Des tréfonds de deviantART, il y a plusieurs années, j’étais tombée en pâmoison devant les portraits intenses et énigmatiques de Caryn Drexl, allant jusqu’à lui acheter plusieurs tirages, auxquels le temps n’a rien fait perdre de leur beauté.
J’ai, depuis, toujours suivi son travail avec intérêt. Mais je dois dire que, depuis un an, l’artiste se surpasse. Les couleurs de ses portraits se sont progressivement diluées, pour laisser une impression de vieux daguerréotype remis au goût du jour. Chaque photo laisse planer le doute, invoque une forme de malaise, façon miroir déformant. Dans le même temps, les regards en biais, par en-dessous, rarement francs du collier, sont autant d’énigmes qu’il semble impossible de résoudre.
À l’aide de postiches, de miroirs, d’accessoires divers, l’artiste crée des anamorphoses qui accentuent ici la moue d’une bouche, là le bombé d’une joue. Elle dit ne pas s’aimer beaucoup ; la représentation quasi obsessionnelle de son propre visage agit comme une galerie des glaces, où le moelleux de son corps n’a que peu droit de cité. Vues les unes après les autres, ses photos forme un grand puzzle narcissique non dénué de sarcasmes, de maladresse, de situations où seul un ego blessé peut provoquer.
Visages déformés, comme observés sous un microscope. Mélancolie. Le temps s’arrête quelques secondes.
Autodidacte, travaillant exclusivement en numérique, Caryn Drexl entretient le mystère ; et pourtant, la lecture de sa biographie la fait descendre du piédestal imaginaire sur lequel je l’avais posée. Drôle, humble, honnête, elle continue sa route.
- « Fragments 2 » (2011)
- « Self-preservation » (2012)
- « you don’t sing to me anymore » (2011)
- « A Heavy Halo To Wear » (2011)
- « something’s a little off » (2011)
- « breakon through 2 » (2010)
- « Snow White 2 » (2010)
- « Living In Dreams » (2010)
- « Split » (2009)
- « The Bride » (2007)
- « Pieces » (2011)
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