François Ducos (dir.) Le Manoir hanté de Crec’h ar Vran et autres histoires fantastiques

Enquêtes fantastiques

Le manoir hanté de Crec’h ar Vran
Note :
4/5

L’argument

Cette anthologie, qui regroupe neuf textes français et britanniques, a comme thème les détectives des Ténèbres. Le manoir hanté de Crec’h ar Vran est un premier volume mettant en scène les premiers de ces détectives, dans une période de 1831 à 1910. On y trouve des textes de Samuel Warren, Sheridan Le Fanu, L.T. Meade & Clifford Halifax, Jean Joseph-Renaud, Antoine Wylm, Norbert Sevestre et Jean Bouvier.

Ça commence comme ça

Peu de sujets dans la littérature médicale ont occasionné autant de spéculations contradictoires que celui de la folie, que ce soit pour en chercher les causes ou en déterminer le traitement. L’expérience est le seul guide à prendre dans nos recherches ; elle seule peut nous faire saisir les principes généraux qui doivent régler la pathologie et la thérapeutique dans une étude aussi difficile.
Samuel Warren, « Un spectre envahissant »

Avis personnel

La préface de François Ducos nous apprend beaucoup de choses : tout d’abord, les premiers détectives de l’occulte étaient médecins. Hommes de sciences, ils tentent d’expliquer le surnaturel par la logique et la médecine (qui parfois se mêle à l’ésotérisme : on pense notamment à Gérard Encausse, dit Papus, médecin et occultiste fin 19ème, début 20ème).

Chaque nouvelle (excepté Fatima) met donc en scène un médecin ou scientifique qui se trouve confronté à un fait surnaturel. Leur raisonnement scientifique rattache le lecteur à la réalité. C’est un raisonnement posé, une enquête réfléchie et étudiée. L’origine du surnaturel peut être alors la folie (Un spectre envahissant), un rêve (La fenêtre au premier étage), ou bien un problème physiologique. Ainsi, les apparitions dont est victime le révérend Jennings sont notamment dues à une forte consommation de thé vert (Le thé vert de Sheridan Le Fanu) ! Mais parfois, le médecin se révèle enquêteur et découvre une imposture, comme c’est le cas dans L’Œil dans les ténèbres et Le fantôme boiteux, avec sa course effrénée à la poursuite d’un revenant dans les rues de Montmartre.

Le surnaturel peut aussi être considéré comme inclus dans notre réalité. Il devient alors comme un principe scientifique. Ceci est très vrai dans la longue nouvelle éponyme au recueil où les spectres et autres phénomènes du genre sont d’emblée considérés comme « normaux ». Sâr Dubnotal (qui illustre la couverture, et inspiré, semble-t-il de Sâr Peladan), sorte de super héros scientifique, invincible et sans peur, élucide une affaire de revenant en Bretagne. Tout y est exagéré mais bien ficelé. Sâr Dubnotal a d’ailleurs fait l’objet de 20 épisodes sous forme de fascicules (voir plus bas, rubrique Sur le mur).

Le médecin peut aussi être victime du surnaturel. C’est le cas dans La vampire de Jean Bouvier où un médecin de campagne est la proie d’une stryge. L’ambiance y est vraiment lugubre et prenante, mais un côté grotesque envahi la nouvelle lors du rituel du Grand Pierre avec tous les clichés possible du vieux sorcier de campagne.

J’ai beaucoup apprécié ce recueil qui propose un bel aperçu d’un thème intéressant avec des textes trop peu connus. La préface est riche en informations et sait nous mettre dans le contexte ; les notes bio-bibliographiques sont précises et donnent envie d’acquérir de précieuses éditions et revues épuisées d’où sont issus les textes de ce recueil ! Enfin, les nombreuses photographies et cartes postales de personnages et de lieux de l’époque accentuent l’ambiance mystérieuse du recueil.

Le grain de sable

Sheridan Le Fanu se serait largement inspiré du Chien spectral de Samuel Warren pour écrire Le thé vert, chacune des deux nouvelles mettant en scène des victimes d’hallucinations spectrales d‘animaux. C’est pour cela que les deux nouvelles se suivent dans le recueil.

Gramophone

Un album de The Vision Bleak, groupe de métal inspiré par le 19ème siècle mystérieux.

Sur le mur

Fascicule n°13 de Sâr Dubnotal, série parue en 1909-1910 en France (éditions Eichler). C’est la couverture du n°1 qui illustre l’anthologie Le manoir hanté de Crec’h ar Vran et autres histoires fantastiques. À lire sur Sâr Dubnotal, l’article de François Ducos dans Le Visage Vert n°15, 2008, p. 83-90.

La vie mystérieuse, revue spirite qui édita la nouvelle La vampire en 1910.
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Dans la même veine

Les deux anthologies suivantes sur le même thème : Les Proies de la Vampire (2009) et Le Fantôme de Wild Harbor (2011), toutes deux parues chez Terre de brume.

Références

  • Anthologie proposée par François Ducos.
  • Préface de François Ducos.
  • Terre de brume, collection Terres fantastiques, 2008, 329 pages.

Liens et sources

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