang="en">Ghost World</em>, c'est donc l'été de deux copines, unies par la détestation de tout ce qui les entoure. En fait, <strong>Jane et Daria, en chair et en os</strong>. En temps normal, elles passent leurs journées à traquer les freaks de leur ville, et à embêter leur pauvre ami Josh, qu'Enid aime secrètement. Elles se plaisent à toujours traîner dans les mêmes boutiques qu'elles prétendent détester, juste pour le plaisir d'en dire du mal. Cette carapace de cynisme leur permet de survivre dans cette bourgade ennuyeuse… jusqu'à ce qu'elle commence à se fissurer, <strong>et leur amitié avec</strong>.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=4447" rel="attachment wp-att-4447"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/06/thora-birch-steve-buscemi-ghost-world.jpg" alt="Enid (Thora Birch) rend visite à Seymour (Steve Buscemi)" class="alignnone size-full wp-image-4447" /></a>

En effet, Rebecca comprend vite qu'<strong>Enid ne veut pas entendre parler du monde adulte</strong>. Elle refuse de se plier aux conventions sociales, ce qui donne lieu aux scènes les plus drôles du film, où Enid tente lamentablement de vendre des boissons et des popcorns tout en se moquant ouvertement de ses clients. 

La tête partagée entre les annonces de logement et son travail de caissière, Rebecca est agacée par le manque de sérieux de son amie, qui la délaisse pour traîner avec Seymour, le collectionneur. Recroquevillée sous sa carapace, Enid <strong>refuse d'affronter le futur</strong> et fuit ses nouvelles responsabilités.

En vérité, <strong>Enid manque surtout terriblement d'affection</strong>. Ce n'est pas un père transparent ni une belle-mère qu'elle déteste qui vont lui en donner. Ni Rebecca, trop cynique. Ni Josh, trop compliqué. Il se trouve que Seymour aussi cherche de l'affection. Malgré leur différence d'âge, ces deux âmes en peine vont se comprendre sur une chose : la haine de l'humanité.

<q>Je ne peux pas m'identifier à 99% des gens</q>, dit Seymour. En se rencontrant, l'ado perdue et le vieux garçon posent une question fondamentale : <strong>quelle place dans ce monde pour ceux qui ne suivent pas la norme ?</strong> Pour ces gens trop sensibles, trop timides, dont les rêves se heurtent quotidiennement à la médiocrité et au conformisme de leurs semblables ?

<strong>Petit à petit, la mélancolie affleure au milieu de la comédie adolescente blasée.</strong> Certains font le deuil de leur enfance, d'autres le bilan de leur vie. Et <em>Ghost World</em> laisse un goût étrange, celui de l'incertitude. Qui sommes-nous vraiment ? Qu'allons-nous faire de nos vies ? A quelles compromissions sommes-nous prêts pour avoir notre place ? Toutes ces questions et ces tourments sont très bien rendus par le jeu de Thora Birch et Steve Buscemi. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard s'ils ont reçu des prix pour meilleure actrice et meilleur second rôle.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=4448#main"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/06/ghost-world-epicerie.jpg" alt="" class="alignnone size-full wp-image-4448" /></a>

<strong>Le film, lui, se suit avec plaisir et sans le moindre ennui</strong>, même s'il relate des choses communes plutôt que de grands évènements spectaculaires. Les notes de piano du thème principal donnent un côté irréel à la ville, comme si les personnages n'en faisaient pas vraiment partie, comme s'ils y flottaient. Comme des fantômes dans un Monde de Fantômes. Et à propos de musique, les chansons préférées d'Enid sont présentes dans le film, comme l'adorable <em>A ribbon and a smile</em>.

Souci du détail, bon jeu des acteurs, humour, style, émotion : c'est bien comme ça que l'on fait un très bon premier film. Et surtout un film dont le souvenir ne manquera pas de nous hanter !…

<h2>Le grain de sable</h2>

Terry Zwigoff et Daniel Clowes se sont retrouvés en 2006 avec l'adaptation d'une autre oeuvre du dessinateur, <em>Art School Confidential</em>. Le film est une satire du monde de l'art vu par Clowes suite à ses quatre années passées en école d'art.

<h2>Références</h2>

<ul>
<li><em>Ghost World</em>, 2001</li>
<li>Réalisateur : Terry Zwigoff</li>
<li>Scénario : Terry Zwigoff, Daniel Clowes</li>
<li>Oeuvre d'origine : Ghost World, Daniel Clowes, édité en France chez Vertige Graphic</li>
<li>Distribution : Thora Birch (Enid), Scarlett Johansson (Rebecca), Steve Buscemi (Seymour)</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Duncan Jones - Moon</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/duncan-jones-moon/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/duncan-jones-moon/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 May 2012 09:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lullaby</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[Duncan Jones]]></category>
		<category><![CDATA[Sam Rockwell]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_affiche-206x303.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de Moon de Duncan Jones" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
<strong>Sam Bell travaille seul sur la Lune depuis près de trois ans</strong>. Son rôle ? S'assurer que l'extraction d'hélium 3 se déroule sans heurt. Cette toute nouvelle ressource énergétique propre a permis à la Terre de répondre à la crise d'énergie, grâce à la société Lunar qui s'occupe de son exploitation.

A deux semaines de la fin de son contrat, Sam est impatient de revoir sa femme et sa petite fille. <strong>Son unique compagnie n'est autre qu'une intelligence artificielle</strong>, GERTY, et le manque de réel contact humain, enduré pendant si longtemps, commence à faire ressentir ses effets.

Mais, au cours d'une sortie auprès des machines d'extractions, c'est l'accident. Sam se réveille quelque temps plus tard, à l'infirmerie. Suite à des incidents qui éveillent sa suspicion, il décide de sortir de la base alors que cela lui a été spécifiquement interdit, le temps que la machine endommagée soit réparée. Sur les lieux, il découvre le corps d'un homme, blessé. Un homme qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau.

Commence alors <strong>une véritable descente aux enfers</strong>, à mesure que se dévoile l'horrible vérité...

<h2>Bande-annonce</h2>

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=twuScTcDP_Q[/youtube]

<h2>Critique personnelle</h2>

Avant la sortie de son film <em>Moon</em>, <strong>Duncan Jones</strong> n'était connu que pour sa filiation : <strong>son père n'est autre que le chanteur David Bowie</strong>. Duncan Jones se lance dans le cinéma après des études de philosophie et la réalisation de quelques clips vidéos. Avec son premier long-métrage, <em>Moon</em>, il se fait aussitôt un nom. Le film est bien reçu par les critiques et reçoit plusieurs prix, dont le prix spécial du festival de Gérardmer et même le prix Hugo. Pourtant, malgré cette bonne réception, <strong><em>Moon</em> ne sera pas diffusé dans les salles françaises</strong>.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3947" title="Sam Bell (interprété par Sam Rockwell) et GERTY" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_1.jpg" alt="Sam Bell (interprété par Sam Rockwell) et GERTY" /></a>

C'est bien dommage, car rares sont les bons films de science-fiction intimistes de bonne qualité, comme l'est <em>Moon</em>. La bande-annonce ne faisant guère de mystères à ce sujet, je ne spoilerai personne en disant que l'un des thèmes de <em>Moon</em> est le clonage. On peut saluer d'ailleurs <strong>l'excellente performance de Sam Rockwell</strong>, acteur principal et quasiment unique, qui joue avec brio les deux Sam et arrive à leur donner, à chacun, des traits de caractère propres.

Ce qui amène le spectateur à se poser la question : si le clonage humain existait, <strong>comment considérer les clones ?</strong> Comme des copies conformes ? Le film, lui, est clair : un clone est une copie physique, mais reste un être humain. Le second Sam a beau partager les mêmes souvenirs que le premier, il n'en a pas moins son propre caractère. Le premier est impulsif, décontracté, le second plus froid, moins expressif mais plus nerveux, plus facilement agacé. Clones, oui, identiques en tous points, non.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3944" title="Les deux Sam Bell (interprétés par Sam Rockwell) et GERTY" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_2.jpg" alt="Les deux Sam Bell (interprétés par Sam Rockwell) et GERTY" /></a>

Outre le débat éthique soulevé, <em>Moon</em> dénonce <strong>l'actuelle politique des industriels</strong> envers leurs employés (ou même hors industriels). Sam Bell signe un contrat de trois ans, trois longues années à passer dans la plus complète solitude sur la Lune, loin des siens, avec une télécommunication défaillante qui ne permet que les messages différés. Que GERTY, l'intelligence artificielle, soit des plus compatissantes ne change rien à cette extrême solitude. Même les astronautes partant en mission pour de longs mois fonctionnent en équipe. Et cette solitude imposée n'est pas la seule pratique révoltant de Lunar Industrie, comme le découvriront avec effroi les deux Sam.

Au-delà de ces deux thèmes prêtant à réflexion, <em>Moon</em> est <strong>un huis-clos oppressant</strong>. Duncan Jones parvient à tenir en haleine le spectateur et à l'émouvoir avec un seul acteur principal et des décors minimalistes. Le tout accentué par les notes de piano, tantôt poignantes tantôt angoissantes, de <strong>Clint Mansel</strong>l, compositeur de la musique du film. Jusqu'au bout, la tension règne et l'on en regrette la fin trop vite expédiée après tant de suspense.

Les décors et la présence de GERTY rappelleront à beaucoup le fameux <em>2001 : L'Odyssée de l'espace </em>(1968) de Stanley Kubrick. Une ressemblance volontaire de la part du réalisateur, comme un hommage à cette grande référence du cinéma de science-fiction, car la ressemblance s'arrête là : <em>Moon</em> a beau suivre les traces de ses illustres prédécesseurs et comporter quelques défauts, il n'en reste pas moins <strong>un original et excellent film de science-fiction intimiste</strong>.

Et un rappel que la Lune, si belle vue de la Terre, peut devenir un cauchemar pour celui qui y vit seul, abandonné.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3945" title="Clair de Terre (Moon de Duncan Jones)" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_3.jpg" alt="Clair de Terre (Moon de Duncan Jones)" /></a>

<h2>Le grain de sable</h2>

La possibilité d'extraire l'hélium 3 de la Lune pour l'utiliser comme ressource énergétique est réellement à l'étude.

<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Acteurs : Sam Rockwell, Kaya Scodelario, Dominique McElligott</li>
	<li>Année : 2009</li>
	<li>Durée : 1h37</li>
	<li>Pays : Grande-Bretagne</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_affiche-206x303.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de Moon de Duncan Jones" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
<strong>Sam Bell travaille seul sur la Lune depuis près de trois ans</strong>. Son rôle ? S'assurer que l'extraction d'hélium 3 se déroule sans heurt. Cette toute nouvelle ressource énergétique propre a permis à la Terre de répondre à la crise d'énergie, grâce à la société Lunar qui s'occupe de son exploitation.

A deux semaines de la fin de son contrat, Sam est impatient de revoir sa femme et sa petite fille. <strong>Son unique compagnie n'est autre qu'une intelligence artificielle</strong>, GERTY, et le manque de réel contact humain, enduré pendant si longtemps, commence à faire ressentir ses effets.

Mais, au cours d'une sortie auprès des machines d'extractions, c'est l'accident. Sam se réveille quelque temps plus tard, à l'infirmerie. Suite à des incidents qui éveillent sa suspicion, il décide de sortir de la base alors que cela lui a été spécifiquement interdit, le temps que la machine endommagée soit réparée. Sur les lieux, il découvre le corps d'un homme, blessé. Un homme qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau.

Commence alors <strong>une véritable descente aux enfers</strong>, à mesure que se dévoile l'horrible vérité...

<h2>Bande-annonce</h2>

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=twuScTcDP_Q[/youtube]

<h2>Critique personnelle</h2>

Avant la sortie de son film <em>Moon</em>, <strong>Duncan Jones</strong> n'était connu que pour sa filiation : <strong>son père n'est autre que le chanteur David Bowie</strong>. Duncan Jones se lance dans le cinéma après des études de philosophie et la réalisation de quelques clips vidéos. Avec son premier long-métrage, <em>Moon</em>, il se fait aussitôt un nom. Le film est bien reçu par les critiques et reçoit plusieurs prix, dont le prix spécial du festival de Gérardmer et même le prix Hugo. Pourtant, malgré cette bonne réception, <strong><em>Moon</em> ne sera pas diffusé dans les salles françaises</strong>.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3947" title="Sam Bell (interprété par Sam Rockwell) et GERTY" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_1.jpg" alt="Sam Bell (interprété par Sam Rockwell) et GERTY" /></a>

C'est bien dommage, car rares sont les bons films de science-fiction intimistes de bonne qualité, comme l'est <em>Moon</em>. La bande-annonce ne faisant guère de mystères à ce sujet, je ne spoilerai personne en disant que l'un des thèmes de <em>Moon</em> est le clonage. On peut saluer d'ailleurs <strong>l'excellente performance de Sam Rockwell</strong>, acteur principal et quasiment unique, qui joue avec brio les deux Sam et arrive à leur donner, à chacun, des traits de caractère propres.

Ce qui amène le spectateur à se poser la question : si le clonage humain existait, <strong>comment considérer les clones ?</strong> Comme des copies conformes ? Le film, lui, est clair : un clone est une copie physique, mais reste un être humain. Le second Sam a beau partager les mêmes souvenirs que le premier, il n'en a pas moins son propre caractère. Le premier est impulsif, décontracté, le second plus froid, moins expressif mais plus nerveux, plus facilement agacé. Clones, oui, identiques en tous points, non.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3944" title="Les deux Sam Bell (interprétés par Sam Rockwell) et GERTY" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_2.jpg" alt="Les deux Sam Bell (interprétés par Sam Rockwell) et GERTY" /></a>

Outre le débat éthique soulevé, <em>Moon</em> dénonce <strong>l'actuelle politique des industriels</strong> envers leurs employés (ou même hors industriels). Sam Bell signe un contrat de trois ans, trois longues années à passer dans la plus complète solitude sur la Lune, loin des siens, avec une télécommunication défaillante qui ne permet que les messages différés. Que GERTY, l'intelligence artificielle, soit des plus compatissantes ne change rien à cette extrême solitude. Même les astronautes partant en mission pour de longs mois fonctionnent en équipe. Et cette solitude imposée n'est pas la seule pratique révoltant de Lunar Industrie, comme le découvriront avec effroi les deux Sam.

Au-delà de ces deux thèmes prêtant à réflexion, <em>Moon</em> est <strong>un huis-clos oppressant</strong>. Duncan Jones parvient à tenir en haleine le spectateur et à l'émouvoir avec un seul acteur principal et des décors minimalistes. Le tout accentué par les notes de piano, tantôt poignantes tantôt angoissantes, de <strong>Clint Mansel</strong>l, compositeur de la musique du film. Jusqu'au bout, la tension règne et l'on en regrette la fin trop vite expédiée après tant de suspense.

Les décors et la présence de GERTY rappelleront à beaucoup le fameux <em>2001 : L'Odyssée de l'espace </em>(1968) de Stanley Kubrick. Une ressemblance volontaire de la part du réalisateur, comme un hommage à cette grande référence du cinéma de science-fiction, car la ressemblance s'arrête là : <em>Moon</em> a beau suivre les traces de ses illustres prédécesseurs et comporter quelques défauts, il n'en reste pas moins <strong>un original et excellent film de science-fiction intimiste</strong>.

Et un rappel que la Lune, si belle vue de la Terre, peut devenir un cauchemar pour celui qui y vit seul, abandonné.

<a class="colorbox" href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3945" title="Clair de Terre (Moon de Duncan Jones)" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/moon_3.jpg" alt="Clair de Terre (Moon de Duncan Jones)" /></a>

<h2>Le grain de sable</h2>

La possibilité d'extraire l'hélium 3 de la Lune pour l'utiliser comme ressource énergétique est réellement à l'étude.

<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Acteurs : Sam Rockwell, Kaya Scodelario, Dominique McElligott</li>
	<li>Année : 2009</li>
	<li>Durée : 1h37</li>
	<li>Pays : Grande-Bretagne</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Julie Delpy - La&#160;Comtesse</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/julie-delpy-la-comtesse/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/julie-delpy-la-comtesse/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 26 Mar 2012 09:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lullaby</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Erzsébet Bathory]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[julie delpy]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/julie-delpy-comtesse-206x280.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de &quot;La Comtesse&quot;" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
A l'aube du XVIIe siècle, le comte Ferenc Nadasdy et son épouse, la comtesse Erzsébet Báthory, ont atteint une telle puissance que le roi lui-même leur doit de l'argent. Mais le comte décède et Erzsébet, devenue veuve, se retrouve seule à gérer leurs affaires.

Au cours d'un bal, la comtesse rencontre le jeune Istvan Thurzo, dont le père a des vues sur elle. <strong>Erzsébet tombe passionnément amoureuse du jeune homme</strong>. Refusant l'offre de mariage de Gyorgy Thurzo, elle noue une liaison intense avec Istvan. Mais celui-ci, sous la pression de son père, doit mettre un terme à cette idylle.

<strong>Erzsébet, convaincue d'avoir été abandonnée à cause de son âge, devient folle de douleur</strong> avant de découvrir, par inadvertance, que le sang de jeunes filles vierges pourrait lui offrir ce que le temps lui refuse : retrouver sa beauté passée. Et à mesure qu'elle s'enfonce dans une spirale de meurtres, autour d'elle, le piège se tisse.

<h2>Bande-annonce</h2>
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=YekSTiTVTyY[/youtube]

<h2>Critique personnelle</h2>
La comtesse Erzsébet Bathory a marqué l'Histoire par ses crimes, réels ou supposés. Elle a réellement existé et aurait assassiné des dizaines de femmes, par pur sadisme ou pour, dit-on, prolonger sa beauté et sa jeunesse grâce au sang de jeunes vierges.

Ce personnage historique a donné lieu à nombre d'oeuvres artistiques : films, livres, bandes dessinées et même chansons, tant<strong> la figure de la comtesse sanglante, si proche de celle, mythique, du vampire fascine le public</strong>. On se souvient par exemple du célèbre album <a href="http://www.lalunemauve.fr/musique/chroniques-albums/albums-bruts/cradle-of-filth-cruelty-and-the-beast/">Cruelty and the Beast</a> de Cradle of Filth, qui lui était consacré. Mais on ne l'attendait pas comme sujet principal du nouveau métrage de Julie Delpy, après sa comédie romantique <em>Two Days in Paris</em> (2007).

Julie Delpy s'est d'abord fait connaître en tant qu'actrice, sur les écrans français comme américains, avant de faire ses premiers pas de réalisatrice avec des comédies. Elle revient en 2010 avec un projet très personnel mais inattendu : <em>La Comtesse</em>. Pour ce film, Julie Delpy s'implique très fortement : elle tout à la fois réalisatrice, actrice principale, scénariste et compositrice de la musique.

Là où plusieurs longs-métrages s'étaient concentrés sur l'aspect vampirique d'Erzsébet Bathory, Julie Delpy choisit de décrire la comtesse tant selon les faits historiques que selon la légende, tout en apportant<strong> sa vision personnelle de Bathory</strong>, cette femme qui a défrayé la chronique.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=3230#main"><img class="aligncenter size-large wp-image-3230" title="Erzsébet Bathory (Julie Delpy) et Istvan Thurzo (Daniel Brühl)" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/la_comtesse2-420x240.jpg" alt="Erzsébet Bathory (Julie Delpy) et Istvan Thurzo (Daniel Brühl)" /></a>

<strong>Si la réalisatrice prend quelques libertés par rapport à l'Histoire, elle en garde cependant les grandes lignes</strong>, jusqu'au point où Erzsébet bascule dans le meurtre. Les historiens sont prudents quant à ces derniers, les preuves étant absentes et les témoignages pas forcément fiables, même s'ils s'accordent sur le fait que, très certainement, meurtres il y eut.

Aussi Julie Delpy choisit-elle de décrire cette période comme une mise en images des rumeurs qui parviennent à Istvan, l'amant de la comtesse, ce qui lui permet de traiter également la légende qui entoure Erzsébet au sujet de ses bains de sang. Avant de faire se joindre rumeurs et réalité.

Julie Delpy campe <strong>une comtesse froide, austère</strong>, vivant à une époque rude qui ne l'est pas moins. Seul son amour pour Istvan l'anime, sa passion illuminant sa physionomie. La réalisatrice choisit d'imputer la cause de la folie de la comtesse à un chagrin d'amour, répondant ainsi à la phrase qu'elle place dans la bouche de son personnage avant sa rencontre avec Istvan, où la comtesse admet que la faiblesse d'une femme est son coeur.

Mais elle ne cherche pas à expliquer, pas plus qu'à atténuer, cette folie meurtrière. Car au début du film en sont présentes les graines : Erzsébet est montrée, enfant, avec déjà <strong>une tendance au sadisme</strong> (l'épisode du poussin) et une certaine <strong>fascination pour la mort</strong>. Sans compter son éducation des plus cruelles : elle doit assister aux exécutions. De quoi frémir...

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=3231#main"><img class="aligncenter size-large wp-image-3231" title="La comtesse Bathory (Julie Delpy) applique son effroyable &quot;cosmétique&quot;" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/la_comtesse3-420x240.jpg" alt="La comtesse Bathory (Julie Delpy) applique son effroyable &quot;cosmétique&quot;" /></a>

Mais nous sommes au XVIIe siècle et Erzsébet est une femme. Les passions du coeur ne sont pas ses seules faiblesses. <strong>Veuve, riche et puissante, elle fait désordre</strong>. Même le roi a des dettes envers elle. Et tous ceux qui cherchent à l'épouser en secondes noces n'ont d'yeux que pour sa fortune, ses terres et ses titres. Pas pour sa personne.

Sauf qu'elle refuse tout mariage, obsédée par son amour pour Istvan. Et, quand les rumeurs des crimes odieux qui ont cours dans son château se répandent, ceux qui ont tout intérêt dans la chute de la comtesse profitent de l'occasion. Le piège se referme sur Erzsébet Bathory.

Malgré tout, <strong>Julie Delpy ne cherche pas à victimiser Erzsébet</strong> ni à l'excuser. Les scènes où sa violence transparaît sont suffisamment éloquentes et glaçantes d'effroi pour lui éviter de tomber dans cet écueil.

<em>La Comtesse</em> est surtout l'occasion d'aborder la légende d'Erzsébet sous un angle féminin, offrant tout à la fois <strong>le portrait d'une meurtrière, d'une femme en proie aux tourments de la passion et de la folie</strong> et d'une noble trop puissante pour ne pas être menacée.

Une singulière vision de la comtesse sanglante, une vision dérangeante, qui met mal à l'aise autant que la musique lancinante qui parcourt tout le film.

On ne regarde pas <em>La Comtesse</em> dans les yeux sans trembler.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=3232#main"><img class="aligncenter size-large wp-image-3232" title="La comtesse sanglante, interprétée par Julie Delpy" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/la_comtesse1-420x255.jpg" alt="La comtesse sanglante, interprétée par Julie Delpy" /></a>
<h3>Le grain de sable</h3>
Le film de Julie Delpy est inspiré du récit historique <em>La Comtesse sanglante</em> de Valentine Penrose (Gallimard, L'Imaginaire, 2004).
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Acteurs : Julie Delpy, Daniel Brühl, William Hurt</li>
	<li>Année : 2010</li>
	<li>Durée : 1h38</li>
	<li>Pays : France, Allemagne</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/julie-delpy-comtesse-206x280.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de &quot;La Comtesse&quot;" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
A l'aube du XVIIe siècle, le comte Ferenc Nadasdy et son épouse, la comtesse Erzsébet Báthory, ont atteint une telle puissance que le roi lui-même leur doit de l'argent. Mais le comte décède et Erzsébet, devenue veuve, se retrouve seule à gérer leurs affaires.

Au cours d'un bal, la comtesse rencontre le jeune Istvan Thurzo, dont le père a des vues sur elle. <strong>Erzsébet tombe passionnément amoureuse du jeune homme</strong>. Refusant l'offre de mariage de Gyorgy Thurzo, elle noue une liaison intense avec Istvan. Mais celui-ci, sous la pression de son père, doit mettre un terme à cette idylle.

<strong>Erzsébet, convaincue d'avoir été abandonnée à cause de son âge, devient folle de douleur</strong> avant de découvrir, par inadvertance, que le sang de jeunes filles vierges pourrait lui offrir ce que le temps lui refuse : retrouver sa beauté passée. Et à mesure qu'elle s'enfonce dans une spirale de meurtres, autour d'elle, le piège se tisse.

<h2>Bande-annonce</h2>
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=YekSTiTVTyY[/youtube]

<h2>Critique personnelle</h2>
La comtesse Erzsébet Bathory a marqué l'Histoire par ses crimes, réels ou supposés. Elle a réellement existé et aurait assassiné des dizaines de femmes, par pur sadisme ou pour, dit-on, prolonger sa beauté et sa jeunesse grâce au sang de jeunes vierges.

Ce personnage historique a donné lieu à nombre d'oeuvres artistiques : films, livres, bandes dessinées et même chansons, tant<strong> la figure de la comtesse sanglante, si proche de celle, mythique, du vampire fascine le public</strong>. On se souvient par exemple du célèbre album <a href="http://www.lalunemauve.fr/musique/chroniques-albums/albums-bruts/cradle-of-filth-cruelty-and-the-beast/">Cruelty and the Beast</a> de Cradle of Filth, qui lui était consacré. Mais on ne l'attendait pas comme sujet principal du nouveau métrage de Julie Delpy, après sa comédie romantique <em>Two Days in Paris</em> (2007).

Julie Delpy s'est d'abord fait connaître en tant qu'actrice, sur les écrans français comme américains, avant de faire ses premiers pas de réalisatrice avec des comédies. Elle revient en 2010 avec un projet très personnel mais inattendu : <em>La Comtesse</em>. Pour ce film, Julie Delpy s'implique très fortement : elle tout à la fois réalisatrice, actrice principale, scénariste et compositrice de la musique.

Là où plusieurs longs-métrages s'étaient concentrés sur l'aspect vampirique d'Erzsébet Bathory, Julie Delpy choisit de décrire la comtesse tant selon les faits historiques que selon la légende, tout en apportant<strong> sa vision personnelle de Bathory</strong>, cette femme qui a défrayé la chronique.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=3230#main"><img class="aligncenter size-large wp-image-3230" title="Erzsébet Bathory (Julie Delpy) et Istvan Thurzo (Daniel Brühl)" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/la_comtesse2-420x240.jpg" alt="Erzsébet Bathory (Julie Delpy) et Istvan Thurzo (Daniel Brühl)" /></a>

<strong>Si la réalisatrice prend quelques libertés par rapport à l'Histoire, elle en garde cependant les grandes lignes</strong>, jusqu'au point où Erzsébet bascule dans le meurtre. Les historiens sont prudents quant à ces derniers, les preuves étant absentes et les témoignages pas forcément fiables, même s'ils s'accordent sur le fait que, très certainement, meurtres il y eut.

Aussi Julie Delpy choisit-elle de décrire cette période comme une mise en images des rumeurs qui parviennent à Istvan, l'amant de la comtesse, ce qui lui permet de traiter également la légende qui entoure Erzsébet au sujet de ses bains de sang. Avant de faire se joindre rumeurs et réalité.

Julie Delpy campe <strong>une comtesse froide, austère</strong>, vivant à une époque rude qui ne l'est pas moins. Seul son amour pour Istvan l'anime, sa passion illuminant sa physionomie. La réalisatrice choisit d'imputer la cause de la folie de la comtesse à un chagrin d'amour, répondant ainsi à la phrase qu'elle place dans la bouche de son personnage avant sa rencontre avec Istvan, où la comtesse admet que la faiblesse d'une femme est son coeur.

Mais elle ne cherche pas à expliquer, pas plus qu'à atténuer, cette folie meurtrière. Car au début du film en sont présentes les graines : Erzsébet est montrée, enfant, avec déjà <strong>une tendance au sadisme</strong> (l'épisode du poussin) et une certaine <strong>fascination pour la mort</strong>. Sans compter son éducation des plus cruelles : elle doit assister aux exécutions. De quoi frémir...

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=3231#main"><img class="aligncenter size-large wp-image-3231" title="La comtesse Bathory (Julie Delpy) applique son effroyable &quot;cosmétique&quot;" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/la_comtesse3-420x240.jpg" alt="La comtesse Bathory (Julie Delpy) applique son effroyable &quot;cosmétique&quot;" /></a>

Mais nous sommes au XVIIe siècle et Erzsébet est une femme. Les passions du coeur ne sont pas ses seules faiblesses. <strong>Veuve, riche et puissante, elle fait désordre</strong>. Même le roi a des dettes envers elle. Et tous ceux qui cherchent à l'épouser en secondes noces n'ont d'yeux que pour sa fortune, ses terres et ses titres. Pas pour sa personne.

Sauf qu'elle refuse tout mariage, obsédée par son amour pour Istvan. Et, quand les rumeurs des crimes odieux qui ont cours dans son château se répandent, ceux qui ont tout intérêt dans la chute de la comtesse profitent de l'occasion. Le piège se referme sur Erzsébet Bathory.

Malgré tout, <strong>Julie Delpy ne cherche pas à victimiser Erzsébet</strong> ni à l'excuser. Les scènes où sa violence transparaît sont suffisamment éloquentes et glaçantes d'effroi pour lui éviter de tomber dans cet écueil.

<em>La Comtesse</em> est surtout l'occasion d'aborder la légende d'Erzsébet sous un angle féminin, offrant tout à la fois <strong>le portrait d'une meurtrière, d'une femme en proie aux tourments de la passion et de la folie</strong> et d'une noble trop puissante pour ne pas être menacée.

Une singulière vision de la comtesse sanglante, une vision dérangeante, qui met mal à l'aise autant que la musique lancinante qui parcourt tout le film.

On ne regarde pas <em>La Comtesse</em> dans les yeux sans trembler.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=3232#main"><img class="aligncenter size-large wp-image-3232" title="La comtesse sanglante, interprétée par Julie Delpy" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/03/la_comtesse1-420x255.jpg" alt="La comtesse sanglante, interprétée par Julie Delpy" /></a>
<h3>Le grain de sable</h3>
Le film de Julie Delpy est inspiré du récit historique <em>La Comtesse sanglante</em> de Valentine Penrose (Gallimard, L'Imaginaire, 2004).
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Acteurs : Julie Delpy, Daniel Brühl, William Hurt</li>
	<li>Année : 2010</li>
	<li>Durée : 1h38</li>
	<li>Pays : France, Allemagne</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Steven Spielberg - Indiana Jones</title>
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		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 12:38:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lullaby</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
		<category><![CDATA[coups de coeur]]></category>
		<category><![CDATA[harrison ford]]></category>
		<category><![CDATA[sean connery]]></category>
		<category><![CDATA[steven spielberg]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/indiana-jones-arche-perdue-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche des « Aventuriers de l&#039;Arche Perdue »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Dans les années 1930, le professeur Henry Jones Junior, qui se fait appeler <strong>Indiana Jones,</strong> enseigne l'archéologie à l'université. Certaines de ses étudiantes ne sont d'ailleurs pas insensibles à son charme. Mais Indiana Jones passe le plus clair de son temps sur le terrain.<strong> </strong>

Il parcourt le monde à la recherche de reliques légendaires, comme l'Arche d'alliance, une pierre indienne sacrée, le Graal ou encore, dans les années 1950, un crâne de cristal. Mais ces reliques sont convoitées par de nombreuses personnes, pas toujours animées des meilleures intentions, le tout dans <strong>un contexte politique international des plus tendus</strong>.

Et pour mettre la main sur ces objets légendaires, <strong>le chemin est long et semé d'embûches</strong>. Indiana Jones, qui bénéficie aussi de l'aide de <strong>compagnons d'aventures</strong>, aura fort à faire pour retrouver ces trésors tout en devant lutter contre ses ennemis.
<h3>Critique personnelle</h3>
Indiana Jones. Un nom connu de tous. Un nom qui évoque aussitôt<strong> un homme coiffé</strong> <strong>d'un chapeau Fedora brun,</strong> vêtu d'une veste en cuir<strong> et armé d'un fouet</strong>, au sourire charmeur et aux poings prêts à l'action, lancé sur les traces de reliques mystérieuses. Indiana Jones, qui incarne<strong> l'Aventurier</strong> avec un grand "A". Il n'aura mis que trois films pour s'imposer comme un héros mythique et aujourd'hui encore, il demeure <strong>le plus célèbre et le plus adulé des archéologues</strong>.

Il méritait donc bien une chronique fouillée sur La Lune Mauve, au cours de laquelle vous pourrez découvrir les coulisses de sa naissance, la façon dont les films le consacrèrent comme l'archétype de l'aventurier et comment il influence encore aujourd'hui la production cinématographique. Prêts pour cette nouvelle aventure en compagnie de votre archéologue préféré? Première destination : Hawaï. En route !
<h4>Mais d'où vient Indiana Jones?</h4>
Tout commence peu de temps avant la création de <em>Star Wars</em>.<strong> Georges Lucas</strong>, qui jusqu'alors n'a réalisé que deux longs métrages (<em>THX 1138 </em>en 1971 et <em>American Graffiti </em>en 1973),<strong> imagine le personnage d'un aventurier en s'inspirant de ses lectures d'enfance</strong>, les magazines <em>pulps </em>(revues populaires et bon marché)<strong> et de ses films d'enfance</strong>, à savoir des <em>serials (</em>films à petits budgets découpés en plusieurs épisodes).  Mais la trilogie <em>Star Wars</em> s'impose et Georges Lucas décide de s'y consacrer. Il tourne le premier volet de la saga, <em>Un nouvel espoir</em>, qui sort dans les salles en 1977.  Craignant l'insuccès, le réalisateur se rend à Hawaï avec <strong>Steven Spielberg</strong>, autre réalisateur de qui il est proche. Spielberg, à cette époque, a déjà pu asseoir sa notoriété grâce aux <em>Dents de la mer</em> (1971)<em> </em>et <em>Rencontres du troisième type, </em>paru cette même année 1977. Les deux hommes se détendent donc sur la plage lorsqu'ils apprennent que <em>Star Wars : un nouvel espoir</em> remporte un succès aussi démesuré qu'inattendu. Spielberg confie alors à Lucas son projet de réaliser un film reprenant le célèbre espion britannique : James Bond. Mais Lucas, lui, se souvient alors de son personnage d'aventurier aux prises avec des reliques aux pouvoirs surnaturels. <strong>Le projet du premier film consacré à Indiana Jones est alors lancé.</strong>

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indy/" rel="attachment wp-att-2718"><img class="alignright size-medium wp-image-2718" title="indy_archeperdue" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/indy-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a>Mais si les bases sont là, le personnage n'est pas encore tout à fait construit. Le premier volet de <em>Star Wars</em> étant un succès, George Lucas s'attelle à la réalisation des films suivants de la saga, <strong>laissant Spielberg affiner seul le personnage</strong> naissant d'Indiana Jones. Ainsi, si Spielberg s'inspire en partie de ses lectures d'<strong>Hergé</strong> pour modeler l'aventurier, il conserve l'influence des <em>serials</em> que George Lucas avait déjà utilisée. Le personnage est nommé par Lucas, il s'appellera Indiana Smith ! <strong>Pourquoi Indiana ?</strong> C'est tout simplement <strong>le nom de son chien</strong>. Le troisième film consacré à Indiana Jones, <em>La Dernière croisade</em>, fait d'ailleurs référence à cette origine canine du prénom : on y découvre que le personnage même de l'aventurier a choisi ce surnom d'après celui du chien familial ! Et Jones, me direz-vous ? Si à la base notre aventurier se nommait Indiana Smith, comment en est-on arrivé à Indiana Jones ? Cela vient de Spielberg. Il n'aimait pas ce "Smith", Lucas lui suggéra donc "Jones" pour le remplacer. Vint ensuite <strong>la conception physique</strong> du personnage, à l'aide du dessinateur de <em>comics</em> <strong><a href="http://www.thedrawingsofsteranko.com/">Jim Steranko</a></strong> et toujours sous le patronage de Lucas comme de Spielberg.
<h4>Les "premiers pas" d'un héros</h4>
<strong><em>Les Aventuriers de l'arche perdue</em></strong> sort en salles en 1981. Le succès critique comme public est au rendez-vous, le film reçoit de nombreuses récompenses dont cinq Oscars en 1982 (pour les effets spéciaux, notamment). Indiana Jones, qui y fait sa première apparition, a tous les atouts pour devenir un héros inoubliable. Le film démarre sur les chapeaux de roue puisque l'intrigue démarre en 1936 en Amérique du Sud, où un homme au visage plongé dans l'ombre et accompagné d'acolytes recherche dans la jungle une idole. Quelques minutes plus tard, cet homme se dévoile lors d'un plan où il déjoue une tentative d'assassinat sur sa personne : c'est Indiana Jones, qui vient là de démontrer <strong>son habileté au fouet</strong>.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indy_2/" rel="attachment wp-att-2954"><img class="size-full wp-image-2954 alignleft" title="indiana jones 2" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/01/indy_2.jpg" alt="" width="260" height="174" /></a>Cette première aventure précède la recherche de l'Arche d'alliance, sujet principal du film. Si elle plonge le spectateur directement dans l'action, elle permet surtout de <strong>découvrir les principales caractéristiques</strong> et traits de personnalité <strong>d'Indiana Jones</strong>. Son style vestimentaire, son arme fétiche, son penchant pour le combat et l'action, son intelligence (il déjoue les pièges semés sur le chemin conduisant à l'idole, là où d'autres y ont laissé la vie), sa phobie (les serpents)... L'ennemi du film apparaît également très tôt dans le film, lui volant la statuette durement acquise.  On retrouve plus tard Indiana enseignant à l'université, ce qui permet de découvrir son métier : <strong>archéologue et professeur d'archéologie</strong>. Mais le début du film a permis de voir que cet homme plein de charme <strong>préfère le terrain aux salles universitaires</strong>.

Le succès du film est du à son<strong> savant</strong> <strong>mélange d'action, d'humour et de fantastique mystique</strong>. Une touche de charme s'y ajoute, Indy retrouvant une ancienne conquête qu'il avait abandonnée des années auparavant et qu'il re-séduit. Celle-ci, Marion Ravenwood, constitue d'ailleurs un personnage de caractère, <strong>pendant féminin d'Indiana Jones</strong>. Et si l'ennemi principal de notre héros est Belloq, ce dernier bénéficie de l'appui des nazis, <strong>incarnation de l'Ennemi</strong> par excellence pour le spectateur contemporain lorsqu'on évoque les années 1930-1940.

<em>Les Aventuriers de l'arche perdue</em> permet de voir qu'Indiana Jones ne poursuit pas des reliques ordinaires : une idole sud-américaine bien protégée et l'Arche d'alliance, dont la quête fait l'objet de la majeure partie du film. Appartenant au <strong>symbolisme judéo-chrétien</strong>, cette Arche est citée dans la Bible comme le coffre ayant contenu les tables des Dix commandements, donnés par Dieu à Moïse. Qu'elle trouve sa place dans le film est somme toute très logique : Indy étant archéologue, il s'attache à la recherche d'objets permettant de reconstituer l'histoire de l'humanité (bien que notre Indy ait tendance à ne rechercher que reliques mystérieuses et objets précieux, plutôt que de banals pots de terre cuite... après tout, c'est un Aventurier archéologue avant tout, héros de surcroît!). L'Arche d'alliance est aussi entourée <strong>d'un certain danger</strong>, ce n'est pas une relique religieuse comme une autre qu'on peut manipuler à sa guise. <strong>Légende, religion, surnaturel, menace</strong>, voilà toutes les qualités de l'objet idéal d'une quête !

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indianajones_templemaudit/" rel="attachment wp-att-2713"><img class="size-medium wp-image-2713 alignright" title="indianajones_templemaudit" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/indianajones_templemaudit-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>Ce premier film étant un grand succès, Spielberg fait vivre à Indiana une nouvelle aventure en 1984. <em>Indiana Jones et le temple maudit</em> situe son intrigue en 1935, soit un an avant l'histoire dépeinte dans les <em>Aventuriers de l'arche perdue.</em> Là encore, l'action prend place dès les premières minutes, en Asie. Indy doit échapper à Lao Che, un gangster chinois. Sa fuite le fait échouer en Inde, dans un village où <strong>une pierre sacrée</strong> a été dérobée par <strong>les Thugs</strong>, une secte aux rites sanglants. Comme dans le précédent volet, l'objet de la quête de l'archéologue tient du <strong>mysticisme</strong> mais sans l'influence de la religion judéo-chrétienne.

Par ailleurs, l'ennemi du film est incarné par les membres de la secte, celle-ci ayant réellement existé en Inde mais dont les moeurs étaient, bien entendu, quelque peu différents de ceux dépeints dans <em>Le Temple maudit</em> : les Thugs y arrachent des coeurs alors que l'Histoire nous a qualifié ces mêmes Thugs d'étrangleurs. Mais Spielberg a tout de même conservé quelques véracités historiques, comme le culte rendu par la secte à <strong>la déesse Kali</strong>.
<h4>Et Indiana Jones devint l'Aventurier mythique</h4>
<em>Le Temple maudit</em> achève le portrait d'Indiana Jones en l'étoffant. Les qualités qu'il avait démontrées dans <em>L'Arche perdue</em> sont toujours présentes, mais une autre s'y ajoute : <strong>sa fibre paternaliste</strong>, avec son acolyte Demi-Lune, un petit garçon asiatique. Si Indy a tendance à le considérer comme un réel compagnon d'aventures, l'âge de ce dernier influe sur son comportement. Mais <strong>un héros n'en est pas un véritable sans sa part obscure</strong> et celle-ci nous est aussi dévoilée au cours du film. Indiana Jones, certes sous l'effet d'une drogue, se rallie à ses ennemis. Pire, il est <strong>confronté à la folie et à l'horreur</strong> lors de l'absorption du produit, baptisé "Sang de Kali". Considéré par la critique et le public comme <strong>le plus sombre des films</strong> de la franchise Indiana Jones, <em>Le Temple maudit</em> assoit pourtant  définitivement l'archéologue comme <strong>un héros incontournable</strong>.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indianajones_dernierecroisade/" rel="attachment wp-att-2719"><img class="size-medium wp-image-2719 alignleft" title="indianajones_dernierecroisade" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/indianajones_dernierecroisade-215x300.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a>

Mais il manque encore à Indy <strong>un cadre familial et un passé solide</strong>. Sa nouvelle aventure se charge de combler ce vide : <em>Indiana Jones et la Dernière Croisade</em> sort sur les écrans en 1989, toujours réalisé par Steven Spielberg. Il s'ouvre sur <strong>un adolescent scout</strong> en maraude  : Indiana. Qui, déjà, montre de solides connaissances en matière d'archéologie, un certain sens de l'aventure et le désir de fournir aux musées les reliques dénichées, non de les garder pour un intérêt personnel, ce qui lui vaut des ennemis. <strong>Une belle esquisse de ce qu'il deviendra plus tard, à l'âge adulte</strong> ! Mieux encore, cette première partie montre <strong>l'origine de certaines caractéristiques</strong> du personnage présentées lors du premier opus. On apprend ainsi d'où est née sa phobie des serpents, comment le fouet est devenu son arme favorite et comment est survenue la petite cicatrice qu'il porte au menton. Enfin, comment il s'attacha au célèbre chapeau Fedora brun !

On découvre<strong> </strong>aussi<strong> le contexte familial dans lequel Indy évolue</strong>. Un père obnubilé par ses recherches sur le Graal, une mère décédée... Le jeune Indy est bien souvent livré à lui-même. Nous le retrouvons en 1938, adulte. Son père, toujours en quête du Graal, a disparu. Or, les Nazis sont aussi sur les traces de cette coupe légendaire qui aurait contenu le sang du Christ et que <strong>les chevaliers du roi Arthur</strong> avaient aussi recherché, en vain. Indiana Jones, pour retrouver son père, doit donc se lancer aussi sur la piste du Graal. Le film est ainsi centré sur la relation père-fils. Un père incarné par<strong> Sean Connery</strong>, excusez du peu ! Indy apparaît <strong>sensible</strong>, ayant souffert du manque d'attention de son père, mais tout aussi<strong> passionné</strong> que lui par la recherche archéologique.

Quant à l'objet de la quête du film, c'est lui qui consacre Indiana Jones comme <strong>la quintessence de l'aventurier</strong>. Le Saint Graal, <strong>objet légendaire par excellence</strong>, symbole d'une quête quasi impossible. Même les célèbres chevaliers du roi Arthur ont échoué à le trouver, seul Galaad, le plus pur de ces chevaliers, étant parvenu à le voir avant de mourir aussitôt. Notre archéologue n'est donc pas au bout de ses peines ! Mais la réussite de sa quête lui permet de consolider sa place au panthéon des Héros de cinéma. Indiana Jones n'est plus un archéologue aventurier, <strong>il est désormais l'Aventurier</strong>.
<h4>L'héritage d'Indiana Jones</h4>
Indy étant très apprécié du public, il lui est donné de <strong>vivre de multiples autres aventures sur d'autres supports</strong> <strong>que le cinéma</strong> (livres, série télévisée, jeu vidéo).  Par ailleurs, on assiste à la naissance d'autres archéologues sur petit comme grand écran, qui se calquent sur le personnage d'Indy sans pour autant parvenir à l'égaler. N'est pas Aventurier mythique qui veut !

Les années passent donc mais la célébrité d'Indiana Jones n'en diminue pas pour autant, comme le prouve toute cette activité autour de l'archéologue.  <a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indianajones_cranecristal/" rel="attachment wp-att-2922"><img class="size-medium wp-image-2922 alignright" title="indianajones_cranecristal" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/11/indianajones_cranecristal-227x300.jpg" alt="" width="227" height="300" /></a>Et, en 2008, Indy fait enfin son grand retour sur grand écran avec <em>Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal</em> ! Ce quatrième film, arrivé presque 20 ans après <em>La Dernière Croisade</em> apporte-t-il aussi sa pierre au personnage ? Ma réponse, toute personnelle et subjective, est non. Comme je l'ai indiqué tout au long de cet article, ce sont les 3 films initiaux qui ont fondé l'Aventurier qu'est devenu Indiana Jones. <strong><em>Le Royaume du crâne de cristal</em> suit pourtant la recette habituelle, un bond dans le futur en plus</strong> : on passe des années 30 aux années 50, du fantastique à la science-fiction. Ce glissement s'explique par l'âge de l'acteur et le respect des <em>pulps</em>. Si les années 30 coïncidaient avec le mysticisme, les années 50 correspondent à l'affaire Roswell, au boom des soucoupes volantes. Qui dit changement d'époque dit aussi changement de méchants, là aussi on suit l'historique en troquant les nazis par les Russes soviétiques. Quid d'Indy ? Le héros a vieilli, a roulé sa bosse entre-temps comme espion et, quoiqu'il semble vouloir se ranger, il se lance dans une nouvelle aventure. Aventure qui lui apporte un fils. <strong>Le film se veut donc une complète inversion du rapport fils-père présenté dans l'opus précédent</strong>, <em>La Dernière Croisade.  </em>Mais, malheureusement, ce 4e film est bourré de clins d'oeil à la trilogie fondatrice, devenant <strong>une sorte de<em> best-of </em>qui se conclue par un Indy désormais assagi et rangé</strong>.

C'est pourquoi, à mes yeux, les 3 films de base constituent la véritable identité d'Indy et le 4e un ajout optionnel, qui <strong>écorne même (un comble !) l'archétype patiemment construit tout au long de la trilogie</strong>.
<h3><em></em>Le grain de sable</h3>
George Lucas ayant participé à la création du personnage et Harrison Ford incarné Han Solo, <strong>on retrouvera ici et là des clins d'oeil à <em>Star Wars</em></strong>, autre trilogie culte (devenue hexalogie par la suite) : dans <em>Indiana Jones et le Temple maudit,</em> l'intrigue démarre au club Obi-Wan ; dans <em>Les Aventuriers de l'arche perdue,</em> on peut voir des hiéroglyphes représentant R2-D2 et C-3PO dans le Puits des âmes... pour les autres clins d'oeil, à vous de jouer!
<h3>Références</h3>
<ul>
	<li><strong><em>Les Aventuriers de l'arche perdue</em></strong>
<ul>
	<li>Acteurs : Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman</li>
	<li>Année : 1981</li>
	<li>Durée : 1h55</li>
</ul>
</li>
	<li><strong><em>Indiana Jones et le temple maudit</em></strong>
<ul>
	<li>Acteurs : Harrison Ford, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan</li>
	<li>Année : 1984</li>
	<li>Durée : 1h52</li>
</ul>
</li>
	<li><strong><em>Indiana Jones et la dernière croisade</em></strong>
<ul>
	<li>Acteurs : Harrison Ford, Sean Connery, Alison Doody</li>
	<li>Année : 1989</li>
	<li>Durée : 2h07</li>
</ul>
</li>
	<li><strong><em>Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal</em></strong>
<ul>
	<li>Acteurs : Harrison Ford, Shia LaBeouf, Cate Blanchett</li>
	<li>Année : 2008</li>
	<li>Durée : 2h02</li>
</ul>
</li>
	<li><strong><em>Pour l'ensemble des films</em></strong>
<ul>
	<li>Genre : Aventure</li>
	<li>Pays : Etats-Unis</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>Pour aller plus loin</h3>
<ul>
	<li>Le <a href="http://www.indianajones.com/site/index.html">site officiel</a> d'Indiana Jones</li>
	<li>Un <a href="http://www.jones-jr.com/">site français</a> consacré au célèbre aventurier</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/indiana-jones-arche-perdue-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche des « Aventuriers de l&#039;Arche Perdue »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Dans les années 1930, le professeur Henry Jones Junior, qui se fait appeler <strong>Indiana Jones,</strong> enseigne l'archéologie à l'université. Certaines de ses étudiantes ne sont d'ailleurs pas insensibles à son charme. Mais Indiana Jones passe le plus clair de son temps sur le terrain.<strong> </strong>

Il parcourt le monde à la recherche de reliques légendaires, comme l'Arche d'alliance, une pierre indienne sacrée, le Graal ou encore, dans les années 1950, un crâne de cristal. Mais ces reliques sont convoitées par de nombreuses personnes, pas toujours animées des meilleures intentions, le tout dans <strong>un contexte politique international des plus tendus</strong>.

Et pour mettre la main sur ces objets légendaires, <strong>le chemin est long et semé d'embûches</strong>. Indiana Jones, qui bénéficie aussi de l'aide de <strong>compagnons d'aventures</strong>, aura fort à faire pour retrouver ces trésors tout en devant lutter contre ses ennemis.
<h3>Critique personnelle</h3>
Indiana Jones. Un nom connu de tous. Un nom qui évoque aussitôt<strong> un homme coiffé</strong> <strong>d'un chapeau Fedora brun,</strong> vêtu d'une veste en cuir<strong> et armé d'un fouet</strong>, au sourire charmeur et aux poings prêts à l'action, lancé sur les traces de reliques mystérieuses. Indiana Jones, qui incarne<strong> l'Aventurier</strong> avec un grand "A". Il n'aura mis que trois films pour s'imposer comme un héros mythique et aujourd'hui encore, il demeure <strong>le plus célèbre et le plus adulé des archéologues</strong>.

Il méritait donc bien une chronique fouillée sur La Lune Mauve, au cours de laquelle vous pourrez découvrir les coulisses de sa naissance, la façon dont les films le consacrèrent comme l'archétype de l'aventurier et comment il influence encore aujourd'hui la production cinématographique. Prêts pour cette nouvelle aventure en compagnie de votre archéologue préféré? Première destination : Hawaï. En route !
<h4>Mais d'où vient Indiana Jones?</h4>
Tout commence peu de temps avant la création de <em>Star Wars</em>.<strong> Georges Lucas</strong>, qui jusqu'alors n'a réalisé que deux longs métrages (<em>THX 1138 </em>en 1971 et <em>American Graffiti </em>en 1973),<strong> imagine le personnage d'un aventurier en s'inspirant de ses lectures d'enfance</strong>, les magazines <em>pulps </em>(revues populaires et bon marché)<strong> et de ses films d'enfance</strong>, à savoir des <em>serials (</em>films à petits budgets découpés en plusieurs épisodes).  Mais la trilogie <em>Star Wars</em> s'impose et Georges Lucas décide de s'y consacrer. Il tourne le premier volet de la saga, <em>Un nouvel espoir</em>, qui sort dans les salles en 1977.  Craignant l'insuccès, le réalisateur se rend à Hawaï avec <strong>Steven Spielberg</strong>, autre réalisateur de qui il est proche. Spielberg, à cette époque, a déjà pu asseoir sa notoriété grâce aux <em>Dents de la mer</em> (1971)<em> </em>et <em>Rencontres du troisième type, </em>paru cette même année 1977. Les deux hommes se détendent donc sur la plage lorsqu'ils apprennent que <em>Star Wars : un nouvel espoir</em> remporte un succès aussi démesuré qu'inattendu. Spielberg confie alors à Lucas son projet de réaliser un film reprenant le célèbre espion britannique : James Bond. Mais Lucas, lui, se souvient alors de son personnage d'aventurier aux prises avec des reliques aux pouvoirs surnaturels. <strong>Le projet du premier film consacré à Indiana Jones est alors lancé.</strong>

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indy/" rel="attachment wp-att-2718"><img class="alignright size-medium wp-image-2718" title="indy_archeperdue" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/indy-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a>Mais si les bases sont là, le personnage n'est pas encore tout à fait construit. Le premier volet de <em>Star Wars</em> étant un succès, George Lucas s'attelle à la réalisation des films suivants de la saga, <strong>laissant Spielberg affiner seul le personnage</strong> naissant d'Indiana Jones. Ainsi, si Spielberg s'inspire en partie de ses lectures d'<strong>Hergé</strong> pour modeler l'aventurier, il conserve l'influence des <em>serials</em> que George Lucas avait déjà utilisée. Le personnage est nommé par Lucas, il s'appellera Indiana Smith ! <strong>Pourquoi Indiana ?</strong> C'est tout simplement <strong>le nom de son chien</strong>. Le troisième film consacré à Indiana Jones, <em>La Dernière croisade</em>, fait d'ailleurs référence à cette origine canine du prénom : on y découvre que le personnage même de l'aventurier a choisi ce surnom d'après celui du chien familial ! Et Jones, me direz-vous ? Si à la base notre aventurier se nommait Indiana Smith, comment en est-on arrivé à Indiana Jones ? Cela vient de Spielberg. Il n'aimait pas ce "Smith", Lucas lui suggéra donc "Jones" pour le remplacer. Vint ensuite <strong>la conception physique</strong> du personnage, à l'aide du dessinateur de <em>comics</em> <strong><a href="http://www.thedrawingsofsteranko.com/">Jim Steranko</a></strong> et toujours sous le patronage de Lucas comme de Spielberg.
<h4>Les "premiers pas" d'un héros</h4>
<strong><em>Les Aventuriers de l'arche perdue</em></strong> sort en salles en 1981. Le succès critique comme public est au rendez-vous, le film reçoit de nombreuses récompenses dont cinq Oscars en 1982 (pour les effets spéciaux, notamment). Indiana Jones, qui y fait sa première apparition, a tous les atouts pour devenir un héros inoubliable. Le film démarre sur les chapeaux de roue puisque l'intrigue démarre en 1936 en Amérique du Sud, où un homme au visage plongé dans l'ombre et accompagné d'acolytes recherche dans la jungle une idole. Quelques minutes plus tard, cet homme se dévoile lors d'un plan où il déjoue une tentative d'assassinat sur sa personne : c'est Indiana Jones, qui vient là de démontrer <strong>son habileté au fouet</strong>.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indy_2/" rel="attachment wp-att-2954"><img class="size-full wp-image-2954 alignleft" title="indiana jones 2" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/01/indy_2.jpg" alt="" width="260" height="174" /></a>Cette première aventure précède la recherche de l'Arche d'alliance, sujet principal du film. Si elle plonge le spectateur directement dans l'action, elle permet surtout de <strong>découvrir les principales caractéristiques</strong> et traits de personnalité <strong>d'Indiana Jones</strong>. Son style vestimentaire, son arme fétiche, son penchant pour le combat et l'action, son intelligence (il déjoue les pièges semés sur le chemin conduisant à l'idole, là où d'autres y ont laissé la vie), sa phobie (les serpents)... L'ennemi du film apparaît également très tôt dans le film, lui volant la statuette durement acquise.  On retrouve plus tard Indiana enseignant à l'université, ce qui permet de découvrir son métier : <strong>archéologue et professeur d'archéologie</strong>. Mais le début du film a permis de voir que cet homme plein de charme <strong>préfère le terrain aux salles universitaires</strong>.

Le succès du film est du à son<strong> savant</strong> <strong>mélange d'action, d'humour et de fantastique mystique</strong>. Une touche de charme s'y ajoute, Indy retrouvant une ancienne conquête qu'il avait abandonnée des années auparavant et qu'il re-séduit. Celle-ci, Marion Ravenwood, constitue d'ailleurs un personnage de caractère, <strong>pendant féminin d'Indiana Jones</strong>. Et si l'ennemi principal de notre héros est Belloq, ce dernier bénéficie de l'appui des nazis, <strong>incarnation de l'Ennemi</strong> par excellence pour le spectateur contemporain lorsqu'on évoque les années 1930-1940.

<em>Les Aventuriers de l'arche perdue</em> permet de voir qu'Indiana Jones ne poursuit pas des reliques ordinaires : une idole sud-américaine bien protégée et l'Arche d'alliance, dont la quête fait l'objet de la majeure partie du film. Appartenant au <strong>symbolisme judéo-chrétien</strong>, cette Arche est citée dans la Bible comme le coffre ayant contenu les tables des Dix commandements, donnés par Dieu à Moïse. Qu'elle trouve sa place dans le film est somme toute très logique : Indy étant archéologue, il s'attache à la recherche d'objets permettant de reconstituer l'histoire de l'humanité (bien que notre Indy ait tendance à ne rechercher que reliques mystérieuses et objets précieux, plutôt que de banals pots de terre cuite... après tout, c'est un Aventurier archéologue avant tout, héros de surcroît!). L'Arche d'alliance est aussi entourée <strong>d'un certain danger</strong>, ce n'est pas une relique religieuse comme une autre qu'on peut manipuler à sa guise. <strong>Légende, religion, surnaturel, menace</strong>, voilà toutes les qualités de l'objet idéal d'une quête !

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indianajones_templemaudit/" rel="attachment wp-att-2713"><img class="size-medium wp-image-2713 alignright" title="indianajones_templemaudit" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/indianajones_templemaudit-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>Ce premier film étant un grand succès, Spielberg fait vivre à Indiana une nouvelle aventure en 1984. <em>Indiana Jones et le temple maudit</em> situe son intrigue en 1935, soit un an avant l'histoire dépeinte dans les <em>Aventuriers de l'arche perdue.</em> Là encore, l'action prend place dès les premières minutes, en Asie. Indy doit échapper à Lao Che, un gangster chinois. Sa fuite le fait échouer en Inde, dans un village où <strong>une pierre sacrée</strong> a été dérobée par <strong>les Thugs</strong>, une secte aux rites sanglants. Comme dans le précédent volet, l'objet de la quête de l'archéologue tient du <strong>mysticisme</strong> mais sans l'influence de la religion judéo-chrétienne.

Par ailleurs, l'ennemi du film est incarné par les membres de la secte, celle-ci ayant réellement existé en Inde mais dont les moeurs étaient, bien entendu, quelque peu différents de ceux dépeints dans <em>Le Temple maudit</em> : les Thugs y arrachent des coeurs alors que l'Histoire nous a qualifié ces mêmes Thugs d'étrangleurs. Mais Spielberg a tout de même conservé quelques véracités historiques, comme le culte rendu par la secte à <strong>la déesse Kali</strong>.
<h4>Et Indiana Jones devint l'Aventurier mythique</h4>
<em>Le Temple maudit</em> achève le portrait d'Indiana Jones en l'étoffant. Les qualités qu'il avait démontrées dans <em>L'Arche perdue</em> sont toujours présentes, mais une autre s'y ajoute : <strong>sa fibre paternaliste</strong>, avec son acolyte Demi-Lune, un petit garçon asiatique. Si Indy a tendance à le considérer comme un réel compagnon d'aventures, l'âge de ce dernier influe sur son comportement. Mais <strong>un héros n'en est pas un véritable sans sa part obscure</strong> et celle-ci nous est aussi dévoilée au cours du film. Indiana Jones, certes sous l'effet d'une drogue, se rallie à ses ennemis. Pire, il est <strong>confronté à la folie et à l'horreur</strong> lors de l'absorption du produit, baptisé "Sang de Kali". Considéré par la critique et le public comme <strong>le plus sombre des films</strong> de la franchise Indiana Jones, <em>Le Temple maudit</em> assoit pourtant  définitivement l'archéologue comme <strong>un héros incontournable</strong>.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indianajones_dernierecroisade/" rel="attachment wp-att-2719"><img class="size-medium wp-image-2719 alignleft" title="indianajones_dernierecroisade" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/indianajones_dernierecroisade-215x300.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a>

Mais il manque encore à Indy <strong>un cadre familial et un passé solide</strong>. Sa nouvelle aventure se charge de combler ce vide : <em>Indiana Jones et la Dernière Croisade</em> sort sur les écrans en 1989, toujours réalisé par Steven Spielberg. Il s'ouvre sur <strong>un adolescent scout</strong> en maraude  : Indiana. Qui, déjà, montre de solides connaissances en matière d'archéologie, un certain sens de l'aventure et le désir de fournir aux musées les reliques dénichées, non de les garder pour un intérêt personnel, ce qui lui vaut des ennemis. <strong>Une belle esquisse de ce qu'il deviendra plus tard, à l'âge adulte</strong> ! Mieux encore, cette première partie montre <strong>l'origine de certaines caractéristiques</strong> du personnage présentées lors du premier opus. On apprend ainsi d'où est née sa phobie des serpents, comment le fouet est devenu son arme favorite et comment est survenue la petite cicatrice qu'il porte au menton. Enfin, comment il s'attacha au célèbre chapeau Fedora brun !

On découvre<strong> </strong>aussi<strong> le contexte familial dans lequel Indy évolue</strong>. Un père obnubilé par ses recherches sur le Graal, une mère décédée... Le jeune Indy est bien souvent livré à lui-même. Nous le retrouvons en 1938, adulte. Son père, toujours en quête du Graal, a disparu. Or, les Nazis sont aussi sur les traces de cette coupe légendaire qui aurait contenu le sang du Christ et que <strong>les chevaliers du roi Arthur</strong> avaient aussi recherché, en vain. Indiana Jones, pour retrouver son père, doit donc se lancer aussi sur la piste du Graal. Le film est ainsi centré sur la relation père-fils. Un père incarné par<strong> Sean Connery</strong>, excusez du peu ! Indy apparaît <strong>sensible</strong>, ayant souffert du manque d'attention de son père, mais tout aussi<strong> passionné</strong> que lui par la recherche archéologique.

Quant à l'objet de la quête du film, c'est lui qui consacre Indiana Jones comme <strong>la quintessence de l'aventurier</strong>. Le Saint Graal, <strong>objet légendaire par excellence</strong>, symbole d'une quête quasi impossible. Même les célèbres chevaliers du roi Arthur ont échoué à le trouver, seul Galaad, le plus pur de ces chevaliers, étant parvenu à le voir avant de mourir aussitôt. Notre archéologue n'est donc pas au bout de ses peines ! Mais la réussite de sa quête lui permet de consolider sa place au panthéon des Héros de cinéma. Indiana Jones n'est plus un archéologue aventurier, <strong>il est désormais l'Aventurier</strong>.
<h4>L'héritage d'Indiana Jones</h4>
Indy étant très apprécié du public, il lui est donné de <strong>vivre de multiples autres aventures sur d'autres supports</strong> <strong>que le cinéma</strong> (livres, série télévisée, jeu vidéo).  Par ailleurs, on assiste à la naissance d'autres archéologues sur petit comme grand écran, qui se calquent sur le personnage d'Indy sans pour autant parvenir à l'égaler. N'est pas Aventurier mythique qui veut !

Les années passent donc mais la célébrité d'Indiana Jones n'en diminue pas pour autant, comme le prouve toute cette activité autour de l'archéologue.  <a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/indiana-jones-de-steven-spielberg/attachment/indianajones_cranecristal/" rel="attachment wp-att-2922"><img class="size-medium wp-image-2922 alignright" title="indianajones_cranecristal" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/11/indianajones_cranecristal-227x300.jpg" alt="" width="227" height="300" /></a>Et, en 2008, Indy fait enfin son grand retour sur grand écran avec <em>Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal</em> ! Ce quatrième film, arrivé presque 20 ans après <em>La Dernière Croisade</em> apporte-t-il aussi sa pierre au personnage ? Ma réponse, toute personnelle et subjective, est non. Comme je l'ai indiqué tout au long de cet article, ce sont les 3 films initiaux qui ont fondé l'Aventurier qu'est devenu Indiana Jones. <strong><em>Le Royaume du crâne de cristal</em> suit pourtant la recette habituelle, un bond dans le futur en plus</strong> : on passe des années 30 aux années 50, du fantastique à la science-fiction. Ce glissement s'explique par l'âge de l'acteur et le respect des <em>pulps</em>. Si les années 30 coïncidaient avec le mysticisme, les années 50 correspondent à l'affaire Roswell, au boom des soucoupes volantes. Qui dit changement d'époque dit aussi changement de méchants, là aussi on suit l'historique en troquant les nazis par les Russes soviétiques. Quid d'Indy ? Le héros a vieilli, a roulé sa bosse entre-temps comme espion et, quoiqu'il semble vouloir se ranger, il se lance dans une nouvelle aventure. Aventure qui lui apporte un fils. <strong>Le film se veut donc une complète inversion du rapport fils-père présenté dans l'opus précédent</strong>, <em>La Dernière Croisade.  </em>Mais, malheureusement, ce 4e film est bourré de clins d'oeil à la trilogie fondatrice, devenant <strong>une sorte de<em> best-of </em>qui se conclue par un Indy désormais assagi et rangé</strong>.

C'est pourquoi, à mes yeux, les 3 films de base constituent la véritable identité d'Indy et le 4e un ajout optionnel, qui <strong>écorne même (un comble !) l'archétype patiemment construit tout au long de la trilogie</strong>.
<h3><em></em>Le grain de sable</h3>
George Lucas ayant participé à la création du personnage et Harrison Ford incarné Han Solo, <strong>on retrouvera ici et là des clins d'oeil à <em>Star Wars</em></strong>, autre trilogie culte (devenue hexalogie par la suite) : dans <em>Indiana Jones et le Temple maudit,</em> l'intrigue démarre au club Obi-Wan ; dans <em>Les Aventuriers de l'arche perdue,</em> on peut voir des hiéroglyphes représentant R2-D2 et C-3PO dans le Puits des âmes... pour les autres clins d'oeil, à vous de jouer!
<h3>Références</h3>
<ul>
	<li><strong><em>Les Aventuriers de l'arche perdue</em></strong>
<ul>
	<li>Acteurs : Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman</li>
	<li>Année : 1981</li>
	<li>Durée : 1h55</li>
</ul>
</li>
	<li><strong><em>Indiana Jones et le temple maudit</em></strong>
<ul>
	<li>Acteurs : Harrison Ford, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan</li>
	<li>Année : 1984</li>
	<li>Durée : 1h52</li>
</ul>
</li>
	<li><strong><em>Indiana Jones et la dernière croisade</em></strong>
<ul>
	<li>Acteurs : Harrison Ford, Sean Connery, Alison Doody</li>
	<li>Année : 1989</li>
	<li>Durée : 2h07</li>
</ul>
</li>
	<li><strong><em>Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal</em></strong>
<ul>
	<li>Acteurs : Harrison Ford, Shia LaBeouf, Cate Blanchett</li>
	<li>Année : 2008</li>
	<li>Durée : 2h02</li>
</ul>
</li>
	<li><strong><em>Pour l'ensemble des films</em></strong>
<ul>
	<li>Genre : Aventure</li>
	<li>Pays : Etats-Unis</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>Pour aller plus loin</h3>
<ul>
	<li>Le <a href="http://www.indianajones.com/site/index.html">site officiel</a> d'Indiana Jones</li>
	<li>Un <a href="http://www.jones-jr.com/">site français</a> consacré au célèbre aventurier</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>David Fincher - Millenium</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/millenium-de-david-fincher/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/millenium-de-david-fincher/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 09:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kReEsTaL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[Atticus Ross]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Craig]]></category>
		<category><![CDATA[David Fincher]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Trent Reznor]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_affiche-millenium-224x300.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de « Millenium » de David Fincher" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation du journal Millennium, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.

Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.

Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

(<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Millenium,_les_hommes_qui_n%27aimaient_pas_les_femmes_(film,_2011)">source</a>)

<h2>Bande-annonce</h2>

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Z2KYr3rOHRI[/youtube]

<h2>Avis personnel</h2>

<em><strong>Avertissement :</strong> sans doute suis-je la personne la mieux ou la moins bien placée pour critiquer ce film. En effet, je n'ai pas lu les livres de Stieg Larsson, et je n'ai pas vu les films précédents. Je jugerai le film en lui même, sorti de son contexte d'adaptation.</em>

<strong>Dès le générique, le ton est donné : ce film sera noir, froid, et intense.</strong> La reprise d'<em>Immigrant Song</em> de Led Zeppelin, réinventée par les deux compères Atticus Ross et Trent Reznor et interprétée par Karen O (Yeah Yeah Yeahs) casse la baraque, et les images – 3D ou réelles, on ne sait pas très bien – de ce couple se rapprochant et se déchirant, le tout dans un blob visqueux et sombre annoncent la couleur.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_lisbeth-salander2.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_lisbeth-salander2-217x300.jpg" alt="Lisbeth Salander, version Rooney Mara" title="Lisbeth Salander, version Rooney Mara" width="217" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-2969" /></a>La première demie-heure du film fait la part belle aux deux têtes d'affiche : d'un côté, un Daniel Craig bien élevé et toujours sur la réserve, dans la peau de Mikael Blomqvist, et de l'autre, une Rooney Mara donnant corps à une Lisbeth Salander plus sèche, blanche et goth que jamais, dont la subtilité du look n'a d'égale que sa grosse moto.

C'est d'abord aux vies de chacun d'entre eux que le scénario se consacre. <strong>Lisbeth est une enquêtrice geek ultra-solitaire</strong>, considérée par l'État comme incapable de s'assumer toute seule. Blomqvist quant à lui est un journaliste réputé qui co-dirige Millenium, une revue politique menacée par son récent procès. La narration s'attarde sur quelques personnes-clés de leur entourage, dessinant déjà des contours lugubres.

À l'instar de l'affiche du film, la photographie du film force sur le noir et le blanc. Les bâtiments coupés au couteau, les vitres donnant sur un ciel immense, les rames de métro et les escalators, tout est vertical et métallique, et dépeint une Stockholm déshumanisée. Sensation encore accentuée par l'étouffante solitude de Lisbeth, dont le visage même est une tâche blême posée à l'intérieur d'une capuche noire. La fragilité du personnage émeut.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_mikael-blomqvist.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_mikael-blomqvist-300x198.jpg" alt="Mikael Blomqvist, interprété par Daniel Craig" title="Mikael Blomqvist, interprété par Daniel Craig" width="300" height="198" class="alignright size-medium wp-image-2964" /></a><strong>L'intrigue qui rythme le film est assez bien menée</strong> : les deux heures trente passent en un clin d'œil, tout passionné que l'on est à recomposer le puzzle macabre d'une famille de riches industriels infiltrée par le ver national-socialiste. Craig néanmoins possède un registre limité d'expressions, et ses tenues impeccables ainsi que son porté de mannequin l'empêchent véritablement de se détacher de son personnage de James Bond. Ce Mikael Blomqvist-là ne semble pas avoir de faille, en tout cas pas de faille suffisamment intéressante pour qu'on trouve le personnage à la hauteur de Lisbeth Salander, la véritable héroïne du film.

Cette adaptation de <em>Millenium</em> ne doit sa <strong>critique acerbe de la misogynie, de l'exclusion sociale et de l'extrême-droite</strong> qu'aux livres de Larsson : bien que sous-jacente par la force des choses, elle ne saute pas aux yeux dans le film de Fincher, qui semble croire que des images chocs suffiront à faire passer le message. Comme dans un labyrinthe aux allures de laboratoire médical, les deux protagonistes évoluent seuls, et c'est encore seuls qu'ils affrontent les épreuves qui les attendent. De la même façon, le spectateur est seul pour tirer tout seul les conclusions qui s'imposent.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_lisbeth-salander.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_lisbeth-salander-300x199.jpg" alt="Lisbeth Salander, interprétée par Rooney Mara" title="Lisbeth Salander, interprétée par Rooney Mara" width="300" height="199" class="aligncenter size-medium wp-image-2963" /></a>

Le rapprochement de Mikael et Lisbeth insuffle un trop peu de chaleur dans ce long métrage glacial : à peine le temps de dire ouf, que c'est déjà fini. <strong>Forcément, on se dit qu'il manque quelque chose ; un traitement plus personnel de l'histoire par le réalisateur</strong>, quelque chose de plus organique à l'instar du générique, bref, quelque chose de plus émotionnel. Il y avait toute la matière nécessaire pour le faire (ok, bon, sauf peut-être la tête trop parfaite de Craig).

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_millenium.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_millenium-300x198.jpg" alt="Rooney Mara et Yorick Van Wageningen" title="Rooney Mara et Yorick Van Wageningen" width="300" height="198" class="alignright size-medium wp-image-2965" /></a><strong>Ce sentiment de solitude</strong>, symbolisé par la maison insulaire recouverte de neige dans laquelle Blomqvist établit son Q.G., ne nous quitte pas une fois que le film est terminé. Comme le long frisson glacé qui a parcouru mon corps lorsque je suis sortie de la salle. Je ne dirais pas que <em>Millenium</em> est une réussite scénaristique car le mérite en revient exclusivement à l'auteur de l'histoire originale.

Néanmoins, cette adaptation de <em>Millenium</em> est une <strong>réussite graphique et musicale</strong> : Trent Reznor et Atticus Ross ont composé pas moins de trois heures de musique inédite pour le film (vous pouvez d'ailleurs <a href="http://www.nullco.com/GDT/gbp.php">télécharger 6 titres</a> sur 39 gratuitement sur le site de Nine Inch Nails). Cette bande originale est pour beaucoup dans la tension du film.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_atticus-ross-trent-reznor.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_atticus-ross-trent-reznor.jpg" alt="Atticus Ross et Trent Reznor" title="Atticus Ross et Trent Reznor" width="500" height="333" class="aligncenter size-full wp-image-2967" /></a>

<h2>Le grain de sable</h2>

<em>Ce que la neige recouvre, se révèle au dégel</em> : ce proverbe suédois a servi de tagline aux affiches américaines du film. L'acteur Stellan Skarsgard, qui incarne Martin Vanger, l'aurait prononcé sur le tournage, donnant l'idée à David Fincher de s'en servir comme slogan promotionnel.

Par ailleurs, on appréciera les clins d'œils à Nine Inch Nails tout au long du film, comme le t-shirt NIN de Plague.

<h2>Pour en savoir plus</h2>

<ul>
	<li><a href="http://www.dragontattoo.com/site/">Site officiel du film</a> (tout en Flash, snif)</li>
	<li>Une <a href="http://beyondthenoize.blogspot.com/2012/01/millenium-de-david-fincher.html">chouette chronique de Millenium</a> chez Beyond the noize</li>
	<li><a href="http://millenniumtrilogy.wikia.com/wiki/Millennium_Trilogy_Wiki">Millenium Trilogy Wiki</a> : pour tout savoir sur la trilogie de Stieg Larsson (livres et films)</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_affiche-millenium-224x300.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de « Millenium » de David Fincher" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation du journal Millennium, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.

Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.

Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

(<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Millenium,_les_hommes_qui_n%27aimaient_pas_les_femmes_(film,_2011)">source</a>)

<h2>Bande-annonce</h2>

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Z2KYr3rOHRI[/youtube]

<h2>Avis personnel</h2>

<em><strong>Avertissement :</strong> sans doute suis-je la personne la mieux ou la moins bien placée pour critiquer ce film. En effet, je n'ai pas lu les livres de Stieg Larsson, et je n'ai pas vu les films précédents. Je jugerai le film en lui même, sorti de son contexte d'adaptation.</em>

<strong>Dès le générique, le ton est donné : ce film sera noir, froid, et intense.</strong> La reprise d'<em>Immigrant Song</em> de Led Zeppelin, réinventée par les deux compères Atticus Ross et Trent Reznor et interprétée par Karen O (Yeah Yeah Yeahs) casse la baraque, et les images – 3D ou réelles, on ne sait pas très bien – de ce couple se rapprochant et se déchirant, le tout dans un blob visqueux et sombre annoncent la couleur.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_lisbeth-salander2.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_lisbeth-salander2-217x300.jpg" alt="Lisbeth Salander, version Rooney Mara" title="Lisbeth Salander, version Rooney Mara" width="217" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-2969" /></a>La première demie-heure du film fait la part belle aux deux têtes d'affiche : d'un côté, un Daniel Craig bien élevé et toujours sur la réserve, dans la peau de Mikael Blomqvist, et de l'autre, une Rooney Mara donnant corps à une Lisbeth Salander plus sèche, blanche et goth que jamais, dont la subtilité du look n'a d'égale que sa grosse moto.

C'est d'abord aux vies de chacun d'entre eux que le scénario se consacre. <strong>Lisbeth est une enquêtrice geek ultra-solitaire</strong>, considérée par l'État comme incapable de s'assumer toute seule. Blomqvist quant à lui est un journaliste réputé qui co-dirige Millenium, une revue politique menacée par son récent procès. La narration s'attarde sur quelques personnes-clés de leur entourage, dessinant déjà des contours lugubres.

À l'instar de l'affiche du film, la photographie du film force sur le noir et le blanc. Les bâtiments coupés au couteau, les vitres donnant sur un ciel immense, les rames de métro et les escalators, tout est vertical et métallique, et dépeint une Stockholm déshumanisée. Sensation encore accentuée par l'étouffante solitude de Lisbeth, dont le visage même est une tâche blême posée à l'intérieur d'une capuche noire. La fragilité du personnage émeut.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_mikael-blomqvist.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_mikael-blomqvist-300x198.jpg" alt="Mikael Blomqvist, interprété par Daniel Craig" title="Mikael Blomqvist, interprété par Daniel Craig" width="300" height="198" class="alignright size-medium wp-image-2964" /></a><strong>L'intrigue qui rythme le film est assez bien menée</strong> : les deux heures trente passent en un clin d'œil, tout passionné que l'on est à recomposer le puzzle macabre d'une famille de riches industriels infiltrée par le ver national-socialiste. Craig néanmoins possède un registre limité d'expressions, et ses tenues impeccables ainsi que son porté de mannequin l'empêchent véritablement de se détacher de son personnage de James Bond. Ce Mikael Blomqvist-là ne semble pas avoir de faille, en tout cas pas de faille suffisamment intéressante pour qu'on trouve le personnage à la hauteur de Lisbeth Salander, la véritable héroïne du film.

Cette adaptation de <em>Millenium</em> ne doit sa <strong>critique acerbe de la misogynie, de l'exclusion sociale et de l'extrême-droite</strong> qu'aux livres de Larsson : bien que sous-jacente par la force des choses, elle ne saute pas aux yeux dans le film de Fincher, qui semble croire que des images chocs suffiront à faire passer le message. Comme dans un labyrinthe aux allures de laboratoire médical, les deux protagonistes évoluent seuls, et c'est encore seuls qu'ils affrontent les épreuves qui les attendent. De la même façon, le spectateur est seul pour tirer tout seul les conclusions qui s'imposent.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_lisbeth-salander.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_lisbeth-salander-300x199.jpg" alt="Lisbeth Salander, interprétée par Rooney Mara" title="Lisbeth Salander, interprétée par Rooney Mara" width="300" height="199" class="aligncenter size-medium wp-image-2963" /></a>

Le rapprochement de Mikael et Lisbeth insuffle un trop peu de chaleur dans ce long métrage glacial : à peine le temps de dire ouf, que c'est déjà fini. <strong>Forcément, on se dit qu'il manque quelque chose ; un traitement plus personnel de l'histoire par le réalisateur</strong>, quelque chose de plus organique à l'instar du générique, bref, quelque chose de plus émotionnel. Il y avait toute la matière nécessaire pour le faire (ok, bon, sauf peut-être la tête trop parfaite de Craig).

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_millenium.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_millenium-300x198.jpg" alt="Rooney Mara et Yorick Van Wageningen" title="Rooney Mara et Yorick Van Wageningen" width="300" height="198" class="alignright size-medium wp-image-2965" /></a><strong>Ce sentiment de solitude</strong>, symbolisé par la maison insulaire recouverte de neige dans laquelle Blomqvist établit son Q.G., ne nous quitte pas une fois que le film est terminé. Comme le long frisson glacé qui a parcouru mon corps lorsque je suis sortie de la salle. Je ne dirais pas que <em>Millenium</em> est une réussite scénaristique car le mérite en revient exclusivement à l'auteur de l'histoire originale.

Néanmoins, cette adaptation de <em>Millenium</em> est une <strong>réussite graphique et musicale</strong> : Trent Reznor et Atticus Ross ont composé pas moins de trois heures de musique inédite pour le film (vous pouvez d'ailleurs <a href="http://www.nullco.com/GDT/gbp.php">télécharger 6 titres</a> sur 39 gratuitement sur le site de Nine Inch Nails). Cette bande originale est pour beaucoup dans la tension du film.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_atticus-ross-trent-reznor.jpg"><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2012/02/20120203_atticus-ross-trent-reznor.jpg" alt="Atticus Ross et Trent Reznor" title="Atticus Ross et Trent Reznor" width="500" height="333" class="aligncenter size-full wp-image-2967" /></a>

<h2>Le grain de sable</h2>

<em>Ce que la neige recouvre, se révèle au dégel</em> : ce proverbe suédois a servi de tagline aux affiches américaines du film. L'acteur Stellan Skarsgard, qui incarne Martin Vanger, l'aurait prononcé sur le tournage, donnant l'idée à David Fincher de s'en servir comme slogan promotionnel.

Par ailleurs, on appréciera les clins d'œils à Nine Inch Nails tout au long du film, comme le t-shirt NIN de Plague.

<h2>Pour en savoir plus</h2>

<ul>
	<li><a href="http://www.dragontattoo.com/site/">Site officiel du film</a> (tout en Flash, snif)</li>
	<li>Une <a href="http://beyondthenoize.blogspot.com/2012/01/millenium-de-david-fincher.html">chouette chronique de Millenium</a> chez Beyond the noize</li>
	<li><a href="http://millenniumtrilogy.wikia.com/wiki/Millennium_Trilogy_Wiki">Millenium Trilogy Wiki</a> : pour tout savoir sur la trilogie de Stieg Larsson (livres et films)</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Yojiro Takita - Departures</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/departures-de-yojiro-takita/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/departures-de-yojiro-takita/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 16 May 2011 07:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[japon]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[violoncelle]]></category>
		<category><![CDATA[yojiro takita]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/yojiro-takita-departures-206x300.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de « Departures » de Yojiro Takita" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Daigo est violoncelliste dans un orchestre. Lorsqu'il perd son emploi, il vend son instrument de professionnel et retourne vivre dans son village natal avec sa femme. Il y retrouve un emploi dans les pompes funèbres, auquel il a bien du mal à s'adapter, et qu'il cache autant qu'il peut, ce métier ayant très mauvaise réputation au Japon.

<h3>Avis personnel</h3>
<em>Departures</em> est <strong>un film lumineux malgré un sujet sombre</strong>: la mort. Peut-être parce que le blanc est la couleur symbolisant le deuil en Asie, ou parce que le film veut aussi parler de la vie, dont la mort -celles des autres, puis la nôtre- fait partie intégrante. Comme le dit l'un des personnages:<em> "Au cours de notre vie, nous accompagnerons tous quelqu'un."</em>

Scènes comiques et petites musiques enjouées accompagnent des personnages, les employés des pompes funèbres, inversement tristes par rapport à leur métier. <strong>La bonne humeur les guide dans le labyrinthe étrange de leur profession</strong> et Daigo, dont la mère est morte et que son père a abandonné alors qu'il était enfant, trouve en eux une nouvelle famille, avec ses douleurs et ses cadavres dans les placards de la société.

<strong>La mort est un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre</strong> -et tourner beaucoup de bobines. Elle a été racontée sous toutes sortes d'angles et de point de vue. Ici, on ne s'imagine pas la vie après la mort, on reste avec les vivants, <strong>on filme ceux qui restent et leur façon de laisser partir les autres</strong>.

<a rel="attachment wp-att-2808" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/departures-de-yojiro-takita/attachment/departures3/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2808" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/departures3.jpg" alt="" width="300" height="163" /></a>

Si Daigo a <strong>d'abord honte de sa toute nouvelle profession, considérée comme impure</strong> par la société nippone, au point de cacher son activité même à sa femme, il finit par défendre son métier lorsqu'on lui reproche de l'exercer. Et l'horreur qu'il ressent au début devant chaque nouveau corps -des morts trop jeunes, des cadavres retrouvés après un certain temps- se dissipe progressivement pour faire place à une envie de bien faire, d'aider les gens de son mieux dans ces moments jamais faciles. Il trouve sa place, se découvre un rôle à jouer, un but dans l'existence. <strong>Le dégoût fait place à l'ouverture aux autres</strong>, la honte à la fierté.

Soyons honnêtes, on s'en doutait. Dès lors que Daigo commence ce métier avec peine, on sait qu'il finira par y trouver ce qu'il cherche. <strong>C'est une logique dont peu d'histoires prennent le contre-pied</strong>. Les choses vont mal, les choses s'arrangent. Cependant, cela n'enlève rien au film, qui mêle subtilement<strong> complexité et simplicité</strong>.

<a rel="attachment wp-att-2806" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/departures-de-yojiro-takita/attachment/departures1/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2806" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/departures1.jpg" alt="" width="300" height="162" /></a>

La musique a un rôle important dans le film:<strong> lorsque Daigo rejoue sur le  violoncelle de son enfance un morceau qu'aimait son père, il revoit une  scène heureuse de son passé qui le fait souffrir à présent</strong>. Mais au fil  du temps, il semble s'apaiser et cette musique lui fait moins mal. On le voit jouer de son instrument au milieu de nulle part, en pleine  nature, et on peut imaginer que c'est <strong>un endroit de paix qu'il a trouvé à l'intérieur de lui-même</strong> plutôt qu'un véritable décor extérieur. Il peut s'évader dans son monde interne redevenu calme alors même qu'il a trouvé un sens à sa vie en aidant les autres à partir et leurs proches à  faire le deuil.

<strong>Ce n'est pas seulement un film sur la mort</strong>, mais aussi sur nos racines, savoir d'où l'on vient et qui nous sommes, sur<strong> les liens qui unissent</strong> une famille, et une communauté, sur <strong>le rôle qu'on joue</strong> dans la vie des autres, sur<strong> les gens qui partent</strong>, <strong>les regrets qui restent</strong> et <strong>les souvenirs dont on se nourrit</strong>.

<a rel="attachment wp-att-2807" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/departures-de-yojiro-takita/attachment/departures2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2807" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/departures2.jpg" alt="" width="300" height="161" /></a>

On peut appréhender ce film de deux manières différentes: le voir comme <strong>une œuvre authentique, juste et sans prétention</strong>, ou comme <strong>un film aux multiples prix, consacré dans les festivals de cinéma</strong> du monde entier. S'il a autant plu tout autour du globe, c'est sans doute parce que son thème est universel, la mort ne s'arrêtant pas aux frontières.

L'ayant découvert par un hasard total en farfouillant dans des rayonnages de films au ras du sol, je n'ai eu aucun mal à le regarder d'un œil neutre et vierge d'a priori, me laissant bercer par ses notes légères. Il serait dommage de passer à côté de cette histoire sous prétexte qu'elle a été encensée, bien que je sois volontiers du genre à fuir les films qu'on voudrait nous faire voir absolument, au point de nous en dégoûter : bande-annonce en continu, extraits en veux-tu en voilà, acteurs dans toutes les émissions pendant des semaines…

Bref, pour <em>Departures</em>, on n'en est pas arrivé là, en France tout du moins, alors ne nous privons pas de voir cette merveille.

<h3>Le grain de sable</h3>

Bien que Masahiro Motoki, l'acteur principal du film ne joue pas réellement le morceau composé par Joe Hisaichi, il en a tout de même appris tous les gestes, s'entraînant longuement, et a finalement joué devant un public à la sortie du film.

<h3>Générique</h3>
<ul>
	<li>Titre original: <em>Okuribito</em></li>
	<li>Réalisateur: Yojiro Takita</li>
	<li>Acteurs: Masahiro Motoki (Daigo Kobayashi), Tsutomo Yamakazi (Ikuei Sasaki), Ryoko Hirosue (Mika Kobayashi)</li>
	<li>Musique: Joe Hisaichi</li>
	<li>Pays d'origine: Japon</li>
	<li>Année: 2008</li>
	<li>Durée: 2h10</li>
	<li>Prix: Oscar du meilleur film étranger, et de nombreux autres, notamment au Japon.</li>
</ul>
<h3>Liens</h3>
Le<a href="http://www.youtube.com/watch?v=UiyFeT0Tpkk"> thème principal</a>, tellement beau

Le <a href="http://www.departures-themovie.com/">site officiel</a>, en anglais</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/yojiro-takita-departures-206x300.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de « Departures » de Yojiro Takita" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Daigo est violoncelliste dans un orchestre. Lorsqu'il perd son emploi, il vend son instrument de professionnel et retourne vivre dans son village natal avec sa femme. Il y retrouve un emploi dans les pompes funèbres, auquel il a bien du mal à s'adapter, et qu'il cache autant qu'il peut, ce métier ayant très mauvaise réputation au Japon.

<h3>Avis personnel</h3>
<em>Departures</em> est <strong>un film lumineux malgré un sujet sombre</strong>: la mort. Peut-être parce que le blanc est la couleur symbolisant le deuil en Asie, ou parce que le film veut aussi parler de la vie, dont la mort -celles des autres, puis la nôtre- fait partie intégrante. Comme le dit l'un des personnages:<em> "Au cours de notre vie, nous accompagnerons tous quelqu'un."</em>

Scènes comiques et petites musiques enjouées accompagnent des personnages, les employés des pompes funèbres, inversement tristes par rapport à leur métier. <strong>La bonne humeur les guide dans le labyrinthe étrange de leur profession</strong> et Daigo, dont la mère est morte et que son père a abandonné alors qu'il était enfant, trouve en eux une nouvelle famille, avec ses douleurs et ses cadavres dans les placards de la société.

<strong>La mort est un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre</strong> -et tourner beaucoup de bobines. Elle a été racontée sous toutes sortes d'angles et de point de vue. Ici, on ne s'imagine pas la vie après la mort, on reste avec les vivants, <strong>on filme ceux qui restent et leur façon de laisser partir les autres</strong>.

<a rel="attachment wp-att-2808" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/departures-de-yojiro-takita/attachment/departures3/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2808" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/departures3.jpg" alt="" width="300" height="163" /></a>

Si Daigo a <strong>d'abord honte de sa toute nouvelle profession, considérée comme impure</strong> par la société nippone, au point de cacher son activité même à sa femme, il finit par défendre son métier lorsqu'on lui reproche de l'exercer. Et l'horreur qu'il ressent au début devant chaque nouveau corps -des morts trop jeunes, des cadavres retrouvés après un certain temps- se dissipe progressivement pour faire place à une envie de bien faire, d'aider les gens de son mieux dans ces moments jamais faciles. Il trouve sa place, se découvre un rôle à jouer, un but dans l'existence. <strong>Le dégoût fait place à l'ouverture aux autres</strong>, la honte à la fierté.

Soyons honnêtes, on s'en doutait. Dès lors que Daigo commence ce métier avec peine, on sait qu'il finira par y trouver ce qu'il cherche. <strong>C'est une logique dont peu d'histoires prennent le contre-pied</strong>. Les choses vont mal, les choses s'arrangent. Cependant, cela n'enlève rien au film, qui mêle subtilement<strong> complexité et simplicité</strong>.

<a rel="attachment wp-att-2806" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/departures-de-yojiro-takita/attachment/departures1/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2806" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/departures1.jpg" alt="" width="300" height="162" /></a>

La musique a un rôle important dans le film:<strong> lorsque Daigo rejoue sur le  violoncelle de son enfance un morceau qu'aimait son père, il revoit une  scène heureuse de son passé qui le fait souffrir à présent</strong>. Mais au fil  du temps, il semble s'apaiser et cette musique lui fait moins mal. On le voit jouer de son instrument au milieu de nulle part, en pleine  nature, et on peut imaginer que c'est <strong>un endroit de paix qu'il a trouvé à l'intérieur de lui-même</strong> plutôt qu'un véritable décor extérieur. Il peut s'évader dans son monde interne redevenu calme alors même qu'il a trouvé un sens à sa vie en aidant les autres à partir et leurs proches à  faire le deuil.

<strong>Ce n'est pas seulement un film sur la mort</strong>, mais aussi sur nos racines, savoir d'où l'on vient et qui nous sommes, sur<strong> les liens qui unissent</strong> une famille, et une communauté, sur <strong>le rôle qu'on joue</strong> dans la vie des autres, sur<strong> les gens qui partent</strong>, <strong>les regrets qui restent</strong> et <strong>les souvenirs dont on se nourrit</strong>.

<a rel="attachment wp-att-2807" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/departures-de-yojiro-takita/attachment/departures2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2807" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/departures2.jpg" alt="" width="300" height="161" /></a>

On peut appréhender ce film de deux manières différentes: le voir comme <strong>une œuvre authentique, juste et sans prétention</strong>, ou comme <strong>un film aux multiples prix, consacré dans les festivals de cinéma</strong> du monde entier. S'il a autant plu tout autour du globe, c'est sans doute parce que son thème est universel, la mort ne s'arrêtant pas aux frontières.

L'ayant découvert par un hasard total en farfouillant dans des rayonnages de films au ras du sol, je n'ai eu aucun mal à le regarder d'un œil neutre et vierge d'a priori, me laissant bercer par ses notes légères. Il serait dommage de passer à côté de cette histoire sous prétexte qu'elle a été encensée, bien que je sois volontiers du genre à fuir les films qu'on voudrait nous faire voir absolument, au point de nous en dégoûter : bande-annonce en continu, extraits en veux-tu en voilà, acteurs dans toutes les émissions pendant des semaines…

Bref, pour <em>Departures</em>, on n'en est pas arrivé là, en France tout du moins, alors ne nous privons pas de voir cette merveille.

<h3>Le grain de sable</h3>

Bien que Masahiro Motoki, l'acteur principal du film ne joue pas réellement le morceau composé par Joe Hisaichi, il en a tout de même appris tous les gestes, s'entraînant longuement, et a finalement joué devant un public à la sortie du film.

<h3>Générique</h3>
<ul>
	<li>Titre original: <em>Okuribito</em></li>
	<li>Réalisateur: Yojiro Takita</li>
	<li>Acteurs: Masahiro Motoki (Daigo Kobayashi), Tsutomo Yamakazi (Ikuei Sasaki), Ryoko Hirosue (Mika Kobayashi)</li>
	<li>Musique: Joe Hisaichi</li>
	<li>Pays d'origine: Japon</li>
	<li>Année: 2008</li>
	<li>Durée: 2h10</li>
	<li>Prix: Oscar du meilleur film étranger, et de nombreux autres, notamment au Japon.</li>
</ul>
<h3>Liens</h3>
Le<a href="http://www.youtube.com/watch?v=UiyFeT0Tpkk"> thème principal</a>, tellement beau

Le <a href="http://www.departures-themovie.com/">site officiel</a>, en anglais</div>]]></content:encoded>
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		<title>Mamoru Oshii - Avalon</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/avalon-de-mamoru-oshii/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/avalon-de-mamoru-oshii/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 02 May 2011 07:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[jeux vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Mamoru Oshii]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/avalon-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche française de « Avalon »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

Dans un futur proche, un jeu vidéo illégal fait fureur: il s'agit d'un jeu de guerre procurant des émotions qui rendent dépendants les joueurs. Certains jouent en équipe. Certains jouent suffisamment bien pour gagner de l'argent utilisable dans le monde réel. Certains finissent dans le coma.

Ash, quant à elle, joue seule. Elle est un personnage très doué et respecté des autres. Mais un autre joueur la défie, un ancien équipier réapparaît et Ash découvre un mystérieux niveau du jeu, dont aucun gamer n'est revenu.

<h3>Avis personnel</h3>

En voilà un film qui peut paraître bien compliqué! Sorte de <em>Matrix</em> - bien que leurs fonds diffèrent beaucoup -<em> </em>en sépia et décor rétro-futuriste,<strong> ambiguïté entre mondes virtuel et réel</strong>, à regarder plusieurs fois en restant concentré pour tout saisir. Pas le film qu'on zyeute en étendant le linge donc.

Pourtant, l'histoire en elle-même est assez simple, ce n'est qu'une quête pour découvrir la dernière destination du jeu, mais le cheminement oscillant entre deux mondes semblants aussi vrais l'un que l'autre est plus difficile. Il s'agit plus d'un<strong> film d'ambiance, de longs plans immobiles sur un monde post-industriel, la solitude et la désolation.</strong>

<a rel="attachment wp-att-2774" href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=2774">
</a><a rel="attachment wp-att-2776" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/avalon-de-mamoru-oshii/attachment/avalon2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2776" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/avalon2.jpg" alt="" width="300" height="165" /></a>

<strong>La "classe réelle", niveau de jeu le plus avancé, </strong>que l'on découvre dans la dernière partie du film,<strong> est le seul monde en couleur que l'on y trouve.</strong> Phénomène également présent dans d'autres œuvres: <em>Les noces funèbres</em> et <em>Alice aux pays des merveilles</em> de Tim Burton. Dans le premier, le monde des morts est très coloré alors que celui des vivants est très terne, tout en nuance de gris bleu ; dans le second, le pays des merveilles est saturé de couleurs par rapport au monde "normal". <strong>C'est toujours le monde le plus "vivant" et non pas forcément le plus réel, qui a droit au traitement le plus chatoyant</strong>, l'endroit qui présente le plus d'attrait pour le personnage central.

<strong>Ash est une superbe héroïne cyberpunk, </strong> à mi-chemin entre Kusanagi, le cyborg de <em>Ghost in the shell</em>, et Unknown, guerrière du jeu vidéo Tekken. Calme et intelligente, c'est une <strong>redoutable combattante</strong>. Particulièrement solitaire et mystérieuse, c'est avec un compte-goutte que les informations à son sujet nous sont livrées et son passé est aussi obscur que le monde dans lequel elle vit.

<strong>Elle a plus de contact avec le maître du jeu, dont on ignore la nature (humaine ou virtuelle), qu'avec les autres humains</strong>, et seul son chien paraît encore la rattacher à la réalité. C'est d'ailleurs le seul être vivant dont elle semble se préoccuper, le nourrissant même mieux qu'elle, et sans cet animal, on pourrait penser qu'elle n'a aucune émotion et serait plus proche du robot que de l'humain.

Même si elle semble réfléchie et posée, on sent qu'<strong>elle est totalement accro au jeu</strong>, dans lequel elle gagne assez d'argent pour se payer de bons équipements à l'intérieur du jeu, mais aussi pour subsister mieux que ses congénères dans le monde réel.

<a rel="attachment wp-att-2777" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/avalon-de-mamoru-oshii/attachment/avalon3/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2777" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/avalon3.jpg" alt="" width="300" height="164" /></a>

<strong>Musique et mythologie font partie intégrante du film</strong>, et toutes les deux apportent leur lot de <strong>poésie au sein d'un monde de noirceur et de guerre</strong>. Les chants lyriques, dès le début du film, parlent d'Avalon, et contrastent avec la dureté des images et des décors ; ils semblent être un souffle de pureté sur la crasse des murs de ce monde abandonné et sale, rétablissant un <strong>équilibre fragile</strong>. D'autres musiques d'ambiance se rapprochent plus de l'univers du jeu vidéo d'aventure, et permettent aux moments les plus statiques du film de gagner en énergie.

Si au début du film on ignore le rapport entre le jeu, plus apparenté à une guerre du XXè siècle qu'aux légendes arthuriennes, et le nom du jeu, <strong>des éléments mythologiques font leur apparition au fur et à mesure qu'Ash s'enfonce dans les profondeurs de la réalité virtuelle</strong> : le <em>ghost</em>, sorte de fantôme donc présent dans les traditions tant occidentales qu'orientales, bug ou point important du jeu, puis les neuf sœurs, la fée Morgane, et bien sûr la<strong> référence à Avalon en tant qu'endroit difficile à atteindre</strong>, une destination qui se mérite au prix des combats.

Cependant, on peut noter l'absence de dates précises, le décor est occidental alors que les livres dans lesquels se documente Ash sont en japonais; on aperçoit même une publicité dans la rue sur laquelle une femme occidentale parle avec une femme en costume traditionnel japonais, et l'affiche Avalon présente dans la classe spécial A est écrite en polonais.

Tous ces détails placent l'histoire dans <strong>un décor neutre de repère de lieu et d'époque</strong>, ainsi que peut l'être un jeu vidéo, une uchronie de gamer, avec une <strong>fin ouverte sur l'imagination du spectateur</strong>.

<a rel="attachment wp-att-2775" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/avalon-de-mamoru-oshii/attachment/avalon_ghost/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2775" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/avalon_ghost.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a>

<h3>Le grain de sable</h3>

Mamoru Oshii est un genre de serial réalisateur... Non pas qu'il enchaîne les films en quantité industrielle, mais il possède une signature très personnelle: le basset. On retrouve un chien de cette race dans plusieurs de ces films, notamment dans <em>Ghost in the shell</em>. Le cinéaste en fait le compagnon fidèle de personnages solitaires.

<h3>Générique</h3>
<ul>
	<li>Titre original: <em>Avalon</em></li>
	<li>Réalisation: Mamoru Oshii</li>
	<li>Scénario: Kazunori Itô</li>
	<li>Acteurs: Malgorzata Foremniak (Ash), Darius Biskupski (le prêtre), Jerzy Gudejko (Murphy)</li>
	<li>Musique: Kenji Kawaï</li>
	<li>Production: Tetsu Kayama &amp; Shigure Watanabe</li>
	<li>Pays d'origine: Japon/Pologne</li>
	<li>Année: 2001</li>
	<li>Durée: 1h36</li>
</ul>

<h3>Liens</h3>

Une analyse du film sur <a href="http://www.lapropagationduchaos.net/cinema_avalon.htm">La propagation du chaos</a>, qui développe terriblement bien le point de vue du gamer, et me fait sentir toute petite. Mais attention, c'est tout plein de spoilers si vous n'avez pas encore vu le film.</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/05/avalon-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche française de « Avalon »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

Dans un futur proche, un jeu vidéo illégal fait fureur: il s'agit d'un jeu de guerre procurant des émotions qui rendent dépendants les joueurs. Certains jouent en équipe. Certains jouent suffisamment bien pour gagner de l'argent utilisable dans le monde réel. Certains finissent dans le coma.

Ash, quant à elle, joue seule. Elle est un personnage très doué et respecté des autres. Mais un autre joueur la défie, un ancien équipier réapparaît et Ash découvre un mystérieux niveau du jeu, dont aucun gamer n'est revenu.

<h3>Avis personnel</h3>

En voilà un film qui peut paraître bien compliqué! Sorte de <em>Matrix</em> - bien que leurs fonds diffèrent beaucoup -<em> </em>en sépia et décor rétro-futuriste,<strong> ambiguïté entre mondes virtuel et réel</strong>, à regarder plusieurs fois en restant concentré pour tout saisir. Pas le film qu'on zyeute en étendant le linge donc.

Pourtant, l'histoire en elle-même est assez simple, ce n'est qu'une quête pour découvrir la dernière destination du jeu, mais le cheminement oscillant entre deux mondes semblants aussi vrais l'un que l'autre est plus difficile. Il s'agit plus d'un<strong> film d'ambiance, de longs plans immobiles sur un monde post-industriel, la solitude et la désolation.</strong>

<a rel="attachment wp-att-2774" href="http://www.lalunemauve.fr/?attachment_id=2774">
</a><a rel="attachment wp-att-2776" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/avalon-de-mamoru-oshii/attachment/avalon2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2776" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/avalon2.jpg" alt="" width="300" height="165" /></a>

<strong>La "classe réelle", niveau de jeu le plus avancé, </strong>que l'on découvre dans la dernière partie du film,<strong> est le seul monde en couleur que l'on y trouve.</strong> Phénomène également présent dans d'autres œuvres: <em>Les noces funèbres</em> et <em>Alice aux pays des merveilles</em> de Tim Burton. Dans le premier, le monde des morts est très coloré alors que celui des vivants est très terne, tout en nuance de gris bleu ; dans le second, le pays des merveilles est saturé de couleurs par rapport au monde "normal". <strong>C'est toujours le monde le plus "vivant" et non pas forcément le plus réel, qui a droit au traitement le plus chatoyant</strong>, l'endroit qui présente le plus d'attrait pour le personnage central.

<strong>Ash est une superbe héroïne cyberpunk, </strong> à mi-chemin entre Kusanagi, le cyborg de <em>Ghost in the shell</em>, et Unknown, guerrière du jeu vidéo Tekken. Calme et intelligente, c'est une <strong>redoutable combattante</strong>. Particulièrement solitaire et mystérieuse, c'est avec un compte-goutte que les informations à son sujet nous sont livrées et son passé est aussi obscur que le monde dans lequel elle vit.

<strong>Elle a plus de contact avec le maître du jeu, dont on ignore la nature (humaine ou virtuelle), qu'avec les autres humains</strong>, et seul son chien paraît encore la rattacher à la réalité. C'est d'ailleurs le seul être vivant dont elle semble se préoccuper, le nourrissant même mieux qu'elle, et sans cet animal, on pourrait penser qu'elle n'a aucune émotion et serait plus proche du robot que de l'humain.

Même si elle semble réfléchie et posée, on sent qu'<strong>elle est totalement accro au jeu</strong>, dans lequel elle gagne assez d'argent pour se payer de bons équipements à l'intérieur du jeu, mais aussi pour subsister mieux que ses congénères dans le monde réel.

<a rel="attachment wp-att-2777" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/avalon-de-mamoru-oshii/attachment/avalon3/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2777" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/avalon3.jpg" alt="" width="300" height="164" /></a>

<strong>Musique et mythologie font partie intégrante du film</strong>, et toutes les deux apportent leur lot de <strong>poésie au sein d'un monde de noirceur et de guerre</strong>. Les chants lyriques, dès le début du film, parlent d'Avalon, et contrastent avec la dureté des images et des décors ; ils semblent être un souffle de pureté sur la crasse des murs de ce monde abandonné et sale, rétablissant un <strong>équilibre fragile</strong>. D'autres musiques d'ambiance se rapprochent plus de l'univers du jeu vidéo d'aventure, et permettent aux moments les plus statiques du film de gagner en énergie.

Si au début du film on ignore le rapport entre le jeu, plus apparenté à une guerre du XXè siècle qu'aux légendes arthuriennes, et le nom du jeu, <strong>des éléments mythologiques font leur apparition au fur et à mesure qu'Ash s'enfonce dans les profondeurs de la réalité virtuelle</strong> : le <em>ghost</em>, sorte de fantôme donc présent dans les traditions tant occidentales qu'orientales, bug ou point important du jeu, puis les neuf sœurs, la fée Morgane, et bien sûr la<strong> référence à Avalon en tant qu'endroit difficile à atteindre</strong>, une destination qui se mérite au prix des combats.

Cependant, on peut noter l'absence de dates précises, le décor est occidental alors que les livres dans lesquels se documente Ash sont en japonais; on aperçoit même une publicité dans la rue sur laquelle une femme occidentale parle avec une femme en costume traditionnel japonais, et l'affiche Avalon présente dans la classe spécial A est écrite en polonais.

Tous ces détails placent l'histoire dans <strong>un décor neutre de repère de lieu et d'époque</strong>, ainsi que peut l'être un jeu vidéo, une uchronie de gamer, avec une <strong>fin ouverte sur l'imagination du spectateur</strong>.

<a rel="attachment wp-att-2775" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/avalon-de-mamoru-oshii/attachment/avalon_ghost/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2775" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/avalon_ghost.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a>

<h3>Le grain de sable</h3>

Mamoru Oshii est un genre de serial réalisateur... Non pas qu'il enchaîne les films en quantité industrielle, mais il possède une signature très personnelle: le basset. On retrouve un chien de cette race dans plusieurs de ces films, notamment dans <em>Ghost in the shell</em>. Le cinéaste en fait le compagnon fidèle de personnages solitaires.

<h3>Générique</h3>
<ul>
	<li>Titre original: <em>Avalon</em></li>
	<li>Réalisation: Mamoru Oshii</li>
	<li>Scénario: Kazunori Itô</li>
	<li>Acteurs: Malgorzata Foremniak (Ash), Darius Biskupski (le prêtre), Jerzy Gudejko (Murphy)</li>
	<li>Musique: Kenji Kawaï</li>
	<li>Production: Tetsu Kayama &amp; Shigure Watanabe</li>
	<li>Pays d'origine: Japon/Pologne</li>
	<li>Année: 2001</li>
	<li>Durée: 1h36</li>
</ul>

<h3>Liens</h3>

Une analyse du film sur <a href="http://www.lapropagationduchaos.net/cinema_avalon.htm">La propagation du chaos</a>, qui développe terriblement bien le point de vue du gamer, et me fait sentir toute petite. Mais attention, c'est tout plein de spoilers si vous n'avez pas encore vu le film.</div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Hiroyuki Morita - Le royaume des chats</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/le-royaume-des-chats-dhiroyuki-morita/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 Apr 2011 07:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>noranout</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[animation]]></category>
		<category><![CDATA[anime]]></category>
		<category><![CDATA[chats]]></category>
		<category><![CDATA[hiroyuki morita]]></category>
		<category><![CDATA[manga]]></category>
		<category><![CDATA[studio ghibli]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/royaume-chats-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche du « Royaume des chats »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

<strong>Haru est une lycéenne rêveuse, maladroite et peu sûre d'elle.</strong> Un beau jour, son chemin croise celui d'un chat à belle allure qui traverse la route alors que le feu passe au vert. N'écoutant que son courage, l'adolescente s'empare de la crosse de sa meilleure amie et se jette au devant d'un camion pour sauver le félin. Contre toute attente, celui-ci se dresse sur deux pattes, s'époussète et... remercie Haru dans sa langue, en lui promettant de revenir payer sa dette.

La nuit-même, Haru reçoit la visite du roi des chats, qui l'invite, sans trop lui laisser le choix, au Royaume des chats où elle devra épouser son fils, le prince Loon, celui-là même qu'elle a déjà rencontré...

<h3>Avis personnel</h3>

<em>Le royaume des chats</em> souffre sans doute de la comparaison avec les autres œuvres du studio Ghibli, son histoire étant <strong>loin d'atteindre la complexité d'un Miyazaki ou d'un Takahata</strong>. Cependant, c'est aussi l'un des bons côté du film: ne pas chercher à trop en faire pour copier les maîtres. Car si l'histoire est inspirée de <em>Si tu tends l'oreille</em>, film d'animation de Miyazaki dans lequel on rencontre déjà certains des personnages félins du <em>Royaume des chats</em>, d'après un scénario de Reiko Yoshida, c'est bel et bien Hiroyuki Morita l'auteur du story-board de ce film.

Morita livre <strong>une histoire simple, une quête identitaire</strong> peut-être autant pour Haru au royaume des chats que pour lui au sein du studio Ghibli.<strong> L'un est l'autre doivent trouver leur place</strong> parmi les autres sans changer ce qu'ils sont.

Le réalisateur, bien que déjà dessinateur pour le studio Ghibli, a dû se sentir -légèrement- écrasé par la tâche qui lui était confiée, et il semble qu'il ait créé <strong>une héroïne qui pourrait être son alter ego</strong> dans lequel il aurait "canalisé" son angoisse de ne pas être à la hauteur des attentes du studio Ghibli : malgré son désir de bien faire, elle échoue souvent, jusqu'au jour où elle est emportée dans une aventure tellement grandiose et irréaliste qu'elle n'a plus le temps de penser à l'échec potentiel de sa "mission" et doit agir instinctivement.

Haru est peut-être une sorte de poupée vaudou à l'effigie de Morita: il plante ses aiguilles et l'oblige à s'en sortir pour que lui aussi vienne à bout de son aventure.

<a rel="attachment wp-att-2768" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/le-royaume-des-chats-dhiroyuki-morita/attachment/royaumedeschats_mouta/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2768" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/royaumedeschats_mouta.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a>

Haru a un point commun évident avec Chihiro (héroïne du <em>Voyage de Chihiro</em>, film d'animation de Miyazaki) : <strong>en arrivant dans un nouveau monde, elles perdent toutes les deux une partie de leur identité</strong>. Si Chihiro perd son nom, c'est l'apparence d'Haru qui trinque. Progressivement métamorphosée en chatte, elle panique d'abord, puis semble se résigner assez vite.

Complètement abattue par sa situation, elle baisse les bras bien trop vite et seule l'arrivée du baron la sort de sa léthargie pour qu'enfin elle se rebelle contre le sort qu'on lui impose. <strong>C'est un personnage qui semble un peu faiblard, une personnalité peu marquée</strong>, se laissant porter par les aléas du quotidien. Pourtant, on sait, grâce à sa première action forte - le sauvetage d'un chat au péril de sa vie, sans se laisser influencer par l'avis de sa meilleure amie qui pense que "ce n'est qu'un chat, après tout" - que <strong>sous cette apparence passive, se cache un tempérament bien plus trempé</strong> que ne le laisse présager la situation de départ.

Haru est un personnage qui ne demande qu'à évoluer et s'affirmer, d'une manière différente de celle de Chihiro, qui était au début de son histoire une petite fille un peu boudeuse et capricieuse avant d'apprécier enfin les changements.

<a rel="attachment wp-att-2770" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/le-royaume-des-chats-dhiroyuki-morita/attachment/royaumedeschats_chaton/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2770" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/royaumedeschats_chaton.jpg" alt="" width="300" height="165" /></a>

Certains internautes ont vu dans le<em> Royaume des chats </em>une <strong>sorte d'<em>Alice au pays des merveilles</em> japonais</strong>, et il est vrai que la <strong>ressemblance entre le roi des chats, égoïste et muni d'une psychologie un peu perturbée, et la reine de cœur</strong>, que l'on pourrait décrire à peu près de la même manière, est troublante.

Cependant, n'étant pas une grande connaisseuse du cas <em>Alice</em>, mais ayant trouvé fort intéressante l'analyse de Buta-connexion, le lien vers leur article est disponible tout en bas de la page.

<strong>On peut reprocher au <em>Royaume des chats</em> d'être trop court</strong> (à peine 1h10 de film), mais il faut savoir qu'il ne s'agissait au départ que d'un projet de vingt minutes pour un parc d'attraction, avant de devenir un projet vidéo de quarante-cinq minutes, puis finalement un véritable film de cinéma.

Pour le coup, on peut apprécier que les vingt minutes initialement prévues aient été multipliées pour nous offrir un film en bonne et due forme, car c'est un bon divertissement, pour peu qu'on aime nos compagnons félins, <strong>un film respirant la fraîcheur et la légèreté printanière</strong>, que l'on retrouve dans l'affiche comme dans le thème principal <em>Kaze ni naru</em>, soit <em>Devenir le ven</em>t en français.

<a rel="attachment wp-att-2769" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/le-royaume-des-chats-dhiroyuki-morita/attachment/royaumedeschats_roi/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2769" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/royaumedeschats_roi.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a>

Le personnage du roi, même s'il est le "méchant" de l'histoire, est avant tout un élément comique grâce à son hystérie et ses lubies. La première scène où il apparaît, la "marche des chats" en terre humaine est, par contre, un petit bijou de poésie nocturne, toute en musique et lenteur, malgré la posture des chats qui peut faire penser à un défilé de zombies...

On regrette cependant de quitter le royaume des chats d'aussi abrupte manière, car<strong> le retour au monde humain est d'une rapidité étonnante, voire excessive</strong>, et ne nous laisse pas vraiment le temps des adieux en douceur après l'enchaînement de péripéties qui s'y sont déroulées.

<h3>Le grain de sable</h3>

Deux chats du <em>Royaume des chats</em> étaient déjà des personnages importants de <em>Si tu tends l'oreille</em>, film d'animation du studio Ghibli, réalisé par Yoshifumi Kondô en 1995, lui-même adapté du manga d'Aoi Hiragi. Il s'agit de Mouta et Baron, les deux félins qui viennent en aide à Haru. Ils se liaient déjà à l'époque avec une jeune fille rêveuse et étourdie.

<h3>Générique</h3>
<ul>
	<li>Titre original: <em>Neko no ongaeshi</em></li>
	<li>Réalisation: Hiroyuki Morita</li>
	<li>Scénario: Reiko Yoshida</li>
	<li>Production: Studio Ghibli</li>
	<li>Pays d'origine: Japon</li>
	<li>Année: 2002</li>
	<li>Durée: 1h10</li>
</ul>

<h3>Liens</h3>

La page du <a href="http://www.buta-connection.net/films/neko.php"><em>Royaume des chats</em> sur Buta-connexion</a>

La première partie de <a href="http://www.dailymotion.com/video/x3y19r_si-tu-tend-l-oreille-part1-vostfr_shortfilms"><em>Si tu tends l'oreille</em></a> sur dailymotion, en vostfr</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/royaume-chats-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche du « Royaume des chats »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>

<strong>Haru est une lycéenne rêveuse, maladroite et peu sûre d'elle.</strong> Un beau jour, son chemin croise celui d'un chat à belle allure qui traverse la route alors que le feu passe au vert. N'écoutant que son courage, l'adolescente s'empare de la crosse de sa meilleure amie et se jette au devant d'un camion pour sauver le félin. Contre toute attente, celui-ci se dresse sur deux pattes, s'époussète et... remercie Haru dans sa langue, en lui promettant de revenir payer sa dette.

La nuit-même, Haru reçoit la visite du roi des chats, qui l'invite, sans trop lui laisser le choix, au Royaume des chats où elle devra épouser son fils, le prince Loon, celui-là même qu'elle a déjà rencontré...

<h3>Avis personnel</h3>

<em>Le royaume des chats</em> souffre sans doute de la comparaison avec les autres œuvres du studio Ghibli, son histoire étant <strong>loin d'atteindre la complexité d'un Miyazaki ou d'un Takahata</strong>. Cependant, c'est aussi l'un des bons côté du film: ne pas chercher à trop en faire pour copier les maîtres. Car si l'histoire est inspirée de <em>Si tu tends l'oreille</em>, film d'animation de Miyazaki dans lequel on rencontre déjà certains des personnages félins du <em>Royaume des chats</em>, d'après un scénario de Reiko Yoshida, c'est bel et bien Hiroyuki Morita l'auteur du story-board de ce film.

Morita livre <strong>une histoire simple, une quête identitaire</strong> peut-être autant pour Haru au royaume des chats que pour lui au sein du studio Ghibli.<strong> L'un est l'autre doivent trouver leur place</strong> parmi les autres sans changer ce qu'ils sont.

Le réalisateur, bien que déjà dessinateur pour le studio Ghibli, a dû se sentir -légèrement- écrasé par la tâche qui lui était confiée, et il semble qu'il ait créé <strong>une héroïne qui pourrait être son alter ego</strong> dans lequel il aurait "canalisé" son angoisse de ne pas être à la hauteur des attentes du studio Ghibli : malgré son désir de bien faire, elle échoue souvent, jusqu'au jour où elle est emportée dans une aventure tellement grandiose et irréaliste qu'elle n'a plus le temps de penser à l'échec potentiel de sa "mission" et doit agir instinctivement.

Haru est peut-être une sorte de poupée vaudou à l'effigie de Morita: il plante ses aiguilles et l'oblige à s'en sortir pour que lui aussi vienne à bout de son aventure.

<a rel="attachment wp-att-2768" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/le-royaume-des-chats-dhiroyuki-morita/attachment/royaumedeschats_mouta/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2768" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/royaumedeschats_mouta.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a>

Haru a un point commun évident avec Chihiro (héroïne du <em>Voyage de Chihiro</em>, film d'animation de Miyazaki) : <strong>en arrivant dans un nouveau monde, elles perdent toutes les deux une partie de leur identité</strong>. Si Chihiro perd son nom, c'est l'apparence d'Haru qui trinque. Progressivement métamorphosée en chatte, elle panique d'abord, puis semble se résigner assez vite.

Complètement abattue par sa situation, elle baisse les bras bien trop vite et seule l'arrivée du baron la sort de sa léthargie pour qu'enfin elle se rebelle contre le sort qu'on lui impose. <strong>C'est un personnage qui semble un peu faiblard, une personnalité peu marquée</strong>, se laissant porter par les aléas du quotidien. Pourtant, on sait, grâce à sa première action forte - le sauvetage d'un chat au péril de sa vie, sans se laisser influencer par l'avis de sa meilleure amie qui pense que "ce n'est qu'un chat, après tout" - que <strong>sous cette apparence passive, se cache un tempérament bien plus trempé</strong> que ne le laisse présager la situation de départ.

Haru est un personnage qui ne demande qu'à évoluer et s'affirmer, d'une manière différente de celle de Chihiro, qui était au début de son histoire une petite fille un peu boudeuse et capricieuse avant d'apprécier enfin les changements.

<a rel="attachment wp-att-2770" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/le-royaume-des-chats-dhiroyuki-morita/attachment/royaumedeschats_chaton/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2770" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/royaumedeschats_chaton.jpg" alt="" width="300" height="165" /></a>

Certains internautes ont vu dans le<em> Royaume des chats </em>une <strong>sorte d'<em>Alice au pays des merveilles</em> japonais</strong>, et il est vrai que la <strong>ressemblance entre le roi des chats, égoïste et muni d'une psychologie un peu perturbée, et la reine de cœur</strong>, que l'on pourrait décrire à peu près de la même manière, est troublante.

Cependant, n'étant pas une grande connaisseuse du cas <em>Alice</em>, mais ayant trouvé fort intéressante l'analyse de Buta-connexion, le lien vers leur article est disponible tout en bas de la page.

<strong>On peut reprocher au <em>Royaume des chats</em> d'être trop court</strong> (à peine 1h10 de film), mais il faut savoir qu'il ne s'agissait au départ que d'un projet de vingt minutes pour un parc d'attraction, avant de devenir un projet vidéo de quarante-cinq minutes, puis finalement un véritable film de cinéma.

Pour le coup, on peut apprécier que les vingt minutes initialement prévues aient été multipliées pour nous offrir un film en bonne et due forme, car c'est un bon divertissement, pour peu qu'on aime nos compagnons félins, <strong>un film respirant la fraîcheur et la légèreté printanière</strong>, que l'on retrouve dans l'affiche comme dans le thème principal <em>Kaze ni naru</em>, soit <em>Devenir le ven</em>t en français.

<a rel="attachment wp-att-2769" href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/le-royaume-des-chats-dhiroyuki-morita/attachment/royaumedeschats_roi/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2769" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/04/royaumedeschats_roi.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a>

Le personnage du roi, même s'il est le "méchant" de l'histoire, est avant tout un élément comique grâce à son hystérie et ses lubies. La première scène où il apparaît, la "marche des chats" en terre humaine est, par contre, un petit bijou de poésie nocturne, toute en musique et lenteur, malgré la posture des chats qui peut faire penser à un défilé de zombies...

On regrette cependant de quitter le royaume des chats d'aussi abrupte manière, car<strong> le retour au monde humain est d'une rapidité étonnante, voire excessive</strong>, et ne nous laisse pas vraiment le temps des adieux en douceur après l'enchaînement de péripéties qui s'y sont déroulées.

<h3>Le grain de sable</h3>

Deux chats du <em>Royaume des chats</em> étaient déjà des personnages importants de <em>Si tu tends l'oreille</em>, film d'animation du studio Ghibli, réalisé par Yoshifumi Kondô en 1995, lui-même adapté du manga d'Aoi Hiragi. Il s'agit de Mouta et Baron, les deux félins qui viennent en aide à Haru. Ils se liaient déjà à l'époque avec une jeune fille rêveuse et étourdie.

<h3>Générique</h3>
<ul>
	<li>Titre original: <em>Neko no ongaeshi</em></li>
	<li>Réalisation: Hiroyuki Morita</li>
	<li>Scénario: Reiko Yoshida</li>
	<li>Production: Studio Ghibli</li>
	<li>Pays d'origine: Japon</li>
	<li>Année: 2002</li>
	<li>Durée: 1h10</li>
</ul>

<h3>Liens</h3>

La page du <a href="http://www.buta-connection.net/films/neko.php"><em>Royaume des chats</em> sur Buta-connexion</a>

La première partie de <a href="http://www.dailymotion.com/video/x3y19r_si-tu-tend-l-oreille-part1-vostfr_shortfilms"><em>Si tu tends l'oreille</em></a> sur dailymotion, en vostfr</div>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Darren Aronofsky - Black Swan</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/black-swan-de-darren-aronofsky/</link>
		<comments>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/black-swan-de-darren-aronofsky/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2011 07:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Qimen</dc:creator>
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		<category><![CDATA[coups de coeur]]></category>
		<category><![CDATA[danse]]></category>
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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/03/Black-Swan_affiche-224x300.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de Black Swan" /></div><div><h3>Synopsis</h3>
<strong>Nina est danseuse professionnelle</strong> depuis plusieurs années au New York City Ballet. <strong>Le Ballet connaît des difficultés financières</strong>, et la concurrence est rude avec les autres ballets et théâtres de la ville. 

Aussi, Thomas Leroy, le directeur artistique, décide de <strong>lancer en grande pompe la nouvelle saison</strong>, en choisissant de représenter le <strong><em>Lac des Cygnes</em></strong> et de se défaire de l'ancienne étoile de la troupe (Beth) par la même occasion : <strong>un visage neuf</strong>, voilà qui devrait relancer les affaires. Nina y voit la chance de sa vie, et <strong>devenir la nouvelle tête d'affiche et étoile deviendra son obsession, avant que son propre rôle ne la possède</strong>.

<h3>Critique personnelle</h3>
<strong><em>Black Swan</em> est un film ambivalent</strong>, à l'image de son thème : cygne blanc/cygne noir, film sur la danse/film sur une danseuse, thriller fantastique/drame psychologique. <strong>Nina la ballerine qui rêve d'être étoile n'est pas une créature diaphane ni un pur cygne blanc, et encore moins la simple victime de ses névroses et obsessions.</strong>

Le film s'ouvre sur une scène onirique, au sens fort du terme puisqu'il s'agit d'un rêve de Nina : elle joue le rôle du cygne du ballet de Tchaïkovski, à la perfection, étoile en pleine lumière sur la scène. Un présage, en fait, puisqu'elle apprend à son arrivée dans les salles de répétition du New York City Ballet que le directeur artistique souhaite reprendre le ballet, en ouverture de la nouvelle saison, et que la compétition est ouverte pour décider de la prochaine vedette de la troupe.

Un défi de taille, car <strong>il ne suffit pas de pouvoir jouer le cygne blanc pour être l'élue : il faut aussi incarner le cygne noir</strong>. Une <strong>double performance, artistique et personnelle</strong>, qui va permettre à Nina d'atteindre <strong>son véritable but : non pas être étoile</strong> (un rêve de petite fille, ou de mère aigrie), <strong>mais la perfection</strong>.

Le film joue sur <strong>des mutations constantes et instables</strong> pour construire la mutation principale, celle de Nina. La mutation a ici un sens profond : remanier, corriger, déplacer, broyer, saigner, planer, (se) dépasser, etc. <strong>Nina quitte son état de jeune femme infantilisée</strong> par sa mère, couvée de manière paternaliste par son directeur artistique, prise en pitié ou méprisée par les autres danseuses, enfermée dans une routine artistique qui limite son potentiel.

<strong>Le cygne noir qui hante Nina est présent dès le début</strong>, au coin d'une rue ou au détour d'un couloir, dans un fragment de reflet ou dans les silences qu'elle observe en situation de malaise.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/black-swan-de-darren-aronofsky/attachment/black-swan_fragmentation/" rel="attachment wp-att-2706"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2706 " title="Black Swan de Darren Aronofsky" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/Black-Swan_fragmentation-300x200.jpg" alt="Black Swan de Darren Aronofsky" width="300" height="200" /></a>

<strong>Les autres personnages sont là pour provoquer la mutation :</strong> la séduction prévisible du directeur Thomas Leroy (interprété par Vincent Cassel), qui ne se déroulera pas comme il l'avait escompté ; l'étouffement intime orchestré par sa mère, une ancienne ballerine aigrie qui traite sa fille à la fois comme une poupée et comme une concurrence anachronique, allant jusqu'à la séquestrer ; la rivalité avec une autre danseuse débarquant de San Francisco (Lily, jouée par la très belle Mila Kunis), oscillant entre amitié érotique, haine, jalousie artistique et émulation réciproque ; et la fascination pour Beth, l'ancienne étoile mise au rebut par Thomas Leroy, qui cristallise un avenir idéalisé puis déchu, et les angoisses de Nina.

<strong>Lentement, douloureusement, passionnément, Nina cherche en elle le cygne noir, luttant avec le cygne blanc qui imprègne ses gestes et sa vie comme une évidence importune.</strong> Cette recherche permet à Darren Aronofsky, le réalisateur, de nous <strong>montrer ce quotidien rarement abordé des troupes de ballet</strong> : la personnalisation des pointes (semelles enlevées, embout cassé puis renforcé), les étirements et enchaînements, les blessures, l'omniprésence des miroirs et du regard des professeurs.

<strong>C'est dans ce quotidien que les éléments fantastiques s'insinuent et émergent</strong> : les lumières d'une salle qui s'éteignent toutes seules, des plaies improbables ou inexpliquées qui s'ajoutent aux habituelles (la mère de Nina répète ainsi qu'elle se gratte dans son sommeil, pour expliquer les écorchures dans son dos, bien qu'on ne la voit jamais faire), une perception de la réalité qui se distord et rend floue la frontière entre le monde du ballet et le monde de Nina. <strong>L'apothéose se réalise dans la métamorphose sanglante du cygne blanc en cygne noir, de la danseuse combative et terrifiée en danseuse étoile.</strong>

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/black-swan-de-darren-aronofsky/attachment/black-swan_transformation/" rel="attachment wp-att-2707"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2707" title="Black Swan de Darren Aronofsky" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/Black-Swan_transformation-300x247.jpg" alt="Black Swan de Darren Aronofsky" width="300" height="247" /></a>

<strong><em>Black Swan</em> est un film magnifique, à la fois poétique et très dur.</strong> La mutation de Nina s'opère dans sa propre chair et son intimité, et certaines scènes peuvent être difficiles pour un public sensible. Toutes les facettes du film sont à saluer, des costumes aux décors et à la lumière, en passant par la musique de Clint Mansell et les chorégraphies de Benjamin Millepied. Quant à Natalie Portman, sa performance remarquable lui a valu le Golden Globe et l'Oscar de la meilleure actrice en 2011, amplement mérités.

<h3>Le grain de sable</h3>
Darren Aronofsky est un réalisateur très méticuleux : Natalie Portman et Mila Kunis ont donc été rigoureusement encadrées et entraînées par Benjamin Millepied, le chorégraphe et danseur étoile du New York City Ballet, et par Georgina Parkinson, ancienne danseuse étoile du Royal Ballet et maîtresse de ballet de l’American Ballet Theatre (décédée deux semaines avant la fin du tournage). Natalie Portman a ainsi pu assurer la quasi totalité des scènes de danse du film.

<h3>Gramophone</h3>
<em>Le Lac des cygnes</em>, ballet de Piotr Ilitch Tchaïkovski, avec un livret de Vladimir Begichev inspiré d'une légende allemande (1871 pour sa première version, puis 1875).

<h3>Dans la même veine</h3>
<em>Les Chaussons rouges</em> (<em>The Red Shoes</em>) réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger, en 1948 (UK). L'histoire d'une ballerine, qui prise entre deux amours, se laisse posséder par son propre rôle de ballet.

<h3>Références</h3>
<ul>
	<li>Réalisation : Darren Aronofsky</li>
	<li>Année : 2011</li>
	<li>Durée : 1h50</li>
	<li>Genre : Fantastique, Thriller</li>
	<li>Pays : États-Unis</li>
	<li>Récompenses : Golden Globes 2011 de la meilleure actrice pour Natalie Portman
Oscar 2011 de la meilleure actrice pour Natalie Portman
Bafta 2011 de la meilleure actrice pour Natalie Portman
En compétition à la 67ème Festival International Du Cinéma De Venise 2010 - Présenté en ouverture</li>
</ul>
&nbsp;</div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/03/Black-Swan_affiche-224x300.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de Black Swan" /></div><div><h3>Synopsis</h3>
<strong>Nina est danseuse professionnelle</strong> depuis plusieurs années au New York City Ballet. <strong>Le Ballet connaît des difficultés financières</strong>, et la concurrence est rude avec les autres ballets et théâtres de la ville. 

Aussi, Thomas Leroy, le directeur artistique, décide de <strong>lancer en grande pompe la nouvelle saison</strong>, en choisissant de représenter le <strong><em>Lac des Cygnes</em></strong> et de se défaire de l'ancienne étoile de la troupe (Beth) par la même occasion : <strong>un visage neuf</strong>, voilà qui devrait relancer les affaires. Nina y voit la chance de sa vie, et <strong>devenir la nouvelle tête d'affiche et étoile deviendra son obsession, avant que son propre rôle ne la possède</strong>.

<h3>Critique personnelle</h3>
<strong><em>Black Swan</em> est un film ambivalent</strong>, à l'image de son thème : cygne blanc/cygne noir, film sur la danse/film sur une danseuse, thriller fantastique/drame psychologique. <strong>Nina la ballerine qui rêve d'être étoile n'est pas une créature diaphane ni un pur cygne blanc, et encore moins la simple victime de ses névroses et obsessions.</strong>

Le film s'ouvre sur une scène onirique, au sens fort du terme puisqu'il s'agit d'un rêve de Nina : elle joue le rôle du cygne du ballet de Tchaïkovski, à la perfection, étoile en pleine lumière sur la scène. Un présage, en fait, puisqu'elle apprend à son arrivée dans les salles de répétition du New York City Ballet que le directeur artistique souhaite reprendre le ballet, en ouverture de la nouvelle saison, et que la compétition est ouverte pour décider de la prochaine vedette de la troupe.

Un défi de taille, car <strong>il ne suffit pas de pouvoir jouer le cygne blanc pour être l'élue : il faut aussi incarner le cygne noir</strong>. Une <strong>double performance, artistique et personnelle</strong>, qui va permettre à Nina d'atteindre <strong>son véritable but : non pas être étoile</strong> (un rêve de petite fille, ou de mère aigrie), <strong>mais la perfection</strong>.

Le film joue sur <strong>des mutations constantes et instables</strong> pour construire la mutation principale, celle de Nina. La mutation a ici un sens profond : remanier, corriger, déplacer, broyer, saigner, planer, (se) dépasser, etc. <strong>Nina quitte son état de jeune femme infantilisée</strong> par sa mère, couvée de manière paternaliste par son directeur artistique, prise en pitié ou méprisée par les autres danseuses, enfermée dans une routine artistique qui limite son potentiel.

<strong>Le cygne noir qui hante Nina est présent dès le début</strong>, au coin d'une rue ou au détour d'un couloir, dans un fragment de reflet ou dans les silences qu'elle observe en situation de malaise.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/black-swan-de-darren-aronofsky/attachment/black-swan_fragmentation/" rel="attachment wp-att-2706"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2706 " title="Black Swan de Darren Aronofsky" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/02/Black-Swan_fragmentation-300x200.jpg" alt="Black Swan de Darren Aronofsky" width="300" height="200" /></a>

<strong>Les autres personnages sont là pour provoquer la mutation :</strong> la séduction prévisible du directeur Thomas Leroy (interprété par Vincent Cassel), qui ne se déroulera pas comme il l'avait escompté ; l'étouffement intime orchestré par sa mère, une ancienne ballerine aigrie qui traite sa fille à la fois comme une poupée et comme une concurrence anachronique, allant jusqu'à la séquestrer ; la rivalité avec une autre danseuse débarquant de San Francisco (Lily, jouée par la très belle Mila Kunis), oscillant entre amitié érotique, haine, jalousie artistique et émulation réciproque ; et la fascination pour Beth, l'ancienne étoile mise au rebut par Thomas Leroy, qui cristallise un avenir idéalisé puis déchu, et les angoisses de Nina.

<strong>Lentement, douloureusement, passionnément, Nina cherche en elle le cygne noir, luttant avec le cygne blanc qui imprègne ses gestes et sa vie comme une évidence importune.</strong> Cette recherche permet à Darren Aronofsky, le réalisateur, de nous <strong>montrer ce quotidien rarement abordé des troupes de ballet</strong> : la personnalisation des pointes (semelles enlevées, embout cassé puis renforcé), les étirements et enchaînements, les blessures, l'omniprésence des miroirs et du regard des professeurs.

<strong>C'est dans ce quotidien que les éléments fantastiques s'insinuent et émergent</strong> : les lumières d'une salle qui s'éteignent toutes seules, des plaies improbables ou inexpliquées qui s'ajoutent aux habituelles (la mère de Nina répète ainsi qu'elle se gratte dans son sommeil, pour expliquer les écorchures dans son dos, bien qu'on ne la voit jamais faire), une perception de la réalité qui se distord et rend floue la frontière entre le monde du ballet et le monde de Nina. <strong>L'apothéose se réalise dans la métamorphose sanglante du cygne blanc en cygne noir, de la danseuse combative et terrifiée en danseuse étoile.</strong>

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<strong><em>Black Swan</em> est un film magnifique, à la fois poétique et très dur.</strong> La mutation de Nina s'opère dans sa propre chair et son intimité, et certaines scènes peuvent être difficiles pour un public sensible. Toutes les facettes du film sont à saluer, des costumes aux décors et à la lumière, en passant par la musique de Clint Mansell et les chorégraphies de Benjamin Millepied. Quant à Natalie Portman, sa performance remarquable lui a valu le Golden Globe et l'Oscar de la meilleure actrice en 2011, amplement mérités.

<h3>Le grain de sable</h3>
Darren Aronofsky est un réalisateur très méticuleux : Natalie Portman et Mila Kunis ont donc été rigoureusement encadrées et entraînées par Benjamin Millepied, le chorégraphe et danseur étoile du New York City Ballet, et par Georgina Parkinson, ancienne danseuse étoile du Royal Ballet et maîtresse de ballet de l’American Ballet Theatre (décédée deux semaines avant la fin du tournage). Natalie Portman a ainsi pu assurer la quasi totalité des scènes de danse du film.

<h3>Gramophone</h3>
<em>Le Lac des cygnes</em>, ballet de Piotr Ilitch Tchaïkovski, avec un livret de Vladimir Begichev inspiré d'une légende allemande (1871 pour sa première version, puis 1875).

<h3>Dans la même veine</h3>
<em>Les Chaussons rouges</em> (<em>The Red Shoes</em>) réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger, en 1948 (UK). L'histoire d'une ballerine, qui prise entre deux amours, se laisse posséder par son propre rôle de ballet.

<h3>Références</h3>
<ul>
	<li>Réalisation : Darren Aronofsky</li>
	<li>Année : 2011</li>
	<li>Durée : 1h50</li>
	<li>Genre : Fantastique, Thriller</li>
	<li>Pays : États-Unis</li>
	<li>Récompenses : Golden Globes 2011 de la meilleure actrice pour Natalie Portman
Oscar 2011 de la meilleure actrice pour Natalie Portman
Bafta 2011 de la meilleure actrice pour Natalie Portman
En compétition à la 67ème Festival International Du Cinéma De Venise 2010 - Présenté en ouverture</li>
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		<title>Jim Henson et Frank Oz - Dark Crystal</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/dark-crystal-de-jim-henson-et-frank-oz/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 08:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Carine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques films]]></category>
		<category><![CDATA[Brian Froud]]></category>
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		<category><![CDATA[fantasy]]></category>
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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/01/the-dark-crystal-206x324.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche alternative pour « The Dark Crystal »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Dans un autre monde, à une époque hors de notre temps, va se jouer le destin du monde. Jen, un gelfling, est envoyé par les sages Mystics pour redonner son unité au Cristal. Ceci doit empêcher les Skeksès, opposés des Mystics, de dominer le monde lors de la grande conjonction des trois soleils. Jen part alors dans une aventure dans laquelle il fera la rencontre de Kira, elle aussi gelfling.

<h2>Critique personnelle</h2>
Les années passent mais ce film conserve toute sa magie. Les décors sont enchanteurs et raffinés, tout comme l’imagination qui les a rêvés, à savoir celle de Jim Henson. Marionnettiste et créateur du célèbre Muppet Show, <strong>il coproduit le film avec Frank Oz et fait appel à Brian Froud pour concevoir les décors</strong>.

On peut en retrouver le parcours créatif dans le livre <em>The World of The Dark Crystal</em> (références à la fin de l‘article). Le mélange de ces imaginations crée un univers merveilleux où ce mot prend toute sa signification.

<img class="aligncenter size-medium wp-image-2659" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/Mystic-300x177.jpg" alt="" width="300" height="177" />

La vie et la magie sont partout. D’abord dans ces peuples différents : les Skeksès, des sortes de reptiles squelettiques et sophistiqués qui vivent dans le château du cristal ; les Mystics, les opposés des Skeksès, des sages qui vivent en toute simplicité et qui sont proches de la nature ; les Podlings, peuple de petits êtres paisibles et sachant parler aux animaux ; puis les Gelflings, Jen et Kira, voués à sauver le cristal. La nature aussi est imprégnée de vie et de magie, comme Jen peut en témoigner lorsqu’il quitte la vallée des Mystics. <strong>La nature luxuriante qu’il traverse après son échappée du domaine d’Aughra regorge de plantes et d’insectes fabuleux aux sons étranges</strong>. Il croisera aussi des animaux étonnants comme les étranges Échassiers du vent ou le Nébri du marais.
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-2660 aligncenter" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/Kira-300x193.jpg" alt="" width="300" height="193" /></p>
La richesse des décors mérite plusieurs visionnages. <strong>Brian Froud a crée toute une faune et une flore incroyablement riche</strong>, comme on peut s’en rendre compte dans le livre <em>The World of The Dark Crystal</em>. Il en est de même pour les parures de chacun des personnages tels les magnifiques motifs à l’empreinte celte des Mystics. <strong>Le film n’offre en fait qu’une parcelle restreinte de l’univers construit en amont</strong>. Nous pouvons en apprendre davantage sur le site de Brian Froud, dans le livre cité plus bas, ou encore dans le livret de la version collector DVD du film. Par exemple, chaque Skeksès et chaque Mystic possède un nom et des traits de caractères propres et bien définis. Ceci n’est que peu ou pas abordé dans le film.

Pour animer cette féerie, il y eut des marionnettistes et aussi, mais en moindre mesure, des acteurs. On les devine derrière les Échassiers du vent ou les Garthims à la carapace lourde. Des effets de lumière permirent aussi aux réalisateurs d’obtenir un ensemble plus proche des dessins de Brian Froud.

<img class="aligncenter size-medium wp-image-2661" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/Aughra-300x157.jpg" alt="" width="300" height="157" />

La magie du film réside aussi dans son message et la quête des deux Gelflings. L’unité rendue au cristal permet de rétablir l’équilibre du monde. Les Skeksès et les Mystics ne font qu’un, chacun étant une partie de l’autre, et ne pouvant vivre l’un sans l’autre (lorsqu’un Skeksès meurt, son égal Mystic le suit dans la mort). Leur union redonne vie aux UrSkeks, créatures entières et accomplies. Une unité qui permet au cristal de retrouver son éclat et au monde de perdurer dans sa beauté.

Si Dark Crystal n’eut qu’un succès modéré à sa sortie,<strong> il est aujourd’hui un film culte dans le monde de la fantasy et de la féerie</strong>. Ses marionnettes et ses décors n’ont rien perdu de leurs enchantements, preuve du travail formidable et colossal mené dans la conception et la réalisation.
<h2>Le grain de sable</h2>
C’est en travaillant sur ce film que Brian Froud rencontre Wendy, créatrice de poupées et aujourd’hui sa femme.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Conception des décors et des personnages : Brian Froud</li>
	<li> Année : 1982</li>
	<li> Durée : 1h30</li>
	<li> Pays : États-Unis</li>
</ul>
<h2>Pour aller plus loin</h2>
<ul>
	<li><a href="http://www.worldoffroud.com/www/films/dc/darkcrystal.cfm" target="_blank">Page du site de Brian Froud dédiée au film</a> dans laquelle il livre des informations sur le making-of du film.</li>
	<li> Livre de Brian Froud et JJ Llewellyn :<em> The World of The Dark Crystal</em>, Harry N. Abrams, 2003, 132 pages.</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2011/01/the-dark-crystal-206x324.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche alternative pour « The Dark Crystal »" /></div><div><h2>Synopsis</h2>
Dans un autre monde, à une époque hors de notre temps, va se jouer le destin du monde. Jen, un gelfling, est envoyé par les sages Mystics pour redonner son unité au Cristal. Ceci doit empêcher les Skeksès, opposés des Mystics, de dominer le monde lors de la grande conjonction des trois soleils. Jen part alors dans une aventure dans laquelle il fera la rencontre de Kira, elle aussi gelfling.

<h2>Critique personnelle</h2>
Les années passent mais ce film conserve toute sa magie. Les décors sont enchanteurs et raffinés, tout comme l’imagination qui les a rêvés, à savoir celle de Jim Henson. Marionnettiste et créateur du célèbre Muppet Show, <strong>il coproduit le film avec Frank Oz et fait appel à Brian Froud pour concevoir les décors</strong>.

On peut en retrouver le parcours créatif dans le livre <em>The World of The Dark Crystal</em> (références à la fin de l‘article). Le mélange de ces imaginations crée un univers merveilleux où ce mot prend toute sa signification.

<img class="aligncenter size-medium wp-image-2659" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/Mystic-300x177.jpg" alt="" width="300" height="177" />

La vie et la magie sont partout. D’abord dans ces peuples différents : les Skeksès, des sortes de reptiles squelettiques et sophistiqués qui vivent dans le château du cristal ; les Mystics, les opposés des Skeksès, des sages qui vivent en toute simplicité et qui sont proches de la nature ; les Podlings, peuple de petits êtres paisibles et sachant parler aux animaux ; puis les Gelflings, Jen et Kira, voués à sauver le cristal. La nature aussi est imprégnée de vie et de magie, comme Jen peut en témoigner lorsqu’il quitte la vallée des Mystics. <strong>La nature luxuriante qu’il traverse après son échappée du domaine d’Aughra regorge de plantes et d’insectes fabuleux aux sons étranges</strong>. Il croisera aussi des animaux étonnants comme les étranges Échassiers du vent ou le Nébri du marais.
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-2660 aligncenter" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/Kira-300x193.jpg" alt="" width="300" height="193" /></p>
La richesse des décors mérite plusieurs visionnages. <strong>Brian Froud a crée toute une faune et une flore incroyablement riche</strong>, comme on peut s’en rendre compte dans le livre <em>The World of The Dark Crystal</em>. Il en est de même pour les parures de chacun des personnages tels les magnifiques motifs à l’empreinte celte des Mystics. <strong>Le film n’offre en fait qu’une parcelle restreinte de l’univers construit en amont</strong>. Nous pouvons en apprendre davantage sur le site de Brian Froud, dans le livre cité plus bas, ou encore dans le livret de la version collector DVD du film. Par exemple, chaque Skeksès et chaque Mystic possède un nom et des traits de caractères propres et bien définis. Ceci n’est que peu ou pas abordé dans le film.

Pour animer cette féerie, il y eut des marionnettistes et aussi, mais en moindre mesure, des acteurs. On les devine derrière les Échassiers du vent ou les Garthims à la carapace lourde. Des effets de lumière permirent aussi aux réalisateurs d’obtenir un ensemble plus proche des dessins de Brian Froud.

<img class="aligncenter size-medium wp-image-2661" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/Aughra-300x157.jpg" alt="" width="300" height="157" />

La magie du film réside aussi dans son message et la quête des deux Gelflings. L’unité rendue au cristal permet de rétablir l’équilibre du monde. Les Skeksès et les Mystics ne font qu’un, chacun étant une partie de l’autre, et ne pouvant vivre l’un sans l’autre (lorsqu’un Skeksès meurt, son égal Mystic le suit dans la mort). Leur union redonne vie aux UrSkeks, créatures entières et accomplies. Une unité qui permet au cristal de retrouver son éclat et au monde de perdurer dans sa beauté.

Si Dark Crystal n’eut qu’un succès modéré à sa sortie,<strong> il est aujourd’hui un film culte dans le monde de la fantasy et de la féerie</strong>. Ses marionnettes et ses décors n’ont rien perdu de leurs enchantements, preuve du travail formidable et colossal mené dans la conception et la réalisation.
<h2>Le grain de sable</h2>
C’est en travaillant sur ce film que Brian Froud rencontre Wendy, créatrice de poupées et aujourd’hui sa femme.
<h2>Références</h2>
<ul>
	<li>Conception des décors et des personnages : Brian Froud</li>
	<li> Année : 1982</li>
	<li> Durée : 1h30</li>
	<li> Pays : États-Unis</li>
</ul>
<h2>Pour aller plus loin</h2>
<ul>
	<li><a href="http://www.worldoffroud.com/www/films/dc/darkcrystal.cfm" target="_blank">Page du site de Brian Froud dédiée au film</a> dans laquelle il livre des informations sur le making-of du film.</li>
	<li> Livre de Brian Froud et JJ Llewellyn :<em> The World of The Dark Crystal</em>, Harry N. Abrams, 2003, 132 pages.</li>
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		<item>
		<title>Zhang Yimou - Hero</title>
		<link>http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/hero-de-zhang-yimou/</link>
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		<pubDate>Thu, 30 Dec 2010 08:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lullaby</dc:creator>
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		<category><![CDATA[zhang ziyi]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/hero-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de &quot;Hero&quot;" /></div><div><h3>Synopsis</h3>
Il y a 2000 ans, la Chine se divisait en sept royaumes qui se combattaient les uns les autres afin d'obtenir le pouvoir. Des sept, <strong>celui de Qin était le plus puissant</strong>. Il désirait plus que tout régner sur les six autres royaumes et était donc la cible d'assassins.  Trois d'entre eux, Ciel Etoilé, Flocon de Neige et Lame Brisée, sont particulièrement redoutables et agissent pour venger les morts causées par le roi Qin.  Ce dernier promet donc de grandes récompenses pour quiconque les éliminerait. C'est ainsi qu'un jour un dénommé <strong>Sans Nom se présente à lui en affirmant avoir tué les trois assassins</strong>, apportant leurs trois armes pour prouver ses dires. Le roi lui demande cependant de <strong>raconter en détail</strong> comment il a procédé pour agir...
<h3>Critique personnelle</h3>
Avec <em>Hero</em>, le réalisateur chinois Zhang Yimou s'aventure dans le domaine du <em>wu xia pian</em> : <strong>le film de sabre chinois.</strong> Auparavant, il a plutôt réalisé des oeuvres à portée politique et contestataire. Un contenu tout à fait absent d<em>e Hero</em>, bien que certains spectateurs verraient l'idéal du roi Qin comme une apologie du totalitarisme. Mais il faut remettre l'histoire du film dans son contexte : il s'agit là de l'adaptation à l'écran d'<strong>une légende très ancienne, ancrée dans la culture chinoise</strong> et l'idéologie politique n'est en aucun cas le sujet principal.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/hero-de-zhang-yimou/attachment/hero_extrait1/" rel="attachment wp-att-2650"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2650" title="hero_extrait1" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/hero_extrait1-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a>

Quel est-il alors? Qui dit film de sabre dit film d'action, diront certains. Ils seront bien déçus car <em>Hero</em>, ce n'est certainement pas un film d'action. C'est une <strong>grande fresque orientale</strong>, dépeignant les passions humaines avec un esthétisme poussé à son paroxysme.

Le film possède une grande <strong>minéralité</strong>, que ce soit par ses décors plutôt épurés ou ses personnages dignes même au plus fort de leurs passions. On est baigné tout entier dans la philosophie orientale, voire même dans une ambiance zen. <strong>Le calme,  la lenteur sont les maîtres de l'action</strong>. Le spectateur est invité à absorber chaque détail, qu'il soit sonore  ( son des gouttes d'eau qui tombent, sifflement des lames, souffle du vent, bruissement des feuilles mortes, cris des guerriers, pourtant empreints d'un étrange calme), visuel (gouttes d'eau ou de sang qui se détachent lentement, lenteur des gestes, parfaitement maîtrisés)... <strong>Contemplation et méditation</strong>, voilà les termes qui me viennent à l'esprit lorsque je regarde ce film. Ce sont tous ces petits détails, insignifiants en eux-mêmes, qui sont mis en valeur dans <em>Hero</em> et invitent à se poser, à observer tout avec chacun de ses sens (dans la limite offerte par le cinéma, bien entendu!).

Je disais que l'esthétisme était ici poussé très loin. Zhang Yimou ne s'est pas contenté de soigner décors, costumes et chorégraphie des combats. Il a également choisi d'attribuer <strong>une couleur dominante</strong> selon les versions du récit donné par Sans-Nom. Une couleur qui imprègne costume, décor mais aussi l'atmosphère toute entière. Rouge, bleu, vert et blanc se succèdent ainsi, et<strong> chacune de ces couleurs porte avec elle ses symboles</strong>. Le rouge pour la passion et le mensonge, le bleu pour la sérénité, le vert pour décrire le passé et l'idylle naissante, et enfin le blanc pour exprimer la vérité et, au-delà, la fidélité. Fidélité à la vérité des actes, des motivations, fidélité à ses convictions et à la personne aimée. A noter que le blanc, en Orient, est aussi synonyme de deuil. Ce qui n'est pas anodin compte tenu que plusieurs personnages trouveront la mort au cours de l'histoire et que Sans-Nom renoncera à l'une de ses convictions.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/hero-de-zhang-yimou/attachment/hero_extrait_2/" rel="attachment wp-att-2651"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2651" title="hero_extrait_2" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/hero_extrait_2-300x190.jpg" alt="" width="300" height="190" /></a>

Les personnages ont tous<strong> des émotions retenues, pudiques</strong> même lorsqu'elles sont des plus intenses - en ce sens, il sont véritablement orientaux, le dernier cri de Flocon de neige étant l'expression ultime de son déchirement. De même, les combats sont empreints de cette retenue. Ils sont aériens, presque irréels, et il n'y a quasiment pas de sang ni de débordement de violence.  Mais quoi de plus logique? Le combat est un art (ne parle-t-on pas d'art martial pour certaines techniques de combat?) qui répond à des codes, tout comme la cour du roi Qin ou encore la calligraphie répondent aussi à des codes stricts.<strong> L'éloge de la beauté du geste </strong>n'est pas en reste, que ce soit via l'écriture chinoise ou les gestes lents et calculés des combattants.

<em>Hero</em> est un film profondément ancré dans l'esprit oriental. Amateurs d'action à tout crin, passez votre chemin. Ce film <strong>nécessite un certain état d'esprit</strong> pour pouvoir le visionner avec plaisir, et on en sort comme<strong> apaisé</strong>, baigné d'une douce torpeur. Un film atypique pour nous, occidentaux, mais dont la profonde beauté mérite le détour.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/hero-de-zhang-yimou/attachment/hero_extrait3/" rel="attachment wp-att-2652"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2652" title="hero_extrait3" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/hero_extrait3-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a>
<h3>Le grain de sable</h3>
L'acteur Tony Leung, qui incarne Lame Brisée dans le film, a composé la chanson "Wind &amp; Sand" en s'inspirant de <em>Hero</em>. Elle apparaît sur son album éponyme, et non dans la bande originale du film.
<h3>Références</h3>
<ul>
	<li>Acteurs : Jet Li, Maggie Cheung, Zhang Ziyi</li>
	<li>Année : 2003</li>
	<li>Durée : 1h35</li>
	<li>Genre : Drame historique</li>
	<li>Pays : Chine, Hong-Kong</li>
</ul></div>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><img src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/hero-206x274.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Affiche de &quot;Hero&quot;" /></div><div><h3>Synopsis</h3>
Il y a 2000 ans, la Chine se divisait en sept royaumes qui se combattaient les uns les autres afin d'obtenir le pouvoir. Des sept, <strong>celui de Qin était le plus puissant</strong>. Il désirait plus que tout régner sur les six autres royaumes et était donc la cible d'assassins.  Trois d'entre eux, Ciel Etoilé, Flocon de Neige et Lame Brisée, sont particulièrement redoutables et agissent pour venger les morts causées par le roi Qin.  Ce dernier promet donc de grandes récompenses pour quiconque les éliminerait. C'est ainsi qu'un jour un dénommé <strong>Sans Nom se présente à lui en affirmant avoir tué les trois assassins</strong>, apportant leurs trois armes pour prouver ses dires. Le roi lui demande cependant de <strong>raconter en détail</strong> comment il a procédé pour agir...
<h3>Critique personnelle</h3>
Avec <em>Hero</em>, le réalisateur chinois Zhang Yimou s'aventure dans le domaine du <em>wu xia pian</em> : <strong>le film de sabre chinois.</strong> Auparavant, il a plutôt réalisé des oeuvres à portée politique et contestataire. Un contenu tout à fait absent d<em>e Hero</em>, bien que certains spectateurs verraient l'idéal du roi Qin comme une apologie du totalitarisme. Mais il faut remettre l'histoire du film dans son contexte : il s'agit là de l'adaptation à l'écran d'<strong>une légende très ancienne, ancrée dans la culture chinoise</strong> et l'idéologie politique n'est en aucun cas le sujet principal.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/hero-de-zhang-yimou/attachment/hero_extrait1/" rel="attachment wp-att-2650"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2650" title="hero_extrait1" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/hero_extrait1-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a>

Quel est-il alors? Qui dit film de sabre dit film d'action, diront certains. Ils seront bien déçus car <em>Hero</em>, ce n'est certainement pas un film d'action. C'est une <strong>grande fresque orientale</strong>, dépeignant les passions humaines avec un esthétisme poussé à son paroxysme.

Le film possède une grande <strong>minéralité</strong>, que ce soit par ses décors plutôt épurés ou ses personnages dignes même au plus fort de leurs passions. On est baigné tout entier dans la philosophie orientale, voire même dans une ambiance zen. <strong>Le calme,  la lenteur sont les maîtres de l'action</strong>. Le spectateur est invité à absorber chaque détail, qu'il soit sonore  ( son des gouttes d'eau qui tombent, sifflement des lames, souffle du vent, bruissement des feuilles mortes, cris des guerriers, pourtant empreints d'un étrange calme), visuel (gouttes d'eau ou de sang qui se détachent lentement, lenteur des gestes, parfaitement maîtrisés)... <strong>Contemplation et méditation</strong>, voilà les termes qui me viennent à l'esprit lorsque je regarde ce film. Ce sont tous ces petits détails, insignifiants en eux-mêmes, qui sont mis en valeur dans <em>Hero</em> et invitent à se poser, à observer tout avec chacun de ses sens (dans la limite offerte par le cinéma, bien entendu!).

Je disais que l'esthétisme était ici poussé très loin. Zhang Yimou ne s'est pas contenté de soigner décors, costumes et chorégraphie des combats. Il a également choisi d'attribuer <strong>une couleur dominante</strong> selon les versions du récit donné par Sans-Nom. Une couleur qui imprègne costume, décor mais aussi l'atmosphère toute entière. Rouge, bleu, vert et blanc se succèdent ainsi, et<strong> chacune de ces couleurs porte avec elle ses symboles</strong>. Le rouge pour la passion et le mensonge, le bleu pour la sérénité, le vert pour décrire le passé et l'idylle naissante, et enfin le blanc pour exprimer la vérité et, au-delà, la fidélité. Fidélité à la vérité des actes, des motivations, fidélité à ses convictions et à la personne aimée. A noter que le blanc, en Orient, est aussi synonyme de deuil. Ce qui n'est pas anodin compte tenu que plusieurs personnages trouveront la mort au cours de l'histoire et que Sans-Nom renoncera à l'une de ses convictions.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/hero-de-zhang-yimou/attachment/hero_extrait_2/" rel="attachment wp-att-2651"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2651" title="hero_extrait_2" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/hero_extrait_2-300x190.jpg" alt="" width="300" height="190" /></a>

Les personnages ont tous<strong> des émotions retenues, pudiques</strong> même lorsqu'elles sont des plus intenses - en ce sens, il sont véritablement orientaux, le dernier cri de Flocon de neige étant l'expression ultime de son déchirement. De même, les combats sont empreints de cette retenue. Ils sont aériens, presque irréels, et il n'y a quasiment pas de sang ni de débordement de violence.  Mais quoi de plus logique? Le combat est un art (ne parle-t-on pas d'art martial pour certaines techniques de combat?) qui répond à des codes, tout comme la cour du roi Qin ou encore la calligraphie répondent aussi à des codes stricts.<strong> L'éloge de la beauté du geste </strong>n'est pas en reste, que ce soit via l'écriture chinoise ou les gestes lents et calculés des combattants.

<em>Hero</em> est un film profondément ancré dans l'esprit oriental. Amateurs d'action à tout crin, passez votre chemin. Ce film <strong>nécessite un certain état d'esprit</strong> pour pouvoir le visionner avec plaisir, et on en sort comme<strong> apaisé</strong>, baigné d'une douce torpeur. Un film atypique pour nous, occidentaux, mais dont la profonde beauté mérite le détour.

<a href="http://www.lalunemauve.fr/cinema/chroniques-films/hero-de-zhang-yimou/attachment/hero_extrait3/" rel="attachment wp-att-2652"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2652" title="hero_extrait3" src="http://www.lalunemauve.fr/wp-content/uploads/2010/12/hero_extrait3-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a>
<h3>Le grain de sable</h3>
L'acteur Tony Leung, qui incarne Lame Brisée dans le film, a composé la chanson "Wind &amp; Sand" en s'inspirant de <em>Hero</em>. Elle apparaît sur son album éponyme, et non dans la bande originale du film.
<h3>Références</h3>
<ul>
	<li>Acteurs : Jet Li, Maggie Cheung, Zhang Ziyi</li>
	<li>Année : 2003</li>
	<li>Durée : 1h35</li>
	<li>Genre : Drame historique</li>
	<li>Pays : Chine, Hong-Kong</li>
</ul></div>]]></content:encoded>
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